Aucune
23. Le dernier parcellaire a été fait en Tannée i738^*VIl est en très mauvais état et il y a beaucoup d'erreurs; les papiers et titres de la communauté sont de peu de conséquence, tous les anciens papiers ayant été brûlés ou enlevés Fan des ennemà^^^; ils sont à la sacristie de l'église dans un coffre à trois serrures ^^^; cha^ cun des consuls en a une et le secrétaire a l'autre.
Observations générales — Montgardin est situé h une distance de quatre lieues et demie d'Embrun et à trois lieues de Gap. Il est sur un coteau fort élevé. Les avenues sont très difficiles de part et d'autre. Ce n'est que rochers escarpés tout autour et exposés à
(') Les charges locales de Montgardin en 1789 ne sont pas connues. Le total de celles de 1 790 s*élève à la somme de de i83 livres (Ordonnance du 99 septembre 1789), savoir: cierge pascal, 6 livres; entretien de l'église, 1 s livres ; entretien de la maison commune, 10 livres; entretien des fontaines, 19 livres; gages du maître d'école, 62 livres; gages du garde champêtre, 3o livres; gages du sonneur, 6 livres; luminaire do l'église, 90 livres; entretien du four communal, 10 livres; ports de lettres, 6 livres, etc. En 1791, ce total est de 1,167 L i5 s. 7 d., dont 36 livres pour le greffier, 9&1 1. 10 s. pour la recette des contributions, 673 1. 5 s. 7 d. pour <r intérêts dus à M. Revigliaso, seigneur du lieu (C 107, r67).
^*) Joseph Masse, dès 1769, mort en
^^f Par Etienne Davin, notaire de Bréziers; in-folio de 986 feuillets.
t*) C'est-â-dire en 1 699 , époque de l'invasion du Haut-Dauphiné par l'armée du duc de Savoie et de ses alliés (voir Ad. de Rochas, La Campagne de i6ga dan$ le Haut-Dauphine. Grenoble, 1874, in-8° de 181 pages. Extrait du Bulletin de la Société de statistiqtu de riêère).
^^) Les archives anciennes de Mont-
Sardin ont été déposées aux Archives épartementales , à Gap, le 7 février 1888 et le 96 octobre 1893; elles y sont classées en hU articles. (Cf. sur la situation de ces archives en 1 889, les Proc^-iferbaux du ConeeH général des Hautei-Àlpes , août 1890, p. 179-173.)
906 ÉLECTION DE QAP.
tous les vents qui y font un dommage conûdërable, surtout aux couverts; quelquefois il les enlève en entier. Presque sans eau au gros de Tété et au gros de l'hiver surtout, faute de moyens pour y conduire une source assee suffisante pour l'utilité des habitants. Le manque d'eau est souvent la cause de la perte do leurs bestiaux.
La plaine de cette paroisse a le coup d'œil; il parait des plus beaux à cause des prairies qui y sont; mais les habitants sont obligés de convenir de leur misère et mettre sous vos yeux, Messieurs, ce quil ea est, Montgardin estuo pays qui est extrêmement chargé, tant pour les charges royales que pour les charges seigneuriales et mtéréts qu'il est obligé de payer annuellement, et pour acheter du blé pour sa nourriture, attendu qu'il ne perçoit pas dans ses fonds de quoi vivre la moitié de l'année. Il a été et est obligé de vendre ses possessions, guère ses champs, il ne trouve pas qui les achète; mais ses prés, non à des gens du lieu, mais à l'étranger. Gela se prouve par le désistement d'une partie des habitants, en sorte que presque tous les prés sont possédés par le seigneur ou par les étrangers, de même qu'une grande partie des autres fonas , et la meilleure , par le seigneur.
Ce manque de fourrage Ate l'engrais de ses terres. Sa misère se prouve encore par raliénation d'un bois, planté de hêtres ou fayards, qui est engagé au seigneur pour la somme de 3^5 livres, somme bien modique pour une communauté, et il n'est pas possible qu'elle puisse se la procurer pour le rachat de cette forêt.
On paye, dans le pays, la dtme en grains, à la cote i3% en sorte qu'il faut payer la dime des semences deux fois, En outre , les dîmiers désemencent la terre tous les treise ans. Ce village est extrêmement ouvert et exposé aux vents, de sorte qu'il n'y a presque pas d'années oii la grêle ne tombe dans le territoire ou a des quartiers. Les orages y sont fréquents.
Le terrain de ces village et hameaux est très ingrat. C'est une terre vague à demi^pied de profondeur et presque toute sur des rochers, et, à des quartiers, elle est forte; le dessous est amer et terre glaise et au moindre orage il se forme des ravins considérables , ce qui fait des dégâts terribles , emporte les terres en pente et nite^^^ une grande partie de la plaine. C'est un terrain sec, oh le manque de pluie l'espace de huit jours, la récolte périt totalement. Ces village et hameaux ont beaucoup de torrents qui y font un
(') Coavr» do tem, de limon.
MONTGARDIN. Î67
dommage très considérable. Le torrent de Saint- Pancrace, qui vient des montagnes de la Bâtie-Neuve et dérive dans le terroir dudit Montgardin , fait un dommage considérable. On pourrait le prévenir par des digues; les habitants sont hors d'état de faire telles dépenses sans secours. D'une vérification faite par ordre de M^ l'Intendant, l'année 1786, ce ruisseau avait emporté s 3 charges de semence taillable et ce qu'il a emporté du depuis. Celui de JouverUy, qui part des montagnes de Cborges et de ladite Bâtie, fait aussi beaucoup de dommage. Celui de Combe-Chabert, qui part des montagnes de Chorges, d'Ëspinasses et d'une partie du terrain de Montgardin , fait aussi un mal très considérable à ]a plaine, le tout faute de secours.
Les habitants de ce lieu prennent la liberté de faire ci-après un état, à MM. de la Commission intermédiaire, des impositions et charges que la communauté paye, pour qu'ils aient égard dans la distribution du dégrèvement et des ateliers de charité :
Taille 778 1. o s. 0 d.
Quartier d'hiver • .# , 553 5 o
Accessoires i38 10 o
Le seigneur du lieu 665 1 3 5
Droit de quittanae. ..> »., a 0 o
Gbami localei ou pour les prisons de la ville
d'Embron. . * t . . . 609 3 &
Droit de recette 7a 0 0
Vingtième 36i 18 o
Capîtation 33o 0 o
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Total S,4o5 1. 9 >• 9 d.
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Certifié par nous, officiers municipaux de ladite communauté de Montgardin , tout ce que dessus véritable.
Fait audit Montgardin , le 10 avril 1789.
Signé : J. Richard, consul, J. Gagmet, consul , E, Masbhi député.
M0NT6ARDIN.
DEUXIÈME MÉMOIRE
Réponse de la communauté des Montgardin aux différents renseignements que lui demandent MM. de la Commission intermé-diaire des Etats de la province.
1. L'étendue du terroir de cette communauté est d'environ demi-lieue du levant au couchant et de trois quarts de lieue du midi au septentrion.
Il n'y a qu'une seule paroisse (^). Le village est situé sur une hauteur en forme de pain de sucre, aux environs de laquelle et au sommet sont bâties les maisons, situation qui entraine beaucoup de dégradations aux bâtiments, lors des orages, qui y sont fréquents , et lors des grosses pluies.
Il y a en outre trois hameaux ^^^ distants du village où est l'église d'un quart de lieue.
2. Cette communauté est composée de 6o habitants ou chefs de famille, outre 6 fermiers de 6 différents domaines appartenant au seigneur ^^), ce qui fait en tout une population d'environ ùUo personnes.
3. Il n'y a sur les lieux ni médecins ni chirurgiens. Il y a deux chirurgiens à Chorges, distant d'une petite lieue, et , dans le cas de maladie grave, il faut aller chercher des secours à Gap, qui est la ville le plus à portée , à trois lieues de distance.
à. Il n'y a, ni sur les lieux ni aux environs, d'accoucheuse instruite.
5. Il y a eu très peu de maladies épidémiques dans la communauté. Jamais elle n'a eu connaissance ni fait usage de l'inoculation pour la petite vérole.
6. La misère des habitants est si grande que les maisons sont toutes bâties avec de la terre glaise au lieu de mortier à chaux et
W D*abord sous le vocable de saint ^*^ Voir, ci>dessus, la note i de la
Pelade, archevêque d'Embrun, et au- page a 63.
jourd'huî sous celui de TAssomption ^^) Joseph-Marie de Revillasc, au
de Notre-Dame. moins dès 1 776.
MONTGARDIN. 269
sable, et toutes couvertes en chaume. Il n^ a dans le territoire aucune carrière d ardoise ou de lause propre aux toits. La fabrique de tuiles, unique dans le canton est à la Bâtie-Neuve, à une demilieue de distance. Une toise de couvert coûterait environ 9 livres, n n'y a de mine de plâtre qu'à Avançon , à une demi-lieue de distance , où il faut l'aller chercher.