TEMPS ANTÉRIEURS AU XII* SIÈCLE
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La ville d’Amiens , à 1’époque où César fit la conquête de la Gaule , portait le nom de Samawbriva , c’est-à-dire, pont sur la Somme1. Elle était la capitale des Ambiant, l’une des tribus de la grande famille des peuples gaulois qui , sous le nom de Belges , habitaient le nord du pays, depuis le Rhin jusqu'à la Marne et à la Seine. Quand il fallut repousser l’invasion romaine, les Ambiant s'unirent au* peuples qui avaient avec eux une origine commune, et ils fournirent, en l'année b-j avant notre ère, à l’armée qu’avait levée la confédération des Belges, un contingent de dix mille hommes. .Mais César triompha de cette ligue puissante; il dissémina ses troupes dans les villes et sur le terri-
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.a toire des Belges, et, à plusieurs reprises, des légions furent cantonnées à Samarabriva. Tels sont les premiers souvenirs historiques qui
ae rapportent à la cité d’Amiens.
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On sait comment fut achevée en dix ans la conquête de la Gaule par les Romains. Le pays resta tellement soumis et pacifié, qu'un demi-siècle à peine après la mort de César, l’empereur Auguste put le comprendre dans ses divisions administratives. Ce fut alors que les Ambitmi et leur capitale furent rangés dans la province qui porta le nom de seconde Belgique. Dès lors Snmarobriva demeura soumise au système d'administration et aux lois qui régissaient d’une manière uniforme les diverses parties de l’empire. Placée sous la dépendance et la juridiction d’un fonctionnaire impérial, elle avait cependant une assez large part d’action dans les affaires de son propre gouvernement, et, connue toutes les villes où fut importé le régime municipal romain, elle possédait un corps de magistrature et d'administration urbaine, une curie chargée du soin de la police et des affaires locales, et investie, dans certains cas prévus et déterminés par l’autorité souveraine, du droit de justice et de l’application des lois.
Samarobriva Atnhianorum, comme on disait en joignant au nom propre de la ville celui du peuple dont elle était l’ancien chef-lieu , atteignit, sous la domination romaine, un haut degré de prospérité; elle s'accrut alors et s’emliellit de telle sorte, que déjà, vers la fin du iv' siècle de notre ère, l’historien Ammien Marcellin l’appelait une ville éminente entre les autres villes '. Située sur l’une des grandes voies romaines qui traversaient la Gaule dans toute sa longueur, elle était en outre, comme semble l'indiquer l’Itinéraire d’Anlonin, le point de jonction de plusieurs routes d'une importance secondaire qui menaient à Beauvais, à ÎSoyon, à Soissons et à d’autres villes avoisinantes \ Elle devait sans doute à cette position favorable au commerce une part de son importance. Depuis le règne d’Auguste jusqu a la chute de l’empire, elle vit s’élever dans son enceinte de nombreux édifices; elle avait un palais où résidait le magistrat impérial, un amphithéâtre, des temples et une grande manufacture d'armes 3. On sait par la statistique officielle qui fut dressée vers Fan 4^7, que les cm-
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» V. Ilium ri tint Antonini Augusti, «put! Srript. rer. pHkr. et frnnric. . 1. 1, p. 106 et 107,
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AVANT LE XII* SIÈCLE. q
poreurs avaient établi dans la Gaule huit ateliers où l'on fabriquait dis armes de toute espèce, et que l’atelier d’Amiens devait fournirai.* soldat* romains des épées et des boucliers Le nom de Samarobma cessa d’étre en usage dans les bas temps de l’empire , et celui tiAmbiani resta seul pour désigner la ville; plus tard il fut remplacé, à tous les cas, par le barbarisme Ami, anus, qui, contracté et adouci dans la langue romane, a produit le nom moderne d'Amiens *,
L’établissement du christianisme et d’un siège épiscopal à Amiens date de la lin du ui* siècle de notre ère. Ce fut entre les années »6o et 3o3 que tirminus , saint Firmin , originaire de Pampelune, enseigna dans la ville la nouvelle foi religieuse et y souffrit le martyre3. Il est inscrit le premier par l’Église sur la liste des évêques d’Amiens. On voit par celte date qu’au temps même où saint Firmin fut condamné au dernier supplice, en vertu des lois impériales, le christianisme était sur le point de triompher et de devenir la religion de l’empire.
En l’année 4o6, où les Alains, les Suèvcs, les Vandales et les Burgondes, forçant la limite du Rhin, envahirent la Gaule et la parcoururent du nord au sud, la ville d’Amiens eut sa part des misères qui vinrent fondre sur le pays, et ne put échapper aux dévastations des barbares. Elle est comprise par saint Jérôme au nombre des cités qui eurent à subir les désastres de celte grande invasion *. Toutefois , il parait quelle répara promptement ses pertes; car, vers 437, comme I indique la XoUce de ? empire, elle tenait encore un rang distingué parmi les villes soumises à la domination romaine.
Amiens allait bientôt ressentir les effets d’une invasion, non point rapide et passagère comme la première, mais durable et qui devait exercer sur sou état intérieur une longue influence. Dès l'année 4aS, li-* Fraulu, dont quelques tribus s’étaient fixées en deçà du Rhin, sur le territoire de l’empire, avaient fait, sous la conduite de Chlodio, l’un de leurs chefs ou rois, des incursious jusqu’à la Somme, mais ils
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