Les comptes des collecteurs ont été rendus chaque année
22. Les pauvres n'ont aucune propriété ni revenu; ils n'ont que la vingt-quatrième » consistant à a charges k panaux blé, mesure de pays, qui sont distribués aux pauvres sur le rôle fait par M. le curé, les deux consuls et le châtelain.
23. Il n'y a point de fondation ni pour des hôpitaui ni pour l'éducation publique.
24. Le dernier cadastre ou parcellaire a été fait en 17^6 ^^^ et il est en très mauvais état, de même que le coursier. On conserve les papiers et titres de la communauté dans un coffre qu'on tient à la maison commune , fermant à une serrure de laquelle le châtelain
a la clef^*^.
Signé : NicoLâs, curé^'^^, C. TaocasT, ûomul, F. Hugdbs , roiiffti/, J. AsiL, lieulenatU de châtelain.
Du lundi â5 mai 1789, nous J.-Jos. Abel, lieutenant de châtelain , Cl. Truchet et Franc. Hugues , consuls modernes de la communauté de Pomet, accompagnés des plus nobles habitants dudit lieu, sur les prières et réquisitions réitérées des habitants, manants et possédant bien audit Pomet, de visiter et parcourir tout le terroir dudit lieu et de dresser verbal des dommages faits aux fonds et récoltes , causés par la fonte des neiges du mois de février der^ nier et par les tempêtes et inondations, tombées les 8 et 1 1 du présent mois de mai, qui ont emporté la plus grande partie de
<*) Pas de détail pour 1789. En 1 790 , le total des charges locales est de 917 1. 6 s. (Ordonnance dtt 11 mars 1790) : cierge pascal, 6 livres; entretien de récite, ho tivres; entretien des ponts» 19 livres; gages du secrétaire, 3o livres; gages du maître d*ëcole, 60 livMs; gages du gtrds-boia, 60 livres; «logement de la maréchaussée de Serres , pour trois ans», 9 1. 6 s. En 1 79 1 , lu total des charges est de Aa 9 I. (Ordonnance du 99 octobre 1791; C 107,(^77.)
W Ptr Antoine Ginrd, oiiAtflitiA de Ghauvac (Drôme), assisté de son fils Claude et da Pterrs Jsoob, de Montjai; in-folîo, feoiilets 5 à 173.
(') Sur la situation des archives de Pomot eo 1891, foir Procèi'^vêrkiux du CoMeil génird de» Hautei-Alpei , aoiU iSût^j». 187.
(«} Gaspard-Fidèle Nicolas fut cun( de Pomel , de 1 778 au 5 février 1 798 ; il refusa de prêter sermont à la constitution civile du clergé.
POMBT. 331
la récolte, soit en blé froment, seigle et épeautre» amandes et noix , et ont ravine et emporté la majeure partie des fonds qui se trouvent extrêmement en pente, ce qui cause une perte très considérable et met les habitants de Pomet dans une extrême misère et hors d'état de payer leurs charges; et, en conséquence desdites réquisitions, disons et déclarons nous être portés et avoir très exactement parcouru et visité tous les différents quartiers et domaines dudit lieu de Pomet, et nous avons trouvé que tout le terroir se trouve extrêmement penchant, que la fonte des neiges du mois de février dernier et la grande quantité d'eau et de orêle qui tomba les 8 et 1 1 du présent mois de mai • ont fait un dégât considérable dans le terroir dudit Pomet, que non seulement les fruits , mais les fonds ont été ravinés et emportés de façon à ne plus pouvoir les cultiver, lequel dommage fait aux fonds nous avons estimé la somme de S>ooo /tVrM.
Nous avons encore vérifié et examiné que la perte du grain , soit blé froment I seigle et épeautre, occasionnée par la grêle et les ravins faits aux fonds, par la grande quantité d'eau venue de la fonte des neiges du mois de février dernier et de celle qui est tombée les 8 et 1 1 du présent mois de mai, les a emportés et enterrés, est très considérable, lequel dommage nous avons estimé la somme de â,ooo lwrt$.
Nous avons encore vérifié que la grande quantité de grêle qui tomba les 8 et 1 1 du présent mois de mai , a abattu et tombé la majeure partie des amandes et noix, lequel dommage nous avons estimé la somme de è^ooo livrée.
Cette perte immense réduit les habitants de Pomet dans ia dernière misère, n'ayant pas, la plupart, de quoi payer leurs chairs au Roi) qui se montent annuellement k i,8o& livres, savoir t 1,1 85 1. i5 s. de taille ou impositions extraordinaires, 3oo livres de capitation et 3 1 8 1. 5 s. de vingtième. La plus grande partie se voyant obligés de vendre leurs capitaux pour payer leurs charges, ni ayant d'ailleurs dans le lieu aucun commerce, ni industrie, ni foires, ni marchés, ni passage pour procurer la moindre ressource aux habitants.
De tout quoi et de ce que dessus, nous dit lieutenant de ehâte^ lain et autres principaux habitants, avons dressé le présent procèsverbal que nous certifions véritable à honneur et conscience, pour icelui servir et valoir à ladite communauté en ce que de raison, suppliant très humblement MM. de lu Commission intermédiaire
d'accorder à cette communauté infortunée un dégrèvement proportionné à leur grande perte.
Signé : Nicollas, curé, G. Trughbt, consul, F. Hugue/s, consul, J. Abbl , Ueutenant de châtelain , A. Glaybl , F. Abel , J. Broghbri.
PRUNIÉRES.
Arrondissement d*Embniii, canton de Chorges, commune; 1,018 mètres d*qltitude; à na kilomètres de Gap et 90 kilomètres d*Embrun; superficie en hectares, i,5i8; habitants, agS.
Réponse de la communauté de Prunières à la lettre circulaire de MM. les Procureurs généraux syndics du ù8 février ijSg.
1 . Répondent que la communauté a demi-Ucue en longueur et un quart de lieue à travers et elle ne forme qu'une seule paroisse^'), composée de ta petits hameaux ou villages (^^.
2. La communauté est composée de 76 habitants et les familles de 5 à 6 personnes.
3. n n'y a aucun chirurgien ni médecin dans la communauté; on est obligé d'aller à Ghorges , pour y trouver un chirurgien , qui est éloigné d'une lieue, et il faut aller à Embrun ou à Seyne ou à Gap , éloignés de 4 lieues pour trouver un médecin.
à. Il n'y a point d'accoucheuses instruites dans la conununauté.
5. La communauté est souvent attaquée par des maladies épidémiques et plusieurs personnes sont emportées par la mort à faute de n'avoir de quoi aller chercher un médecin éloigné de à lieues. On n'a jamais pratiqué l'inoculation de la vérole.
6. Les maisons et autres bâtiments sont tous couverts en paille, n'y ayant aucune fabrique de tuiles, ni carrière d'ardoises aux environs de 5 lieues, et les murs sont faits avec de la terre.
7. Le terrain est presque tout en pente et sur la roche, sans aucun gazon, traversé par plusieurs vallons qui dégradent beaucoup le pays et causent beaucoup de dommages.
t*) Souâ le vocable de Saintr-Sauveur Gourres , Longuet^ Pomayret, Prapërier, ou de la Transfiguration. Prérond, le Serre, Saint-Micbel , Tuba-
(') L* Adroit, les Blancs, les Clots,les ncau, Vicre.
PRUNIERES. 333
8. On fait récolte du blé, du seigle et quelque peu de froment et un peu de vin et très mauvais, et il n'y a que très peu d'arbres fruitiers, à cause que le terrain est fort sec, n'ayant point d'eau pour l'arrosage.
9. n se perçoit environ la quantité de 6o8 charges de blé, seigle ou froment, et il se fait la consommation à peu près de 91a charges et davantage. La nourriture ordinaire est du pain de seigle et de pommes de terre.
10. On tire les grains de la ville d'Embrun, de Gap et de Saint- Bonnet.
1 1 . Les productions sont très petites ; les marchés où elles se vendent sont Embrun et Gap.
12. La communauté n'a qu'un seul bois, qui est la forêt de Morgon, indivise avec le mandement de Savines, qui est éloignée d'une lieue et demie de la communauté. .
13. La communauté a en commun avec le mandement les montagnes de Réalon, desquelles M*^ de Savines y fait mettre un troupeau d'avérage d'Arlle, duquel elle tire un revenu considérable au préjudice du mandement.
\à. La communauté est traversée par plusieurs vallons, qui ne donnent aucune production d'eau, mais qui, dans un temps de pluie, causent des dommages considérables à cause que le terrain est en pente , dont on les pourrait garantir avec du secours. Il n'y a que très peu d'eau pour l'arrosage, anciennement l'eau d'arrosage venait par un canal du rieux (torrent) de Réalon, à s lieues de la communauté , qui ne vient plus.
1 5 . Dans la communauté il n'y a que très peu de bestiaux , à cause des fourrages qui manquent et de la pauvreté des habitants ; ils consistent en, quelques-uns, une paire de bœufs, et les autres, une paire de deux en deux, et les autres en ont point; concernant les juments , il y en a 10 à 1 â , qui sont nécessaires pour la culture, chaque habitant tient une petite bourrique ou âne pour son petit travail, avec 5 à 6 brebis chacun. Le moyen, ce serait d'avoir des fonds et du fourrage pour en augmenter le nombre.
16. Il n'y a aucuns artistes vétérinaires ni maréchaux experts dans la communauté.
17. Les habitants n'ont aucun commerce ni industrie; ils sont tous cultivateurs de la terre.
18. La communauté est régie par un chAtelain et deux consuls.
19. La communauté n'a aucun revenu ou du moins [on n'] en connaît aucun.
30. La communauté a pour charges locales. Tannée dernière, la somme de 69 livres ^^^ et les dépendances ou fournitures faites par les consuls pour la communauté dépassent de beaucoup ladite somme. La communauté paye , pour droits d'octroi au bureau de l'élection de Gap, la somme de 5 livres et d'autres années 7 livres et d'autres 8 livres, et lesquelles sommes n'ont jamais été cotisées dans les rAlet, sans que la communauté en tire aucun droit ni rente. On ne sait en vertu que nous payons cela.
La communauté doit anx sieurs Jacques Vallier et Honoré Barbe, fondeurs de cloches du lieu dit de Planpinet, en Briançonnais, la somme de 100 livres pour main-d'œuvre et 900 livres pour augmentation de métal à ladite cloche fondue l'année dernière, 1788. La communauté a été condamnée par arrêt de la Cour au parlement de Grenoble k la somme de 1,0 69 1. 17 s. et 9 A livres d'amende portée par ledit arrêt, en conséquence d'un procès qu'elle a soutenu longtemps contre M^ d'Estiène de Sainte Jean^^\ au sujetd un terrain que la communauté possédait au fort de Prunières, où étaient les anciens celliers des habitants, dont plusieurs en payent les tailles étant chargés au parcellaire de la communauté, dont la conmiunauté a été condamnée à la somme de 1,069 1. 17 s., 3 & livres d'amende, sans compter les frais de l'instance , dont nous ne savons pas le montant. La communauté a encore un procès avec la demoiselle d'Estiène, au sujet de deux ha-* bitants auxquels leur demande des censés qu'on na jamais payé, et la conununauté, ayant fait assomption de cause pour ces deux pauvres habitants , demande ses titres k ladite d'Estiène , pour les faire examiner, et la communauté demande la définition de ce procès.
2 1 • Les comptes des collecteurs et receveur ont été rendus une partie et les autres n'ont pu les rendre , à cause que leur livre de
<^> GW oxscteiiMnt la mndbm sato* rslioi», 3 livrsi) port de Istftres, 6 H-
risée pour 1789, le 95 août de cette vres, frais du tirage de la milice,
année, savoir : cierge pascal, 6 livres; . h livres. Total, 69 livrée. — En 1790,
eniretieii de Téglîse, 90 livres; entre- le tolal est de i5s livres, doatÔo livres
tien des ponts, 19 livres; gages du se- potir le maître d^école (G 107, 1^ 78].
cfétaire, 18 livres; contrôle des délibé- (') Mad*-Victoire de la Totir-du-Pin.