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LETTRES DE NON PRÉJUDICE EN FAVEUR DE LA COMMUNE D AMIENS

Au nombre des droits de justice appartenant à l'échevinage, était celui d'arrêter, d'emprisonner et de punir dans les cas de délits relatifs à In monnaie. Ce droit, contesté en 1287 par le bailli d'Amiens, avait été solennellement reconnu dans un arrêt du parlement. Malgré cet arrêt, la juridiction de l'échevinage fut jusqu’à un certain point entamée par le prévôt d’Amiens, vers l'année i3o8. Cet officier royal fit détruire, dans les maisons de quelques habitants de la ville, des fourneaux qui étaient employés à fondre les espèces. Sur la réclamation du maire et des échevins, Philippe-le-Bel leur accorda ces lettres de non préjudice, dans lesquelles il reconnaît que l'acte de justice de son prévôt

AMIENS

ne doit entraîner aucune conséquence pour l’avenir, au détriment des droits de la commune, ou à l’avantage du pouvoir royal.

Philippus, Dei gratin Francorura rex, universis présentes J i items inspecturis salutem. Notum facimus quocl, cum prepositus noster ville ArnbianensU fornasses, que in domibus plurium civium dicte ville erant constructe, racione monde nostre que in fomaeibus ipsis destruebatur, ex parte nostra justiciando, fecerit de mol tri, nostre intencionis est ac volumus quod, per hujusmodi explectum justicie, aliquod majori, juratis et communitati ville Ambianensis in justicia quani habere nosctuitur in ipsa villa [non] fiat prejudicium in casibus futuris , ideoque per hoc nobis aliquid jus novum contra ipsos majorem et juratos et conununitatem et in eorum prejudicium quomodolibet acquiratur, imiuo quod nostrum et ipsorum jura bine inde sint salva in casibus justicie qui futuris temporibus emergent. In cujus rei testimonium presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum Piscavis die vi, anno Domini m° ccc° octavo.

Arch. de l'hôtel de ville d’ A mien*, rrg. aux chartes roté c, fol. 3 »*. — L'original de cette pièce existait encore, au iv' xiêde, dan* le* archive* de l*hôtd de ville d’ Amiens; il est mentionné dam l'inventaire de 1468. — BibLRoy., colL deD. Grenier, ao* paquet, n* 1. — Cab. des charte*, carton cc , aio.

LETTRE DU ROI Aü BAII.LI D'AMIENS, AU SUJET D’UN CONFLIT DE JURIDICTION ENTRE L’ÉVÊQUE ET LA COMMUNE.

Au mépris de l’arrêt du parlement rendu au mois de novembre 1188 l'évêque d’Amiens avait fait saisir, dans la maison d’un bourgeois, des meubles et autres choses appartenant à un clerc poursuivi par la justice ecclésiastique. I.e maire et les échevins se plaignirent au roi de celte violation de leurs privilèges. Par la lettre suivante, Philippe-le- Bel ordonna à son bailli de prendre connaissance de l'affaire, lui prescrivant de faire réintégrer en leur lieu et place les objets saisis, s’il est constant qu’il y ait eu violation de l’arrêt invoqué par l’échevinage, et d’ajourner les parties devant le parlement, s’il y a doute à l’égard du lieu où les meubles ont été saisis.

* Voyez ci -de ** u» , p. *60.

Digitiza<±by£

Phüippua, Dei gracia Francorum rex , baillivo Àmhianensi sain te m. Con- «3ci qucsti sunt nobis major et scabini ville Ambianensis quod, [cum] per arrestum carie nostre Pari.sicn.sis dictum lueiit, ut assenait, quod episcopus Ambianensis clericos suos in domibus burgensium nostrorum dicte ville Ambianensis capere non possit in villa predicta, dictus episcopus de novo bona cujusdara hominis quem clericum suum esse dicit capi fecit in domo ciijusdam hurgensis dicte ville, in villa predicta, indebite et contra tenorem dicti arresti ; quare mandamus tibi quot vocatum evoces, si est ita et tibi de arresto constat predicto, quitquid contra formam arresti, per dictum episcopum aut cjus gentes, factum repereris, locum resaisiendo, facias ad statum debitura reduci et nobis cmendari condigne. Si vero dictus episcopus contra dictos burgenses super hoc se opponere vol u cri t, loco captionis primittus resaisito, debato pnrcium ad mamini nostram ut superiori» posito , dies tue baillivie nostri pallamenti proiimi partibu* assignes Parisiis processurus super lioc, ut fuerit ration is, certificans curiam nostrain ad dies ipsos de assignatione dierum ipsorum. Actum Parisiis xxiii* die februarii, anno Donnai millesimo trecentesimo decimo.

Artrb. delliôtd de ville d'Amiens, rvg. aux charte* coté b, fol. xi r*.

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ARRÊT Dü PARLEMENT RELATIF A LA FERME DE LA PREVOTE ».

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Un restituant aux bourgeois d’Amiens la mairie et l'échevinage, Philippe-le-Bel avait, comme on l’a vu *, retenu, par une réserve expresse, la prévôté sous sa main. Cette réserve fut faite sur la requête de l’évéque et du vidame qui, en contact perpétuel avec le prévôt, pour le partage des revenus seigneuriaux, trouvaient, à ce qu’il semblera commune moins équitable et moins commode à leur égard que ne l’avaient été les anciens délégués ou fermiers du roi. Il y a lieu de croire que, dès l’année 1307, la commune réclama contre la décision royale qui lui enlevait indéfiniment la ferme qu’elle avait acquise à titre perpétuel, et ce fut probablement après des instances réitérées, qu'au mois de mai de l’année i3i t, elle porta sa cause devant le parlement. Ses mandataires produisirent le bail à ferme concédé en 129a, et soutinrent

* Nota plaçons cet arrêt à l'année i3u, qui eat

sa date véritable, bien que l'expédition que nous » Charte du mois de décembre 1307, ei-deuui, imprimom ici porte la date de 1 3x3 , qui crt celle p. 33a. de sa délivrance à la ville.

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qu’en vertu de cet acte, la prévôté ne pouvait rester plus longtemps sous la main du roi. L’évéque et le vidame prétendirent le contraire; mais, sans s’arrêtera leur opposition, le parlement décida que la prévôté d’Amiens serait remise, comme précédemment, hors de la main du roi.

>3i i. Philippus, Dei gratia Francorum rex , univers» présentes litterasinspeclunssa* J», lutem. Notum facimus quod nos extrahi fa ci mus de registres curie nostre quod* dam arrestum latum in abhatia Béate Marie prope Pontisaram , die dominica post Ascension em Domini, in parlamcnto quod fuit anno Domini millésime trecentesimo undecimo, cujus urresti ténor sequitur in bec verba :

Cum majoriam et communiant civitatis Ambianensis cum earum pertinentiis neenon preposituram dicte ville quam major ejusdem tenebat, dominus rex ex certa causa dudum ad manum suam posuisset, et po&tea de dictis mujoria , communia et earum pertinentiis amovisset manum suam, dicta prepositura, ad instar» tiam Ambianensis episcopi et vicedomini Pinconii, in manu suahactenus retenta ; corn parentes in curia nostra major et jurati Ambianenscs, dicentes dominum regem preposituram predictam ipsis ad firmam perpetuam per suas litteras concessisse , pluribus rationibus requirerent manum domini regis in dicta preposi* tura, ut premissum est, appositam amoveri, dictorum episcopi et vicedomini procura toribus plures rationes preponentibus ex adverso ; tandem auditis bine inde propositis et visa littera concession» p redicte, per arrestum nostre curie dictuin fuit quod dicta manu» domini regis ainovebitur a prepositura predicta, salvo super hoc jure partium predictarum et rémanente in illo statu in quo ipsi erant super hoc tempore quo dicta manus fuit apposita in prepositura predicta , quod negocium curia nostra ex nunc assignait dictis partibus in eodem statu ad diem baillivie Ambianensis futuri primo parlamenti.

In cujus extractus testimonium presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Datum Parisius extractus hujusmodi die xx junii, anno Domini mille* sim o trecentesimo tricesimo.

Arcb, de l'hôtel de ville d'Amien». reg. aux chartes coté «, fol- 3 «•. — Reg. aux chartes coté a, fol. 1 10 r* et v*.

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