‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 169 sur 273 · D AMIENS POUR UNE TAILLE EXTRAORDINAIRE LEVÉE PAR LE ROI · texte numérisé non relu

D AMIENS POUR UNE TAILLE EXTRAORDINAIRE LEVÉE PAR LE ROI

Comme on le sait, indépendamment des tailles ordinaires levées annuellement, il existait au moyen âge différents cas de tailles extraordinaires. Tels étaient entre autres le mariage de la lille ainée du roi nu du seigneur, et l'admission de son fils aîné dans l’ordre de chevalerie. Les trois documents suivants, que nous réunissons, bien que de dates différentes, parce qu’ils concernent la même affaire, se rapportent à un subside de cette espèce, levé par le roi Philippe-le-Long à l'occasion du mariage de Jeanne, sa fille ainée, avec Eudes IV, duc de bourgogne. Ces pièces, datées du t" janvier, du 18 du même mois, et du 1 3 mars 1 3i<j, sont des quittances données par le bailli d'Amiens, au nom du roi, de diverses sommes payées par la commune à celle

rotule de Flandre, ni fil à ta nièce IxaMIe. tors Robert, accoud GU de lonta VIII. do»* U raaiimi •lu mariage dr crtte princesse avec Philippe- Au- duquel il reata juaqu'à U fia du xtv* aiècle.

gufto. Ve» le «unie d'Artoi* fut do uouicau Vojei d-de*MU, p. 179.

•eparc du domaiae royal, et devint l'apannçr de

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occasiou. L'addition donne un total de 4.000 livres pour chiffre de la <juote-part imposée à la ville d’Amiens dans cette taille extraordinaire

iîiÿ. A tous cculs qui vçrront ces présentes lettres, Erars Dalement, bai Ut

lanV^r d'Amiens , salut Sachent tout que nous avons eu et receu du niaieur et «les es- «hevins de le cité d'Amiens , par la main de Jehan Lemounyer, eschevin , et Jehan Bargoul , clerc de ledicle ville, douse cens et cinquante livres Tournois , deniers comptons , de le somme en quoi ledicte ville estoit' tenue au roy nostre seigneur pour le subside du mariage de madame la duchesse de Botirgoingne, fille dudit nostre seigneur le roy ; desquels douse cens cinquante livres ainsi par nous receues nous nous tenons pour bien paies, ou nom du roy, et en quittons et permettons acquitter ledicte ville. En tesnioing de ce , nous avons scellé ces lettres du seel de ledicte baillie. Donné à Corbie, le jour de le Circoncision Nostre Seigneur, Van de chelluy mil trois cens dis et huit.

• A tous ceuls qui ces présentes lettres verront ou orront, Erars Daleinent ,

,«..V!cr baillis d’Amiens, salut. Sachent tout que nous avons eu et receu du maieur et des esquevins de le cité d’Amiens , par le main de Cille dit Biaupignie , adonc grant compteur de ledicte ville, sept cens cinquante livres Tournois, deniers comptans ou d'escorapt , et en amenuisement de le somme en lequele ledicte ville estoit tenue au roy nostre sire , pour le subside du mariage de madame la duchesse de Bourgoigne, fille dudit nostre seigneur le roy; desquels sept cens et cinquante livres ainsi par nous recheues nous nous tenons pour bien paies , au nom du roy, et en quittons et promettons aquittier ledicte ville. Ou tesmoing de ce , avons ccs présentes lettres scellées du seel de le buillie d’Amiens, qui furent faites en l’an de grâce m ccc et dis-wit, le mercredi devant feste Saint- Vincent.

ijiy. A tous chiaus qui ces lettres verront ou orront, Erars Dalemetit, bailli d'Amiens , salut. Sachent tout que nous avons eu et rechupt du maieur et des esquevins de le cité d’Amiens deus raille livres de Tournois par le main de Franque, nostre varlet, que lidit maire, eskevins et communautés de ledile ville pooient devoir au roy no sire pour cause de le subside du mariage madame la duchesse de Bourgoïnne, aisnée fille du roy no sire; desquels deus mille livres de Tournois devantnommés nous nous tenons pour bien paies plenement, ou non du roy, et pour le roy nostredit seigneur et envers chelluy en promettons à w arandir les dessusdis maieur et esrhevins et communauté de ledicte ville. Ou tesmoing de ce, nous avons seelé ces lettres du seel de le baillie d’Amiens,

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faites et données à Amiens en l'an de grâce m ccc et disdiuit, lendemain de le teste Saint-Grégoire , au mois de march.

Arc h. de l'hôtel de ville d'Amiens , rcg. aux c hartn coté * , M. iio r* et »*.

SÉQUESTRE MIS EN ANGLETERRE SlIR LES BIENS DES MARCHANDS AM1KNOIS. — LETTRE DU ROI DE FRANCE AL ROI D’ANGLETERRE,

ET RÉPONSES DU DERNIER A CE SUJET.- SAUVEGARDE TEMPORAIRE ACCORDÉE PAR LE ROI D’ANGLETERRE AUX MARCHANDS D AMIENS

Vers l'année i3iç), des commerçants anglais, dont le roi de France .ju» était le débiteur, avaient fait saisir les marchandises de quelques né- ils», godants amiénois. Informé de cette saisie, Philippe- le-Long oflrit aux marchands anglais de leur abandonner une créance sur le roi d’Angleterre, dont un certain Tolto Guidi, probablement banquier lombard , était possesseur; mais la compensation fut refusée, et la saisie maintenue. Alors les marchands d’Amiens se plaignirent vivement au roi de Fiance, qui , sur leurs réclamations, écrivit, le 37 novembre 1319, au roi d’Angleterre Édouard II, pour le prier de désintéresser les marchands anglais, au moyen d’une somme qui serait portée en déduction de sa dette envers Totto Guidi, et, par suite, de faire lever le plus promptement possible le séquestre mis sur les biens des marchands français. Le 1 1 janvier de l’année suivante, Edouard II répondit au roi de France, qu’il avait refusé et refusait de faire ce qui lui était demandé, attendu qu’il ne devait plus rien à Totto Guidi, dont il avait quittance.

Malgré l’assertion du roi d’Angleterre, Philippe-le-Long, persistant à penser que la créance de Totto Guidi n’était pas éteinte, proposa de nouveau la compensation, et chargea des officiers du roi d’Angleterre, qui passaient par la France se rendant en ambassade à Rome, de transmettre à leur maître sa demande à ce sujet. Ce fait résulte d’une seconde lettre qui fut adressée à Pliilippe-le-Long par le roi d’Angleterre, le 18 avril i3ao.

Dans cette lettre, Édouard 11 déclare qu’avant fait examiuer l’alTaire et compulser les memoriaux de sa cour, il s’est assuré que la créance

AMIENS

«le Totto Guidi avait été annulée au moyen d'une délégation acceptée par ce dernier sur le sénéchal d’Aquitaine; il ajoute que cet ofïicier •ne lui a pas encore rendu ses comptes, qu’il va en presser la reddition, et que, si Totto Guidi n’a pas touché le montant de la délégation , qui lui a été faite, sa créance lui sera remboursée immédiatement.

Nous ne connaissons pas l'issue de cette affaire, qui, au mois d'aoùt suivant, n’était pas encore terminée; nous trouvons, à cette date, une lettre par laquelle Édouard II, sur la demande expresse du roi de France, et sans doute pour renouer les relations commerciales interrompues entre ses sujets et les marchands d'Amiens, octroie aux habitants de celte ville, jusqu’à la prochaine l'été de Noël, la faculté de venir et de négocier dans son royaume en toute liberté et sans crainte de voir leurs biens et marchandises saisies pour le fait des dettes du roi de France envers les marchands anglais.

Hjrnier, Ftrdtni, convtniianci, fie., «L LooJtni, iStS, l. II. pan. i, p. 4<x>, . 4« l, «■*

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