‹ Recueil des réponses faites par les communautes de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des états du DauphineChapitre 76 sur 219 · Il n'y a nulle fondation pieuse, ni autrement · texte numérisé non relu

Il n'y a nulle fondation pieuse, ni autrement

23. Le cadastre et le coursier furent faits à l'époque de 1 7 Ao ^^\ ils sont en bon état. Les papiers et titres sont enfermés dans un coffre fermant h deux clefs : l'une au pouvoir du sieur châtelain et l'autre au pouvoir du consul; pour plus de sûreté, ce coffre est déposé chez le sieur Lombard ^^\

Après avoir satisfait avec toute l'exactitude possible à la lettre dont MM. de la Commission ont daigné nous honorer, nous les supplions de recevoir nos doléances particulières.

Les impôts annuels auxquels nous sommes tenus nous fatiguent

«') CVst-à-dire rédiffe le procèsverbal de rassemblée.

(*^ Dans VHtat de» charga locale»

(C 107, f hk)^ relies de La{;rand en 1789 ne sont pas indiquées. On pourra en juger d'après celles de 1790, Les voici î cierijc pascal, 6 livres; entretien de la maison curiale , 1 5 livres ; entretien de la maison commune , 1 5 livres ; entretien des fontaines, 60 livres; gages du maître d'école , 60 ; gages des gardesbois et fruits, xhh livres; frais du députe aux assises de la maîtrise, 6 livres. Total, 2/16 livres.

^^^ Le prieuré conventuel de Lagrand, fondé avant 1068, dépendait, d'abord,

du Saint-Sépulcre d'Aquapendentc(Ilalie), puis de Tabbayc de Gluny. 11 avait lui-même, sous sa dépendance, de nombreux prieurés, églises ou filleules. En 1789, le prieur était Casimir-Victor- Amédéo-Félicien du Fos de Méry, du diocèse de Beauvnis, nommé le âi mai 1788 (G II, p. 106), titulaire le 16 mars 179a (L 829*). Cf. Invent, de$ Arch, des Hautes- Alpes , t. VI , p. ex? ni.

(^) Par Alexandre Bonnard, de Sisteron; in-folio do ]/î8 feuillets.

(^' Sur la situation des archives de Lagrand en ^887, voir Procès-verbaax du Conseil général des Hautes-Alpes, août 1888, p. i5&-i55.

LAGRAND. 225

excessivement; c'est par nos sueurs, c'est par nos veiiics que nous arrivons au but de sustenter nos femmes, nos enfants et nous. La population est singulièrement diminuée depuis quelques années, car de 6 o chefs de famille que nous étions à l'époque du cadastre, nous sommes réduits à &3, preuve affreuse de notre pauvreté. Où devons-nous chercher les causes de cette extrême détresse? Nous pouvons en exposer une multitude. Les meilleures possessions du territoire sont celles qui environnent le village; ce sont les mêmes, les seules qui pourraient porter, sans faire gémir le propriétaire , la majeure partie de l'impôt que nous payons k l'État, et au contraire, ces possessions sont attachées au bénéfice, dont l'usufruitier [est] ledit seigneur spirituel et temporel de notre communauté , et par une fatalité contraire au droit politique, ces immenses possessions sont exemptes de tous les subsides, dont nous seuls portons les fardeaux. La nature ne nous s^-t-elle environnés de ce sol agréable que pour nous faire pleurer sur les fatigues qu'il nous procure?

Si du moins nous n'avions que ce mal à combattre , nous trouverions quelque consolation dans notre adversité; mais on nous lève un 1 3* de tous nos grains sous le titre de dtme ; on nous fait payer, pour chaque paire de bœufs ou bétes de labour, une émine de froment et une émine comble d'épeautre; une émine aussi de froment et d'épeautre à chaque chef d'habitation , et semble-t-on encore vouloir nous faire grâce d'autres droits sur nos récoltes. Le besoin nous force, à tout moment, de vendre nos immeubles; le sixième denier que l'on perçoit du prix pour lods, nous attire sensiblement, au seigneur ou à ses fermiers, la valeur totale de notre territoire. Nous payons tout cela sans savoir le prix de nos obligations, hélas ! nous sommes crédules, mais de bonne foi nous doutons que nos obligations aillent jusque-là.

L'entretien de deux passereUes sur les torrents de Blésanche et de Céans aggrave notre position; les dégâts journaliers 'que nos terres et récoltes éprouvent du passage des troupeaux étrangers , des ravins multipliés qui descendent dans notre vallon y mettent le comble : ce sont-là les justes représentations que nous faisons.

Nous, premier consul, avons donné acte delà délibération cidessus , et avons signé avec les délibérants lettrés , les autres n'ayant su enquis et requis.

Signé : F. Brun, œnsul, J. Roux, F. Hugubs, A. Hugues, P. Sambuil, Ë. VivBT, G. BnuN, J. Bbrtrand, J. Maigre, B. Pblloux, F. Barjavbl, J.-Joseph Roman, J. Michel, J. Is-

iuCTIOir Dl GAP. 1 5

■■tmiarau t«n*«tL«.

NABD, J. MiGML, GhàSTBL, F. IsNARD, C. GlAVBL, J. LoM BARD.

Vu au bureau d'Orpierre, par le s' Faure, commis.

Gollationné. Signé: Lombard, pour ie secrétaire-commis.

LARAGNK ET ARZELIERS.

Arrondissement de Gap, ohef-lieu du canton de Laragne, commune; &7 1 mètres d'altitude ; à 87 kilomètres de Gap ; superlîcie en Hectares , 1 ,fi 96 ; habitants, i,aia.

1. Le territoire de la communauté a environ une lieue , du nord au midi , et du levant au coucbant , trois quarts de lieue dans le centre, un quart dans la partie qui est au nord, et environ un huitième dans celle qui est au midi.

BUe est composée de deux paroisses, Saint-Marcellin et Saint- Martin. La paroisse de Saint^Marcellin est celle d'Arxeliers ^^'; elle a les hameaux suivants : leê Roussets^ oh est Téglise; ViUe^VieUlef où était l'ancien village d'Arxeliers , les Bouchom, les Volmres, l'Argent tUre, Passeigas, PredrVillard^ les Chevelliers, Cliamblanehe, t Estrade ^ la Casse f le Logis et les Truchets. La paroisse de Saint-Martin ^^^ est composée du seul hameau ou village de Laragne.

2. Il y a i58 habitants ou chefs de famille, savoir : 33 dans la paroisse de Saint-Marcellin et i35 dans la paroisse de Laragne, qui est Saint-Martin. Le total compose aux environs de 800 individus.

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