‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 26 sur 223 · BUDGET DE LA COMMUNE D’ABBEVILLE EN · texte numérisé non relu

BUDGET DE LA COMMUNE D’ABBEVILLE EN

On a vu, dans le tome I de la collection des documents relatifs à f histoire municipale d’Amiens (p. 74 1), que les registres aux comptes de c(?tte ville s’étaient conservés jusqu’à nos jours, et qu’ils formaient, de i383 à 1789, une série considérable de volumes. 1! existe aussi à Abbeville des registres aux comptes à partir de i365; ces registres sont beaucoup moins nombreux que ceux d’Amiens, ce qui tient à la différence d’importance des deux villes; mais ils sont également intéressants, non-seulement pour fhistoire financière, mais encore pour fhistoire morale et politique de la ville. Nous en avons extrait, comme spécimen, le plus ancien budget qui soit arrivé jusqu’à nous.

Ce budget est dressé par les agents comptables de la commune, qui sont au nombre de quatre et qui prennent le titre d'argentiers. A fépoque à laquelle nous sommes parvenus, nous n’avons encore rencontré aucun renseignement qui les concerne. Mais les documents postérieurs font voir qu’ils étaient nommés par les maieurs de bannières, et qu’on les renouvelait chaque année comrne les autres officiers de f échevinage. Quant aux comptes eux-mêmes, ils sont divisés en deux parties entièrement distinctes, sous le titre de recheuptes et mises.

«De impositionibiis. )i (Rymer, Fœdera, conventiones , etc.)

ABBEVILLE

Les recettes comprennent:

1° Le revenu des fermes, c’est-à-dire les droits d’octroi perçus à l’entrée de chacune des quatre portes de la ville; — divers autres droits sur le mesurage des grains et du sel, sur les étaux et les poids et mesures; — certains péages à l’intérieur de la ville, tels que l’acquit de Bailleul et la vicomté du Pont à cardons, la pêche de la Somme et des fossés de la ville , le produit de la coupe du bois dit le bois d’Abbeville, et l’impôt sur les houques des cheliers, c’est-à-dire sur les ouvertures des caves donnant du côté des rues;

2° Les revenus des boîtes de l’escurrie et de la tanerie, c’est-à-dire les droits de marque des draps écrus et des cuirs;

3° Les cens appartenant à la ville à titre patrimonial et les cens appartenant aux aumônes, c’est-à-dire ceux qui avaient été légués à la commune pour être distribués aux pauvres ;

4° Les revenus d’un hôpital fondé par un bourgeois, nommé Jean le Sellier ;

5° Les droits levés sur les marchands d’argent ou changeurs;

6° Le montant des sommes payées pour l’acquisition de la bourgeoisie ;

7° Les amendes;

8° Les impôts sur les boissons.

La somme totale des recettes s’élève à 8,767 livres et une fraction.

Le budget des dépenses est dressé d’après le même système que celui des recettes; dans la première partie figurent ce qu’on appellerait aujourd’hui les frais d’administration municipale, comprenant, entre autres :

Les dépenses de bouche des officiers municipaux;

L’éclairage et le chautfage des agents de la commune dans l’exercice de leurs fonctions;

Les frais de nourriture des prisonniers et ceux des exécutions judiciaires;

Les sommes payées aux personnes chargées de défendre les droits et les intérêts de la ville, c’est-à-dire sans doute les hommes de loi à qui la commune confiait ses affaires contentieuses, et les délégués qui la représentaient auprès des rois ou des grands pouvoirs politiques et judiciaires;

Les dépenses pour présents de vin;

Les traitements des conseillers pensionnaires, des sergents à verge et de la vingtaine, des deux gardes du bois d’Abbeville, des gardes des draps écrus, du waite ou guetteur de nuit, du pendeur, c’est-àdire de l’individu chargé d’accrocher les draps aux perches sur lesquelles on plaçait les étoffes pour les visiter, des argentiers et de leurs clercs.

La seconde partie du budget des dépenses comprend plus parti- > culièrement l’énumération des sommes payées pour les fournitures de pierre, de bois, de chaux et de sable, et la main-d’œuvre de divers travaux d’utilité publique, exécutés soit à l’intérieur de la ville, soit aux fortifications.

Les dépenses s’élèvent à 8,4oo 1. 12 s. 10 d. Il restait entre les mains des argentiers sortant de charge un excédant de recettes de 365 1. 12 s. 10 d., et le registre constate que ceux-ci, avant de cesser leurs fonctions, ont versé cette somme entre les mains de leurs successeurs.

Compte fait pour la ville d’Abbeville en la v' anée que sire Pierre Lenganeur [fut maire], par Jaque Clabaut, Fremin Faffelin le joule, Jehan Carne et Maihieu Rougehen, argentiers d’icelle, tant des revenues, chens et amendes, comme des imposicions des bruvages, esqueux à recevoir depuis le xiiF jour d’aousf l’an mil trois chens soixante et chine jusques au xiii'jour l’an mil trois chens soixante et sis ensuivant exclus.

RECHEUPTES Aü FRANC XIIII S.

Primes, pour parties des debtes deues à la dite ville d’Abbeville, qui baillées furent par restât avant le commenchement de cest présent compte . 196!. 8 s. 10 d. i/.L

ABBEVILLE

Debtes qui point ne furent bailliés par restât, riens chi, pour cbe que rien n’en a esté receu pour le temps de cet compte.

AUTRE P.ECHEUPTE FAITE DES FERMES APPARTENANS [À LA VILLe]

POUR GESTE ANÉe PRÉSENTE.

Primes, de le cauchie de la Porte du Bos; de le caucliie de la Porte Saint-Gilles; de le caucbie de la porte de Rouvroy ; de le cauchie de la Porte Marcadé ; de le ferme des menus grains; de le ferme des pois ; des estalages de le pissonerie; de l’acquit de Baillœul ^ ; de le ferme du boislelage du scel ; de le ferme de le Saine ; de le ferme des deffaux; de la Ausconté du Pont as Cardons; de le ferme du windas; de le pesquerie de l’iaue de Somme et des fossés d’entour le ville; de le seconde vente du bos de le ville; de le tierche vente du bos de le ville; des bou-

ques des clieliers. Somma des fermes . 7 3 4 1. 1 8 s. 7 d. 2/3.

Des revenues des boîtes de l’escurrie^ et de le tanerie . 90 1. 1 3 s. 6 d.

Autres revenues de la dite ville d’Abbeville, tant pour cause de certaines fermes qui point ne sont baillées à ferme, comme pour plusieurs offices, lesquels soloient rendre cascùn an à le dite ville certaines sommes d’argent, à cause de leurs dis offices, lesquelles fermes et offices s’enssievent :

Primes, du molin à vent nommé le molin Notre Dame, auprès le quemin de Saint-Riquier , riens cbi, pour cbe que Pierre de Gorges, magnier, l’a laissié en les mains de le ville dès longtemps, etc. {sic)

Du molin à vent nommé le molin Saint-Gille, riens chi.

De la carette du bos de le dite ville, riens chi, pour cbe que Raoul Morel la tient en se main pour courtoisie à li laite par les rnaieur et eschevins en récompensation de chertaine blecheure qu’il eut en temps passé pour les besonguesde la dite ville.

Des waides de le rue as Peseurs, riens chi, pour che que riens n’en a esté receu pour le temps présent.

Des couretiers de le dite rue, riens chi, pour le dite cause;

Des couretiers de le craisse, riens chi, pour le dite cause;

Des tailles anchiennes, riens, pour le dite cause.

' Droit de Iravers, vendu par Jean de Badleul , roi d’Ecosse et sire de Bailleid en Vimeu, aux inai^istials municipaux d'Abbeville.

^ Droits de marque pour scellage des draps «'■crus.

^ On voit à la suite de cet article que la ville

possédait des moulins à vent, mais qu’en i365 ces moulins ne lui rapportaient rien, attendu qu’ils n’étaient point loués; le droit sur les guèdes et divers offices de courtiers sont également portés pour cette même année dans les non-valeurs.

DES CHENS APPARTENANS À LE DITE VILLE TANT DE L’HERITAGE COMME DES AUMOSNES.

Primes, des chens appartenans à Tirétage de le dite ville d’Abbeville par plusieurs personnes tenans d’icelle pour les termes Saint Remy et Noël l’an mil trois cent soixante chine, Pâques et Saint Jehan l’an mil trois cent soixante sis ensuivant . : . . . . gô 1. 2 4 d. obole.

Des chens appartenans as aumosnes de le dite ville pour les termes de Noël l’an mil trois cent soixante chine, Pasques et Saint Jean Baptiste l’an mil trois cent soixante sis ensuivant . g 4 1. 7 s. 3 d.

Des revenues de l’ospital de feu Jehan le Seillier par sire Jehan de Boulogne, présentement tenus pour le maieur et eschevins de la dicte ville auxquels revenoit le gouvernement et. . . . du dit ospital . 8g 1. g s. 2 d. obole.

Page 1