SAINT-CLÉMENT
Arrondissoment d^Embrun, canton de GuiUestre, commuoe; 87 & mètres d'altiliide; à 55 kiiomètres de Gap et lA kilomèlres d'Embnin; superficie en hectares, 9,5io: liabitanU, 53 &.
Réponse que la communaulé de Saint^Clément a tfiQnneur de préêenler à noëêeignmirs de la Commission intermédiaire sur la kurt de Messieurs les R^ocureurs généraux des Etats du a S février.
Elle a d'abord l'honneur d'observer qu'elle n'a aucun habitant député aux assemblées des trois ordres tenues à Romans et qu'elle n'a député qu'au district de Gap et à Ghorges.
Elle s'empressera de s'adresser aux Etats et successivement à la Commission intermédiaire pour tous les objets dVdministration détaillés dans la lettre du a 8 février dernier. Elle passe aux diffé^ rentes questions proposées dans cette lettre.
1 . Ti'étendue du territoire de la communauté de Saint^-GUment
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est d'environ une demi^li^tie eil ettité, cotifirittnt CiliftteaiirouiK du (touchant, lèruiBBëaude CouttêâuMsàni la séparation 5 RiiM>ul au levant et midi, la communauté de Réotier du septentrion. La communauté ne forme qu'mie seule et même paroisse, composée de trois quartiers dont lun le chef-lieu, le second celui des CloU, et le troisième celui des Traverses ^^\ On observe que dudit territoire il en a été pris, pour la faction de la nouvelle route, que fon a commencée en 17&94 la quantité de â,5oo toises en longueur sur 7 de largeur, laquelle a été tracée sur le plus précieux . du terrain de la communauté. Les propriétaires qui, par là, ont été privés de jouissance desdites terres sans espoir d'y rentrer, ayant néanmoins ^ depuis ladite époque , continué jusqu'à ce jotir d'en payer la dhne, taille et autres impositions nouvelles^ sans aucune indemnité pour le terrain pris aui partiduliers«
2. La cdnmiunauté ou village de Saint-Clément renferme 8 Â habitants qui doniient en tout 3 do individus, grands ou petits.
3. Ledit village n'a ni médecin ni chirurgien dans soti en-^ ceinte, ni moyen de s'en procurer. D'ailleurs, les chirurgiens employés à l'hôpital militaire de Mont-Dauphin , situé à trois quarts de lieue de distance, ont été supprimés.
4. Il n'y a sur les lieux aucune accoucheuse formée, instruite, et il est très difficile d'avoir le secours du voisinage, ne pouvant se le procurer qu'en recourant en des lieux fort éloignés.
5. Il y a rarement des maladies épidémiques; plusieurs indivis dus périssent néanmoins par l'effet des pleurésies, causées par la vivacité du climat et les travaux pénibles de l'habitant. On n'a point encore pratiqué l^noculation de la petite vérole, quoiqu^on en connaisse la méthode et les avantages, parce que^ en général, on en redoute le péril.
6« On construit les maisons avec des pierres brutes cimentées do chaux et sable, et on les couvre avec de l'ardoisé et non en paille. Il n'y existe aucune carrière d'ardoises ni de petites lauses, non plus que des fabriques de tuiles ^ si ce n'est à très grand éloignement, en sorte que lliabitant qui se trouve dans le cas de bâtir est forcé d*aller prendre Tardoise sur les montagnes de Châleauroux, ce qui rend le port très onéreux et dispendieux. Le prix ordinaire d'une toise de couvert est de 1 5 livres.
>') Kt« do phis, les écart» dits : les HerIranJs, Bon-Pomîor, ies Jmbt*rtot if*8
7. La qualité du sol varie selon l'exposition oii il se trouve, ainsi que le produit; année commune, il se réduit à cinq pour un.
8. On recueille à Saint-Clément du blé, du vin, du chanvre, des légumes et des noix en petite quantité. Les noyers qui sont plantés ne donnent que très rarement, à cause des fréquentes gelées du printemps. On n^ connaît aucune espèce particulière d'arbres fruitiers qui prospèrent, sauf quelques pommiers et poiriers.
9. L'habitant, année commune, consomme le produit en grains et comestibles. Plusieurs habitants même manquent souvent des denrées de la première nécessité. Leur nourriture ordinaire est du pain de seigle mêlé quelquefois avec du froment. Ce qui cependant n'a lieu que pour ceux qui ont un degré d'aisance; de plus, de la soupe assaisonnée avec du beurre ou laitage toujours maigre, sans presque toucher au vin , qu'ils sont forcés de mettre en réserve pour le vendre et en acquitter leurs charges, n'ayant point d'autre réserve.
10. [En cas de disette] on les tire (les grains) des halles d'Embrun ou de Guillestre et, lorsqu'ils ne sont pas fournis, cas qui ne sont pas rares, on a recours aux magasins du Roi, à titre d'emprunt; ce qui leur est accordé facilement, en rendant la même quantité à la récolte, ce qui est très favorable pour la communauté.
1 1 . L'espèce de production qui donne le plus à Saint-Clément, en général partout, ce sont les pommes de terre, truffes ou choux et poireaux. Le marché où se vendent les gi'ains et ou, au besoin, on va les prendre plus communément, est celui d'Embrun. Ainsi qu'on l'a déjà dit, pas d'autre moyen d'exportation que les bêtes de charge, bourriques ou petits bidets. Nulle foire ni marché à Saint-Clément.
12. Le terrain de Saint-Clément étant, comme on l'a observé ci-dessus, très réservé, n'a de bois et forêts que pour le besoin de l'habitant; il est très souvent en peine de bâtir, n'y ayant pas des arbres de haute futaie. Les bois et forêts sont très souvent dégradés par les coulées de neige, qui font des ravages considérables.
13. Les communes de Saint-Clément consistent dans une très petite étendue de montagnes qui donnent de la mauvaise herbe, dont les habitants, qui pour la plupart ne possèdent au-
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cune prairie en propre , se servent pour la nourriture et subsistance des bestiaux nécessaires pour la feuture^^^ des terres; après l'avoir été prendre avec des peines et des dangers infinis sur lesdites montagnes communes, à travers les rocbers et précipices, ce qui occasionne fréquemment la perte des hommes et des bestiaux. Le sol desdites montagnes n'est d'aucun autre produit. Les seuls moyens de les rendre plus utiles seraient d'en trier les pierres, ce qui n'est guère possible.
là. Le terrain de la communauté est traversé par la rivière de Durance et trois torrents qui sont, savoir : le torrent de Coullaux, celui de Combe-Croze, au chef-lieu, et encore le torrent de Pah, dans la partie des Traverses, outre une multitude de combes ou courants d'eau qui, se précipitant du sonunetdes montagnes, causent fréquemment des raWns qui enlèvent les récoltes et rendent même les terrains incultivables. La qualité dudit terrain, comme celle des eaux , n'est pas la même partout. Elle varie selon l'exposition locale. Ainsi qu'on l'a déjà remarqué, la Durance ne facilite en aucune manière l'arrosage et ne fait que nuire , minant sans cesse le terrain, malgré les précautions que l'on prend journellement pour sa conservation. L'impétuosité des eaux qu'elle roule et qui souvent sortent de leur lit, surtout dans le temps de la crue des eaux, les rendant inutiles. Le hameau des Clots tire l'arrosage de son terrain du torrent de CouUeau, venant à peu près d'une demilieue de distance et à travers les précipices , ce qui coûte des Iravaux pénibles et immenses aux habitants dudit hameau.
Le hameau des-Traverses prend son arrosage par le moyen d'un grand canal qui prend sa source au ruisseau de Pdx , h demi-lieue aussi de distance, traversant des coulées de terre et passant en plusieurs endroits dangereux, et même l'habitant est obligé de faire des canaux en bois pour pouvoir l'amener audit hameau, ce qui leur prend un temps considérable sur leurs travaux. On ne connaît aucun moyen de tirer des terres un meilleur parti , en partie que par le moyen des arrosages, l'habitant naturellement laborieux y mettant tous ses soins. Les torrents de Paix et de Coulleau fournissent de l'eau pour l'arrosage du terrain respectif, comme il est dit ci-devant, mais ces avantages ne sont d'aucun prix auprès des ravages fréquents qu'ils y occasionnent par les inondations journalières. L'unique moyen de les prévenir ou d'en garantir les fonds serait de leur opposer des digues capables de les contenir, mais
(^^ Sic. Peut-être faut-il Ure feumure, fumure.
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ÉLECTION m G4P.
outre la di(fieul(é ou même l'impossilHlité morale d'en coustruiro dm$ toute l'étendue desdits torrepbi, eu égard surtout au petit nombre d'babitauta, la communauté man<{ue d ailleurs de toute espèce de ressource pour remplir cet objet,
15. La quantité de gros et menu bétail de toute espèce est au nombre de, savoir: pour le gros, sao, et pour le menu^ yoo. Point d'autre moyen d'augmenter le nombre des élèves et dameliorer les espèces que de les nourrir grassement, mais dans le terroir de la communauté [il ny a que] très peu de prairies et point de pâquerage.