Les fonds de la communauté sont traversés par cinq (or
Approcher.
SAlNT^AUBAN-miZK.
4Si
renti ai une infinité de maei ou ravina qui ne caiient da les ravagor sans aucun moyen de les en garantir; les eaux, assex bonne»» ne peuvent arroser qu'un quartier de loo taises environ de long sur 9QQ de large, d'oii la communauté tire tout le fourrage qui sert pour nourrir son bétail , qui est de t a paires de bœufs , 9 0 à â5 bourriques, 3 juments et 3 à & trenteniera avérages, avec quelques chèvres, d'où les habitants tirent tout leur (Awmium, Ce nombre, quoique très modique pour le nombre des habitants, est plus que suffisant pour consommer les fourrages qu on ramasse dans le pays; ne pouvant donc pas nourrir, faute de fourrages et de pâturages, les terres deviennent stériles, faute d'engrais* et la misère des habitants augmente tous les jours,
13 à â4. 11 n'y a dans la communauté ni dans tout le voisinage aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert, ce qui serait très nécessaire t il n'y a, non plus, ni art ni industrie, ni 00m* meroe.
. Ses dépenses ordinaires peuvent monter à t &o livres, qui sont employées pour l'entretien de l'église, de la maison presbylérale^'^ des fontaines, pour le garde^terres et pour l^s gages, vacations, dépenses des consuls et du secrétaire ^'^^ Ses dettes conaistent dans les arréragea de ses tailles de l'année dernière, qu'elle n a pu paj'er, parce que la grêle avait presque tout emporté la récolte des grams, et dans les frais à payer en grande partie d'un procès qu'elle a eu
ar les conseils pernicieux du tyran de Gobert eonlre le bon de
ellaffaire, son ancien seigneur ^^).
Les eoUeeteurs ont tous rendu leurs comptes. Les pauvres n'ont point d'autre revenu que la a /»^ qui est délivrée à la discrétion du fermier et sa monte è 4 émines de méteil annuellement. Il n'y a dans la communauté aucune fondation , ce
^^^ Oecupëe, en 1789, par Joiepb OUivior, de S|iinl-E|ienqc>d'Avaiiçoii , avec le titre de procure, qui prêta serment le 9o janvier 179I1 Ait pomni^ directeur du séminaire de Tévéquc roustitutionnel à Embrun le 5 octobre 179a, et se relira à Saint-Etienned*AvanfoB en 179^, (Cf. Inlroduction de G, t. VI.)
(') Le total précis des charges locales en 1 789 nVst pas connu. Celui de 1 790 est de 169 livres (Ordonnance du 96 octobre 1 790 ) : eiei^ paaeal , 6 livres { entretien de régliie, 5o Ûvret; giges du garde champêtre, t8 livres; porl de
lettres, 6 livpes; earsgistreaient des décrets, 9& livres; caseraemeot de la maréchaussée de Serres, &3 Ihres; reliquat dû aux anciens mmsiilii, a& livres. — En 1791, le telttl est de i3& livres, dont à a pour le secrétaire, /i a pour le maître d^école , 1 6 pour frais de hur«aUi 90 pour le eoilecteur des impositions, etc, (0107, P 07).
'') Pierre de Roux de BeUalAilre, seigneur de la Val-d'0«e (t vers 1717), dont la veuve , Louise d^Hugues , vendit en 1751 le «eîaaeurie i Fraoçois de Roux de Gaubert , aliaë de Riil^ de la
qui, joint à la misère des habitants, fait que l'éducation publique est entièrement négligée; depuis quelques années, on ne tient point de maître d'école. Il faudrait donc qu'on accordât quelque dégrèvement à ces misérables conununautés ou bien qu'on leur permit d'imposer, comme autrefois, pour payer un maitre d'école. Car, enfin, faut-il donc que ces malheureux habitants soient à jamais opprimés pour méconnaître leurs droits ou pour ne savoir les soutenir? Le temps d'ignorance n'a déjà que trop duré pour eux, pour leur propre malheur; il serait temps que, la lumière venant à leur secours , ils entrassent dans les droits dont le tyramnicide seigneurial les a dépouillés; et, d'ailleurs, n'est-il pas honteux pour une nation, aussi éclairée que la nôtre, que la partie la plus nécessaire de l'Etat et la plus respectable par les secours "u'elle y fournit, soit la plus méprisée, qu'elle serve pour ainsi ire d'escabeau aux grands qu'elle nourrit à ses dépens ? N'a-t-on donc rien à espérer des talents de ces malheureux qu'on méprise tant? Les grands talents sont-ils bien l'apanage des riches et des puissants du monde? Les grands hommes, qu'on admire dans l'État, furent-ils tous de cette classe? Pour nous, nous sommes persuadés que de notre fumier on tirera toujours des peries, lorsque, comme d'autres Virales, on voudra les chercher. Un corps moral ne peut subsister que par l'accomplissement des devoirs réciproques de la tête envers les membres, des membres envers la tête et entre eux; or, pour remplir ces devoirs, il faut les connaître, et comment les connattra-t-on , si l'on ne sait jamais lire, si on n'a jamais de maître de qui l'on apprenne ? Il est donc important pour le bien d'un État, que les membres qui le composent soient instruits selon leur état; les sciences, en humanisant les hommes, les rendront plus vigilants, plus actifs, plus laborieux.
Le dernier parcellaire a été fait en 1699^^^ il est en mauvais état, plusieurs feuillets ont été déchirés; la communauté ignore ses papiers et ses titres , parce qu'elle ne sait pas les lire. Elle les conserve dans un coffre fermé à trois clefs qui sont entre les mains des consuls ^^^
En voyant l'état misérable de notre commmiauté, nous vous prions de lui donner tous les secours possibles.
f*î Petit in-fo!io incomplet, feuillets Auban-d^Oze en 1891, voir iVoc^-wr- 17 à i6à. baux du Conseil général de» Hautes-^
(') Sur fétat des archives de Saint- Alpes, août 1899, p. 187.
SAINT-AUBAN-D'OXE. ^33
Nous sommes, avec les sentiments les plus respectueux, Messieurs, vos très humbles et obéissants serviteurs.
Signé : J.-P. Illy, consul, G. Pellous, comuL
SAmT-AUBAN-D^OZE.
DEUXIÈME MÉMOIRE
Observations que prennent la liberté de faire à nosseigneurs des Etats y tenant la Commission intermédiaire à Grenoble , Dominique Illi, Dominique Clavel, Etienne Illi^ Barthélémy IlU, autre Dominique Illi et Jean Illi y tous les six principaux habitants du lieu de Saint- Auban-d' Oze ^ en suite de la notice qu'ils ont eue y que c'était par-devant nosseigneurs des Etats ^ que chaque communauté y bourg et village devait faire connaître sa situation et ses besoins; ils ont même appris que les consuls de la communauté de Saint-Auban avaient reçu une lettre de la part de MM. les Procureurs généraux syndics, par laqtielle Us étaient invités à répondre aux observations quon leur de^ mande. Mais comme il a plu aux consuls de garder le plus profond silence sur cet objet et que les soussignés ignorent s'ils ont satisfait nosseigneurs des Etats sur ce qu'ils leur demandaient par la lettre qu'ils leur ont fait l' honneur de leur écrire y et qu'ils ont cependant appris y par voie indirecte y que les consuls, de concei^t avec le pro-curé du lieu y avaient dressé quelques observations relatives à ce que nosseigneurs demandaient et que y même y les consuls avaient eu l'imprudence de faire parvenir à nosseigneurs des Etats les observations quils ont eu l'audace défaire, sans la participation ni le vœu de la communauté en corps y les soussignés ont même appm que y du moment de l'envoi qui a été fait desdite^ observations par les consuls , ceux-ci nont pu éviter de témoigner atix halntants la faute par eux commise y et en même temps de leur faire l'aveu qu'ils ne s'étaient point exactement conformés à la lettre et au mémoire instructif à eux adressés. En conséquence y dans le cas où les consuls n'auraient pas entièrement rempli les désirs de nossei-
•«noi
hU HLECTION DE GAP.
gneun dm EkUSy les sauêsignés preiment la liberiê de leur observer :
1. Le lieu de Sainl-Auban-d'Oze est situé dans une colline entre deux montagnes; l'étendue du territoire peut avoir une demilieue de diamètre sur une lieue et demie de tour. La qualité du sol est très ingrate, le territoire se trouve dans un endroit penchant, pierreux et montueux; il est d'ailleurs traversé par un gros ravin et par d'autres petits ravins qui viennnent se dégorger dans celui ci, ce qui leur cause des dommages considérables à leurs terres , soit à l'épocpe de la fonte des neiges, soit par les pluies abondantes qui tombent en été. La production du terroir est très médiocre , ne rendant au cultivateur que trois pour un et quelquefois moins; les productions de leurs terres ne viennent qu'à force de travail et d'engrais; d'aiileun, la position du territoire du village est des plus mauvaises, les habitants restant presque six mois de l'année sans voir le eoleii qu'une heure par jour, ce qui empêche la terre de fructifier et est ua obstacle pour leur récolte.
2. Le territoire de Saint-Auban ne produit que du blé méteil, très peu de froment, quelques grains transaux et légumes; le territoire se trouve complanté de quelques noyers raboux gnx, quelques arbres fruitiers et quelques poiriers sauvages, que les habitants consomment et aunieiÀ , attendu que la production des arbres fruitiers et noyers est très variable , les habitants se trouvant souvent privés de leur production , soit par le moyen de la gelée au printemps , soit par le moyen de la grêle en été. Le territoire produit encore quelque peu d'avoine, mais cet objet est de très peu de conséquence; d'ailleurs, il ne produit point de vin; la quantité de blé qui se perçoit dans le lieu n'est pas suffisante pour la nomTiture des habitants; il n'y en a que deux qui perçoivent du blé pour leur usage; il en manque à tous les autres, à qui plus, à qui moins, de sorte que les habitants à qui le blé manque en vont faire l'achat au lieu de Véynes, où il y a deux marchés par semaine.
3. Il n'y a aucune source d'eau ni autre ravin pour servir à l'irrigation de leurs propriétés ; il jafllît bien quelque peu d'eau dans quelques possessions de divers particuliers, mais le volume en est si petit que, dès qu'il reste huit jours de pleuvoir, ces eaux se tarissent. Ainsi les habitants ne peuvent se flatter d'en faire aucun usage; ils ont bien recours à former quelques prairies artificielles, mais tout cela n'est pas un grand objet pour eux» les habitants étant obligés d'aller ramasser quelque peu d'herbe sur la fîu>atagne