‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 11 sur 219 · Il n'y a dans le terroir que i5 paires de bœufs; â& che · texte numérisé non relu

Il n'y a dans le terroir que i5 paires de bœufs; â& che

ASPRESSUR-BUÉCH. 31

vaux, juments ou mulets; i ,âOO bétes d'avérage , dont les fermiers fies nobles en ont les deux tiers, les roturiers, l'autre tiers, avec !i5 bourriques.

16. n n'y a dans le lieu, ni aux approches, aucun artiste vétérinaire , ni maréchal expert.

17. Nous n'avons aucun commerce, attendu l'indigence des habitants, et les routes qui passent en ce lieu sont détruites par rapport à la destruction des chemins.

18. Le régime municipal est : a consuls, qui sont élus à la pluralité des voix toutes les années; i secrétaire et i châtelain, établi par le seigneur. Il serait essentiel de donner une nouvelle forme d'administration, où toutes les places fussent éligibles; il serait également essentiel que le Roi fît administrer la justice.

20. Les charges locales, attendu que la communauté n'a aucun revenu, consistent : premièrement, pour le maître et maîtresse d'école, pendant Tannée, à la somme de 3oo livres; pour le gardeterre et fruits, pendant l'année, i5o livres; pour l'entretien des bâtiments et couverts de l'église et maison curiale, id livres; pour ceux de la fontaine publique, i8 livres; pour le cierge pascal, 6 livres; pour les cierges, pendant l'année, pour le grand autel, outre les ao livres fournies par le seigneur prieur, âo livres; pour les gages du marguiliier» 6 livres; pour ceux du valet de ville, (> livres; pour la clôture du cimetière, U livres; pour le contrôle des assemblées, pendant l'année, lo livres; pour le loyer de la maison de ville, iS livres; pour port de lettres et paquets, 9 livres; pour la chambre du vicaire, i8 livres; pour le droit de ban dû au seigneur, i livre lo sols; pour l'albergement des îles et gravier, ù livres; pour les députés aux assises de la maîtrise, 6 livres; pour l'entretien des passerelles le long des torrents ou ruisseaux, 12 livres ^'^; qu'ils supplient les Etats d'ordonner l'imposition, sans nouvelle ordonnance, sauf à la communauté, lors de cas imprévus, de se pourvoir en augmentation , suivant le cas.

22. Le seigneur prieur ^^^ livre annuellement pour aumône aui

(') L*état des charges locales déjà mobilière, 100 livres; pour réparations

cité (G 107, r 7) ne donne pas de à Téglise, 5o livres; pour réparations

total pour 1789. Le total pour 1790 aux greniers des pauvres, lio livres;

est de 396 livres. Cnlui de 1791 est pour la clôture du cimetière , à livres.

de 596 livres, soit en plus, pour (Ordonnances du ik nov. 1790 et

papier, bois et lumière, la livres; pour 19 nov. 1791.) Ibid. le collecteur de l'imposition foncière et ^'^ Le prieur du monastère conven-

pauvres, en suite de la délibération du i^ novembre lySS, 3 0 charges de grains, i tiers méteil, i épeautre et l'autre orge, qui sont distribués sur un rôle qui est fait en présence du seigneur prieur, du curé, officiers de la communauté et trois députés, laquelle aumône était distribuée, avant ladite délibération, par le fermier des fonds du prieuré, depuis la Toussaint jusqu'au dernier juin de chaque année, en 90 livres de pain, chaque jour, et qu'il n'est pas de la connaissance d'aucun habitant d'où provient cette aumône, ni si elle tient lieu de vingt-quatrième, attendu que le fermier de la dime n'a jamais rien payé, pour raison de ce. M"Lachau, notaire à Veynes, distribue annuellement, depuis quelques années, i5o livres aux pauvres du lieu, pour un fonds qu'il dit avoir été fait par feu M. Blain, négociant à Bordeaux, natif de ce lieu , dont on ignore la teneur.

23. Il y avait anciennement un bâtiment pour hôpital, que les anciens ont vu habiter par une femme, mais qu'ils n'ont connu aucun revenu.

24. Le cadastre de la communauté, qui a été fait en 1686^'^, est en très bon état; de même que le coursier .et coupetatllé^^\ La communauté a des archives, mais il n'y a aucun titre, ni papiers anciens ^^^^; elle fut obligée d'avoir procès avec le seigneur prieur, qui fut jugé par arrêt du 7 septembre 17/10^*^, où ces titres furent communiqués; depuis, on n'a pu les recouvrer, ce que la communauté serait bien aise de faire.

Ainsi arrêté et certifié véritable, à Aspres, le 19 avril 1789.

Signé : Jean Aubert, consul, Laty, consul, Paul Rtousset, Jean-Jos. Millou, Bertrand, J. Astier, Astier, A.Morel, Antoine Benoit, Gharies Reynier, Mich. Robert, Laghau.

tuel, très ancien, d* Aspres -sur-Buêcli, sous le vocable de saint Jean-Baptiste, de la dépendance de Tabbaye de Saint- Gcraud d*Aurillac. Il était en même temps seigneur temporel d*Aspres.

(Voir A. et J. db Borniot, Uns cammune bétiédicùne avant la Révolution.

Villa de Asperii, Paris « de Soye, 188&, in-S"; et le travail déjà cité de M. Bou« det , où Ton trouvera la liste des prieurs , très complète.)

0) Par Pierre et Antoine Bonnet, de Gap; in-folio de 356 feuillets.

(') Ou Répertoire de toutei leecoteê, de 1709, par les sieurs Patras et Bonniot, in-^*" de i5i feuillets.

(') Sur fétat des archives d*Aspressur-Buëch, en 1889, voir Procès verbaux du Conseil général des Hautes- Alpes, août 1890, p. 167-168.

^*) Cf. Marceilin Boudbt, op. cit., p. 396.

AVANÇON. 33

AVANÇON

Arrondissemenl de Gap, canton de laBâde-Neuve, commune; 965 mèli^cs d*aliilude; à 16 kilomèlres de Gap; superficie en hectares, 9,25o; habitants, 5i3. — Cette commune, avant 1790, dépendait de TEmbrunais.

Etat des réponses et observations sur les differetites questions proposées par MM, les Procureurs généraux, syndics des États de Dauphiné.

1 . Le territoire a quatre lieues de tour et une lieue et demie à sa plus grande largeur et une lieue à la ligne la plus courte. Avançon , village, chef-lieu. Hameaux : les Santons, les James, Cossolonx^^\ Chaussenoire et les Taburles^^K Les deux tiers du terroir sont incultes , étant traversés par sept iniisseaux et la rivière de la Vanche^^\ qui le suit tout le long de la plaine et endonunage le plus précieux du terroir, et des rocs escarpés parmi, de même que des bois broussailles, qui en occupent beaucoup.

2. Le nombre de personnes de tout sexe et de tout âge va à 680.

3. Il y a une accoucheuse dans le chef-lieu, qui, sans études et avec l'expérience seulement, travaille avec beaucoup de succès.

à. En 1765 et lySSfilyaeu des maladies qui ont dérangé considérablement les familles. L'inoculation de la petite vérole n'y est point pratiquée. Les honoraires du traitement et médicaments de la dernière maladie sont encore dus à M. Ardent, médecin à Gap , qui l'a suivie avec succès.

5. Les maisons sont bâties à plâtre ou à chaux et sable; les deux tiers sont couvertes en paille et un tiers en ardoises; il en coûte I li livres la toise en ardoises et 8 livres en paille. Un éboulement de terre a couvert une carrière d'ardoises , que la communauté a dans son territoire et qui est de bonne qualité. On n'a pu en faire la découverte, à cause des misères du temps, ce qui serait un

^*) Aujourd'hui les OnuMouloui, Cette rivière, affluent de droite de k

('^ Et, de plus, Terre-Droite, sur la Durance, naît dans les marais de

rÎTO droite defATance, qui, avant 1790, Ghorges et rejoint la Durance à Malcor

dépendait du Gapençais. commune de Jarjayes. .

(^) Ou mieux VApance, dont le nom L'Avance servait alors de séparation

rappelle la petite peuplade des Avantici. entre TEmbrunais et le Gapençais.

^LKCTION DB OAP. 3

mraiMKRIt l*TtO«*LB.

grand secours, non seulement pour cette communauté, mais encore pour les circonvoisines.

6. En général, la nature du sol est mauvaise. La moitié du terroir est au nord et le froid tue les plantes; l'autre partie de ce qui est en culture est une terre forte où il faut un temps trop favorable pour que les plantes germent.

7. On perçoit du blé, du vin, des transailles ou légumes, du chanvre, un peu de bois. Les arbres sont les noyers; quelque peu de poiriers et pommiers.

8. Il se perçoit, année commune, i,soo charges de grains, tant froment que seigle et transailles. Leur nourriture est de ces denrées, en y joignant les pommes de terre ou truffes. A peine perçoit-on des grains, année commune, pour la subsistance des habitants de ce pays.

9. Dans les années de disette , on tire les grains de Gap qui est le marché le plus proche.

10. Il n'y a aucune production surabondante que celle qui est acquise par l'épargne de l'économie , qu'on peut réduire à quelques charges de vin que des muletiers à bât achètent sur le lieu.

11. La communauté n'a qu'une forêt, peu considérable, qui peut à peine su£Eire pour le besoin des habitants, en cas d'incendie, qui est en mélèzes, assez bien conservée; les autres bois ne sont que des broussailles et bois de mauvaise qualité.

12. El n'y a que de mauvais pâturages dont le sol n'a que très peu de fond ; la plupart le long des collines et parmi les rochers et le long des torrents.

1 3. La rivière de la Vanchê, qui traverse le terroir, fait des ravages considérables aux prés, qui sont la partie la plus précieuse. Le ruisseau de Pi8$e-Loup, celui de CoMe-ae-Mtome, celui de Bridou, cdui de Satni'Parchra8$e, celui de Ccmhe-Louhaurge, celui de la Pis9€ et celui de la Marone, qui causent des maux terribles aux fonds en vignes , prés et champs des particuliers.

La conununauté n'a pas pu faire de grandes réparations aux digues, comme il conviendrait de faire, pour se garantir de la rivière et des torrents qui l'endommagent; il lui faudrait des secours proportionnés à ces urgents besoins. L'arrosage fertiliserait également le pays et on pourrait en construire quatre icanaux , dont les eaux sont de très bonne qualité, et la terre produirait mieux.

AVANÇON

là. Gros et menu bétail : chevaax et juments, 3; mulets ou mules, 39; bourriques, 5o; bœufs et vaches, i58; moutons et brebis, 5 00.

La perte qu ont faite les particuliers de leurs bétes de labour, pendant environ six années qu'a duré cette épidémie, jointe aux mauvaises récoltes , les a réduits à ne pouvoir cultiver leurs fonds; ce qui met le comble à leur misère.

15. 11 y a dans la communauté un marécbal-ferrant, qui jouit d'une réputation acquise et justifiée par des succès, et les habitants ont recours à lui lorsque leurs bétes sont attaquées de maladies quelconques.

16. Les habitants sont travailleurs de terre, ne s adonnent à autre chose qu'à la culture d'icelle, et n'ont aucun talent pour apprendre des métiers, en sorte que, quand on a besoin d'un ardste, il faut avoir recours aux communautés voisines.

17. Les affaires de la communauté, de quelque nature qu'elles soient, sont proposées par les deux consuls aux habitants dans des assemblées et, de suite, on délibère sur ce dont il est question.

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