Il y a dans la communauté quelques habitants , en bien
petit nombre, qui vendront quelques charges d'avoine dans los marchés de Veynes ou de Gap. Le seul moyen d'exportation est à dos de somme, eu égard aux mauvais chemins et au peu de facultés des habitants. Point de foire ni marché dans le lieu de la Cluse.
12. Il y a dans la communauté et son terroir deux petites forêts complantées de bois sapin et fayard , dont la propriété appartient à la chartreuse de Durbon. Les habitants ont l'usage du bois fayard pour leur chauffage, en payant à ladite chartreuse une émine d'avoine chaque habitant. Pour ce qui est du bois sapin, ils en ont de même l'usage pour leurs bâtiments, après en avoir demandé la permission aux révérends pères chartreux.
13. La communauté jouit d'une petite montagne commune, ou les bestiaux vont dépaitre pendant l'été et d'où les habitants tirent le fourrage nécessaire à la nourriture du peu d'avérage qu'ils nourrissent dans l'hiver; observant que partie de cette même montagne est allivrée au cadastre de la communauté, et qu'il n'y a point de prairies en plaine, surtout au chef-lieu de la Cluse.
là. Le territoire est rempli de petits ravins qui, en temps de grosses pluies, désolent la campagne, attendu la situation du local penchant et montueux. Indépendamment de ces petits ravins, sont encore les petits torrents de Labéoux et Mouche-CIiat. Ce dernier borde l'église paroissiale et, malgré les réparations qu'on est obligé souvent d'y faire autour des murs, pour empêcher l'éboulement du terrain , les murs de l'église, du côté du midi et du levant, en sont endonunagés. La communauté ayant été obligée d'y faire faire dans ces derniers temps des réparations considérables qui, jointes à une autre réparation qui n'est pas encore commencée, se montent 7^0 livres, jointes à celles qui ont déjà été faites et que le prix est presque encore tout du aux anciens adjudicataires, par le peu de facultés des habitants, dont le tout monte environ à la somme de 3,5 oo livres, et le peu de ressources de la communauté. Le torrent de Labéoux qui prend sa naissance à la montagne de Lèches, suit tout le terroir de sa longueur, cause des dommages considérables dans plusieurs fonds, sans prévoir des moyens faciles à les prévenir pour les garantir des irruptions desdits torrent et ravins, qui rendent encore les chemins de la Cluse à Veynes et à Gap presque impraticables, sur l'espace de demi-lieue.
15. Il y a dans la communauté lo paires de bœufs, â mulets, la bêtes de somme et environ i5o bêtes d'avérage, de bonne
espèce , attendu qu'on a soin de se procurer des agneaux de Provence.
16. Il n'y a dans la communauté aucun artiste vétérinaire ni maréchal expert. Les plus à portée sont à Gap.
17. La seule industrie des habitants est la culture des terres; leur commerce ne consiste qu'en l'achat et vente de leurs bestiaux.
18. La communauté est administrée par deux consuls, qu'on change ordinairement tous les ans, un secrétairè-greflier et un châtelain , habitant à Vevnes actuellement.
1 9. Tous les revenus de la communauté consistent en ce que quelques cadets de famille, qui s'en vont passer les hivers en Provence, reviennent avec quelques agneaux, qu'ils font paître sur les montagnes de la communauté et payent, à raison de ce, un droit de pâquerage qui est employé aux besoins urgents de la commu* nauté.
20. La communauté impose dans le rôle de taille, pour charges locales : 5 livres pour le cierge pascal, 2 1 livres pour le sonneur des cloches, 9 livres pour le gage de secrétaire-greffier, 36 livres pour le garde-bois et fruits, 3 livres pour la fourniture de papier, encre, plumes et occupation de chambre, bois et chandelles, 3 livres pour port de lettres et paquets, 6 livres pour le voyage du député aux assises ^^^ Quant aux charges extraordinaires, la communauté a été obligée de faire réparer la maison presbytérale, dont l'adjudication fut passée en 1780, par-devant M*' l'évêque de Gap et M. Delafont, subdélégué, au prix de hSo livres, qui sont encore dues.
!2 1 . On doit regarder ici comme dettes de la communauté et charges extraordinaires et qu'elle est tenue de payer au seigneur du lieu, consistant à un droit de onzain, qui est la onzième partie do tous les grains qui se perçoivent dans le terroir, outre un autre droit de tôte ou beylie; ensemble un droit de feyra; le droit de tôte est a 7 livres payées annueUement au seigneur, et celui de feyra est une brebis que le seigneur exige annuellement de chaque habitant qui en possède au moins dix.