II. Il
INTRODUCTION
pour la noblesse qui avait lâché pied devant une armée très-inférieure en nombre. Ceux des gentilshommes qui , revenant de la bataille, passaient par les villes et les bourgs, étaient poursuivis de malédictions et d'injures l.a bourgeoisie parisienne, animée de passion et de courage , prit sur elle , à tout événement, le soin de sa propre défense, tandis que le fds alité du roi , jeune homme de dix-neuf ans, qui avait fui l’un des premiers, venait gouverner comme lieutenant de son père. C'est sur la convocation de ce prince que les états s'assemblèrent de nouveau à Paris avant le terme qu’ils avaient fixé. Les mêmes députés revinrent au nombre de plus de huit cents, dont quatre cents étaient de la bourgeoisie, et le travail de réforme ébauché dans la précédente session fut repris, sous la mente influence, avec une ardeur qui tenait de l'entrainement révolutionnaire. L'assemblée commença par concentrer son action dans un comité de quatre-vingts membres, délibérant, à ce qu'il semble, sans distinction d'ordres; puis elle signifia, sous forme de requêtes, ses résolutions, qui furent : l’autorité des états déclarée souveraine en toute matière d’administration et de finances, la mise en accusation de tous les conseillers du roi , la destitution en masse des grands officiers civils et judiciaires, et la création d’un conseil de réformateurs pris dans les trois ordres; enfin, la défense de conclure aucune trêve sans l’assentiment des trois états, et le droit pour ceux-ci de se réunir par leur seule volonté, sans convocation royale *.
' Avec tout ce, le» chevaliers et les ecuyer* qui retournés étoient delà bataille, en étoient tant hais et si blâmés des communes que eovis ils s'embatoient es bonnes villes. Si parlcmentoient et murmu-
raient ainsi les uns sur les autres. (Chron. de Froissnrt, t. l#r, a* partie, ch. 5a.)
* Ordonn. du 3 mars 1 35? ( i Î56, vienx style), art. i, a, 5f il, 39, $a et 43 ; Rec. des Ordonn. des rois de France, t. III ,
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