‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 180 sur 219 · SAINT-PIERRE-AVEZ · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE-AVEZ

ni autres, au contraire. La communauté doit environ i^fioo livres, provenant d'un procès que la communauté a avec le commandeur deJoucas^'^.

21. Les comptes ont été rendus, chaque année, aux formes des règlements.

22. Les pauvres n'ont point de revenus. La vingt-quatrième n'a pas été donnée depuis longtemps , la [commanderie] décimatricc l'ayant refusée.

23. Point de fondations ni d'hôpilaux, ni pour l'éducation publique d'aucune manière.

24. L'époque du parcellaire est en 1706^^^ ayant besoin d'être tout refait, et les papiers de la communauté n'ont pas été conservés jusque vers l'année 1716, n'en trouvant pas de plus anciens, enfermés dans un coffre de l'église paroissiale ^^^

Le moyen d'amélioration , dans ce lieu , serait de construire un moulin, étant obligés d'aller moudre à Barret-le-Bas, où l'on ne peut aller en tout temps, attendu que le torrent de Méauge est impraticable dans le temps que l'on est obligé d'aller moudre.

(Rm de signatures.)

SAINT-PIERRE-D'ARGENÇON.

Arrondissement de Gap, canton d'Aspres-dur^Buëch. commune; 780 m^ très d'altitude; a 89 kilomètres de Gap; superficie en hectares, i,883; habitants, 356.

de la sage-femine , 19 livres; abonnement du pied fourchu, 8 livres; «voyage du député aux assemblées pour la formAtion des Étals provinciaux 7), 36 livres. — En 1 790 , ce total est de 1 â 1 1. 8 s. , et, en 1791, de 987 livres, dont 96 livres pour le secrétaire-greflBer ; bo livres pour le mailre d'école; 59 livres pour le i*ecpvcur des contributions; 9 A livres pour fournilurei de bureau (G 107,

"} Arrondissement d'Âpt , canton de Gordcs, commune (Vaucluse), siège

dVne commanderie de Saint- Jean-de- Jérusalem, de laquelle dépendait la petite commanderie de Saint-Pierro- Avez, fondée au début du xn' siècle.

W Par Lambert Aubert, de Vers (Drôme), et Dominique Arnaud, de Châteauneuf-de-Ghabre ; petit in-folio, feuillets 8 à idt. {LÀtte des anetenn cadastre», p. i3.)

t^) Sur Tétat des archives de Sainl- Pierre-Avei en 1891, voir Preeè*-rer~ baux du Conseil géné'ol dss Hautesyilpes . août 189a, p. 187.

A88 ÉUICTION DE GAP.

Répanse pour la communauté de Saint-PierreSaint-MaiHin ^ paré" rie d'Arffenson, élection ^ suhdélégation de Gap, à la lettre écrite à la communauté par les Procureurs généraux, syndics de la province, le ^ 8 février dernier.

1. Le territoire de la communauté, de lu bise au midi, a une demi-lieue; du levant au couchant, pareille étendue.

La communauté est composée de deux paroisses. Celle de Saint-Pierre^^\ qui est le chef-lieu, est desservie par M* Davin, qui est curé et prieur décimant ^2). çejjg j^ Saint-Inartîn'^^ est desservie par M* Chauvin, qui est aussi curé et prieur décimant ^*^ Saint-Martin a un hameau appelé les Ahriez et 1 habitant seul. Saint-Pierre n a aucun hameau, il a 5 forains épars dans son territoire.

2. Les deux paroisses sont composées de 56 habitants : Saint- Martin de 18 et Saint-Pierre de 38, cç qui fait a 80 personnes, compris hommes, femmes et enfants.

3. Il n'y a dans la communauté ni médecin ni chirurgien. En ras de maladie , les habitants recourent aux chirurgiens qui habitent Serres ou Veynes, distants de deux lieues de la communauté.

^. Il n'y a sur la communauté aucune accoucheuse. Les habitants se servent d'une femme sur les heux qui en remplit les fonctions.

5. Il ne règne pas, dans la communauté, de maladies épidémiques. Il y règne parfois des maladies qui sont des fièvres malignes ou putrides ou points de côté. L'inoculation de la petite vérole n'y est pas usitée.

6. Les habitants bâtissent en pierre brute , chaux et sable. Les maisons couvertes en paille sont au nombre de sept, le surplus en tuiles creuses. Il n'y a aucune fabrique de tuiles dans la communauté. Ils sont obligés de les prendre à une lieue et demie. La toise de couvert revient à 9 livres en tuiles et à 6 livres en paille.

'*) Ancienne dépendance di» Saint- ^^) De la dépendance du prieuré

Ruf de Valence. d'Aspres-sur-Buech.

f') François Davin, nommé le 99 dé- (^> Joseph Chauvin, prieur^uré dès

cembre 17Û6 (G II, p. aAA), encore 1787, malade le ai février 1790 et

en exercice en 179^. (Gf* Tlntroduction ayant alors un revenu net de 585 livres,

de G VI.) (L472.)

SAINT-PIERRE-D'ARGENÇON.

àS9

7. La uature du sol est assez bonne; mais la plaine est possédée par les seigneurs du lieu^'^ et autres nobles, ou par les ecclésiastiques^^^. Leur allivrement sur le cadastre monte à 90 livres et le total de lallivrement roturier ne monte que 65 livres. Le territoire est bordé au levant et au couchant par des montagnes qui fournissent différents ravins. Les habitants roturiers ne possèdent que les ailes du territoire, qui est un sol médiocre, sec et aride, sujet à être raviné, y ayant peu d'arbres, le territoire se trouvant exposé au vent du nord qui les empêche de réussir.

8. Les habitants roturiers récoltent sur leurs fonds partie blé froment, partie méteil et quelque peu de légumes et de Tépeautre. Les arbres qui prospèrent le mieux sont les arbres noyers, en petit nombre, attendu que les vents du nord les font périr et les cassent parfois. Il y a quelques poiriers dans les prés, un peu de vin de mauvaise qualité ; ne produisant rien.

9. Année commune, les grains que les habitants récoltent sur leurs fonds ne suffisent pas pour leur nourriture. Il en manque un quart année commune. Ils se nourrissent d'épeautre, de méteil et autres légumes. Ils sont obligés de vendre à la récolte le peu de blé froment qu'ils récoltent, pour acquitter leurs charges, pour acheter ensuite des menus grains pour fournir à leur subsistance. La majeure partie des habitants s'expatrient en hiver pour gagner leur vie, faire subsister leurs femmes et enfants, et vont travailler en Provence et en Languedoc, et d'autres se nourrissent de pommes de terre.

10. On tire les grains, les années de disette, des marchés de Veynes et de Serres, les plus à portée.

11. Il n'y a aucune production surabondante. Il n'y a ni foire ni marché. Le peu de froment qu'ils vendent pour acquitter leurs charges, ils le portent à Veynes ou à Serres, au marché, à dos de mulet.

(*^ Noél-Féiicien de BoflSn, marquis de la S6ne, capitaine de cavalerie ( 177Û-1790); — Joseph de Flotte, dit ie marquis d^Arsenfon , né on 173&, capitaine de vaisseau en 1779, commandant d^escadre en 1789, conlrcamiral en 1799, pendu à Toulon par les ouvriers du port, lors d\mo émeute en septembre 1799, et autres.

(') Parmi le nombre, il y a lieu de citer tout particulièrement le prieur de

Notre-Dame de Font-Vincuse , petit monastère fondé au xiii* siècle par les moines de Tabbaye de Lérins, près d*une source minérale, dont les eaux sont très bienfaisantes et qui était jadis considérée comme une des sept merveilles du Daupbiné (voir BtUl, de la Soc, d^ étude» des Hautes-Alpes, i88*5, p. iioi'tiib). Ces eaux sont actuellement Tobjet d^une exploitation prospère.

12. Il n'y a, dans la communauté, que quelques broussailles qui, à peine, su£Bseni pour le chauffage et le feuillage des bestiaux, qui dépérissent journellement et qui, dans peu, seront insuffisants.

1 3. Les communes servent au pâquerage des bestiaux, sont ou penchants ou sur un mauvais sol, qui ne peut se défricher.

\à. Il existe, dans la conmiunauté, nombre de torrents ou ra* vins qui endommagent les fonds aboutissants. Il y a, dans le centre, le torrent de Ghaurane, qui fournissait de Teau pour Tarrosage de quelques prés qu ont les habitants, mais les seigneurs, pour leurs fonds et le moulin, ont toujours les eaux. Les habitants ne peuvent arroser que dans la nuit, les seigneurs prétendant, contre Tusage des habitants, être propriétaires des eaux par droit de petite régale. Ils veulent s'approprier les relaissés de Ghaurane qui s'agrandissent journellement sur les fonds taillables, de sorte que les seigneurs, en usant des relaissés, jouissent d'un fonds dont les habitants payent la taille, vingtième. Gette rivière tarit quelquefois en été. Le sol des prés est sec , aride , mauvais. Il ne peut produire sans arrosage.

La rivière pourrait se contenir par des réparations, si les habitants pouvaient y parvenir et que la misère ne les empêchât pas, si les seigneurs ne s'emparaient pas des relaissés et si les Etats accordaient annuellement aux riverains quelque indemnité. Les habitants sont en usage de prendre l'eau des moulins le samedi et dimanche de chaque semaine.

15. Il existe dans la communauté 6 paires de bœufs, is mulets employés au labourage, i5 bourriques. L'aridité du sol, le manque de fourrage ne permettent pas d'élever des bestiaux. Il existe dans la communauté 3oo bétes dWérage. Les bestiaux, dans la communauté, sont atteints de la maladie du besck, qui les épidémique («ic),qui détruit parfois tous les bestiaux laineux, bœufs, ce qui ruine les habitants.

16. Il y a dans la communauté un maréchal ferrant, qui fait des outils; mais il n'est pas vétérinaire, ne connaît pas les maladies. *

17. Les habitants n'ont ni commerce ni fabriques. Le défaut de routes les en prive. Si la route de Sisteron par la Groix- Uaute à Grenoble et celle du Bas-Dauphiné pour le Piémont s'ouvrent, cela pourrait donner quelque commerce. Les habitants culti-

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vent, en été, leurs fonds; en hiver, ils s'en vont gagner leur vie comme ils peuvent.

1 8. La communauté est régie par 3 consuls et i châtelain. Il se> rait intéressant de former un nouveau règlement, où toutes les fonctions fossent électives.

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