‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 176 sur 273 · D AMIENS QUI Y SERAIENT ÉLUS · texte numérisé non relu

D AMIENS QUI Y SERAIENT ÉLUS

Plusieurs citoyens d'Amiens, pour échapper à l'obligation de remplir les offices municipaux ou aux peines qu'entrainail le refus de les exercer, alléguaient des privilèges obtenus du roi ou les- occupations de leur service auprès de sa personne, des membres de sa famille ou des seigneurs de son liètel. Il en résultait pour la commune un grand préjudice; car, comme dit l’ordonnance royale, ceuls qui plus sages estaient et plus convenables pour le gouvernement de la/lite ville s'en excusaient par vertu desilittes gnlces. L’échevinage s’étant adressé au roi pour le prier de réformer cet abus, Charlcs-le-Bel, par les lettres suivantes,ordonna que dorénavant nul bourgeois d’Amiens élu aux offices de maire, compteur ou échevin, ne put en être dispensé par grâce ou lettres royales, à moins que ces lettres ne renfermassent une mention de l’ordonnance qu’on va lire, et une dérogation formelle à ce qu’elle prescrit. A défaut de celte dispense expresse, tout bourgeois qui, ayant été élu à un emploi municipal, refuserait de l’exercer, y sera contraint |Ktr le bailli d’Amiens.

Charles , par la grâce de Dieu, rois de France et de Navarre , à tou» ceulz qui ches présentes lettres verront , salut. Nos amez et féauls li maire , escheïin et communalté de la ville d'Amiens nous ont fait monstrer en complaignant , que, pour cause de aucunes grâces empêtrées de nous ou de nos devanciers jadis de chertaines personnes de laditte ville , que euls ne peussent estre contrainz de estre maires, compteurs ou escbevin de laditte ville, elle a esté moult dont- ■nagée ; quar ceuls qui plus sages estoient et plus convenables pour le gouvernement de ladite ville s'en excusoient par vertu desdittes grâces , en donnant [à] entendre , quant il les empétroient , qu'il estoient occupés de besongnes d’aucuns grans de nostre liostel ou de nostre lignage ou dâutres ; si nous ont supplié que sur ce vousissons mettre convenable remède, pour le temps à venir, l’ourquoy, nous, qui désirons le bon estât et le bon gouvernement de ladicte ville, leur ottroions par ces lettres, de grâce espécial , que d'orez en avant nul de

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laditte ville qui esleus sera au gouvernement d'icelle , selunc ce qu'il est acouslumé, n'en soit excuse* ne defTendu* pour cause de grâce que nous en feissons, se elle ne faisait mention espéeial des choses contenue* en ches présentes lettres , et que la grâce venist de nostre ehertaine science ; et roulons que au recevoir ledit gouremèment auquel il sont eslen, il soient contrainz par nostre bnillil' d'Amiens ou par son lieutenant. En trsmoing de ce, â durer tant comme il nous plaira seulement, nous avons mis nostre seel en ces lettres. Donné â Hallebuef , le second jour de décembre, l'an de grâce mil ccc vint et cinc.

• Arcfc. de l’Siôtr! de ville d'Amiens, rrç. eus chines coté 1 , fol ÎCJ r* el t*.

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