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COMPTES DES TROIS COMPTABLES SECONDAIRES

Ces comptes, placés à la suite de celui du grand-compteur, contiennent le détail de recettes et de dépenses qui ne figurent dans le premier que pour un seul chiffre, et ils en forment ainsi l’appendice et le complément. Comme celui du grand-compteur, ces comptes partiels étaient rendus solennellement en présence de l’échevinage et des bourgeois ; le registre qui les contient est toujours terminé par le procès-verbal de cette reddition. I-e premier est celui du maître des présents et payeur des rentes à vie.

I. Compte do maître des présents et patecr dbs rentes a vie. Il se divise en deux parties, la recette et la dépense.

La recette ne comprend qu’un article et se compose uniquement de la somme que le maître des présents a reçue du grand-compteur.

La dépense comprend les sommes payées pour les présents de vin et pour l’acquit des rentes à vie; les sommes données pour ces deux objets sont classées sous douze chefs qui correspondent aux douze mois de l'année.

la: mot présent , appliqué aux nombreuses distributions de vin laites au nom de la ville, donnerait, s’il était pris dans un sens absolu, une idée fausse de cette partie des dépenses. Il y a une distinction à faire : une partie des présents de vin mentionnés dans les comptes du maître des présents est donnée à titre honorifique , par exemple au roi , aux princes ou aux grands personnages, à l’occasion de leur entrée dans la ville ; l’autre est accordée à titre de salaire ou de gratification pour services rendus, et constitue une sorte de payement en nature.

11. Compte dd receveur des sentes, il est divisé en trois parties : la recette , la dépense , les arrérages.

La recette comprend tous les revenus de la ville, 1m cens et les rentes, les produits des marchés, des halles et des propriétés territoriales de la commune. Ln chapitre spécial est consacré à chaque service de revenu et même à chaque propriété.

Les revenus de la ville sont de deux sortes, ceux qui appartiennent ù ycelle à cause de le marne et commune , et ceux qui lui appartiennent à cause de le prévosti que /édicté ville tient à ferme perpétue ! du rty. On a vu plus haut le motif de cette distinction.

Les revenus patrimoniaux de la ville comprenaient : i" des renies et cens assis sur des maisons situées dans son enceinte; ils étaient payés à cinq termes, Noël, l’àques , Saint-Pierre, Saint-Jean et Saint- Remy ; a” le prix de location d’un certain nombre de maisons ou héritages, payé à trois termes, Noël, Pâques et Saint-Pierre; 3" celui tles estauz des halles où vendent li drappiers; [f celui des estaux des halles de Flantlres; c'étaient sans doute des halles particulières pour la vente des produits des manufactures flamandes; 5° la ferme des étaux aux vairiers ou pelletiers et fourreurs; 6° la ferme des halles, c’est-à-dire les droits perçus sur le pesage de la laine et du fil qui ne pouvaient être pesés qu’aux poids de la ville, le prix de location de certaines maisons ou magasins destinés au dépôt des draps étrangers ; -f la ferme de la halle aux cuirs; 8° la ferme des estaux de la boucherie; la ferme des eaux et pesqueries de la ville; io° celle des herbes qui y croissent; 1 1" celle des cressonnières de la ville; ta" le tonlieu de la guède; i3“ le pesage de la graisse.

Indé|>endauiinent de ces divers revenus, la ville possédait certaines propriétés territoriales, qui étaient affermées par elle : i° le fief de la Carnée, acheté par la ville en 1 3t q *, et qui consistait en terres labourables, herbages, chapons, deniers de cens, etc.; a° diverses prairies situées autour de la ville; 3“ un moulin à guède. Enfin, le produit des amendes judiciaires constituait une des principales sources du revenu ordinaire.

Les revenus perçus par la ville comme fermière de la prévôté, et dont ou a vu plus haut rénumération, comprenaient certains cens dus au roi, les droits de voirie, de quayage, de forage, de tonlieu, etc. Les droits de la prévôté de Grandpont, le produit des travers de Longucau, etc.

AMIENS

La dépense se compose : 1° des arrérages dus sur les comptes précédents; a" des cens payés par la ville; 3* de -diverses dépenses relatives à l’exercice de la charge de receveur des rentes, ou au salaire du clerc qui lui était adjoint; 4° des deniers versés entre les mains du grand -compteur; 5° des sommes portées en recette et qui figurent dans la dépense, parce qu'elles sont encore dues à la ville.

I.æs arrérages forment la troisième partie du compte du receveur des rentes, et varient d’année en année, selon qu'un plus ou moins grand nombre des créanciers de la ville est resté en retard. Comme les autres comptables de la ville d'Amiens, le receveur des rentes inscrit dans ses recettes ou dans ses dépenses les sommes dues à la ville ou dues par elle, et non pas ce qu'elle avait réellement perçu ou payé. Ces comptables étaient ainsi obligés de revenir sur leurs comptes pour enregistrer les recettes et les dépenses arriérées. De là ces nombreux chapitres d’arrérages qui compliquent singulièrement leur comptabilité.

III. Compte su mxîtee des odveages. Le troisième des comptables inférieurs est le maître des ouvrages. C’est celui qui, comme nous l’avons déjà dit, préside à tout ce qui concerne les travaux publics; son compte est divisé en deux parties, la recette et la dépense.

La recette se compose : i* des sommes fournies au maître des ouvrages par le grand-compteur; a” du produit de la ferme des chaussées de la ville, c’est-à-dire, à ce qu’il semble, d’un droit sur le roulage. 3° de la vente de divers objets, tels que bois, branchages, etc.

La dépense comprend tous les frais occasionnés par les divers travaux de la ville. Au lieu de classer ces frais sous les différents titres des ouvrages exécutés pendant l’année de sa charge, le comptable amiénois consacre un chapitre spécial à chaque espèce de matériaux employés pour les travaux de la ville, de même qu’aux ouvriers de chaque profession. il distingue aussi les travaux exécutés à taque, c’est-à-dire à prix fait, et les travaux exécutés à la journée. Enfin il porte le scrupule jusqu’à inscrire chaque journée d’ouvrier avec l’indication du travail auquel elle a été employée. Le prix de la journée varie sans doute eu égard à la capacité des ouvriers; le prix le plus ordinaire, pour la fin du xiv' siècle , est de trois sous par jour.

L'entretien des fortification.'; occupe toujours une grande place dans le compte du maître des ouvrages; mais ce comptable répartit entre trop d’objets les indications qu’il donne , pour qu’il soit possible de se faire une idée précise des constructions nouvelles et des réparations exécutées pendant l'année à laquelle son compte se rapporte.

F.n dehors des comptes des quatre comptables, on trouve souvent, dans les registres d'Amiens, des comptes spéciaux relatifs à certaines aides établies par le roi ou octroyées par lui à la ville, pour une cause déterminée. Les lettres de concession royale précèdent toujours ces comptes et elles permettent d’étudier les relations financières qui oui existé aux diverses époques entre la ville et le pouvoir central. A ces lettres sont quelquefois annexés les rôles qui ont servi à lever les aides, et on y trouve des renseignements précieux sur la topographie ancienne delà ville, sur l’état des personnes, du commerce et de l’industrie. Nous citerons comme dn des plus curieux le rôle de l’aide établie par les lettres du roi Charles VI , en date des i!\ avril et 1 1 septembre i386, pour subvenir aux frais de la guerre contre les Anglais. Dans ce rôle les noms de tous les habitants sont classés par paroisses et dans chaque paroisse par rues. De plus à côté du nom de chacun d'eux on trouve le chiffre de la somme qu’il a payée.

COMPTE DE LE VILLE DE AMIENS POUR l’an F1NANT A LE SAINT-8TMON , . [saint JCDE m ccc] QUATRE -VINS ET SEPT, SIRE WILLEAUME DE CONTI,

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