‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 203 sur 219 · La nature du terrain est : argileux et sablonneux · texte numérisé non relu

La nature du terrain est : argileux et sablonneux

8. Les grains de récolte consistent en méteil, froment, épeautre et quelques menus grains; bien peu de vin au bas du terroir, de même que quelque peu d'huile. N'y ayant aucun pré pour la nourriture des bestiaux , et l'on est obligé d'avoir recours à quelque peu de sainfoin.

9-10. La production des grains, année commune, arrive à i,8oo charges et la consommation des habitants à i,âoo charges outre les autres menus grains qui sont pour leur nourriture avec de l'eau, et le surplus des i,âoo chai^ges doit être pour ensemencer et pour payer les charges. Dans le besoin on tire les grains du marché de la ville de Gap.

11. Il n'y a rien de surabondant , n'y ayant que très peu de vin qui sert à aider à payer les charges. Et à l'égard des foires, il y en a deux, qui sont le 1 1 juin et le i o août, fort petites.

12. Dans le lieu il n'y a aucun bois gros ni petit. Les habitants sont obligés d'en tirer des communautés voisines à une lieue et demie de loin, et exposés à des dommages, ce qui arrive souvent.

13. La communauté n'a aucun revenu, excepté les deux montagnes qu'on appelle la Grande et Petite Séûze. Dans la Grande, il n'y a aucun bois ni pâquerage, ayant été dégradée depuis longtemps par les grêles et rapidité des pluies, n'y ayant présentement que de grosses pierres et cailloux avec de gros ravins qu'il s'y est formé, à cause de la pente extraordinaire; ce qui cause une grande perte à cette conmiunauté, tandis que dans un temps on y

SIGOYER. bhl

avait fait dëpattre plus de 3,ooo bétes d avérage et même de gros bétail, et à présent à peiïie pourrait-on en faire dépaitre loo. Et, . à l'égard de la Petite, il s'y trouve encore quelque peu de pâquerage; le seigneur en fait dépaitre la plus grande partie, attendu que les habitants n'ont le moyen.

là. La communauté est traversée par neuf ruisseaux qui prennent leur naissance aux ravins des deux Séûzes et qui, autour de la communauté, forment trois torrents, appelés Baudm, Pisenlour, dont l'un de chaque côté du village, qui, selon toute apparence dans peu de temps l'entraîneront, et l'autre appelé Bousaq. Que ces ruisseaux et torrents, dans moins de quatre-vingts ans, ont emporté le quart du terroir de cette communauté, à cause qu'il se trouve un terrain en pente, argileux et sablonneux , n'y ayant aucun moyen pour en garantir les fonds. Ces malheurs proviennent de la destruction de la Grande Séûze. Tous ces ruisseaux ne produisent aucun arrosage.

Ï5. Estimons qu'il peut y avoir dans cette communauté la quantité de 5o paires de bœufs ou vaches; que, la plupart, chaque paire fait le labour de deux habitants, par rapport au manque de nourriture; âo chevaux ou juments et loo bourriques, tous lesquels bétail s'aident au labour des fonds, et, outre ce, estimons qu'il peut y avoir loo bétes d'avérage.

16. Dans cette communauté il n'y a aucun, artiste vétérinaire ni maréchaux experts. Cependant les habitants sont exposés à la mortalité des bestiaux et il en meurt, année commune, plus de i5 grosses bétes, sans qu'on puisse les garantir et l'on en accuse le manque d'eau dans les chaleurs, n'en trouvant pas pour boire.

17. Dans la communauté il n'y a aucune industrie ni conunerce.

18. Quant au régime municipal, sont le châtelain du seigneur, deux consuls et le sieur commis.

19. La communauté n'a d'autres revenus que la somme de ko livres sur les États du Roi.

!20. Les charges locales ou dépenses ordinaires de la communauté arrivent à la somme de & oo livres ^'^ outre les rentes ou pensions que la communauté paye, savoir : au sieur Leblanc et de Laulnay, de Paris, 396 livres; à M. le comte de Gruel, seigneur du pré-

('} Les charges locales de 1789 et 1,3/1 5 I. la s. ft d. (Ordonnance du 1790 ne sont pas connues exactement. 3o janvier 1788) : àerge pascal, 6 li- Lc total de celles de 1788 est de vres; logement du curé, 60 livre**

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ELECTIOM DE GAP.

sent lieu^*^ ce qui feit en tout la somme de 1,071 livres. Indépendamment de ce, la communauté est obligée d'entretenir un pont qui se trouve pràs du village sur le chemin de traverse des communautés voisinai allant à Gap, eti comme bdit pont se trouve placé sur un terrain argileux , ce qui fait qu'il s'écroula pmsquo tous leç ans« ou^ du moins, il y a de grandes réparations à faire, ce qui coûte à 1^ coQMounauté , année commune, la somme de fi 00 livres. Cette même communauté paye la dtme de tous les Çr^im en gerbes à la cote douzième, de même que chaque habitant est tenu de payer au seigneur une émine froment pour fournage saos qu'il tienne un four, une émine même blé censé personneila, eQcore une émine même blé et deux émines avoine ceux qui tiepnentbœufou autre bête aratoire, outre les censés foncières, avec cinq corvées chaque habitant. Que le seigneur et le clergé ^'^ tiennent le tiers du terroir et meiUeure qualité.

2 1 . Les consuls , forcés à faire la recette, doivent leurs comptes de 1787 9t 1738 par la misou que les redevables sont beaucoup en arrérages et qu§ cependant ita se préparent pour les rendrer

22. Les pauvres de cette communauté n'ont pour tout revenu que la yingt-quatrlème, qui consiste, année commune, à sept charges blé, administrée par un syndic nommé par la communauté.

23* H n'y a point de fondation pour les hôpitaux et d'éducation publique.

logement du vinire, is livres, entretiio Aes fMtaiiMi, ta ttimw; gêgrn ia garde champêtre , 36 livres; gages du vtflal 4* «îite, 6 IUms; voyagt da éàr puté aux assise delà maUrise, 6 livres; port êa lettPM, 6 livMaf pearfoa due à M. de Glavel, i5 livres; arrérages du loyer dû au curé, '966 livres; délie de n«pr« ftMprdil, M6|ivf«p( «rvatedaa à M. le comte du Saix?), ^86 1. 8 s.; rente dueà Dupré et Blanc; 19a 1. 8 s.; reliquat du compte de Joseph Oddou , consul en 1786, 9^7 i. 16 s. & d. — Vm 1791, la Ifllal des disigns ioeales est da I J7ii 1. |t s»* ipn%ïiùlfouf Tentretiffi de TéeUse; 671.L 8 s. pour pension due à m, Pfnot; &60 livres au oollecieup des impositions (G 107,

(» lMa-Ji«s^Ms Aa Gmei, dit (hmfh-9, 176a-' 1790, doai in cliAteau

était «démantelé» on igo6 <Q ^^) Le prieuré de Saint-Laurent, de

\% iégmmam da r«hbiiy« de Saint-

Jlichei de la Cluse (Piémont), avait aioM pour tbttlaire Jiiiiqili^Pieff(rahriel da Manon, cbavatter d^ Miite, nomm/é le 98 janvier 1769 (G II, p. 95i), ayant, le t6 déceoil»^ 1 789* uq rtveau net de a,o48 livres (L aja). — Le prieuré de Mol-Mafftui d'Aups, de la dépendance de la préyôté de Gnardavon (Basses-Alpes), dantlepiieur Prasçoi»- Isidora {Mâfli ^liil diaaaîiie de 6ap et secrétaire épiacopal (1787-1791), — Prançob Bonlouf, curé, nommé le la maas 1787 (6 II, p. io4), démiasionnaire le 95 nuirs 179^ (L 969 )« professeur d'Iùaloire à T^cole centrale das Uaata^AJpes en } 798, curé d'A^rcasur-9ucch la 37 avril i8o3 (V 5o).

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SA. Le parcellaire de cette communauté a été fait en l'année i6&3 '^^ étant encore en service quoique ancien^ et le coursier en Tannée 1710 -^^ hors de service* A Tégard des papiers de la communauté, ils sont enfermés dans un cQure placé dans l'église paroissiale , de même que le parcellaire et coui*sier, faute de maison de ville. Le coffre fermé par troi« serrures dont chacun des consuls a une clef et ie châtelain l'autre, et comme ce dernier se trouve hors de la communauté et une personne publique ^'^. Or, lorsqu'il vient quelque forain et même les habitants de la communauté sont obligés de l'aller chercher et, le plus souvent, ne pouvant Savoir, ce qui l'occagionne à beaucoup de dispenses et à des reebercb6s i/iutiles et qu'il serait de grande nécessité qu'il fût ordonné par Mes^ sieurs les Procureurs généraux ^ syndics des Etats, que la clef fût renûse entre les mains des autres officiers de la communauté , afin que 9 lorsqu'on voudrait faire des chargements et déchargements sur le parcellaire p les habitants tenant fonds, tant forains que de la communauté, ne subissent la dépense ni la perte de temps.

Tout le contenu au présent , nous le croyons e^act et sincère. En conséquence, nous pnons Messieurs les Procureurs généraux, syndics des Etats, de vouloir bien examiner nos réponses et considérer les besoins de cette communauté, qu'elle serait dans le cas d'être déchargée* par rapport auj( dégradations qu'elle a souffertes et souffre par les ruisseaux et torrents, expliqué ci-dernier. Les habitants de cette communauté espèrent encore de vos bontés des secours proportionnés à leurs charges extraordinaires qu'ils sont obligés d'essuyer.

Fait à Sigoyer, le ao mars 1789.

Signé: P. Bonnabdbl, canml, E. BiUMin, camul, KaSKBT,

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