‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 153 sur 219 · SAINT-AUBAN-DOZE · texte numérisé non relu

SAINT-AUBAN-DOZE

li. Nous ne connaissons, ni dans le lieu ni au voisinage, aucune accoucheuse instruite et experte dans cet art. Les femmes se prêtent mutuellement ce secours.

5. Notre communauté méconnatt entièrement la pratique de l'inoculation de la petite vérole. Quant aux maladies épidémiques, elle n'en a pas souvent été attaquée, quoique. Tannée dernière, elle ait été attaquée d'une, qui a duré presque un an et dont elle a beaucoup souffert.

6. Nos maisons, mal bâties, faute de pouvoir nous procurer du bon mortier, n'ayant point de sable sur les lieux, sont toutes couvertes en chaume, à l'exception de la maison presbytérale qui est couverte en tuiles, dont nous avons au voisinage, dans le terroir de la communauté d'Ozè, une fabrique; nous n'avons aucune carrière d'ardoises, et la misère des habitants les empêche de se couvrir en tuiles, dont la toise de couvert pourra coûter 6 livres.

7^ La nature de notre sol est généralement médiocre, outre qu'il est de peu d'étendiïe; trois montagnes, une au nord, l'autre au levant, la troisième au midi, toutes pelées^ qui ne laissent plus apercevoir que le rocher qui leur sert de noyau, resserrant tout le terrain cultivable dans un petit vallon, qui se trouve encore dévasté par plusieurs torrents, rases, ravines, qui descendent de la montagne.

8. Toute notre récolte en grains consiste en blé, épeautre, avoine ; c'est de ces grains que les habitants tirent toute leur subsistance, heureux encore s'ils pouvaient leur suffire, année commune.

9. Les arbres fruitiers qui donnent le plus de secours à la communauté sont les noyers; c'est de ces arbres qu'elle tire de quoi payer ses tailles et autres charges; quand cette récolte manque, elle est obligée de s'endetter pour satisfaire à ses besoins.

10. Veynes est le chef-lieu où se tiennent les marchés et les foires, où elle va vendre et acheter ce qu'il lui faut, mais avec beaucoup de difficultés, soit par rapport aux chemins qui sont presque impraticables , soit par rapport à une rivière appelée le Buës^^^ qui est une partie de l'année enflée et qu'il faut gayer^ souvent au risque de se noyer.

11 . La conununauté n'a de communes qu'une blache qu'elle possède par indivis avec la communauté d'Oze; elle est entièrement

(1) Le Buéclv

dévaiiie, on n'y aperçoit plua que quelques broufsaitles, buissons, gmAU et qudques chénei, qu'on élague tous les ans pour nourrir les troupeaux en hiver. Les autres bois qu die povsàde dam ion territoire appartiennent aui particuliers, quoiqu'ils servent à lusage de tous les nabitants indifféremment; mais ils consistent en si peu de choso que bientôt ils ne pourront suffire au chauffage des particuliers; déjà la conununaute est en peine, dans le besoin, de trouver une pièce de charpente ; elle est obligée^de recourir chez l'étran^ ger, encore trouve*t-elle de mauvais bois. L'administration a négligé un des points les plus importants : au lieu de permettre les défriehements, elle eût d6, au contraire, faire planter les endroits montqeux et en pente, et prévenir ainsi la disette des bois de toute espèce et f ébouleoient des terres dans les temps des pluies; par là, elle eût procuré aux communautés, toujours aveugles sur leurs intérêts ^ plusieurs avantages dont elles sont privées; en conservant leui*s bois, elle leur eût conservé leurs pâturages et elles eussent pu, par là même, tenir plus de capitaux, mieux engraisser leurs terres et être moiqs ej^posées à mourir de faim; en conservant leurs bois, on eût PU doQlier plus de vigueur à leur industrie et à leur commerce pr l'établissement des fabriques; mais que feront-elles quand tout leur manquera? En veillant à ce que les montagne^ fussent touiours garnies de bois autant qu'il était possible, on ne serait pas obligé aujourd'hui de sacrifier tiant de sommes à la construction des digues, pour garantir les plaines de l'inondation des rivières et des torrents. On le voit par expérience : dans les endroits oii les montagnes sont encore garnies de bois, on y voit moins de rivières, de torrents et de graviers , les plaines sont plus riantes , les habitants plus com^ modes et plus riches, parce qu'il y a plus de pâturages, plus de troupeaux, plus d engrais, plus d'mdustrie et plus de commerce.

Il serait donc à propos, Messieurs, qu'il y eût des commissaires éclairés sur l'agriculture , qui visitassent les communautés et leur marquassent les endroits qu'elles seraient obligées de replanter, d'en éloigner la faux , la pioche et les troupeaux , et qui leur indiquassent les moyens d*améliorer leur fonds. Nous ne voyons pas d'autre voie d*approximer ^^' au moins de loin les choses de leur première nature, de rétablir ce que Thomme inexpert ou intéressé a détruit en partie et de prévenir un plus grand débordement des eaux qui est mfaillible, les choses demeurant dans l'état où elles sont.

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