‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 101 sur 273 · TRADUCTION DE CETTE CHARTE · texte numérisé non relu

TRADUCTION DE CETTE CHARTE

La charte communale d’Amiens fut de bonne heure traduite en langue vulgaire, non-seulement pour l'usage des bourgeois, mais encore pour celui des officiers de l’évêque et du chapitre. Les notes de Du Cangc et les différents inventaires constatent que plusieurs traductions de cette charte se trouvaient soit dans les registres de lliôtel de ville, soit dans les cartulaires du chapitre et de l’évéché. Quatre seulement de ces traductions sont parvenues jusqu’à nous. Nous publions celle qui nous parait la plus ancienne; elle est extraite du manuscrit de La Vallière qui remonte, comme il a été dit plus haut, à la première moitié du xm* siècle1. Ce document n’a pas de date qui en fixe l’époque précise, mais il reproduit les formules finales de la charte donnée en taoq, et l’on peut croire qu’il fut écrit peu de temps après.

Por che que nostre ami el nostre fil !i chitoien d’Amiens nos ont servi feument, por funiislié d'aus cl por lor requeste, nos lor otroions commune à tes coustumes, lesqucles il ont juré à garder et à tenir :

i. Chascuns gardera droituriement, en toutes choses, à son juré foi et aide et conseil.

a. Quiconques faisans larrechins et en sera pris dedens les bosnes de la vile, et il est coneu que il l'ait fait, il sera livrei à nostre prévost, et sera jugiés par jugement de commune que il en sera affaire et sera fait Cil qui claime chose emblée, s'ele puet cstre trovee en son pooir , nostre prévost le rendera , les autres choses seront nostres.

3. Nus n entrepreigne à destorber home qui maingne* dedens le commune, ne marclieant qui viegne en la cliité à tôt se marchaandise et dedens les bones de la cité ; et s aucuns le faisoit, on en feroit justiche, si comme d'enfraignement de commune, son le pooit prendre ou aucune chose dcl sien.

dam ta cartalaire du chapitre de N.-D. d' Amiral . n* 3 , fol. 5 r* ; 3o dioi le mamurrit de la bibliothèque do M. Dusevd «pie nous avons déjà cité ci-dessus, p. i5i.

» Maingne , variante du registre a , conforme au texte latin. Le manuscrit de La Valbére portemine.

• Les trois autres se trouvent : i* aux archives de rh&tej de ville daus le registre aux chartes coté a, fol. 5; ce texte a été publié per M. Lavernter, secrétaire de la mairie d'Amiens, dans le tome III des Mémoires de Ut société dtt antiquaires de Picardie ; %* a ux archive* départementales de la Somme,

Ven 1 209.

AMIENS

4. S'aucuns de le comune tant à son juré les soies choses, nostre prévost le semonra et porsiurra justice; et se li prévos défaut de justiche, il sera semons des maieurs et des eskievins, et vérin» par devant le commune, et fera illuec tant com eskievin jugeront, sauve nostre droiture.

5. S'aucuns, qui n'est mie de commune, faut à home de commune les soies choses, et il ne li velt faire droit dedens le banliue de le vile, puis que le commune l'aura fait savoir as homes del castel où il maint, sc nostre prévost puet prendre lui ou aucune chose del sien, il le retenru tant que il aura porsiui droit et que nous arons eu nostre amende et le commune le siue.

fi. Qui fiert del poing ou de palme home de comtnuigne, se n’est glouton ou lécheor, s'il ne le puet detîendre ou desraisnier contre le féru par n tesmoins ou par ni , par devant nostre prévost , il donra xx saus : xv saus à le quemune et v saus au seigneur.

7. Qui navre son juré * d'arme, s’il ne se puet deffendre par loial jugement et par tesmoignage ou par sercmcnt encontre le navré , il perdera le poing ou ix livres por le racal : vi livres à le fremeté de le cité et h le commuigne, et lx saus à le justice de seigneurs; et se ch'est chose que il ne les puis! rendre, il livrera son poing en le merci de le commuigne, sauf le catel as seigneurs.

8. Mais si li navrez est si orgeilleus qu'il ne veille prendre amendise * au jugement del prévost et del maieur et des eskievins, ne le seurté douer, s’il a maison, ele sera aliatue et li catel pris ; et s’il n'a maison , ses cors sera pris tant qu'il ait prise l'amende et le seurté donée.

9. S'aucuns qui n’est de comune fiert ou navre aucun de comune , s’il ne velt porsiuir droit par devant nostre prévost par jugement de commune, le commune abatera sa maison , s’ele puet, et li catel seront le roi; et, s’il le puet prendre par devant le prévost le roi, en sera prise vengance par maieurs et par eskievins, et li catel seront le roi.

10. Qui laidenge son juré de laides paroles et de déshonestes, et doi ou tii l’oent, cil qui sera atains, il donra v saus: 11 saus au laidengié et zu saus à le commune.

1 1. Qui dist chose désho [ne] ste à aucun de commune, en oianche d'aucuns, s’il est fait savoir à le quemune, et il ne s’en veult deffendre1 par jugement de commune qu’il ne l’ait dit, le commune abatera sa maison s’ele puet, et ne li soffrira mie à demorer [en] le quemune, dusques à che qu’il l'aura amendé; et s'il ne le velt amender, li catel seront en le main le roi et le quemune \

1 L« manuscrit Je la Valliêre porte f ome tT armt; nou» avuiM préféré b leçon du reg. a.

* Prendre amendise, leçon du reg. a.

3 Le manuscrit de La Valliére porte : S’il en fait 1 avoir à la qnemune , et il ne f en relent....

* La Induction de cet article est obscure t le texte

Mil* SIECLE.

ta. S'auscuns est atains defaus sair entent ou de foi mentie envers son juré, il l’espenira 1 par ie los de le commune el par devant le prévo&i et par devant les cskievins.

13. S'aucuns de commune acate, à essient, ou vent chose praée, s’il em puet esrtre atains, il perdera le proie et lerendera as praez, se le praé ou le segnor n’ont forfait aucune chose as seignors de le commune ou envers le commune.

14. Cil qui ne puet avoir justiche de clameur qu'il fâche vers son adversaire par le prévost, par jugement de commune, se il 11 fait aprez aucune chose, le commune le metra à raison, et [quant] le raison sera oïe, le commune jugera que on en doit faire \

|5. Cil qui est semons de maieur ou deskievins ou de sergant de commune, et il defuit justiche ou jugement, il ahateront se maison s'il pueent, et 11e le tairont deinorer entrax du&que à che qu’il l’aura amendé; et li catel seront en la merchi au prévost le roi et le maieur.

16. Qui rechèle à essieu t , en se maison , anemi de commune et qui conitminité li porte, soit en vendre ou en acater, n’en boire n’en mengier, ne aucun confort, ou qui li donc conseil ne aide contre le commune, il est coupables de commune; et, ail ne l'amende isnelement par jugement de commune, le commune abatera se maison, s’ele puet, et li catel seront le roi.

17. I)c tiens le banliue ne sera rechus campions lœis contre home de commune.

1 8. S’aucuns enfraint à essient les estabUssemens de commune et sans clameur, et il en est atains de ce, le quemune abatera sa maison, s’ele puet , et ne le iaira demorer entrax dusc à che qu'il l'aura amendé.

19. Il est establi que le commune ne se doit entremetre des 6és [ne] des terres as seignors.

ao. Qui veut prover le jugeur de commune de fausseté, se il ne le puet prover, si comme drois est, il en sera en la merchi le roi et le maieur et les eskievins, de quanqu'il a.

ai. Eeme ne puet vendre ne métré en gages son douaire, fors au plus prochain oir, et d’an en an ; se li oirs ne le velt ou il ne le puet acater , il convient le feme qu’ele le tiegne se vie , et par an le puet louer.

aa. S'aucuns hom et se feme ont enfans ensamhle, et il avient que li enfant muerent , cil qui sorvivra , soit li hom ou le feme, tenra en pais ce qu'il tinrent

* // f expenira. r»r. du reg. a.

1 Voret ei-desaus, |V 119 note 1, et que ikhj* avenu dit de U rectification a faire à cri article - L'erreur évidente qui u trouve dan* le tute latin a Hé reproduite par toutes les traduction*.

U tin l'Hait déjà. Par ces mots : Qui dut i hase deshonettt d aucun de commune en oianche eT aucun , il faut entendre, comme nous l'avons dit plus baut, celui qui tient i quelqu'un dtt propos injurieux contre la commune.

cnsarable de lor aeomqueremenches ' to te» sa vie , se dons ne laU n'en est fais en le vie * de chelui qui mors est avant. Mais se li hom et le feme ont enfans anchois qu’il soient assamble, li hirctages des enfans revenra à eus aprez le déchet du père et de la mère, se che n’est dés.

a3. Se le feme sorvit aprez le mort son baron, et li enfant reraainent vif, le feme ne respondera de tote le possession que ses barons aroit tenue em pais, tant com li enfant seront en garde, de si là qu'cle ait avoé, se che n’est wages.

24. S'aucuns demande avoir à aucune feme veve, ele s’en deffendera par son sarement contre 1 tesmoing nient contre 1 plusors, et remanra em pais; et se on li demande aucune possession , si comme gage, ele s’en deffendera par bataille.

a5. S'aucuns acate terre ou aucun hiretage d’aucun, et ele est offerte al plus prochain oir ains qu’ele soit acatée, et li oirs ne le velt, on n’en respondera plus à loir en plaît. Et se ele ne li est offerte, et cil qui l'a acatée tient en pais 1 an son acat à son veu et à [son] seue, n’en respondera ensement puis.

26. S’auscuns tient em pais aucune possession soie sept ans % ses adversaire» présens, n'en respondera plus.

27. S'aucuns marcheans estranges vent aucune chose, et il ne puet avoir son paiement, il se clamera avant as seigneurs ou à son prévost de l’acateor; et s on li faut de justiche, il s’en clamera au maior, et li maires li fera tantost avoir , quel jor que che soit

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