Sa population est de trois cent cinquante personnes
3. U n'y a ni médeein m chirurgien, ni dans le circonvoisînage; il faut recourir à la ville d'Embrun, Soignée d'environ deui lieues, avec un très mauvais chemin impraticable, en hiver surtout, et, s'il arrive quelque événement dans la nuit, les malades sont sans secours, parce que les portes de la ville sont fermées; d'aiileiirs , les ministres de santé auxquds on pourrait recourir réinséraient de se porter dans la unit dans cette communauté , par rapport aux mauvais chemins.
&. Il n'y a pas d'accoucheuse instruite et, dans le cas des aeeonebemepts , les femmes du lieo se rendent respectivement les secours qu^elles peuvent.
<^) Et encore : la IMtîe, Conrtet, IcForest, \es Mourefann, le» Ofi^iers, la Rente, Im IfeiMw, 1m T«K«ISt
3'i0 EI.ECT10N DE GAP.
."). Depuis quelques années, lu communauté n'a pas été attaquée de maladies épidémiques, et faute de personnes qui sachent faire l'inoculation, on ne la pratique point.
0. Les murs des bâtiments ne sont qu'en terre glaise pour tout ciment; les toits sont en chaume, faute de carrière d^sirdoises et de fabrique de tuiles. Les carrières d'ardoises se trouvant dans des communautés fort éloignées, le transport rendrait la toise d'ardoise à un prix excessif, et dans tout 1 Embrunais on ne fabrique pas de tuiles.
7. Le sol de la communauté est, en général, fort pierreux; il est sujet à des éboulements et il le devient toujours plus par les ravins qui partent de la montagne qui le domine, faute de conservation des forêts. Le hameau de ViÛard est plus particulièrement suJQt à couler, parce qu'il est attiré par le torrent de Reyssac, vulgairement appelé le torrent de Réaion , qui passe au bas de ce hameau du côté du couchant. En général aussi, le terrain est ingrat, par rapport à sa position trop pen tueuse; les grosses pluies qui tombent assez fréquemment le lavent et l'appauvrissent trop souvent.
8. Les perceptions dans cette communauté sont en blé, en vin et peu de légumes; il y a quelques noyers et arbres fruitiers, comme poiriers et pommiers, qui, assez montagneux, ne produisent que rarement.
9. Ces perceptions ne répondent pas, à beaucoup près, à la consommation des habitants , dont une partie passe quelques mois de rhiver dans les provinces circonvoisines, pour gagner sa vie, et leur nourriture ordinaire est du pain , des pommes de terre et du jardinage pour la soupe.
10. Dans les années de disette, on se procure l'indispensable nécessaire en grains aux marchés de la ville d'Embrun ou de Gap.
1 1 . Dans les années de meilleure récolte, il ne peut y avoir de production un peu surabondante qu'en vin, que l'on vend à Embrun. On le transporte par bêtes de charge. Il n'y a ni marchés
li foires dans cette communauté.
12. Dans le terroir de cette communauté, il n'y a qu'une fort petite forêt, commune avec tout le mandement de Savines, qui comprend cinq communautés. Cette forêt, qui est entièrement dégradée, ne peut pas suffire aux besoins des communautés; elles ont encore en commun la forêt de Morgon , qui est en delà de la
PUY^AINT-EUSÈBE. 341
rivière de Durance , du côté du midi ; elle est trop éloignée du Puy- Saint-Eusèbe , ce qui dégoûte les habitants d'y aller prendre des bois y dont le transport leur deviendrait cher.
13. La communauté n'a d'autres communes que ces forêts qui, par les abattis et les exploitations qu'on y fait, seront bientôt détruites; les habitants n'ont d'autre ressource , pour faire paître leurs bestiaux ou leurs troupeaux d'avérage qui sont en petit nombre , savoir : au printemps, dans les chaumes, et, en été, dans les pâturages des montagnes de Réalon , où ils ont le droit , comme communistes; mais ces pâturages ne sont pas susceptibles d'amélioration.
là. Il n'y a d'autre torrent qui passe dans la communauté que celui de Reyssaç ou de Réalon , village au-dessus de celui de Puy- Saint-Eusèbe ; ce torrent passe au couchant de cette dernière communauté et c'est de lui seul que l'on tire l'eau d'arrosage , par le moyen d'un canal, dont l'entretien est fort dispendieux; il passe à travers des rochers et un terrain qui coule aisément par rapport à sa pente. Le peu d'eau qu'on en tire ne peut suffire à l'arrosage; il serait susceptible d'augmentation, en minant quelques rochers dans la partie où il passe, pour agrandir son lit, et en faisant ensuite, dans les parties où le terrain coule, des murs en pien*e sèche pour soutenir la bordure inférieure.
15. B y a, dans cette communauté, cent ou bœufs ou hôtes de charge. Plusieurs habitants se réunissent pour acheter une paire de bœufs, dont ils font tous leurs labours. Il y a environ trois cents bétes d'avérage, et il est certain qu'en augmentant avec des secours l'eau d'arrosage, on pourrait augmenter les prairies et que, par ce moyen , la population en fait de bestiaux deviendrait plus considérable.
16. On ne connaît point de maréchal expert dans tout l'Embrunais; il n'y a que des maréchaux ferrante et fort peu connus dans les maladies des bestiaux; encore n'y en a-t-il point de cette espèce dans la communauté, qui est obligée de recourir ou à Embrun ou à Savines ; aussi voit-on périr assez souvent des bestiaux, fimte de maréchaux experts.
17. L'habitant de cette communauté n'est que laboureur, c'est là son unique industrie; aussi après les travaux, et surtout pendant le quartier d'hiver, reste-t-il oisif. Il serait cependant apte à bien des choses, et il est bien certain qu'on pourrait le tirer de cette
SAS ÉLfifiTrON 1» 0\P.
oisiveté «n ëtabliwaht « dans le circonvoisinage ^ des fabriques qui roceuperaient»
18. Il n'y a que deux consuls qui régissent la municipalité, ils soot anooellemeiit ëlactifs»
19k La eommuiMiaté n*a point de revenu d'aucune espèce»
20. Les charges locales annuelles montent h environ trois cent vingt livres; elle doit annuellement douze livres de pension au chapitre d'Embrun , six livres aux Dames religieuses de la Visitation de Sainte-Marie de la même ville « quarante livres aux Gordeliers de ladite ville, et deux cents livres au seigneur de Savines; toutes ces sommes font partie des trois cent vingt livres de charges locales ^^K
91. Il n'y a d'autres comptes à rendre que celui d'un nommé Jean Céard , fila à feu Claude , qui a été consul depuis sept à huit ans, et deux autres que doit sieur Jean-Antoine Bosq, collecteur de la communauté des années 178& et 1786, contre qui il y a des poursuites pour l'obliger h les rendre.
23. Il nV a dWres fonds et revenus pour les pauvres que la vingt-quatrième, qui leur est annuellement répartie par le curé ^*^ et les consuls.
23. Il ti'y a point de fondation pour les hôpitaux ni pour Téducaiion publique; anciennement on imposait pour tenir deux maîtres d'écols pendant six mois d'hiver seulement» mais depuis que l'on n'a plus voulu permettre cette imposition , les habitants se réunissent et font eux-mêmes les fonds pour le salaire des maîtres d'école , qu'ils ont continué de tenir.
2 A. Il y a trente ans que le parcellaire a été fait de nouveau ^^^ mais il est en mauvais état; il n*y a point de coursier ni de péréquaire. Il n'y a pas d'endroit pour les archives. Les papiers de la communauté sont dans un coffre fermant à trois clefs; les deux consuls «t le secrétaire en ont chacun une» et ce coffre est déposé dans l^église paroissiale ^^\
(>) Tel est le total préeis pour 1 788 , 1789 et 1790. En 1791, il s'élève i 7^0 1. 10 8., savoir : entretien de réalise, Uo \.; td. de la maison commune, 3b; gages du seerétatre, &o; ûf. du maître d'écoie^ 5o; id. du garde^bois, /io; pension due à M. de Savines, aoo; nu r(H;eveur des contributions, 189 1.
(> s.; compies antérieurs, iSg I. & s.)
reliquat du compte de Joseph Roux, consul « 79 livret, etc. (G 107, P 79).
(*) Claude Léotier, d'abord vicaire (1778), procuré en 1778, curé en 1787 et le 99 novembre 1790 (L 88a), et alors nommé curé de Puy->8a((tilères (voir ce mot)*
('») En 1758, în-follo.
t^) Sur la situation de ces archives en
PUY-SAINT-KUSÊBE. 343
Ainsi arrêté audit lieu du Puy^Saint-^Ëu^èbe, et ont^tes consuls, signé le '3 mai 1789.
Signé : Jean Gargibr, comul, G. Pbyron, comid*