‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 54 sur 223 · C’EST L’ORDENANCE SUR LE MESTIER DE LE TANNERIE · texte numérisé non relu

C’EST L’ORDENANCE SUR LE MESTIER DE LE TANNERIE

Primes, tant comme aux wardes du mestier quatre personnes soient nommées .Atv'* siècle, et présentées par les w’ardes de Panée passée au maieur et as eschevins, c’est assavoir deux personnes du mestier de le tanerie et deux personnes de lesuerie.

Et se le maire et eschevins voient et aperchoivent que ilz ne soient ydones pour

ïiers état. — ly.

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i’oiïi ce faire ou aulcun d’iceiilx, les dis maire et escheviiis y poeiit mettre aiiltres.

2. Item , que, quant li maires est crées de nouvel à le Saint Bartholomieu , les wardes de Fanée passée rapportent au maieur le fer dont on merque les cuirs, liquelx le warde jusques à tant que nouviaux wardes soient crées et sei’ementés en le manière que dit est.

3. Item, que tout cuir soient merquié en la dite ville du fer, est assavoir ([uant i! sera bien et souffîsaument tanés à Feswart de le dicte ville et non aultrement. Et est deffendu que nulz taneurs ne suers soit si hardis, sur l’amende et sur perdie le mestier an et jour, que sans le dicte merque il vendent ne acatent aulcuiis cuirs ou portent hors vendre.

4. Item, pour ce que on fait du cuir trois pieches, est assavoir i dos, uns pans et une creste, quant li cuirs sera bien tanés, cascune des dictes pieches sera mei qué du fer devant dit, est assavoir le dos en le queue à le fleur du cuir, les pans au mamelier à le fleur, et le creste ès narines aie fleuret non aultrement.

5. Item, s’il advenoit que li cuirs demouraissent entiers, il souffiroit à avoii le dicte merque du dit fer en Fun des dis lieux, et par sanlable manière, (pie, se les pans et le creste tiennent ensanle, merquiés sera en Fun des deux lieu/, dessus dis.

6. Item, se les dis cuirs ou aulcunes d’icelles pieches n’estoient trouvez bien et soulïisaument tané par lediteswart, elles seroient merquiés du dit fer ès lieux dessus dis par devers le char. Et paiera le taneur pour cascune pièce vi deniers à le ville, et nientinains converra que il le ramende et que il rapporte le dit cuir pardevant les wardes, et soit merquiés en fleur de le dicte merque quand souflissaument sera tanés. Et se le taneur estoit trouvés faisant le contraire ou estre vendus sans avoir le dicte merque, il l’amendera de lx solz et perdera le mestier an et jour.

7- Item, les dictes wardes ne poent ferer ou merquier du dit fer, se les trois des dicles wardez n’i sont du mains. Et ne poent condempner le cuir, se les quatre ou les trois du mains n’i sont ensemble.

8. Item, que nul taneur ne faire solers, ne nulz sueres ne conroieche cuirs.

9- Item , que tous cuirs tanés , merquiés de merque de boine ville là où il a eswai't , jîorront venir en le \ ille et estre vendus, après ce quHz auront est esivardés par les wardes de la ville d’Abbeville '.

I o. Item, que les dictes wardes yront merquier par les maisons des taneurs deux Cois le sepmaine, et yront à Feure de prime et ne sera nulz si hardis que il

Mois iijoulés \('i’s la iiii du xv' sièclo.

soit présent à sen cuir merquier. Et puisque le cuir sera mis devant les wardes pour estre merquiés, il neporra estre ostés par quelque voie jusques à tant c|ue il sera veux et merquiés à droit et en fleur comme boins , ou à rebours par devers le char, comme dit est.

11. Item, que aulcun taneur ne soit si hardis de taner cuir et basenner ensemble, et se tiengne à l’un des deux mestiers ou de taner ou basenner.

1 2. Item, que aulcuns coureurs ne soient si hardi de vendre craisses, sien ne sain ne aussi vergus, vinaigre, moustarde ne aultre mercherie, sur l’amende et sur le mestier perdre an et jour.

] 3 h Item, il est ordonné et statué que tous les bouliotz estans en le rue de le Tennerye seront abatuz incontinent , sur peine de lx solz , et , se les taneur sont délayans, ilz seront abatus par justice. Et ne porront avoir nulles caudières ne grandez paielles pour chauffer eaues , ne mettre alun , fiente de coulon , cendres chaudes ne autres semblables, sur peyne de perdre le mestier an et jour, le dit alun et amende arbitraire.

l/l. Item, les dits taneurs seront tenus d’estapler leurs cuirs tanez au lieu et marchié acoustumé deux jours le sepmaine, èsquelz jours ilz ne porront vendre en leurs maisons, sur peyne de lx solz d’amende.

i5. Item, est ordonné aux wardes que ilz ne voisent que deux fois le sepmaine , sans le congié du maieur, au lieu ordonné hors leurs maisons, merquier leurs cuyrs, et que les taneurs ne soient point présens à les merquier, et à ce faire aura ung eschevin présent qui aura une clef du colfre où se metent les merques du dit mestier, lequel eschevin sera présent à merquier, se bon lui semble. Et se merqueront hors de leurs maisons exhibés sur tables.

EXTRAITS DES REGISTRES AUX COMPTES DE L’ÉCHEVINAGE D’ABBEVILLE, RPXATIFS AUX MÉNESTRELS, AUX CHANTEURS ET AUX PRINCES D’A¬ MOUR.

Les registres aux comptes de la ville d’Abbeville ne sont point seulement recommandables en ce qu’ils offrent le taltleau complet de l’organisatiom financière de la commune; ils ont encore le mérite de faire connaître un grand nombre de faits intéressants pour l’histoire des

' Les ai*ticlcs i3, Di et i5 ont été ajoutés vers la fin du .\\' siècle.

ABBEVILLE

mœurs du moyen âge et des usages locaux. On en jugera pai' les extraits suivants, que nous empruntons aux registres des dix dernières années du xiv® siècle. On voit par ces extraits qu’à certains jours , comme celui des cjuaresmaux ou du mardi gras, des ménestrels allaient clian ter ou réciter, dans les bois d’Abbeville, en présence des habitants assemblés, des vers relatifs aux faits des seigneurs anchiens; que les ménestrels fréquentaient les écoles de Boissons et de Beauvais ; qu’il existait à Abbeville un puy des ballades, un prince et un puy d’amour ; que ce prince donnait tous les ans un grand dîner, auquel assistaient les officiers royaux et les bourgeois notables, et que, dans ces diverses circonstances, la ville accordait des indemnités aux ménestrels, aux chanteurs en exercice et aux princes d’amour; qu’un emplacement était préparé pour permettre aux bonnes gens de s’esbatire, et qu’après ies chansons on y jouait la cholle dans l’endroit clioisib

1 390. A Aiidrieu le Harpie , chanteur en plache , qui donnés li furent des grâces de le

\ille, pour avoir chanté son roumand en vielle au hos le jour des quaresmaux ( I erra in passé. . . . v s.

Archives d’Alibevitle , Compte des argentiers , an i Sgo.

i3qo. As plursieurs menestrelx chi après només, qui donnés leur ont esté des grâces

de le ville, pour aler as escolles à Soissons ceste année, est assavoir as ménes- Irelx nions, de Reyneval, as menestrelx Jacque de Chasteillon, as ménestrelx mons. de Saint Pol et à tous les ménestrelx d’Abbeville, pour ce . im 1. mis.

Archives d’Abheville, Compte des argentiers , an iSgo.

,0-1391. As ménestrelx mons. Walerand de Reyneval, qui donnés leur furent par courtoisie à aux faite des grâces de le ville le jour de Pentecoustes deesrain passé , ([ui couroient au puy d’amour pour l’honneur et estât d’icelle . xviii s.

Arcliives d’ Abbeville , Compte des argentiers, an 1 Sgo- 1 Sg i .

Voy. V Histoire d’ Abbeville de M. Louandre, |i. 226 et siiiv. — ^ Bois situé près de la ville.

A Jaquet Clabaut, qui deu li estoient pai’ courtoisie à li faite des grâces de le i

ville, pour li susporter des frès qu’il eut au royaume (.^) la nuit de l’an 1111“ et

dis . . IV I.

Archives d’Âbbeviiic , Compte des argentiers , an rSgi-iâga.

A Jaquet Clabaut, qui donnés li ont esté des grâces de le ville, pour le sus- ' porter des frès qu’il eut à sen puy des balades, lendemain de Pentecoustes deesrains passées . i -v s.

Archives d’Abbeviile, Compte des argentiers , an iSgi-iSga.

A Jehan des Dormans, chanteur en plache, qui paiés li ont esté pour se paine et travail d’avoir canté au bos en lut aux bonnes gens les istoires de son roumans , le jour de quaresmaux deesrain passé, sy qu’il appert par sédulle scellée dudit contrescel le xx® jour de février, l’an mil ccc iiri'’‘ dis et sept, pour ce. . . . v s.

Archives d’Abbeville, Compte des argentiers, an iJgv-

As plursieurs menestrelx chi après nommés et desclairés, qui paiés leur ont esté de don à aux fais des grâces de le ville, pour aler as escolles à Beauvais cest ([uaresme, est assavoir à Jehan Lesage et as ses compaignons . xii s.

Item, à un nommé St. Orner et à Fontaines et à Massart et autres menes- Irelx d’Abbeville estans deux coupples . • . xxiiii s.

Item, as ménestrelx mons. deReyneval, xn s. et as menestrelx nions, de Dampierre . XII s.

Pour tout ce . lx s.

Archives d’Abbeville, Compte des argentiers, an tSgS.

x\ Pierre Journe, nouvel prinche d’amours, qui donnés li furrent pour baillier as plursieurs ménestreilx estrange, qui estoient venus au dit puy, ad ce que il se entretiengne, pour ce . xl s

Arcbives d’Abbeville, Compte des argentiers , an i3g8.

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ABBEVILLE

A Pierre Journe, prinche d’amours, qui paiés li ont esté de don à li fait des grâces de le ville, pour faire son dignier du royaume dudit puy le jour de l’an, à bonne estrine cleesrain passé, pour tenir les bonnes gens en amour et bonne unyon l’un avec l’autre, et là furent les officiers du roy nostre sire en Pontieu et les bourgois de ladite ville, sy qu’il appert par cédulle scellée dudit contrescel le m' jour de janvier l’an mil ccc iiii*' xviii et des sceaux Jaques Roussel et Pienx' Tingry, commis ad ce faire, pour ce . . . . ix 1. x s.

Archives d’AbbeviHc, Compte des ai cjentiers , an i3gg.

PROCÈS-VERBAUX DE LA NOMINATION DU VÉRIFICATEIR DES COMPTES MUNICIPAUX.

On voit par les documents qu’on va lire que la commune d’Ab])eville était représentée, dans l’admimslration de la finance, par des délégués pris parmi les magistrats municipaux, les gens du conimim et les maieurs de bannières. Seulement, le nomfire des délégués nommés par ces derniers, après avoir été de seize en i 4ü8, se trouve postérieurement réduit à huit, et plus lard à quatre; et, comme le nombre total des diverses personnes chargées de la vérilicalion des comptes varie suivant les années, on peut croire qu’il n’existait, pour cette partie de l’administration municipale, aucune règle fixe.

En le mairie du dit sire Mahieu Barbal'ust, les maieurs de lianniere qui i4ub. chellui diemence estoient assamblés pour le fait de le ville ont ordonné, pour estre présens aux comptes de le ville qui se doivent faire, rendre et vérifier, les personnes qui enssuivent, c’est assavoir :

Obin du Mayes, pour les boulanguiers ;

Jaque de Gâteux, pour les taverniers;

Fremin Quinepaye, pour bouclners;

Pierre Faffelin, pour mâchons;

Jean Carnet , pour pareurs ;

Pierre Metel , pour tisserans;

Jehan Le Poix, potier de coivre, pour lèvres;

Guy Peque, pour merchiers;

ABBEVILLE

Henri de Limeu, pour carpentiers;

.facques du Maisniel, pour tanneurs;

Jehan Wrait, pour parmentiei's;

Pierre d’Alliel, pour ie mestier de le mer;

Willaume Simon, pour les wairiers;

Pierre Leroux, pour les courtilliers;

Honneré Le Caron, pour waingneurs en terre;

Fremin Le Ver, pour les allevaux (cuisiniers).

Biblioth. d’AbbeviUe, registre intitulé Création de la loi, de i /io8 à i 460.

Gens ordonnés par les deux collèges à oir les comptes de le ville ;

[Suivent les noms de quatre échevins, de quatre gens du commun, de huit mayeurs de bannières. — On lit ensuite ; et soit mémoire que les deux collèges ont ordonné et ajtpointié que chacun collège ara pour chacun jour pour se peine xvi’ à appliquer à boire par eulx.]

Bibliotb. d’Abbovilte, registre intitulé Création de la loi, de i4o8 è i46o.

Iæ vendredi premier jour de septembre m cccg et xxiiii fu délibéré par les eschevins et par les maieurs de bannières de oir les comptes de le ville, et à ce faire furent commis les eschevins, gens du commun et maieurs de bannières cy après déclarez, c’est assavoir:

Sire Mahieu Barbafust, Colart Malicorne, Bernard de May, Jehan Mauppin , échevins. Mahieu le Moitier, Jehan As-œufs, Pierre Catine, Jehan de Beaussault, gens du commun.

Bibliotb. d’Abbeville, registre intitulé Création de la toi, de i4o8 à i46o.

Le IV septembre mccccxxvi, les maieur et échevins esleurent pour oir les comptes de cest an les personnes qui ensievent : Sire Mathieu Barbafust, sire Jehan Journe, sire Jaques Roussel et Jehan de Beaussant, esquevins; Jean le Vaasseur, cangeur, Watier Catine, Willeaume le Sage et Jehan Machise, pour le commun. Et les maieurs de bannière ont esleu pour le dict fait quatre maieurs de bannière, c’est assavoir Jehan le Merchier, du cornet d’or, Wermont le Polier, Pierre de Laviers et VVillaume le Prévost L

Bibliotb- d’Abbeville, registre aux délibérations, commençant en 1426 et finissant en 1493. — Bibl. imp. Dom Grenier, vol. 9 1 (xiv° paq. n° 3 ) , fol. 167 v°.

' En marge de la copie de cette pièce, on pour les corps et métiers, et c’estoit des maieui’s

trouve une note de D. Grenier ainsi conçue : de bannières. Les quatre premiers estoient

«Il y avoit quatre auditeurs pour le commun, nommés par les maire et eschevins, les quatre

c’est à-dire pour le peuple, et quatre autres derniers par les maieurs de bannières, n

xv-^ SIECLE.

ORDONNANCE DE L’ÉCHEVINAGE RELATIVE À L’EXERCICE DES FONCTIONS MUNICIPALES.

Par l’ordonnance suivante , il est dit que , pour être admis à remplir les fonctions municipales, pour être reçu en la loi, il faut être né en légitime mariage et être sans reproche.

Ordeunance et délibéracion faicte par les esclievins chi après nommés , et aussi > 4 1 1 ■ oy le rapport de sire Jehan Laudée, Mahieu Le Moitier, Colart Le Ver ainsné et 6 Scpiembre. Bernart Malot, le dimence vi® jour de septembre l’an mil iiij® unze, pour ce que autrefois avoit esté fait et ordenné que aucuns de le ville et banllieue d’Abbeville ne soit receu en le loy ne à faire serment , soit eschevin , mayeur de bannière , procureur, clerc, sergent à vergues ne autres officiers quelconques, se il n’est né en loial mariage et sans reprauce. (Suivent les noms des échevins.)

Archives d’Abbeville, Livre rouge, fol. 7 r°.

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