Les propriétés ou revenus des pauvres ne se portent qu a
i5o livres, provenant de quelques pièces de terre, champ, vigne et
5 ré, qui sont affermés à différents particuliers par un bureau e direction 9 composé du seigneur curé^^^ et du corps de la municipalité. Les propriétés et revenus ne sont point susceptibles d'amélioration, laquelle ne pourrait s'opérer que par le retranchement ou la soustraction partielle desdits habitants, devenue nécessaire et inévitable par l'événement des fréquentes disettes.
23. Point d'autre fondation pour les pauvres que celle mentionnée en l'article précédent, dont les titres et les motifs sont perdus ou ignorés. Nui fonds pour Féducation publique.
2A. Le dernier parcellaire et le coursier ont été faits ^n l'année 1698. I}s sont l'un et l'autre dans un état de vétusté qui les met hors d'usage ^^. Le coursier en particulier se trouve éerit en entier. Quant au parcellaire, c'est un tissu d'erreurs et d'injustices palpaUes et avou^ de toute la communauté, de manière qu'il est de toute nécessité d'en faire un autre. Les papiers et titres de la communauté sont déposés et conservés dans un cabinet pratiqué dans la chapelle des pénitents et fermés à trois clefs, observant que les titres anciens ont péri par les flammes ou ont été enlevés par les ennemis de l'État en 1699, en sorte qu'il n'existe que des nouveaux^'^.
Fait à Saint-Clément , par les soussignés consuls et conseil de la
^*) Jo6q>fa ftoux, de Sainl-Clément, ^*) fi n*en reste gakn que quelques
curé dès 1 755. li refuse de prêter ser- fragments.
ment le 38 février 1791 (L 883) et ^') Sur Tétat des archives de Saint-
émlm ea jwn 1793. iies him» im- {Mmeoien 1890, yoîr Pirociê-veriaux
metiUei», ie 16 avril 1 793 , «vnl esliiof^ du Qmtml généi-wl éêê Hamtn-Alpe»,
67,789 1. et ses meubles, 4,9% 1*(Q 9o4). août 1891, pw i&3.
communauté, en exécution de la délibération tenue le â5 mars dernier.
Le 3i mars 1789.
Signé : L. Clapier, ctiâtelain, L. Meynet, consul, J. Imbert, consul. Roux, G. Gallun, A. Meynet, Pons, secrétairegreffier.
V SAINT-CREPIN.
Arrondissement d'Embrun, canton de Guillesti'e, commune; 9/10 mètres d'altitude; h 6k kilomètres de Gap et 3 3 kilomètres d'Embrun; supei^ficie en hectares, 4,638; habitants, 980.
Réponses sur les questions contenues dans le mémoire joint à la lettre adressée aux officiers municipaux; de la communauté de Saint'Crépin par Messieurs les Procureurs généraux y syndics des Etats de Dauphinéy en dette du ù 8 février dernier.
1. Les soussignés ont l'honneur de répondre que ladite communauté, qui n'a qu'une seule paroisse, est composée de huit hameaux sous la dénomination de Saini-Crépin, chef-lieu, Citanteloube, Guion, Yillarony le Gros, Hodouls, Villar et T^droiV'; que son étendue a, par aperçu, demi-lieue de longueur, du midi au nord et la largeur, environ uAe lieue un quart, du levant au couchant, et que les terres cultivables peuvent contenir environ 800 setérées. Observant que les bois, montagnes et pâquerages sont indivis avec la communauté d'Eygliers^^^
2. Sa population contient t'y 8 familles qui forment à peu près le nombre de 980 personnes, dont le tiers peut à peine contribuer à la culture du terrain.
3 . Il y a une seule personne , dans le chef-lieu , qui fait quelques fonctions de chirurgien, et lorsque quelqu'un est attaqué d'une maladie sérieuse on est obligé d'avoir recours aux médecins des villes voisines ^^\
à. Accoucheuses. — 11 n'en est aucune dans la communauté à notre connaissance.
(*) Autres hameanx ou écarts : les ^') Voir, plus haut, pages j 81-1 85.
Aehards, la Chapelle, les Eymars, la ^'^ Mont- Dauphin , Guillestre, Em-
Comhe, les Pons, le Serre. brun, Briançon.
SAINT-CREPIN. 449
5. Les maladies les plus fréquentes dans la communauté sont la fièvre maligne, la fièvre d'accès, le point de côté, la fièvre putride, la pleurésie et l'hydropisie, dont plusieurs périssent à la fleur de leur âge , par défaut de secours , et Tinoculation de la petite vérole n y est pas pratiquée.
6. Les maisons sont construites de la manière la plus grossière, à pierres, chaux et sable. On emploie du plâtre dans Tintérieur de quelques appartennients^ Elles sont couvertes une partie en ardoises et le reste en planches ou paille. Il n'y a aucune carrière d'ardoises, petites lauses, ni fabriques de tuiles dans l'étendue de ladite communauté. L'exportation de l'ardoise, qu'on est obligé d'aller acheter dans les communautés de Ghâteauroux et de Cbancella, est de l'éloignement de deux lieues environ, de sorte que le prix de chaque toise de couvert en ardoises, y compris le bois, clous et main-d'œuvre, revient à i3 1. lo s.; celui d'une toise de couvert en planches à 9 livres et la toise en paille à 5 livres.
7. Le sol est en grande partie fort pentueux. Les terres sur le sommet sont arides et presque d'aucune production, exposées par conséquent aux ravins, aux irruptions des torrents et aux coulées; et, dans la plaine, partie du terrain est graveleux, le reste marécageux, sujet à l'inondation et à être enlevé par le débordement de la rivière de Durance.
8. La plus grande récolte qu'on perçoit est en seigle; celle du blé froment, de l'orge et légumes est médiocre; le vin clairet et blanc , peu abondant et de petite qualité. A l'égard des arbres fruitiers qui prospèrent, ce ne sont que les noyers, poiriers et pommiers, mais leur production est très variable, à cause des gelées printanières qui les endommagent, ainsi que la récolte du seigle et les bourgeons des vignes.
9. Il est très rare que la production des grains et comestibles puisse suffire pour la consommation des habitants, à cause de différents accidents qu'essuient les récoltes, et, dans les mauvaises circonstances, plusieurs particuliers sont obligés de s'expatrier pour travailler la terre dans les provinces voisines, afin d'y gagner leur vie et pouvoir acquitter leurs impositions. Ceux qui demeurent usent, pour leur nourriture, des pommes de terre, choux, légumes et du pain avec économie.
lOr Les habitants un peu coraraoties achètent les grains nécessaires pour la subsistance de leurs familles à la ville de Briançon et aux environs d'icelle, et, pour secourir les particuliers les plus
ELECTION DE OAP. a 9
lB»U«na> ■ATIMALS.
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nécesftiteiix, les oilicîers de cette communauté ont été obligés, pendant les dernières années, de supplier monseigneur l'Intendant pour obtenir l'emprunt d'une certaine quantité de blé dans le magasin des vivres du Roi à Embrun ^ moyennant leur cautionne* ment.
11. Les plus grandes productions suffisent à peine pour la nourriture des habitants , à l'exception de quelques setiers de froment que les plus commodes font porter sur des bétes do charge et vendent à Briançon ou à Mont-Dauphin, afin de satisfaire en partie au payement de leurs charges. Aucune foire n'est établie d'ailleurs dans ce lieu.
12. Les forêts étaient anciennement assez peuplées » mais elles ont été dégradées par quantité de pièces de bois qui en ont été tiréSs pour la construction de la digue de Sainte -Marie ^^^ sous Mont-Dauphin; d'une grande consommation pendant les dernières guerres; de la fourniture qu'on est tenu de laire, par intervalle, pour les travaux des fortifications dudit Mont^Dauphin « aux manutentionnaires des vivres ; par l'usage abusif de quelques particuliers ; entin , pour reconstruire, pendant deux ou trois fois l'année, le pont qui communique du chef-lieu de Saint-Grépin et de la grande route au hameau de Chanteloube et dans les communautés de Réotier, Chancella et Freissinières , à cause de son enlèvement par les irruptions de la rivière de Durance.
13. Elle a dans son étendue quantité de terres situées dans la plaine, couvertes de gravier par le débordement de la rivière de Durance et les irruptions des torrents, et plusieurs autres sur les collines arides, totalement dégradées par les ravins, de sorte qu'une partie est inutile et l'autre ne peut servir que pour un mince pâquerage et est irréparable. Il existe certains quartiers sur la montagne nécessaires pour la nourriture des gros bestiaux et bétes d'avérago pendant la belle saison.
là. La Durance est la seule rivière qui coule tout le long de son territoire du nord au midi. Elle occupe dans la plaine un terrain considérable et des plus précieux , et enlève presque annuel*^ Icment des terrres cultivées ou incultes par le changement de son lit, malgré les digues qu'on construit pour garantir les fonds de ses irruptions. Elle s'est jetée en grande partie vers le terroir du
0) Ou du Pont Rouge, ainsi appelé )c Guil, affluent de la Durance (/mv. depuis qii*H a été reconstruit en marbre dei Arch. de GuilUêtfê, igo6, Introrose ou de Guiliestre, ver» 17^1^, sur duclionj p. xtv).
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village du ohef-lieu depuis quelques annéuB, et en a enlevé une telle quantité qu'elle n'est éloignée actuellement de la grande route que d'environ lo toiftes. Il n'est pas douteux que, sans le prompt secours d'une digue, ladite route sera interceptée* Les officiers municipaux de cette communauté se sont pourvus à monseigneur l'Intendant à ce sujet. Il lui a plu commettre M. Rolland, ingénieur en chef de cette province, qui a dressé un plan et fait le devis estimatif des ouvrages nécessaires pour construire ladite digue, les pièces étant entre les mains des sieurs consuls. Néanmoins les choses sont restées en l'état, et on espère de l'équité de messieurs de la Gommidsion intermédiaire qu'ils voudront bien accorder un fondb nécessaire pour cet objet. Le ruisseau de Mardanel, ou plutôt torrent, coulant du haut de la mon-* tagne, passe vers le midi du territoire du chef-lieu. Son irruption pendant les grandes pluies et orages est si considérable qu'il couvre de marrarn et de gros blocs de pierres les terreft attenantes presque annuellement, et intercepte la grande route. Les différentes collines au-dessus du vignoble dudit Saint^Crépin réunissent les ravins en deux parties et engloutissent quantité de propriétés dans le temps des tempêtes. Il existe à chaque extrémité dudit lieu un torrent. Celui qui passe vers le midi occasionne de grandes dévastations à quelques terres et maisons des habitants du hameau du Villar, ensuite à celles du chef-lieu. Celui qui est vers le nord cause moins de dommages. Le ruisseau de Ptareboul, appelé ruisÈêau Guion, prend son cours k l'extrémité de la montagne et tombe vers le nord de ladite communauté* Il enlève, lors de ses irruptions, quelques terres des habitants du hameau de F Adroit et couvre de graviers celles de la plaine* Dans le terroir de Chanteloube, il y a un ruisseau du côté du septentrion qui, par les pluies violentes et tempêtes, couvre pareillement les terres inférieures de gravier et grosses pierres* Il en est un second « vers le midi, qui cause aussi des grands dommages aux propriétés des particuliers» Outre les torrents et ruisseaux énoncés ci-dessus, il se trouve encore dans l'étendue de la communauté plusieurs razeê ou petits torrents qui occasionnent du dommage aux terres des particuliers lors des grands orages. Le seul moyen de prévenir les dégâts causés par tous lesdits torrents et ruisseaux serait de purger leur lit et y faire des digues défensives en blocs de pierres. Il sera fait mention à la fin du présent mémoire des moyens d'arrosage.
15. Le nombre de gros et menu bétail qui se nourrit, année commune, dans le lieu, consiste : environ 3o mules ou mulets,
80 ûnesses, 1 âo bœufs ou vaches, s 5 génisses ou veaux et à peu près 7^5 brebis, moutons ou agneaux, le tout de médiocre espèce, et le défaut de fourrage, la cherté du sel, ainsi que la longue durée de l'hiver, empêchent l'augmentation du nombre des élèves.
16. Il ne se trouve, dans la communauté ni aux environs, aucuns artistes vétérinaires ni des maréchaux experts qui jouissent d'une réputation acquise et justifiée par des succès.
17. Les habitants de la communauté ne sont pas dans le cas de pouvoir faire aucun commerce ni d'avoir d'autres obj'ets d'industrie. Leur unique soin est de cultiver leurs terres, pour tâcher d'en retirer les fruits possibles, afin de faire subsister leurs familles.
18. Pour le maintien du bon ordre et de la police, il a été formé dans la communauté, en l'année 1760, un règlement politique que Sa Majesté a bien voulu autoriser, ayant été ensuite homologué par la cour de parlement de cette province. C'est en conformité de ce règlement que les officiers municipaux gèrent les affaires de ladite communauté.
19. La communauté n'a d'autres revenus que les fruits qu'elle perçoit aux immeubles qu'elle cultive, du mieux qu'elle peut, n'étant pas, au contraire, suffisants, comme on l'a déjà dit cidevant, pour l'entretien des habitants et de leurs bestiaux.
20. L'imposition des charges locales arrive communément à 35o ou lioo livres (^), sans y comprendre l'imposition de la dime. Mais elle est variable selon les besoins de la communauté, ainsi que les dépenses que les consuls sont tenus de faire pendant leur gestion et lorsque les habitants ne font aucune fourniture pour les acquitter. Les consuls sont obligés, après la reddition de leur compte, de se pourvoir par requête pour en obtenir l'imposition l'année suivante. On ne peut donner une parfaite connaissance des dettes de la communauté, parce que certains consuls se trou-
^^) En 1 789, le total des charges locales est de 345 I. 10 (Ordonnance du 39 novembre 1788) : cierge pascal, 0 livres; contrôle des délibérations, 3 livres; gages du garde champêtre, ho livres; gages du valet de ville, 12 livres; port de Ictties, 6 livres; droits seigneuriaux, 90 livres; cr rétribution du second vicaire», 38 I. 10; abonucm^^nt
des droits d^inspecteur des boucheries, 136 livres; gages du ramoneur des cheminées, 9& livres. Môme total pour 1790. En 1791, ce total est de 6i3 livres, dont 100 livres pour réparations à Téglise, 100 livres pour le maitre d*école , 1 00 livres pour l'entretien des ponts et a 83 livres pour le receveur des contributions (C 107, f*ioo).