SAINT-AUBAN-D'OZE. 4SS
et quelque peu de iavaude , pour leur aider à lonir quelque» bâte» d Avéraga pendant l'hiver.
k. Le village est composé de 39 habitants, sans y comprendre le hameau de Villauret. Sa population est d'environ âoo âmes. Les impositions qui se payent annuellement en taille, 90* et autres impositions fondent iin objet de 800 livres. Il o'y a qu'un sçul prêtre, sous le titre de pro-curé.
5. Outre les imponitions ci-dessus et qui foat payées au rece^ veur particulier par U collecteur h qui la communautié en donne la re^tle , la communauté impose encore le» charges locales, qui sont un objet d'environ i5o livre» annuellement- Autrefoi» la commu^ nautë imposait pour un maître d'école , mais depuis longtemps cette impo»ition a ce»»é , M, l'Intendant n'ayant plu» voulu leur accorder une pareille imposition. Les habitant» dé»ireraient fort imposer annuellement pour un maître d'école, attendu que, dapui» la suppres^ sion de cette imposition y Iwr» enC»nt» sont dan» la plu», grande ignorance; en conséquence , ils supplient nos»eign^urs de» États de s'intéresser pour eux à l'effet de leur faire obtenir cette permission.
6. Il n'y a dans le village ni médecin ni chirurgien, ni accoucheuse, et iors({ue les habitant» ont be«oin du seeour» de ces per<sonnes, ils ont recours à celles qui se trouvent établies au lieu de Veynes, distant d'une grande lieue de celui de Saint-Auban et, pour s'y pendre, il faut traveraer un gros torrent appelé le Buêch, sur lequel il n'y a ni pont ni passerelle.
1, Le genre de bétail que tiennent les habitants de Saint-Auban ne consiste qu'en quelques ânes ou bourriques , quelque peu d'avérage^ ce qui n'est cependant pas pour eux d'un grand produit, attendu que ce même avérage est souvent ravagé par le» loups et par les pierres qui descendent de la montagne; les habitants pourraient bien quelquefois se garantir des loups par le moyen des armes à feu, mais n» n'ont jamais osé prendre ce parti, attendu les menaces qui leur ont été faites de les faire désarmer. Il n'y a dans le village que 6 paires de petits bœufs, que six habitants tiennent pour la culture de leur« terres, lesquels sont obligés de les vendre, et très souvent à perte, du moment que leurs semailles sont finies, attendu qu'ils n'ont pas de quoi les nourrir pendant rhiver; tous les autres habitants sont obligés de travailler leurs terres à bras.
8. Il n'y a dans le village de Saint-Auban aucun artiste vétéri-
naire ni maréchal expert et, lorsque les bestiaux des habitants sont attaqués de quelque maladie, ils ont recours aux maréchaux établis à Veynes.
9. Indépendamment des impositions que payent les habitants et dont on a parié ci-devant, ils payent encore au seigneur, chaque habitant, i émine de blé froment et 2 émines d'avoine, â livres de cire jaune, ceux qui ont des bœufs, et ceux c[ui n'en ont point payent 1 émine de froment, 1 émine d'avoine et 1 livre de cire jaune; outre cela, chaque habitant paye encore une poule au seigneur, et ceux qui tiennent bercail, un fromage, et en outre le seigneur exige encore de chaque habitant une corvée et bien souvent deux, lorsque le canal du moulin d'Oze, auquel le seigneur prétend que les habitants de Saint-Auban doivent moudre, a besoin d'être repurgé, et ils payent le droit de mouture à la cote Sa*. Les habitants se sont souvent récriés sur des redevances aussi fortes; ils ont souvent prié le seigneur du lieu de leur exhiber les titres qui pouvaient les soumettre à lui payer une pareille redevance, mais ils n'ont eu aucune satisfaction à ce sujet; les habitants, voulant bien payer tout ce à quoi ils peuvent être soumis, mais voulant au moins être édifiés sur les titres qui peuvent les y soumettre, supplient nosseigneurs des Etats de leur faire rendre justice à cet égard.
1 0. Les habitants payent encore au seigneur un droit de tasque à la cote 11% non seulement des terres nouvellement défrichées, mais encore de celles qui se trouvent cadastrées, etleslods à chaque mutation et changement de^ possession à la cote 6*; les habitants ont également souvent requis le seigneur de leur exhiber les titres en vertu desquels il percevait un pareil droit , sans qu'ils aient eu la moindre satisfaction à ce sujet. A l'époque où le prédécesseur du seigneur d'aujourd'hui fit l'acquisition de la terre de Saint-Auband'Oze , de M. de Bellaffaire^^^, la communauté avait avec lui un procès pendant par-devant la Cour sur tous les objets de redevances cidevant énoncés. M. de Beliaffairc avait fait proposer à la communauté de convenir d'arbitres et , avant aucun préalable, il leur déclara d'abord qu'il les déchargeait de la redevance de 2 livres et 1 livre de cire, de même que de toutes les autres que les arbitres jugeraient n'être pas légitimement dues ; mais avant que cet arbitrage fut commencé, M. de Bellaffaire vendit la terre de Saint-Auban au
Voir, ci-dessus, la note 3 de la pa[^e /l3l«