‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 104 sur 219 · fl n'y a ni médecin ni chirurgien sur le lieu · texte numérisé non relu

fl n'y a ni médecin ni chirurgien sur le lieu

à. Dans cette communauté, ii n'y a point d'accoucheuses, mais simplement quelques anciennes femmes qui font le métier de sagesfemmes.

5. dette communauté a élé attaquée d'une maladie épidémique en l'année 1786. Les ravages étaient considérables; les étrangers

^'J Voir, plus l(»in, iin mémoire spécial consacro h Vaux.

i78 ÉLECTION DE GAP.

fuyaient nos approches. Le Gouvernement envoya M. Ardent, médecin à Gap, qui découvrit la forme du mal et en arrêta les progrès.

6. La manière de bâtir e$t en pierres, chaux et table, fort simplement. Les couverts, tous en paille, k Texception de l'éj^iee et maison curiale et trois ou quatre maisons particulières, ny ayant aucune fabrique de tuiles, ni ardoises, ni petites lauses, et les tuileries les plus ii portée sont à une lieue et demie, et pour uae toise de couvert à tuiles à crochet en coûte 1 5 livres et à tuiles creuses 6 livres, y compris le port; néanmoins, on pourrait établir en ce lieu une fabrimie, attendu que la terre est très bonne, ayapt été éprouvée par des geus de Tart.

7. La nature du sol en général n'est pas bonne, une grande partie à peine double les semences. Il y 3 quelques quartiers qui produisent le quart et quelquefois le cinquième.

8. Les différents genres de récoltes sont partie de blé froment, partie en seigle et quelque peu d avoine et autres menus grains. Le tout en si médiocre quantité que la plupart des habitants, pour suppléer, font des pommer de terre , ({uoiaue le terrain ne soit pas généralemeot propre à cette production, tes arbres fruitiers sont dans la plaine : noyers, pommiers et poiriers, qui, en temps de production, subviennent aux besoins usuels des propriétaires des arbres. La récolte en foin est de peu de conséquence , à Texceptioa du pré considérable appartenant au seigneur marquis de Belmont '*^'.

9. Quant au rapport des grains et comestibles avec la consommation , le plus grand nombre des habitants , dans tout le temps , n'a pas assez de blé. Leur nourriture est du gros pain, peu de laitage. Quelques-uns ont quelque peu de légumes et jardinage, et du fruit , lorsqu'il y en a. Leur boisson est de l'eau , à l'exception des gens de distinction.

10. Dans les besoins et temps de disette, on tire le nécessaire, tant en grains qu'autres denrées, des marchés de Veynes et de Gap, où il y en a deux à chaque endroit, par semaine.

11. Il n'y a rien de surabondant; ni foires ni marchés, dans cette communauté.

12. L'état des bois est de fort petite valeur, étant tous bois rabougris et fourrés, k peine pouvant subvenir aux besoins de la

François de Vachon de fielmont, général de diviMon.

communauté, depuis que les ohartreux les ont privés de leurs anciennes possessions tant en bois que pâturages ou p&querages.

13. Les communaux sont les bois dont en la dernière question. Les sols sont montueux et la plus grande partie en rochers, à Texception d une petite partie ailes situées le long du torrent du Buëch. Ces îles, étant défrichées, seraient fort productives, mais elles exigeraient des digues le long du Budch , ce qui excède les forces des habitants, qui sont très pauvres.

14. Les rivières qui traversent la communauté sont le Buëch et Labi[o]ux, les eaux duquel servent è faire moudre le moulin à blé appartenant au seigneur et ensuite arrosent quelques petits coins de jardins et de prés situés dans la plaine , lorsqu'elles ne sont plus utiles au grand pré du seigneur. Les autres torrents ou ruisseaux sont la Sigou[s\te, les eaux duquel servent aux besoins de trois à quatre particuliers; le rif du Lauzon et le béai Treis la Glaise. Les trois précédeni<( descendant avec rapidité de la montagne A^Aurouze, surtout depuis que les chartreux ont fait défricher et cultiver les montagnes. Tant les uns que les autres causent des dégradations considérables dans le terroir de la communauté en temps de ravins et débordements, de sorte que, depuis la faction du dernier parcellaire, il y a plus d'un tiers du terrain couvert de leurs graviers et irréparable ; néanmoins , avec des secours , on pourrait les contenir et conserver le restant des fonds.

15. La quantité du gros et menu bétail est de fort peu de valeur, attendu qu'il n'y a pas beaucoup de nourrice et encore moins de pâturages. Il peut consister en 1 8 paires de bœufs de la médiocre espèce et a 5 juments aussi de la médiocre espèce, 3 à II mules ou mulets de même et o o bourriques pour la culture et autres utilités de la communauté, et la majeure partie étant aux domaines du seigneur et du prieur ou à ceux des chartreux. L'avé*rage est aussi en petit nombre, aussi faute de nourrice. Il peut y en avoir 3oo bétes et loo chèvres, le tout pour l'utilité des habitants; ces dernières se nourrissant dans les bois et rochers, ne pouvant tenir d'autres bétes & lait, par rapport à la stérilité et sécheresse du pays, surtout en été.

16. Dans la communauté, il n'y a ni artistes ni maréchaux experts, n'en connaissant aucun.

17. A l'égard de l'industrie et du commerce, il n'y en a d'aucune espèce.

18. La forme du régime municipal est un châtelain nommé par le seigneur, trois consuls élus en assemblée le premier jour de l'an, à la pluralité des suffrages des habitants chaque année, un secrétaire-commis à gages; à laquelle assemblée, tenue au-devant de la porte de l'église , tout habitant a voix délibérative ; ainsi des autres.

19. La communauté n'a aucuns revenus, de quelque espèce qu'ils soient, que lili livres de rente sur les États de Bretagne.

20. Les charges locales consistent à la somme d'environ 3 00 livres ^'^ dont on obtenait permission chaque année et qui étaient employées à leurs destinations. Les dettes de la communauté consistent à une pension due à la chartreuse de Durbon de la somme de 67 1. 1 6 s. 9 d., et 1 5 livres aussi de pension due ou du moins payée annuellement au seigneur. A l'égard des charges extraordinaires, nous avons été obligés d'en essuyer une considérable sans aucun secours, les années dernières, que la communauté a été obligée de rebâtir le toit de l'éghse et autres réparations considérables, ainsi qu'à la maison curiale, et ledit toit couvert en tuiles à crochets; ne croyant pas être susceptible à d'autres, attendu que la communauté n'a m maison de ville, ni vicaire, ni autre bâtiment à entretenir que l'église et la maison curiale.

21. Les comptes des collecteurs ont été rendus, inclus celui de Tannée 1787, qui a été rendu le 1 1 février, présente année; dont le collecteur se trouve créancier de la communauté de la somme de 33 1. 7 s. 3 d. Reste à rendre celui de l'année dernière , attendu que les rôles sont encore en recette.

22. Les pauvres ont so livres de pension que le donateur a voulu qu'on unît à la vingt-quatrième, laquelle consiste en dix-neuf émines seigle. Us ont, en outre, un capital de 55o livres qu'un ancien curé dudit lieu leur a légué et dont il a voulu que le produit ftii distribué parle curé du lieu ^^^ aux pauvres de la paroisse, sans

(^) Exactement, 3o9 1. 11 s. 9 d.

(Ordonnance du 35 nov. 1788) : cierge pascal, 6 livres; entretien de Téglise, 90 ; registres de paroisse ,18; entrelien d<»8 fontaines , 8 ; entretien des ponts , 8 ; gages du secrétaire, 18; gages des gardes-bois et champêtre, 100; gagrs du valet de ville , 6 ; gages du sonneur, G ; gages du ramoneur des cheminées, 13; ((droit de ban du au seigneur», i5; pension aux Chartreux de Durbon,

67 1. 16 s. 9 d.; abonnement du piedfourchu, i5 1. i5 s. (G 107, r 69.) En 1790, même total. En 1791, û35 livres, dont 100 pour le maitrc a école, 65o pour le receveur des eon— tributions. (lUd.)

^*) Claude Callandre, de Veynes, curé, nommé le 1" mars 1778 (G II, p. 99), démissionnaire le 19 mars 179 a (L 35i ). Cf. Inv, dêi Arch. dêi Haute» Alpei, série G t. VI, Inlrod., p. cxlit.

partialité, le jour de la fête du patron de Ta paroisse ^'^ La vingtquatrième et la pension de 90 livres sont distribuées parles officiers municipaux et le sieur secrétaire, dans le temps de l'année où le besoin est plus grand.

23. Il n*y a ni fondations pour des hôpitaux, non plus pour l'éducation publique. Quand, par hasard, il y a quelque régent d'école, les enfants payent à tant par mois, suivant leur accord, mais la plus grande partie en sont privés, par rapport à leurs misères.

2Â. Le parcellaire a été publié à la messe de paroisse le 1 7' jour du mois de mai 1687^^); néanmoins, il est encore en médiocre état, ainsi que le coursier, qui est sans date. Les papiers de la communauté sont détenus et fermés dans une garde-robe à trois clefs ^''*^. Laquelle garde-robe est déposée dans un coin de l'église paroissiale, et chacun des consuls a à son pouvoir une desdites clefs, attendu que le châtelain n'habite pas en ce lieu.

Signé : A. Robin, consul, Eymery, consul.

MONTMORIN

Arrondissement de Gap, canton de Serres, commune; 775 mètres d'altitude; i 6& kilomètres de Gap; saperficie en hectares, 9,586; habitants, 4 17.

PREMIER MÉMOIRE

Réponses aux observations , pour la communauté de Montmorin , suivant Tavis de MM. les Procureurs et syndics du pays de la province^ suivant la lettre du q8 février lySg.

1 . La communauté de Montmorin est située dans un petit vallon fort étroit, entouré de montagnes fort hautes, n'étant que des rochers et de mauvaises broussailles n'étant d'aucun produit, n'y ayant ni buis ni chêne; qui, depuis la terre de Ribeyret, qui est au nord, jusqu'à celle de Rruis, qui est au couchant, peut avoir une

(*^ Saint Pîerre-è»-Lien8 (1*' août). Archives départementales à Gap, où ils

{*) Fait par Jacques Reynaud ; in-A** forment cinq articles. — Sur Tétat des

de 665 feuillets. archives dé Montmaur en 1891, voir

^') Divers documents anciens prove- Procètt-verbaux du . Conteil général des

nant de Montmaur sont déposés aux Hautei-Alpei , aoât 189s, p. i36.

lieue, et depuis celle de Valdrôme jusqu'à celle de Moydans, peut avoir trois quarts de lieue , [n'jëtaut que de mauvaises montagnes garnies de rochers , étant de même sujettes aux ravins en temps de pluie; que la communauté est composée dun village de 90 hubi^ tants, a un hameau à Serre-Boy er, de 3o, d'un hameau à Cliatuze, de 19, et de 3 à celui du Gua, ce qui fait en tout i35 habi<» tants.

S. D y a dans la communauté environ 65o personnes;

3. Il y a un chirurgien sur lieu, âgé d'environ yo ans; après lui , les habitants seront obligés d'en aller chercher un à la Motte ou à Serres , éloignés de trois lieues.

^. La communauté n'a jamais été attaquée par des maladies épidémiques. On ne pratique point du tout l'inoculation de la petite vérole.

5. Les maisons sont couvertes en tuiles, bâties de mauvaise terre et à chaîne. Il y a environ cinquante granges couvertes en chaume, n'y ayant aucune fabrique de tuiles, étant obligé d'en aller chercher â deui lieues. Ce qui revient, y compris le port, à 9 livres la toise.

6. Le sol, en sa nature, est en général très mauvais, n'y ayant rien sur les montagnes pour améliorer les fonds. D'ailleurs, le vallon est susceptible à la mauvaise grainaison , attendu que la montagne d' Allons couvre le soleil pendant l'été jusqu'à 8 heures; qu'alors le soleil, étant dans toute sa force, la rosée étant encore sur les blés, il arrive toujours que les blés sont rouilles et sont mûrs sans grain.

7. N'ayant dans ladite communauté que très peu de froment et de seigle et d'épeautre, et très peu de légumes. Il n'y a d'arbres fruitiers que quelques vieux noyers et de mauvais pommiers, n'y ayant aucunes vignes.

8. Il manque ordinairement dans la communauté annuellement du grain pour six mois; que la nourriture ordinaire des habitants n'est que du pain de seigle, d'épeautre, quelque peu de légumes, des pommes de terre, des herbes, attendu qu'ils sont obligés de vendre le peu de froment pour payer les charges et les droits seigneuriaux.

9. On est obligé en temps de disette d'aller chercher du blé à

MONTMORIN. S8S

Nyons, et les autres années h Veyaes ou MB ravirons • à uk lieues de la communauté.

10. Il n'y a aucune production surabondante; ni marché ni foire sur les lieux.

11 . La communauté n'a aucuns bois ni forêts ; quand il arrive quelque incendie, on est obligé d'en acheter des communautés voisines, n'ayant qu'un petit bois de fayard pour les outils de labourage.

12. 0 n'y a dans ladite communauté qu'une petite rivière appelée la Yd d'Ouh, qui prend sa naissance du cAté du levant, pour servir d'arrosage, et qu'il n'y a point d'eau du temps de sécheresse; que le rif Ahrari, venant du côté du nord, traînant de gros graviers et se jetant dans la rivière, a engravé ou emporté environ six mille toises des meilleurs fonds ; que le béai la Grave et le béai des Jonchée ^ venant du cAté du midi, ont engravé la majeure partie des prés des Jonches et du pré la Cour; que la plupart des habitants, faute de subsistance, de moyens, sont obligés de l'abandonner; que lesdits torrents pourraient se garantir avec du plan vif et le secours des Etats, et que lesdits torrents, l'eau y tarit totalement dans les mois d'août et de septembre, ce qui est cause qu'il n'y a point de jardinage.

13. Il n*y a dans la communauté que i5 paires de bœufs, lâ petits mulets, a 5 bourriques eihoo bétes d'avérage, n'en pouvant pas entretenir davantage, attendu que les eaux emportent presque toqs les fourrages.

14. Il n'y a aucuns maréchaux experts sur les lieux ni aucun artiste , ni aux environs.

15. Les habitants n'ont aucune industrie; la plupart sont obligés de s'expatrier; les uns s'en vont dans le mois de juin dans la Provence , pour cueillir des feuilles pour les vers à soie , d'autres pour moissonner les blés; les autres s'en vont au mois d'août, pour aller peiffner du chanvre dans le Languedoc, la Provence et le Comtat, étant obligés de laisser tous leurs travaux.

16. La communauté est régie par un châtelain, pour autoriser les assemblées, et deux consuls, qu'on nomme à la pluralité des voix tous les ans.

17. La communauté n'a aucuns revenus d'octroi ni patrimoniaux.

284 ÉLECTION DE (ÎAP.

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