Nous ne percevons que peu de froment, avec des épeautres
^*) Habitations ou familles, éparscs dans les hameaux : Arzeliers, Colombe , les Rois, Viile-Vieillc , etc.
pour nourrir en partie les habitants; les arbres fruitiers ne sont d'aucun revenu, que pour l'usage de quelques habitants; si quelqu'un perçoit un peu de vin, il est obligé de le vendre pour du blé.
7. Le raj^^port de grains, tant froment ou seigle ou ëpeautre, année commune, rapporte environ quatre-vingts charges, où la consommation est plus grande que la prise.
8. Le plus proche marché o\x Ton puisse trouver à acheter des grains est à Vaine ou Sisteron, qui est à quatre lieues.
9. Nous n'avons ni forêts ni bois, que quelques broussailles , qui sont albergées h la communauté au moyen de douze émines avoine que les habitants payent annuellement au seigneur.
10. Il n'y a aucune rivière où on puisse tirer aucun arrosage; les torrents sont fréquents sur nos terres , sans en tirer aucun profit par la quantité des ravins.
11. Les capitaux sont en petit nombre dans la communauté, faute de nourriture; il peut y avoir i5o brebis ou agneaux, 10 bourriques, 5 paires de bœufs, âo cochons; des cinq paires de bœufs, il y en a une paire pour l'exploitation des biens du seigneur, qui contiennent le cinquième du pays.
12. Il n'y a ni maréchaux, ni artistes, ni experts qu'à Serres ou à Laragne, ni moyen d'en avoir; les habitants n'ont ni commerce ni industrie, à cause de leur pauvreté.
13. La communauté nomme des consuls toutes les années pour faire les affaires, avec le châtelain du seigneur, qui font rendre toutes les années le compte du collecteur, baillent les tailles, et. ils n'ont aucun revenu de nulle part. Les charges locales arrivent à 100 livres (^), pour les réparations à faire dans la communauté; la taille royale arrive à 6 7 & 1. i o s. ; la capitation , à â 1 0 livres ; le vingtième, à 186 livres.
\à. Les pauvres n'ont aucun revenu que six émines blé de la vingt-quatrième , par abonnement du prieuré ^^) ; il ii'y a ni fondation ,
(^) Pour 1789, dles sont de 136 li- sonneur, 10 livres; pension aux héritiers
vres (Ordonnance du 98 nov. 1788) : de M"* de Sassenage, 3o livres, etc.
cierge pascal, 6 livres) entretien de En 1790, las charges locales sont de
Téglise, 18 livres; entretien des fon- 91 livres seulement, et, eu 1791, de
taines, 6 livres; gages du greffier, 367 livres, dont 60 livres pour le maître
i5 livres; gages du garde champêtre, d*école. (G 107, P 9 9*) 3o Uvres; g«'iges du valet de ville et du ^'^ VoirTinv.dela série 6, t. VI, p. xc.
EYGUIANS. 187
ni hôpital, ni éducation publique; les consuls et le curé distribuent, toutes les années, aux plus nécessiteux ces six émines de blé.
15. Le cadastre se trouve en date de 1 668 , qui est fort déchiré, ainsi que le coursier ^^); les papiers sont dans un mauvais coffre et dans la maison d'un habitant, mal assuré, faute d'y pouvoir remédier ^^K
Les habitants doivent, toutes les années, une émine de blé par feu et une émine pour chaque paire de bœufs aratoires au seigneur ^^\ qu'ils payent à la Toussaint de chaque année.
Nous, dits consuls de la conununauté d'Aiguians, certifions le présent état véritable.
A Ayguians, ce i3 avril 1789.
Signé : Vaghibr, consul, J. Gros, œmul, L. Morknas, J.-Louis
TURQUAIS.
^ FREISSINIÈRËS-EN-EMBRUNAIS.
Arrondissement d*Embrun, canton de Guiilestre, commune; i,qoo mètres d*altitude; h 34 kilomètres d*Embrun et à. 7 5 de Gap ; snperfîcie en hectares, 9,01a; habitants, 577, *
Réponse mr les questions jointes à la lettre qu'il a plu à MM. les Procureurs généraux y syndics des États du Dauphinéy adresser aux officiers municipaux de la communauté de Freissinières le ù 8 février dernier îj8g.
1 . Les soussignés ont l'honneur de répondre que leur conununauté , qui n'a qu'une seule paroisse ^'^\ est composée de douze villages ou hameaux ^^^ que l'étendue par aperçu de son territoire peut contenir environ deux lieues et demie de longueur sur une demi-Ueue de largeur, encore au plus large de la colline, qui se trouve serrée du côté du midi et septentrion par des rochers d'une
^^ Ils sont égares oa perdus. ^"^ Sous le vocable de sainte Marie-
(') Sur l'état des arcÛves d'Ëyguians Madeleine, en 1889, voir Proeè^^erhaux du Conteil ^^) Dont voici la nomenclature : la
gétérnl dêê Htmtê$»Alpei , août 1890, Combe, Dormillouse, les Faxis, Hodo-
p. 170. rencs. Maisons -Neuves, Meosals, les
^^ Pierr« de Laget (1753-1791). Cf. Odouls, Palton, le Plan, les Roberls,
Q, S0&. les Violins.
hauteur prodigieuse, et il peut y avoir environ six cents setérées de terrain cultivable, compris ce qui a été engravé.
2. Sa population contient 170 familles, qui forment à peu près le nombre de 900 personnes, et à peine y en a-t-il les deux tiers qui soient dans le cas de pouvoir contribuer à la culture du terrain , les uns jeunes et les autres vieux ou estropiés.
3 et 4. Aux deux questions ci-dessus, on répond qu'il n'y a aucun médecin, ni accoucheuse instruite sur les lieux, et que le sieur François-Etienne Eymar, de Saint-Grépin , est le seul chirurgien qui soit le plus proche, éloigné de la communauté de deux lieues.
5. Les maladies les plus fréquentes dans la communauté sont les fièvres d'accès, fièvre maligne, fièvre putride, le point de côté et l'hydropisie, dont la plupart de la populace périt à la fleur de Tâge, faute de secours, et on ne s'en peut procurer ^'^, à cause de l'éloignement , surtout en temps d'hiver, et l'inoculation n'y est pas pratiquée.
6. Les bâtiments sont construits de la manière la plus grossière, les murailles faites avec pierres et terre glaise, les planchers étant faits avec planches et terre battue; les couverts sont faits presque tous en paille et une douzième partie ou à peu près étant couverte en ardoises, ni ayant aucune carrière ouverte, eu égard au grand travail qu'elles exigent, et faute de secours on ne les peut exploiter. A l'égard des tuiles, il n'y en a aucune fabrique, ni à la portée, qu'à environ i5 lieues d'éloignement, et la toise de couvert faite en ardoises , nous trouvons coûter la somme de 9 livres.
7. La nature du sol, en général, se trouve un terrain fort graveleux, et une partie sur des rochers et parsemée de clapiers et de grosses pierres ; la plupart sont des coteaux pendants d'une rapidité extraordinaire, ce qui occasionne des dévastations bien grandes dans le temps des fontes des neiges et des pluies rapides, tout comme des grandes parties des rochers escarpés se détachent des montagnes extraordinaires qui s'y éboulent. Il est à observer que le meilleur du terrain, qui est situé à l'entrée de la colline, est une petite plaine qui produit du seigle, du foin, des pommes de terre, des choux et quelque peu de chanvre, dont la plus grande partie appartient au seigneur ^'^l
(*) Sic, c^estnà-dire des secours. légué la seigneurie de Freissinières ,
(') Le chapilre et rhôpilal d*En]brun , acquise par lui en 1687. {^^^ J^v»
béritiors de M. de Genlis, archevêque notn. des Archivée det Hautet-Alpet , sé-
dudil Embrun, qui, en 1716, leur avait rie H suppl., 1899, P* 9> 81 -10a.)
FREISSINIÈRES^EN-EMBRUNAIS. 189
8. L'on ne perçoit annuellemeul d'autres récoites que du soi(|le, quelques légumes, grains printaniers, pommes de terre, des choux , du fourrage et très peu de chanvre, et il n'y a d'autres arbres fruitiers que quelques noyers au bas de la communauté, qui ne produisent que très peu et rarement, à cause des gelées printanières, ainsi que la récolte en seigle.
9. La consommation que font les habitants peut excéder la quantité de s,8oo setiers de seigle ou grain printanier, qu'on est en usage de faire du pain, ensemble avec des pommes de terre; leur nourriture ordinaire est de ce pain, quelque peu de légumes, du laitage et principalement des pommes de terre , et l'on ne perçoit, année commune, qu'environ s,ooo setiers de seigle, ce qui oblige la plus grande partie des particuliers de s'expatrier de leurs familles en temps d'hiver pour aller dans le bas pays ^^\ pour gagner leur vie en travaillant la terre ou autrement, faute de secours pour acheter du blé pour la subsistance de leurs fanulles.
10. A l'égard du grain, qu'on est en usage et obligé d'acheter toutes les années et principdement dans les années de disette, on le tire du Briançonnais; le plus à portée de la communauté est a cinq lieues de distance.
11. Quant aux productions surabondantes, nous avons le malheur d'en être privés en général, et nous n'avons ni foires ni marchés dans la conununauté, et les marchés les plus proches sont ceux de Briançon.
12. A l'égard des bois et forêts, ils sont de petite conséquence, étant en pin, sapin ou en mélèze, et le plus considérable appartient au seigneur; le restant à peine peut-il suffire pour la nécessité des particuliers, se trouvant même très difficile pour l'exportalion de l'usage des habitants, comme la situation du lieu se trouvant montueuse et rapide et que les coulées de neige le détruisent journellement.
12. La communauté a très peu de conununes, qui ne sont que des sommets de montagnes, qui produisent quelque herbage dans la belle saison, et que l'on est obligé d'en affermer une partie aux bergers de Provence, que la communauté en retire 8oo livres, qui sont employées exactement pour aider à payer les impositions, et le restant à peine peut-il suffire à la nourriture des bestiaux des particuliers; pour les rendre plus utiles, il n'y aura d'autre moyen
G*e9t-à-dire en Provence', dans le comtat Venaissin, en Languedoc, etc.
que si les particuliers pouvaient augmenter leurs facultés pour avoir des capitaux , et les faire pattre à leurs noms.
là. La rivière de Bime^^\ (jui coule le long du territoire de la communauté, est sujette à beaucoup de débordements, surtout en temps des fontes des neiges et des fortes pluies, aggravée par plusieurs torrents qui 8*y jettent dedans, entre autres le torrent qui prend son coulant de Roche ronde au quartier de la Pouad, distant de son embouchure dans la rivière d'environ un quart de lieue, coulant le long du terrain cultivable, fait un dégât considérable; le torrent ou ruisseau qui descend de MaUefoiue^^^ fait aussi un dommage journellement d autant plus considérable, puisqu^il a déjà emporté ou engravé la quantité d^environ vingt setérées de terrain cultivable , ainsi qu'il appert par le verbal que nous avons dressé à ce sujet, le ât novembre de l'année dernière, adressé à M^ l'Intendant; un autre ruisseau ou torrent qui descend de la montagne d^AUbran ^^\ qui descend entre le village des VxoUins et celui des Mensab, ayant entraîné par différentes reprises beaucoup de ravins * et de grosses pierres jusqu'à son embouchure dans la rivière de Biaise, se trouvant au plus étroit de la colline, a tellement inter* cepté le coulant de la rivière qu'il a fait submerger une partie des fonds desdits villages, puisqu'il est impossible de pouvoir les cultiver; un autre ruisseau qui descend du rocher de la Asce^^^, fait de même un dommage considérable dans les fonds des particuliers; celui qui descend des Barètes étant aussi susceptible de faire des donunages aux fonds, puisqu'il en a emporté beaucoup aux particuliers du hameau de ïhurmelieuse ^^\ de même que celui qui descend de la montagne de Piab>ou^^\ qin a engravé, par différentes reprises, les* prés des différents particuliers d'environ quarante setérées , qu'on ne pourrait y remédier, sauf à y faire des digues à droite et à gauche, d'environ cent toises, ce qui est au-dessus du pouvoir des particuliers. La rivière fait encore un plus grand dommage par rapport à sa longue étendue, puisque le ruisseau qui
(*) La Biaime, ou BiaytBe, aflilueni de droite de la Doranoe , près des ruines de la atation romaïae de Béma, Rame, cnlre Briançoa et Embrun, sur la voie des Alpes GcÂtiennes ou de Mitan k Arles. . (Em. DasJAiMifs , Ghgraphû de la Gaule romatfia. Paria, U IV, iSgS, p. i6, 35, /i3, 208;)
(^) Aujourd'hui Malafos$e, affluent de la Biayf
^^) Aujourd'hui i4(i6raR<2tf«, montagne entre Freissimères, Champoléon et Orôèrea.
t*^ Maonifique cascade près du hameau de DormiIIouse.
^) Dùrmilhuief haiiieaii eéfèbre à cause des Vaudois qui y ont séjourné.
(*) Mont de Freissinières , dont le nom est à rapprocher de celui du Pelvoux, entre la YaBoaîae, k Grave et Tlsère.
FREISSINIÈRES-EN-EMBRUNAIS. 1 91
descend de la montagne de Gaident ^^^ s'y jette dedans au-dessus du village des Ribes ; dans le temps de ses débordements , a failli pendant plusieurs fois faire emporter la moitié des maisons dudit village des Ribes, celles qui se trouvent les plus proches de la rivière, de même que les moulins de la communauté. Il serait très nécessaire de purger le lit de la rivière en divers endroits et d'y faire des digues défensives pour la conservation desdites maisons et des fonds, ce qui exigerait un grand travail et dépense, ce qu'on ne pourra faire sans le secours du Gouvernement; tout comme pour purger les canaux d'arrosage, très nécessaires, qui ont été coupés ou restés en friche par les torrents, éboulements de terrain et écroulement de rochers, entre autres le canal qui sert pour la subsistance du village de Pallon ^"^^ et pour l'arrosage de leurs terres et prés, très difficile pour l'entretien, au moyen qu'il passe h travers des rochers, et étant soutenu par des chenaux d'environ 80 toises; le canal qui arrosait le mas de la Ptène^^^ a de même été coupé, le canal du mas de Bouline et celui de la Combasëe, de même que celui du mas des Audouls, qui servait pour arroser les terres et prés des particuliers des villages de la Pouad^ le canal qui arrosait les prés du mas du Corde; celui qui arrosait les terres et prés des particuliers des villages des Viollins et des Menaals , ayant de même été coopé par un écroulement de montagnes; encore le canal qui arrosait les prés des particuliers du hameau de DowmuHeiue au mas des BarviomM, un autre caiial qui anrosait les prés de Ptaguuher et le village des Enfloux, plus et enfin le canal qui arrosait les prés de Falavel^'^^; tous ces canaux seraient très nécessaires et de la plus grande utilité pour les fourrages, les pommes de terre et autres fruits , l'eau étant très naturelle dans le pays pour les arrosages. Il est encore à observer que le ruisseau qui descend de U Casse au village de Pallon , ayant entraîné du gravier et de grosses pierres , puisqu'il a englouti en partie la maison et moulin de Pierre Pellat , celles de Pierre et de Jean Arthaud, ainsi qu'il en résulte par le verbal qui a été fait à ce sujet par les officiers de la communauté, le à mai de Tannée 1785, adressé à M^ l'Intendant, sans que ces
^^ Montagne entre Freisûnièrcs et ^^^ La Plaine , le quartier le plus fer-
Cbanedli. tile de FreisaliRèrea.
(') Hameau de Freisnnîères , â fen- (*) I)«ih ce qtuirtwr emifteiit des
trée de la vallée, sur un plateau, où, mines d'argent, dont la possession fut
eo 169s, Gatittai établit on camp et oonfirmée le 18 mars 1169 (y. st.),
arrêta les troupes du duc de Savoie et par le pape Aleiandre III à TarcheTéque
de ses alliés, qui menaçaient le Briail- cTEmbrun (Forihbm, îïinL gémir, aeê
çottiMQB. Alpny t. 111, 1899, p. aiA).
pouvres habitants aient pu réparer cette perte, par faute du secours et pour n'avoir reçu aucun dégrèvement.
15. Le nombre du gros et menu bétail qui se nourrit dans le lieu, année commune, consiste au nombre d environ â5 mules ou juments de l'âge de a à 3 ans; encore la quantité d'environ 76 bourriques, la quantité de 80 paires de vaches ou environ, la quantité de 70 génisses ou veaux de 1 an, plus environ, la quantité de 1,9 00 brebis ou moutons, le tout de moyenne qualité, et on ne pourrait guère améliorer les espèces qu'en leur fournissant le sel qui leur sera nécessaire , ce qui est au-dessus de la faculté des pauvres particuliers, eu égard à la cherté du sel et au défaut du fourrage.
16. Il n'y a dans le lieu ni à portée aucuns artistes vétérinaires ni maréchaux experts qui jouissent d'une réputation acquise et justifiée par des succès.
1 7. Les habitants ne sont pas dans le cas de pouvoir faire aucun conmierce, ni d'avoir d'autres objets d'industrie que celui de faire fructifier leur terrain et leur nouriage.
18. La communauté est en usage de changer de consuls toutes les années, et à cause que les villages sont écartés, on en .met trois, et chaque consul fait la réception des impositions dans son quartier, de sorte que le régime municipal est'composé de trois consuls, le châtelain et le secrétaire.
19. Cette communauté n'a d'autres revenus que les fruits qu'elle perçoit sur les immeubles qu'elle cultive, ou le produit du peu de (( nouriage 79 qu'elle fait, même qu'ils ne sont pas suffisants pour l'entretien des familles, et n'a d'autre revenu que ce qui est porté à l'article 1 3 ; pour quant à l'amélioration , si la communauté avait du secours, elle pourrait faire un chemin à travers un rocher, qui sera beaucoup plus court pour aller à la montagne que celui qu'on pratique , étant éloignée presque de deux lieues , et les habitants à peine peuvent-ils faire un voyage par jour pour l'exportation du fourrage qu'ils y perçoivent, et encore les coulées de neige détruisent en plusieurs endroits, presque toutes les années, et si l'on pouvait construire un nouveau chemin, [elle] sera beaucoup plus susceptible d'amélioration.
20. Cette communauté paye pour charges locales la somme de 1,336 livres, qu'elle en demande l'imposition â M^ l'Intendant : pour l'abonnement de la dime due à M^ l'archevêque d'Embrun,
I^REISSINIÈRES-ËN-EMBRtlNAIS.
la somme de 85o livres; pour droits seigneuriaux, /loo livres;
{>our les gages du maître d'école, 60 livres; pour le luminaire de 'église, 9 0 livres; pour port de lettres, 6 llyres; les dépenses ordinaires de la communauté peuvent monter à 60 livres environ ^^l A l'égard des dettes de la communauté, nous n'en connaissons aucune d'intérieur.
21. Les comptes des collecteurs ont été rendus pi'esque tous, à l'exception de ceux des années 1788 et 178 A, qui n'étaient pas encore finis lorsque la communauté a été forcée de la part du procureur général, et qui sont encore entre les mains du Parlement, et sitôt qu'ils seront remis, les collecteurs sont disposés de les fixer; on observe encore qu'il y en a quatre autres qui ne sont pas finis de peu de chose, attendu que le rentier des moulins de la communauté n'a pas payé la somme de i5 livres, pour la rente desdits moulins, et que, s'ils peuvent retirer cette somme, ils seront très contents de faire finir leurs comptes, ainsi que les autres.
22. Les pauvres n'ont d'autre revenu dans l'endroit que la somme de 3o livres de la vingt-quatrième , qui leur est distribuée en argent toutes les années par le curé ^^K
23. Il n'y a dans la communauté aucune fondation pour les hôpitaux ni pour l'éducation publique.
24. Par la vingt-quatrième et dernière question , la communauté a l'honneur de vous observer que le cadastre-muancicr sur lequel on a cotisé jusqu'à aujourd'hui, qui a servi depuis 17^8 ^^' et qui, ayant passé par différentes mains dans ce long intervalle de temps, n'a pu être conservé, et qu'il est tout à fait hors d'usage, et qu'il est impossible, n'ayant que ce guide confus, de pouvoir faire les répartitions des impositions avec équité; par ces considérations, la communauté fit procéder, en 1777^^^^ sous l'agrément de M^ l'Intendant, à la réfection d'un nouveau , qui n'a pu être encore homologué, faute de secours ou par les dévastations qui sont survenues depuis aux terres des particuliers, ce qui exigerait la plus sérieuse
^') Ccâ indîoilions sont absolument confornios à VEuu dei charges locales , autorisé le 29 novembre 1788 et s^appllquant tant à 1789 qu^à 1790. En 1791, le total des char|;es est de 667 L 5, Tabonnement do ta dirne, les droits t»eigneuriaux dus au chapitre d*EiDbrun et le luminaire de Téglise ayant disparu. (G 107, f 3i.)
iLECnOS DE GAP.
t*^ J.-B. Arnoux, 1779-1794 (G VI, p. xv).
t"*^ Un cadastre dressé en 1669, par Tarponteur Astier, existe aux archives de Freissinières , in-^** de 995 feuillets ms. (Cf. Listfl dp8 anciens cadastres, 1 8 85, p. 5.)
t*) Fini en 1779, en 3 vol. in-folio maximo, de 368, asS et 99a feuillet (Liste citée, ibid,)»
Vérification. A l'égard des papiers et titres de la communauté, depuis quatre-vingts ans ou environ que la communauté a eu des archives, ils n'ont souffert aucune altération ^^^
Outre les représentations ci-dessus énoncées, les hameaux des VioUins, Mensals et DourmeUeusBy qui font partie de la susdite communauté , sont particulièrement sujets et exposés à des coulées de neige qui leur emportent leurs maisons par intervalles, le tout ou en partie, ainsi qu'il n*est que trop malheureusement prouvé par les verbaux à ce sujet, pendants par-devant la souveraine Cour, puisque depuis 1 778 ils ont eu le malheur de subir ce malheureux sort pendant trois différentes époques, dont il y a encore dix-huit maisons qui , par faute de secours , sont restées sous leurs décombres, et que plusieurs de ces misérables particuliers sont encore à charge de leurs voisins; ayant enfin subi tant de malheurs, nous osons prendre la liberté d'adresser nos vœux d'une voix commune à la vénérable [as] semblée de la Commission intermédiaire, espérant que ses dignes membres voudront bien accorder quelque soulagement aux plus malheureux, mais aux plus humbles de l'Etat, qui osent implorer leur miséricorde.
Nous, châtelain, consuls et officiers municipaux de la communauté de Freissinières , certifions les réponses faites ci-dessus aux questions y énoncées, véritables, audit Freissinières, ce 1* avril
Signé: GoumkHD^ châtelain, P. Ântaouârd, comul, Bertraud, consul, André Anthouard, ex-conml, F. Pbllbgrin, An-
THOUARD, J. BOYSSST, BoiSSET, BaRIDON, P. AnTHOUARD,
A. BoYSSET, F. BoissKT, J. Brbt, j, Godirand, secrétairecommis.
LA FREISSmODSE.
Arroiidissemeiit et canton de Gap, commune; 968 mètres d'altitude; à 9 kilomètres de Gap; superficie en hectares, 833; habitants, 3o3.
Réponses et observations que donnent les officiers de Notre-Dame et Saint-André-la-Freissinottse , ne faisant quune même
(') Sur la situation des archives de batkr du Corueil généraldet HauUi-Alpei , Freissinières en 1891, voir Pi-ocès-ver- août 189a, p. i85.
LA FREISSINOUSE. 195
communauté, aux différentes^ questions que MM. les ProcU' reurs généraux y syndics des Etats du Dauphinéy désirent avoir relativement à ladite communauté.
1 . L'étendue du territoire est d'une demi-lieue en longueur et d'une demi-lieue en largeur.
2. Il y a 60 habitants formant Aoo personnes de l'un et de l'autre sexe ^^\
3. Dans la communauté il n'y a aucun médecin, chirurgien, et lorsque le cas le requiert, on a recours à ceux de la ville de Gap, éloignée de cette communauté de deux petites lieues.
ti. Il n'y a aucune accoucheuse instruite; on recourt à celles de Gap.
5. Par intervalle, il y a des maladies épidéraiques, et on ne pratique point l'inoculation.
6. En terre glaise, couvertes en chaume, n'ayant aucune carrière d'ardoises, ni fabrique de tuiles à portée, et il en coûterait, pour se couvrir en tuiles, 6 livres par toise, et l'on continue de se bâtir de même.
7. La nature du sol est terre légère, vulgairement appelé grès, n'ayant pas de pré, attendu que le territoire est aride.
8. Le genre de récoltes est en blé méteil, peu de froment; les arbres fruitiers sont en petit nombre et n'y prospèrent pas, ayant beaucoup de noyers et dans quelque partie des amandiers.
9. Les terres rapportent , année commune, le trois pour un, ce qui ne suffit point pour la nourriture des habitants, lesquels achètent, le plus grand nombre, du blé, six mois l'année, et leur nourriture ordinaire est du pain et de la soupe.
10. Les grains sont tirés des marchés de Gap, Veynes et Saint- Bonnet.
11. Elles consistent seulement à quelque peu de grains transaux, huile et amandes que l'on vend communément à Gap, n'ayant aucune foire dans le lieu.
12. Il n'y a aucune forêt, ni bois appartenant à la communauté.
^*) Épan dans les hameaux ou lieux Richiers, Saint-André, la Celte ou la dits : Forost-de-Gay, les ^ons, les Selle.