LETTRES DE NON PREJUDICE DONNÉES A LA COMMUNE PAR LE BAILLI D'AMIENS
On sait qu’au mois de juin i3ai, les juifs et les lépreux de Fiance furent accusés d’avoir voulu, de concert avec les mis de Grenade et de Tunis, empoisonner les puits et les fontaines du royaume, et que, par suite de cette imputation , un gland numbre d’entre eux furent soumis à des châtiments cruels '. Le bailli d’Amiens Cl comparaître devant lui plusieurs ladres de cette ville, cl prononça leur condamnation à la peine du feu, s’attribuant, dans cette circonstance, le droit de justice comme pour un cas royal. De plus, quand vint le jour de l’exécution , qui fut faite dans la banlieue d'Amiens au lieu dit la fosse Femeuse , le maire et les échevins reçurent du lieutenant du bailli le commandement de faire sonner la cloche du beffroi, pour rendre plus solennelle la punition d’un si grand crime, Par les lettres suivantes, datées du i" août i3ai, le bailli, Pierre Rémond de Rapestain, déclare que ni l’exécution faite dans un lieu dépendant de la justice
• Continualeun de Guillaume de Nangit , dan* le Spicil-ge de d'Arhfr». t. III , p. 7I.
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et seigneurie de l’échevinage, ni l’ordre donné au maire et aux échevins de faire sonner leur cloche pour un cas de justice royale, ne porteront à l’avenir aucun préjudice aux privilèges et à la juridiction de la commune ’•
A tous ceux qui cc s présentes lettres verront et orront, Pierre Remont , dit '**•de Rapestain , chevalier, bailli d'Amiens , salut. Comme Mathieu Boivin , nostre lieutenant, ait fait ardoir plusieurs ladres au lieu que on dit Fosse Femeu&e, étant ès mettes de le banlieue de le ville d'Amiens, en le justice et seigneurie d’icelles , et encore pour le justice notifier, pour le énormité du mettait , li maires et échevins de ce lieu, à son commandement, fissent sonner leur docque, ce que accoutumé n'ont mie du faire à justice du roy notre1 sire , et comme ils dient; sachent tous que nous ausdits mnyeur et communauté de ce lieu avons octroyé et octroyons, pour le roi notre sire, que les choses dessusdites ne leur portent en temps advenir aucun préjudice à eux , à leurs successeurs ne à leur justice. Du tesraoing de ce, nous avons scellé ces lettres du scei de le baillie d'Amiens, faites et données le vendredi prochain après le fête Saint*
Pierre , que on dit entrant aoust, l’an de grâce m ccc xxi.
Dnire, But. tT Mm ittu, 1. 1, Piéf. jul., p. Ho.