SAINT-CRÉPIN
vent créanciers d'icelle et d'autres débiteurs, ni des charges extraordinaires auxquelles elle peut être tenue.
21. A regard des comptes des collecteurs et receveurs , il a été vérifié qu'ils ont été rendus exactement, sauf celui des consuls en Tannée dernière, qui sont encore en exercice, et que, suivant l'usage de la communauté, leur dit compte ne peut être rendu qu'à la fin de leur gestion.
22. Il n'y a aucun revenu pour les pauvres, sauf la vingt-quatrième, qui consiste à la somme de 90 livres, qu'on distribue annuellement aux plus nécessiteux de la communauté , en blé seigle ou en pain, ensuite d'un état dressé par le sieur prieur-curé dudit lieu^^) et officiers municipaux.
23. Il n'y a aucune fondation pour des hôpitaux ni pour l'éducation publique.
24. Le dernier parcellaire de la communauté a été fait en Tannée 1700^^^ Il se trouve dans un médiocre état, ainsi que les coursiers ^^l On observe qu'il y a été fait quelques omissions et que, depuis sa faction, les torrents et la rivière de Durance ont enlevé et engravé plusieurs terres et que, néanmoins, quelques particuliers en tiennent par accroissement. Les papiers et titres de la communauté ont été conservés depuis quelques années dans les archives placées dans l'église paroissiale dudit lieu et fermées à trois clefs, dont Tune est au pouvoir du chfttelain et les autres deux entre les mains d'un chacun des deux consuls ^^l
Observations. — On observe, au surplus, que la nouvelle route, dans l'étendue de cette communauté, occupe la quantité d'environ 9,000 toises carrées du plus précieux de son terrain, composant 99 sel<'rées et demie, et qu'outre la j>erle supportée par les propriétaires, ils ont encore été obligés d'en payer les charges annuelles sans aucune indemnité, ce qui exige un dédommagement pour la perte des fonds et le déchargement de la taille.
(]ette communauté est chargée du logement des troupes lors de
^'> Paul Roux, au moins dès 1769, ^'^ Les archives anciennes do Saint-
mort on 1798. Grépin ont été envoyées an dépôt dé-
(^^ Par Honoré et Yves Romain, pérc parlementai à Gap, le 9 A septembre
et fils, ff marchand s 7), de Seyne (Bas> 1906. Elles y ont été classées régulière-
ses-Alpes), en 3 volumes grand in-folio ment en i5i liasses ou articles (voir
de 78G et 368 feuillets. Procèt^ei'baux du Comeil général y août
(') 3 volumes grand in-folio de ^93, 1906, p. i&o). Cf. les mêmes Procèi-
398 %i 9o3 feuillets. verbaux, août 1893, p. 137.
leur passage, oonjointement aveo celle de la Roche, qui ne supporte qu'un tiers dudit logement, depuis environ quarante ans que retape y «I ëtë établie, et qu'elle a fourni aux dépense» du sel, légumes, bois, lumière et ustensiles nécessaires à la troupe , au corps de garde et aux convalescents qui logent dans cette communauté, sans en avoir reçu aucune gratification ; il serait de toute justice qu'il fût accordé une indemnité proportionnée à cette dépense extraordinaire ^'^
Situation des canaux Jt arrosage et moyen» d'en tirer un plue grand parti- — Le canal qui arrose les terres du village du chef-lieu de Saint-Crépin , situées vers le nord, prend sa source au ruisseau Guion. Il passe à travers des rochers et des coteaux très penchants. Il coule très modiquement, à cause de sa trop petite profondeur dans les rocs, des aqueducs qui sont nécessaires en divers endroits pour raison du coulement des pierres et des murs de soutènement le long de son lit. Il n'est point suffisant pour arroser les terres des particuliers et pour fournir à l'eau nécessaire pour l'usage des habitants dudit lieu qui se trouvent sans source à cet égard. Les moyens les plus utiles seraient d'agrandir son lit, 4^nt la dépense sera considérable , k cause du roquetage et soutènement des murs.
Celui qui sert à l'arrosage aux propriétaires du hameau de Guion prend sa source au même ruisseau. Il coulait ancienneofient jusqu'au ruisseau qui est à l'extrémité du chef-lieu, pour on arroser les terres situées vers le midi, mais il a été intercepté depuis quelques années pour arriver audit ruisseau, à cause des grandes réparations qu'il exige sur sa fin. Son entretien est d'ailleurs, en bois, très considérable, pour raison des chenaux qu'il faut entretenir h travers les rocs.
Les terres des habitants du hameau du Villar reçoivent l'arrosage par un canal qui prend sa source à la supériorité de la montagne. 11 traverse une forêt sur terre glaise et, à certains endroits, au moyen de chenaux en bois et de murs de soutènement. Ce canal est d'une étendue très considérable et exige des travaux im-^ menses pour maintenir l'eau dans son lit , h cause des coulements de terre. C'est la seule ressource pour ces habitants pour arroser leurs propriétés. Le secours leur est nécessaire pour le conserver,
(') Au sujet de )a fréquence du pas- publia dans VInventaire dei Arckùm
sage des années et régiments allant ou de GuiUntre, Gap, jqo6, IntroduçMoa,
revenant, d*ttalie, de Briançon, etc., on p. Ltxxfii-Liuriii. ((2f, pEiaiAu, Épopée
pourra voir la lon(»ue liste que nous avons de» A Ipes , 1 90.3 , p. 5 et suiv. )
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Le canal qui arrose la prairie de la montagne appelée Mouichire^^^ est supérieur à ce dernier. Sa source dérive également de la montagne. Son plus grand entretien est des murs de soutènement. Les travaux qu'il exige sont si difficiles qu'en certaines années on ne peut en user, et cônséquemment ladite prairie manque de production.
Celui du hameau de l'Adroit prend sa source au ruisseau Guion et il est d*un travail moins dispendieux , sauf dans le temps des orages, où il est rempli par les torrents qui descendant des montagnes.
Les propriétaires des hameaux du Villaron, les Hodouls et Gros, quoique divisés par le torrent de Merdanelf prennent leurs canaux d'arrosage à l'eau dudit torrent , qui manque pendant une partie de Tannée, surtout dans le temps de sécheresse. Gelui qui arrose les terres des habitants du Villaron est d'un entretien difficile et coûteux, traversant des terres tr^s penchantes et argileuses avec des chenaux en bois. Le moyen de l'eau plus abondante qui leur est nécessaire , lorsque ce torrent en fournit, serait d'élargir lesdits canaux.
Enfin les ruisseaux situés k chaque extrémité du hameau de Ghanteloube fournissent Teau d'arrosage aux terres des particuliers pendant que la récolte du foin est pendante. Elle manque souvent en automne pour donner du secours au regain et jardinages, surtout en temps de sécheresse , cette eau étant retenue par quelques habitants. des communautés de Ghancella et Réotier, qui sont situés dans les parties supérieures. On ne connaît aucun moyen pour leur procurer Tenu nécessaire, en tout temps, pour secourir leur récolte.
Les besoins pour réparations à faire dans ladite communauté exigeraient de plus grandes observations. On aura l'honneur, à cet égard , de recourir à la Commission intermédiaire.
Nous, officiers de la communauté de Saint-Grépin, soussignés, certifions les réponses au présent mémoire sincères et véritables.
A Saint-Grépin , le lo avril 1789.
Signé : Durraffourt, chcUelain, i.-L Gi^rard, consul, G. Morand, canml, Barnaupon, Hodoul* J. S^zaris, Alexis Comier, Eymar , 9$créiaîre-grejier,
^'^ On dit aajonrd'hui Mimuière, mologie (la quantité de ttiouch§i qui Lion à tort isns doute, à cause de Tëty- en été, sont sur cette montagne).