CHATEAU-LA-BAUME
(Aujourd*lmî la Haute-Baume,)
Arrondissemenl de Gap, canton d'Aspres-sur-Buëch , commune ; 1 ,a 1 5 mè- 1res d'altitude; h 5u kilomèti^es de Gap; superficie en kectai^es, 3,iâo; baliitanls, 59. Fait partie de la paroisse de la Ëaume^es-Amauds.
Réponse à la lellre que MM. les Procureurs généraux y syndics des Etais de Dauphiné^ ont fait l honneur d'adresser aux sieurs officiers municipaux et habitants de la communauté du ChdteaU'lorBaume le ù 8^ février 17 8g^ dont on répondra par articles séparés aux différentes questions que demandent Nosseigneurs et Messieurs de la Commission intermédiaire ^ comme ci-après :
1. La communauté a d'étendue un huitième de lieue au carré. Il y en a la moitié qui ne vaut rien, qui est extrêmement penchant, aride bu rochers, ne pouvant se cultiver. A tous les cinquante pas, le terrain est traversé par des torrents ou ravins. Il n'y a point de hameaux ^^K Les habitants de cette conmiunauté vont à la messe h la Baume-des-Ârnauds, qui est la paroisse.
2. Dans la communauté il y a â A habitants, desquels il y en a 6 à 7 qui sont avenaires^^\ oii ils habitent quelque mauvaise cabane; d'une maison ils en ont fait trois et sont mendiants; composant les uns dans les autres 160 personnes.
fféneral des Hautes-Alpes, aoât 1888, chds à la commune : les Boissels, les
p. i5a. Ghabaux, Serre-Martel.
(^) On peut cependant considérer (') Dans le sens de : étrangers, ha-
comme tels les différents écarts ratle- bitants adxentices.
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3. Dans la communauté il n'y a point de médecin ni de chirurgien; si on a besoin, il faut aller les chercher aux lieux de Veynes ou à Serres, éloignés de U lieues, et nombre de personnes meurent sans avoir du secours, pour n'avoir point d'argent pour payer leurs honoraires.
li. Un'y a point d'accoucheuses insti*uites, ni aux environs.
5 . Il y a longtemps qu'il n'y a point eu de maladies épidémiques ; on ne pratique point l'inoculation de la petite vérole; on laisse agir la divine Providence.
6. Quand on veut bâtir, on se sert de terre pour sable ; on n'y met point de chaux, attendu qu'elle est fort chère, ne pouvant en faire sur les lieux, pour n'avoir point de bois. Il y a 120 maisons, granges couvertes en paille ou chaume; il y en a il qui sont couvertes en tuiles. Il n'y a point de carrières de lauses^ ni ardoises, ni aucune fabrique de tuiles pour n'avoir point de bois pour en faire. Ceux qui ont le malheur d'être brûlés et incendiés sont obligés d'acheter les bois au lieu de la Baume, éloigné d'une lieue, par rapport à la montagne qui est fort pénible. On tire des tuiles d'une lieue, (|u elles coûtent 9 livres le cent, outre le charroi, ce qui fait une toise de couvert. Il n'y a dans la commumiuté aucun bois, broussaitle impropre pour bâtir, n'en ayant pas même pour faire cuire leur pain; en hiver, ils restent dans les écuries.
7. Le général de la nature du sol : il n'y a qu'un seizième qui se puisse travailler et l'autre partie ne produit rien du tout, étant penchant, rocher ou marne aride. Les terres sont coupées par des torrents ou béais morts. Lorsqu'il vient de grosses pluies abondantes, emportent toute la terre et récoltes. La partie du sol qui se cultive dans le bas ne produit qu'alternativement, c'est-à-dire de deux en deux ans, et dans le haut ne se cultive que de quatre en quatre années, encore il faut bien le fumer, ne produisant que les deux et demi pour un. S'il y a du bon sol, est possédé par les seigneurs de Saint-Pierre et Veynes, qui y possèdent un domaine. Le territoire est si penchant que la sécheresse cause beaucoup de préjudice aux récoltes, de même que les grands froids qui régnent et quantité des neiges qui tombent toutes les années, jusque 4 et 5 pieds, laquelle neige reste sur les blés, près de six mois, ce qui les tue souvent, en sorte que les pauvres habitants sont forcés de faire leurs travaux et culture dans l'espace de quatre mois.