‹ Recueil des Monuments Inedits de l'Histoire du Tiers EtatChapitre 262 sur 273 · ARCHIVES OU GREFFE DE LA COUR ROYALE · texte numérisé non relu

ARCHIVES OU GREFFE DE LA COUR ROYALE

Dans ce dépôt sont conservés les titres de l’ancien bailliage d’Amiens, crée par Philippe-Auguste, et qui comprenait l’Amiénois , le Beauvoisis, le Yirueu, le Ponthieu , les comtés d’Artois, de Saint-Pol, et une partie de la Flandre et du Cambrésis. La partic la plus importante de ces documents n’est point parvenue jusqu’à nous. Toutes les pièces anterieures au xvi* siècle ont disparu , et il reste seulement au greffe de la cour royale de nombreuses collections d’actes judiciaires des XVI*, xvn* et xvnx* siècles, qui pour la plupart ne concernent que des intérêts privés. Parmi celles qui font exception, nous mentionnerons d’abord la collection des Registres aux chartes du bailliage <!' Amiens (’]. Cette série remonte à la seconde moitié de xvx* siècle , et l’on y trouve des titres de relief, de main levée, de saisine de terres et de seigneuries, des lettres de provision aux offices royaux , des pièces relatives à divers événements contemporains , et surtout aux guerres de religion. Nous y avons en outre rencontré quelques actes relatif* aux municipalités, des concessions de foires et de marchés, etc.

La seconde série, celle des Registres aux chartes de l’élection d Amiens, est moins complète que la precedente, et remonte à une époque moins ancienne. Elle contient un grand nombre de concessions d’impôts faites aux villes de la Picardie.

La troisième série comprend les procès-verbaux authentiques de la rédaction des Coutumes locales du bailliage d‘ Amiens. Ces coutumes ayant été apportées à rassemblée des trois états du bailliage , le 3o septembre iSo;, pour y être vérifiées et approuvées , * on forme meut à l’édit du a avril de la même année, le lieutenant général Ht observer que la lecture en serait si longue qu’elle durerait plus de deux ans; eu conséquence , eette lecture fut indéHnimcnt ajournée. Les coutumes produites furent inventoriées en i559; elles étaient alors au nombre de 4&3; il u'en reste aujourd’hui que 397, d’après le récolement de M. Bouthors, greffier en chef de la cour royale. Elles sont réparties de la manière suivante entre les huit prévôtés qui composaient alors le bailliage d’Amirns: 3i appartiennent à la prévôté de Beauvoisis, 149 à celle de Beauquesue, 7a à celle de Doullens, 5o à celle de Montreuil , a à celle de Fouilloy, 5o à celle du Vimeu et fi3 à celle de Saint-Ricquier. Des coutumes perdues, qui sont au nombre

(') V07. collrct. do D. Grenier, 14* paquet, n* 7, rt »fi* paquet, n° 7. — Voy. «oui dans k* manuscrits de Du fange, Bîbl. roy. , suppl. fr., i»5 ■,

P- 9 4 il, un extrait de quatre registres aux charte du bailliage d'Amiens, depuis le mois de mai i565 jusqu’au mois de mai i5-a.

SOURCES MANUSCRITES

de 56 » 4 appartiennent à la prévôté de BcauvoisÎ!», i à Amiens, 7 à Doullen» , 11 A Bcauqucsne , i3 à Montreuil, 1Ü à Fouilloy, a au Vimeu et a à Saiut-Ricquier.

Depuis 1 55g jusqu'à la révolution , ces coutume» sont restées déposées dans un coffre placé au-dessus de l'auditoire du bailliage. Maillard, dans son commentaire sur les coutumes d’Artois , a signalé leur existence, mais sans jamais en citer les dispositions. Le bénédictin D. Monge parait être le premier qui ait soup^onuc leur importance historique. Il les dépouilla complètement en l'année 174 1 , et consacra à chacune d’elJet une notice détaillée. Ces notices, entremêlées d'extraits textuels, forment un volume iu-fol. , qui, avec les autres manuscrits de I). Monge, a passe dans les main» de D. Grenier (').

Indépendamment du manuscrit de D. Mongé, la Bibliothèque royale possède beaucoup de matériaux relatifs à la rédaction des coutumes du bailliage d'Amiens en i5û7, et A leur reformation en 1567. Un volume provenant de la bibliothèque de Colbert (*) renferme, parmi un grand nombre de pièces originales ou de copies authentiques concernai) t la réforœalion de 1667, le texte même des coutumes locales rédigées en I £107. On y trouve :

i" Le» coutumes de la ville et bourgade d’Oizcmont, datt es du septembre 1S07. a» Celles de la terre et seigneurie de Touteneonrt, datées du 27 septembre. 3* Celles de Fonlaine-le-Sec et d'Allery, datées du iG septembre. /,° Celles de Urnes, datées du 17 août. 5° Celles de (ierberoy, datées du a3 août. 6* Celles de Beaucourt , datées du 9 septembre. 7" Celles de Montreuibsur-Mer, datées du 37 mars. 8° Enfin deux autres coutumes qui manquent A la collection du greffe de la cour royale d'Amiens, celle du chapitre et celle de la ville d’Amiens. La première est intitulée: Coutumes locales et particulières des terres et seigneuries appartenant an doyen et an chapitre de Notre-Dame d’Amiens ; elle est datée du a3 septembre 1607. La seconde a pour titre : 4m coutumes locales de la ville et banlieue d’Amiens , telles tju' elles avaient été rédigées ftar l'avis et du consentement des trois états de ladicte ville , en 1607. En marge de cette seconde pièce, sont transcrites les modifications proposées en 1567, sous ce titre: Avis pour la rrformatt'oa desdite * coutumes arreté avec les praticiens , en l’an mil v* lxyu. Le texte modifié de 1567 a été publié plusieurs fois; celui de 1607 vient de l'étre par M. Bouthors, dans la première livraison d’un recueil intitulé: Cmitumes locales du bailliage tf Amiens.

Parmi les coutumes qui sont arrivées jusqu’à nous, quarante-quatre se rapportent directement à des communes, à «les bourgeoisies, à des échevinages , et sont de véritables coutumes municipales. Quelques-unes sont accompagnées de chartes de commune proprement dites, qui ont été apportées à l'assemblée des trois états du bailliage comme pièces justificatives de la coutume locale, malgré les lettres de I.ouis XII, qui défendaient de relater les anciens prit itères des villes dans la rédaction des coutumes.

(') Bibl. rojr . colt, de D. Grenier, <4* paquet, (*) 11 est aujourd'hui cote Pond* du roi,

Au nombre des chartes qui nnl été conserver» de celte manière, nom citerons celles d’Oisy (mai iai6), de Beauval (juin 1*19), d'Anehin (mo), de Saint-Yast (février i»3o), de Marquion (n38), de Gezaincnurt (ia^o), d’ÀnxT le Château (n^l, cPÉpinoy f 1 -a 7 1 \ d’Ardres fi4o»), de Thun Saint-Martin (1447).

BIBI.ÎOTHFQT'F DE LA VILLE d’aMIEXS.

Ce dépôt, visite par nous en 1840, et qui alors ne renfermait aucun manuscrit relatif « l’histoire municipale d'Amiens, possède depuis l'année 1843 une pièce originale intitulée : • Dénombrement que Guillaume de Mascon, evéque d'Amiens, donna à la chambre

• des comptes de Paris, en i3oi. » (n° 57a.) Du Cange avait vu cet original , dont il a donné quelques extraits. En voici la description, d'après le catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Amiens, publie tout récemment. « Rôle de 4" 4°' de long, 0“ a a île

large, sur beau v< lin, écrit à longues ligues des deux côtés ; lignes tracées au crayoD, » pointers sur les marges; écriture droite, carrée, très-correcte; encre bien noire et bien

- conservée; titres des différents paragraphes en rouge. Il sc compose de huit feuilles « cousues bout ,4 bout, les six premières de o" 55 à o" 65, les deux dernières de o" 38

• de long. Le recto, écrit dans toute sa longueur, sauf une marge de o1* 1 5, contient

- 968 lignes; le verso, qui ne commence qu'au- dessus d'uu blanc de om 14, laisse pour

• servir de garde et d'enveloppe au rouleau, n’est écrit que sur une longueur du a* io' ,

• et contient 461 lignes ('). »

Co rôle provient de la chambre des comptes de Paris, et a été vendu au couscil municipal d'Amiens par une personne qui l avait acheté en Angleterre. Il en existait des copies dans deux cartulaires de Icvèché d'Amiens, aujourd'hui perdus, et qui ont fourni à D. Grenier de nouveaux extraits, à l'aide desquels nous avons complété ceux de Du Gange. (Voyez ci -dessus, p. 3i3,ct 3*4*) Nous aurions, sans nul doute, ajouté quelque chose à ces fragments, si nous avions connu plus tôt l’existence de l'original.

On trouve, en outre, dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque d’Amiens l'indication d’uu volume intitulé :« Registre aux délibérations de la compagnie des médecins d'Amiens, depuis le 3 novembre 16 53, jusqu'au 17 juillet 1789. • (a* 5» ».)

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