DÉLIBÉRATION DE L’ÉCHEVINAGE RELATIVE AU MESSAGER DE LA VILLE
Il paraît que le messager qui portait au dehors les missives de l’échevinage d’Abbeville ne recevait point, comme les autres employés de la commune, de traitement fixe, car on le vit, en lAqo, demander cjue l’échevinage, pour l’aider à nourrir son cheval, lui vouhist donner aucuns gaiges chascun an, et une robe de drap. Les magistrats municipaux, en considération des services qu’il avait rendus, décidèrent par la délibération suivante qu’on lui fournirait, à titre de gratification extraordinaire, et pour cette fois seulement, trois aimes de drap qui lui serviraient à se faire une robe pareille à celle des sergents de nuit, c’est-à-dire bleue quant au corps et à une des manches, et verte c[uant à f autre manche.
Le pénultième jour d’aoust ( i/iqo), par tous les xxiiii eschevins, présent sire Jehan Journe , maieur, sur la requeste faite par maistre Mahieu Beuldin , messagier de cette ville, ad ce que, pour l’entreienement de son cheval l’en lui voulsist donner aucuns gaiges chascun an, avec une robbe des draps de la ville, lui a esté accordé, en faveur des dilligences qu’il a fait en portant lettres où il a pieu à Messeigneurs le envoier, que pour ceste année seullement l’en lui délivrera trois aunes de drap de la coulleur des sergens de nuyt, dont le corps et une manche sera de couleur perch et l’aultre manche de vert, sans ce que cy après et pour les années advenir il puis! demander ny aultre pareille robbe ny aultre manière de gaiges comme officier ordinaire.
Archives d’Abbeville, Registre aux délibérations, de i46o à 1498, fol. 262.