CI. XI
RENVOI FAIT A L’ÉCHEVINAGE DUNE PLAINTE PORTÉE DEVANT LE BAILLI D'AMIENS.
Un bourgeois d’Amiens, Raoul Coqucau , se plaignant de divers méfaits commis à son préjudice par un autre bourgeois , avait intenté une actiou à celui-ci devant le bailli d’Amiens , et requis la procédure par gage de bataille; ainsi il avait décliné par le fait la juridiction ordinaire , celle du maire et des éehevins. L’échevinage faisant valoir le droit que lui garantissait la charte communale, d’être juge des habitants d'Amiens dans tous les cas , sauf le meurtre et le rapt ', demanda que la cause lui fût renvoyée. Sur le refus du bailli , les magistrats d’Amiens s'adressèrent au roi, qui ordonna une enquête, par suite de laquelle la procédure commencée devant le bailli fut mise à néant, et le jugement de la cause renvoyé à la justice municipale.
A tous cliiaus qui elles présentes lettres verront ou orront, Amlrieus île Chaarroles , chevaliers le roy, bailli d'Amiens , salut Sachent tout que de le partie du maieur et esquevins de le ville d’Amiens nous furent apnrtées unes lettres du roy nostre sire , contenant le fournie qui s’ensieut
karolus, Dei gratia Francie et Navarre rex, baillivo Ambianensi vel ejus locum tenenti salutem. Major etscabini Ambianenses nobis conqueremlo nions-
1 Voyet plus haut , p. 1 14 , charte communale d’ Amiens , art. ait.
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XIV SIÈCLE. 4a !
trarunt qumJ , licei ipsi per punctum carte sint et fucrint (butins in possessione pacifira vel quasi habeiuli cogiiitionein et corrcptionem civiuiu et submanentium seu etiam hahitatorum dicte ville, in quibuscumque casihus in eadeiu villa etipsius banleuca emergentibus, raptu et niurtro duntaxat exceptis, et Radulphus Coquiaus imponens Roherto dicto Goudarc , habita tori dicte ville, quod ipsr plures litteras sibi furatus fuerat , pluraque alia nialeficia .eonuniscmt , raptum tamen vel murtruni minime tatigentia , et volcns ipsum Robertum per viam vadii duelli in bac parte procequi,eumdem Robertum supradictum in causnm traxerit coram vobis, ipsiqueconquerentes vos cuin instantia débita requisierint ut dictas partes ad ipsorum super hoc remittatis examen ; vos nichilcmiiiu» id facere dene gastis, et adhuc denegare nititnini, sic impediendo dictos conquereutes indebite et de novo in possessione predicta, contra dicte carte, quant a predeccssorihus no s tri s hubere et qtia etiam liactenus usi fuisse dicuntur, vetiiendo tenorem. Quocirca, mandnmus vobis quot si, vocato procuratore nostro sive juris icgittimo defensore, cuniceteris evocatis, visaque carta predicta, consliterit de premissis, dictas partes ad dictorum conquirentium reiuiltentes justiciam , ipsos conquerentes dicta possessione sua gaudere , ut justum fuerit , permiltatis , uullum imprditnentum indebitum sibi super hoc amplius apponendo; si vero debatum super hoc oriatur, ipso ad mauum iiostram tnnquam superiorcm posito, facta* que per catidem nianuin itiquircntia, sic et ulu facienda fuerit, super debato hujusmodi faciatis, ut ad vos pertinuerit , vocatis quorum interest, debitum
justicie complementum. Patunt Parisius, die febrtiarii, anno Domini
millesimo ccc* xx° V.
F.t comme lidit moire et esquevin nous eussent offert h tnonslrer le point de leur chartre , dont lesdites lettres font mention à enfourmer, que ainssi avoient «ni temps passé usé, et requis que nous lesdis Raoul et Robert leur envoissions, selonc le teneur desdites lettres, et sur che cassons appelé le procureur du roy nostre sire, pour savoir se dire ou proposer vaurroit cause pou» lequelle le requeste desdis maieur et esquevins ne deussotis faire , et lidis procureur ne proposast aucune cause, pourcoi à ychelles ne deussions incliner; sachent tout que , veu le point de le chartre duquel lesdites lettre» font mention par nous , et aussi nous infouruié des autres coses contenues es dites lettres, nous lesdis Raoul et Robert avons renvoyé pardevers lesdis maieur et esquevins et en leur court , pour attendre et estre h droit seur le cas dessusdit et asdis maieur et esquevins que les dessusnomtués aient et reeboi vent en leurs raisons et défenses, et à yebiaus fâchent tel accomplissement de justice que, par leur deffaute, on n’en retraie plus pardevers le roy nostre sire ne pardevers nous. Ou tesmoing des coses dessusdicles , nous avons seellé ches lettres du scel de
AMIENS
le buLllie d'Amiens, faites et données en nos assises d Amiens comnieiKrtiiés le lundi après les octaves des Brandons, Tan de grâce mil ccc vingt et sis.
Axel». de I hutd de ville dAiuinu, rt-g. aux diartes cuir a, fol. 40 r* et v*.