‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 4 sur 223 · ET LA COMMUNE D’ABBEVILLE · texte numérisé non relu

ET LA COMMUNE D’ABBEVILLE

La pièce suivante est tout à la fois un commentaire et un complément de la constitution de i i84; elle montre combien le partage de droits établi par cet acte entre le comte de Ponthieu et la commune d’Abbeville était difficile à régler. En l’année 1287, le comte Simon et la comtesse Marie, sa femme, conclurent un accord avec le maire et les échevins de la commune. Ils abandonnèrent entièrement à la ville des terrains sur lesquels ils avaient élevé des prétentions à divers titres. On convint, en outre, que le droit ou ban du vin au prolit du comte ne pourrait être levé de nouveau sans l’assentiment du corps des bourgeois, et qu’ alors les amendes pour infraction de ce droit seraient attribuées à la ville; — que, dans les causes mobilières, l’instruction appartiendrait, comme auparavant, auAÛcomte, et le jugement à l’écbevinage; — que les contestations auxquelles donneraient lieu les contrats passés entre jurés , devant le maire et deux ou trois échevins, ressortiraient à la juridiction échevinale, après que la plainte aurait été portée devant le vicomte; — que, s’il s’agissait de conventions faites ou renouvelées devant les magistrats municipaux d’Abbeville ou d’une autre commune, le témoignage verbal ou écrit de ces magistrats suffirait pour en assurer la validité; — que les meubles ou les héritages des débiteurs insolvables ne pourraient être saisis que par le vicomte, mais que celui-ci, en opérant la saisie, devrait procéder conformément aux usages de la com-

’ Le texte latin de cette |)ièce se trouve aux archives d’Abbeville.

XIP ET XIIP SIÈCLE. 27

mune d’Abbeville et à la requête des parties intéressés; — enfin que les cens et les rentes foncières, dans toute l’étendue de la banlieue, seraient perçus par la commune, et que la levée en appartiendrait au maire et aux échevins.

Universis présentés litteras inspecturis, Simon, cornes Pontivi et Monsteroli, et Maria, uxor ejus, comitissa, salutem. Noveritis quod, cum discordia verteretur inter nos ex una parte et majorem et scabinos et communitatem Abbatisville ex altéra, super quadam terra sita in burgo Abbatisville ubi stalla carnificum esse solebant, afurno Sancti Walerici usque adputeum ex utraque parte vici, et super quadam pecheia terre sita juxta nemus Abbatisville in via Sancti Richarii , et super quadam parte tenementi Renerii leFeron, quam Guido frater dicti Reneri tenuerat, quem reclamabamus pro quodam homicidio ab ipso Guidone perpetrato, et super aliis pluribus querelis, tandem bonorum virorum consilio médian te, benigna pax inter nos et dictos majorem et scabinos et communitatem dicte ville fuit formata in hune modum : quod nos sepedictis majori et scabinis etcommunitati, spontanei, omnia superius annotata in perpetuum, sine aliqua reclamatione , de assensu nostro et heredum nostrorum, libéré quittamus. Insuper, cum pro utilitate communitatis bannum vini fuerit renovandum, sine assensu nostro el suo communi non poterit renovari , emende tamen ville remanebunt. Prêter bec de omnibus mobilibus placita vicecomiti nostro remanebunt, ita quod judicio majoris et scabinorum terminabuntur, salvo jure nostro in omnibus. Si vero conventio de juratis in presentia majoris et scabinorum duoruni vel trium facta fuerit vel recordata, sine lege etduello per ipsos judicabitur et terminabitur, facto prius clamore vicecomiti nostro, el si aliquis contractus de non juratis factus fuerit vel recordatus in presentia majoris vel scabinorum duorum vel trium, eorum solo testimonio judicabitur et terminabitur, scilicet de contractibus factis et recordatis coram majoribus vel scabinis aliarum villarum quos ipsi ore vel litteris testificabuntur. Hoc siquidem nobis vel heredibus nostris reservamus quod in catallis vel hereditatibus debitoris convicti, nullus habet potestatern arrestandi nisi vicecomes; sed ipse vicecomes tenetur hoc facere secundum consuetudinem ville, ad petitionem majoris et scabinorum et aliorum petencium. Census vel redditus tocius ville infra banleucam colligentur et recipientur, sicuti hactenus fuerunt, et judicio majoris et scabinorum justiciabuntur. Omnes vero querele quas nos adversus dictos majorem et scabinos reclamabamus, sopite sunt penitus et quitate, usque in presentem diem. Hec omnia facta sunt salvis omnibus punctis carte communie Abbatisville. Et ut hec omnia pre

Août.

ABBEVILLE

notata perpetuam obtineant firmitatem, présentes litteras sigillorum nostrorum munimine roboravimus. Actum anno Domini m. cc° tricesimo septimo, mense auguste.

Orig. aux arcli. d’Abbeville, série CC , art. 2. — Bibi. imp. Cartulaire de Pontbieu , latin 101 12, fol. 1 6 v", etc.

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