‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 106 sur 186 · NIÈVRE · texte numérisé non relu

NIÈVRE

Circonscription de CHATEAU -CHINON.

M. Léox B ON DOUX (Groupe socialiste.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.

(Voir ie programme du Parti socialiste S, F, I. p, 3.)

Mes chers Concitoyens,

Au terme d’une campagne électorale, pénible certes, mais par ailleurs réconfortante, je m’adresse à vous tous, qui ave/ été les témoins de ces nombreuses réunions électorales, où j'ai porté avec toute la sincérité et l’ardeur donL j’étais capable la parole socialiste, et à vous aussi qui, empêchés ou retenus pour des raisons diverses, n’avez pu assister à ces exposés.

Je l’ai dit et répété avec une sincérité totale : je ne désirais pas être candidat dans cette bataille électorale dont l’importance ne saurait vous échapper.

Mais depuis longtemps j’étais un militant du Parti socialiste. Il y a huit années, mes éludes médicales aussitôt terminées, je m’installais dans cette petile-ville de Château- Chi non, où tous les miens vivent encore, et en même temps je m’inscrivais au Parti socialiste et participais à la création d’un groupement qui, depuis, n’a cessé de prospérer. J’ai toujours estimé que ma tâche professionnelle devait avoir son prolongement sur le plan politique, et social. Pendant huit ans j'ai été médecin, je l’ai été passionnément, de tout mon être, sans connaître un jour de repos, je puis dire une heure de répit. Mais en même temps j’ai été avec non moins d’ardeur passionnée un militant socialiste : j’ai œuvré de toute mon activité, pour accroître dans notre région, la sphère d’influence et de rayonnement du socialisme. Je n avais au cœur quune ambition et qu un espoir : continuer l’exercice de mon dur et beau métier en même temps que l’œuvre militante en faveur de ce grand parti des travailleurs, auquel j’ai donné depuis longtemps une adhésion sincère, totale et définitive.

Mais si les hommes proposent souvent, en vérité les événements disposent. Il y a quelques semaines, a eu lieu à Château-Chinon, un congrès appelé à désigner le candidat de notre Parti socialiste, Nos camarades Henri Gamard et Emile Bramard, touL d’abord pressentis, déclinèrent l’un et l’autre, pour des raisons différentes et très élevées, la candidature qui leur fut offerte, avec un élan confiant et chaleureux. C’est alors qu’avec une spontanéité et une unanimité qui m’ont profondément touché, le choix de nos amis s’est porté sur moi. J’ai tout d’abord décliné, d’une façon formelle et catégorique, cette offre de

candidature qui, pour moi, plutôt qu’un honneur, représentait une lourde charge. Mais mes camarades d’idées ont insisté, ils ont trouvé des arguments susceptibles de modifier mon attitude instinctive et première, ils ont fait, pour moi, un devoir de T acceptation de cette candidature. Et c’est dans ces conditions que, militant discipliné du grand parti des travailleurs, je me suis laissé convaincre et ai accepté d'être le porte-drapeau du socialisme dans cette grande bataille politique qui, dans tout le pays, aura sa conclusion, vous le savez, le 26 avril et le 3 mai prochains.

La gravité de T heure :

,1’ai accepté d’être le candidat du Parti socialiste, mes chers concitoyens, parce que je considère que la situation est grave, que l’heure présente est à la fois lourde d’espoirs et d'inquiétudes, et que le programme de notre parti qui, jusqu’à ce jour, a été, pour toute une humanité qui peine, qui sou die et qui travaille, un beau rêve consolateur, deviendra demain (nous en avons non seulement l’espoir mais la conviction profonde) une bienfaisante et sûre réalité.

Le Parti socialiste qui, jusqu’à ce jour, a, en effet, ëLé écarté systématiquement de la gestion et de la direction des affaires du pays, sera convié par l’appel impérieux, des événements à prendre scs responsabilités et à gouverner. De ce fait, 11 y aura, certes, quelque chose de changé dans l' histoire du pays et dans le destin des masses laborieuses. G’ est dans des conditions âpres et difficiles que notre grand parti devra réaliser des solutions libératrices qu’il tient préparée* pour répondre aux graves problèmes que se posent avec angoisse les travailleurs, anxieux de leur avenir. Mais la difficulté de la tâche ne rebutera pas les hommes de cœur, de justice et de bonne volonté, elle ne fera que stimuler puissamment leur ardeur.

Crise économique, fascisme et guerre :

C’est sous le signe de la crise, de la lutte contre le fascisme et contre les dangers de guerre que la période actuelle est placée

Dans mes nombreuses réunions publiques et contradictoires, je me suis efforcé de traduire avec le maximum de clarté et de simplicité la nature de celte crise et les éléments qui la caractérisent' et la différencient des autres crises que l’humanité a déjà connues dune façon périodique environ tous les dix ans, durant l’histoire de ces cent dernières années.

Cette crise, qui atteint toutes les classes sociales intéressantes ds la nation, j’ai montré fim possibilité de la résoudre dans les cadres rigides du régime capitaliste où elle s’est produite. Deux phénomènes économiques et sociaux d’une importance essentielle la conditionnent en effet : d’abord, la disparition absolue, la fermeture totale de ses débouchés qui, autrefois, absorbaient l'excédent de notre production et qui, maintenant, ne fonctionnent plus, parce que les pays lointains de l’Afrique australe, de L Océanie et de l’Extrême-Orient qui, autrefois, nous étaient de fidèles clients, ont appris à construire les machines et créer les marchandises qui leur sont nécessaires, et le* produisent grâce aux bas salaires de leurs ouvriers nationaux à des prix qui défient Loule concurrence, ce qui leur permet dVn inonder nos marchés.

Le second élément générateur de la crise, ce sont les progrès du machinisme, conséquence des progrès de la science. Et alors que, dans une société de bonté et de justice, placée sous l’égide du socialisme triomphant, les progrès du machinisme augmenteraient le bien-être, le confort et îe bonheur des hommes, en allégeant leurs peines et en leur créant des loisirs, dans la société inique où nous sommes, ce perfectionnement de la technique, dans toutes les branches de l’activité humaine : commerce, agriculture, industrie, crée îe chômage et accule les travailleurs à la misère et au désespoir. Et ces chômeurs, qui sont plus de cinq cent mille officiellement inscrits, et leur nombre ne cesse d’augmenter, constituent des sous-consommateurs, ou des consommateurs inexistants et le pouvoir d’achat des masses laborieuses diminuant d’une façon considérable, il esd fatal que les produits de la terre connaissent la dépréciation et la mévente, que le commerce et les affaires périclitent

et que les budgets des différentes collectivités soient frappés de déficits de plus en plus considérables. C’est ainsi que dans le pays tout entier, se constitue le cycle infernal de la Crise dont Jes répercussions fâcheuses et redoutables frappent tous les travailleurs,

El cette crise que Ton qualifie communément et à tort de crise de surproduction esL en réalité, quand on l'étudie h îa lumière de l’analyse socialiste, une véritable crise de souscon somma Lion, Il n'y a pas trop de blés, de vins, de charbons, de chaussures, en un mot trop de tout dans le monde ; ii y a, en réalité, trop d’hommes qui n'ont pas l'argent nécessaire pour acheter tous ces produits qui leur seraient si utiles et qui restent inemployés et se perdent faute d'acheteurs. En guise de conclusion et de moralité à l'eLside de cette situation paradoxale et douloureuse, nous disons, nous autres socialistes, qu’un régime qui permet de telles iniquités, que certains hommes regorgent de richesses alors qu'à côté d eux d'autres hommes innombrables n'ont pas l'argent necessaire pour se procurer l'essentiel, est un outrage à la justice et à la raison humaine, auquel le socialisme devra porter remède. Mais, qu'ont donc fait les divers gouvernements qui se sont succédé dans ce pays, depuis que la crise y est apparue et où elle n’a pas cessé de s'aggraver ?

Ils sont partis de ce principe barbare et sauvage, qu'il fallait détruire l'excédent de la production d'un pays et d'un sol trop riches et trop généreux, ils ont limité la production : alors qu'en Amérique du Nord on détruisait des stocks considérables de blés invendus en les faisant brûler, et qu’en Amérique du Sud, on jetait à la mer des amas prodigieux de cafés qui ne trouvaient pas d'acheteurs, en France on réduisait aussi l'excédent de la récolte de vins, en le dénaturant et en le donnant en pâture aux machines. Dans Finduslrie, on a fermé des usines et l'on en aurait fermé bien d'autres dans les régions industrielles du Nord et du Pas-de-Calais, sans l'intervention énergique de la classe ouvrière, défendant l'instrument de travail qui lui assure ses moyens d'existence. Et dans un autre ordre d'idées on a pratiqué cette politique absurde de déflation qui s’est traduite par les trop fameux décrets-lois, et qui consistait, pour comprimer les dépenses de l’Etat, à diminuer non seulement les fonctionnaires, mais les victimes de la guerre, les pensionnés, les retraités, les petits rentiers.

Les décrets-lois aggravent la crise et le déficit :

Le résultat de cette politique vous le connaissez : ces décrets-lois, injustes, qui diminuaient les traitements des petits fonctionnaires, mais augmentaient par ailleurs les retraites déjà confortables pourtant des veuves de maréchaux et les salaires des officiers supérieurs, ont donné l’exemple au patronat : les ouvriers de l'industrie privée ont été diminués de façon beaucoup plus cruelle que les travailleurs de l'Etat; le pouvoir d'achat des masses laborieuses a diminué considérablement ; h agriculture, le commerce ont connu le marasme, la vie économique du pays s'est traînée de plus en plus exsangue et paralysée ; les impôts sont rentrés de plus en plus difficilement et le budget, que l’on pensait équilibrer par ces mesures imbéciles, a vu son déficit devenir de plus en plus grave et inquiétant, alors que la crise chaque jour devient plus redoutable et plus douloureuse pour tous les travailleurs.

C est dans ces conditions que le Parti socialiste pose sa candidature à la succession des formations gouvernementales qui, durant ces dernières années, ont manifesté leur impuissance et leur nocivité.

Le programme du Parti socialiste ;

Il a son programme de réalisation spécifique qui constitue autant de solutions à autant de problèmes que se posent avec angoisse les travailleurs du pays. Ce programme, j'en ai exposé 1 essentiel dans mes réunions électorales. Je n’y reviendrai pas ici. D’ailleurs, ce qui importe surtout, ce sont les réalisations immédiates que le Parti socialiste, qui demain est prêt à prendre ses responsabilités dans une formation gouvernementale, entend apporter. Ce programme de réalisation immédiate a été élaboré après une sérieuse étude par notre

parti, par les partis communiste et radical, par les mandataires des grandes formations syndicales et par les représentants des anciens combattants Tépublicains.

Sans le reprendre en son entier et dans tous ses détails, nous tenons à en indiquer ici les grandes lignes incluses dans le programme du rassemblement populaire :

Rénovation économique ;

Vaste plan d’outillage et de travaux publics, ce qui donnera des salaires aux travailleurs, des clients aux cultivateurs et aux commerçants.

Pour les travailleurs ;

Fonds national de chômage.

Contrats collectifs et congés payés*

Refonte complète du système des assurances sociales*

Application et respect du droit syndical pour tous.

Pour les paysans :

Création des offices du blé, du vin, de la viande, des engrais, seuls capables d’arracher le petit cultivateur aux grifFes de la spéculation.

Révision de la loi sur les fermages.

Assurances d'Etat contre les calamités et risques agricoles*

Pour les petits commerçants et artisans :

Propriété commerciale intégrale.

Révision des cessions de fonds et de baux*

Allègement d’ensemble des impositions et suppression des tracasseries fiscales*

Egalité devant I impôt par application aux grands magasins d’une patente propre à chaque rayon.

A l'intérieur, le Parti socialiste demande :

La dissolution immédiate et réelle des ligues*

La défense efficace des libertés démocratiques*

L’amnistie generale en matière politique.

L’abrogation des lois scélérates*

La défense énergique de la laïcité et de renseignement laïc*

La gratuité de renseignement à tous les degrés.

Réformes organiques :

Le Parti socialiste5 renouvellera ses efforts en faveur de la R. P* et du suffrage des femmes.

Il demandera la limitation des pouvoirs du Sénat en attendant sa suppression.

II réclamera le contrôle des ressources de la presse.

Enfin, la nationalisation de la Banque de France, des assurances, des établissements de crédit et des grandes industries monopolisées*

A l’extérieur ;

Lutte acharnée contre la guerre.

Application loyale et intégrale du pacte de la S. Df N.

Etude immédiate d’un plan de paix comportant le désarmement général, simultané et contrôlé*

Suppression de la fabrication et du commerce privés des armes.

Révision des traités qui s’avèrent dangereux pour la paix du monde*

Citoyens î

Voilà le programme à la réalisation duquel j’entends demain apporter mes soins et mon activité, si je suis élu député de mon arrondissement.

Dans cette tâche, j’apporterai te même zèle, le même dévouement et, je puis bien le dire, le même désintéressement que ceux que j’ai toujours manifestés dans mes activités antérieures,

Mu effet, depuis cinq ans déjà,, je suis conseiller général du canton de Château-Chinon, et à l’assemblée départementale, je crois être un de ceux qui sont intervenus le plus souvent pour soutenir les intérêts de leur région et défendre la cause des travailleurs qui leur ont confié leur mandat. Dans les questions les plus diverses : réfections des routes, améliorations et perfectionnements des moyens de transport, si défectueux dans notre région déshéritée ; recrutement des petits fonctionnaires départementaux; questions d’assistance et d’assurances sociales, j’ai à maintes reprises apporté mes vœux et mes suggestions.

Je suis également maire de la commune de ChaLeau-Chi non- Campagne* La prenucie fois que je fus candidat, j’at été élu de justesse avec quelques co-listiers. Mais aux élections municipales dernières, en mai 1935, c’est, ma liste tout entière qui a été élue au premier tour avec les trois quarts des suffrages dans cette commune hier encore réactionnaire, que nous avons conquise d'une façon définitive au socialisme, lit cela a été pour moi une précieuse récompense et un réel réconfort, de constater que ceux de mes concitoyens qui ont eu affaire à mes services m’ont témoigné leur satisfaction d'une façon aussi manifeste et aussi éclatante.

Eh bien, demain, mes chers concitoyens, je resterai ce que toujours j’étais, un serviteur passionné de notre Morvan, de tout mon cœur attaché et dévoué à la cause de ses habitants dont je saurai, demain, soutenir les intérêts, parce que, durant de longues années, j ai partagé leur existence fraternelle et laborieuse.

Léon BON DOUX

Maire de ChUea u- Chi no n-Campagne.

Conseiller général de la Nièvre.

Circonscription de GLAMECY.

M. Raoul NAUDIN

Elu pour la fois le 3 mai 1936,

Citoyens,

Les élections législatives auront cette année un caractère de particulière gravité.

Chacun le sait et contrairement à ce qu’annonçaient les ennemis de La République, la campagne électorale s’est faite dans un calme impressionnant, qui montre que tous les citoyens savent que de leur détermination dépendra l’avenir de la France et celui du régime.

La crise économique, qui secoue le monde entier, n’a malheureusement pas épargné notre pays.

Une évolution dans l’ordre est necessaire.

Une réorganisation profonde dans tous les domaines s'impose, si Ton veut voir l'agriculture, le commerce, l’industrie reprendre leur équilibre et leur assort.

Mais chaque citoyen sait également que rien d'utile ne pourra être accompli en dehors de la certitude de la paix extérieure basée sur la sécurité collective, qui seule permettra de ne point recourir h un armement intensif, qui aurait pour résuïtaL des dépenses très lourdes pour l’Etat, et de Tordre intérieur.

Aussi répudions- nous toutes les menées fascistes ou révolutionnaires.

Nous demandons que la rue soit libre et ne serve point de lieu de combat.

Ennemis de la guerre, qui n'engendre que la haine et la misère, nous le sommes encore plus de la guerre civile, que certains groupements factieux ont tenté de déclencher pour renverser la République.

Agriculteurs, commerçants, industriels, voulez-vous que les affaires reprennent ?

Travailleurs, souhaitez- vous moins de misère ?

Et vous les jeunes, un avenir moins sombre ?

Alors votez pour le programme radical-socialiste qui pose comme grands principes :

La sauvegarde du franc par un budget sain et en équilibre mais non pas comme celui que laissa Tardieu en 1932 avec un déficit de 15 milliards.

La revalorisation des produits du sol, nécessaire à la reprise économique générale,

La diminution des impôts de consommation et de transport, qui permettra la baisse des produits manufacturés, une vie moins chère.

La défense de l’artisanat, dont dépend la prospérité de nos communes,

La protection des classes moyennes*

Le droit au travail pour la jeunesse^

Le contrôle des banques et des industries de guerre.

La défense des libertés démocratiques et la m se sur un pied d’égalité de tous les citoyens en ce qui concerne les allocations familiales.

La protection des travailleurs,

La défense des institutions laïques et sociales.

Citoyens,

Une bataille est engagée pour la République, il vous appartient de vous unir élroitement afin d’assurer la victoire de la liberté, de la rénovation économique et de la paix contre les puissances d'argent dont 1a droite est 1 instrument.

En me donnant vos sulfrages vous défendez vos enfants, la libre disposition de vos biens et la suppression de la méthode des décrets-lois.

Vive l'arrondissement de Clamecy républicain !

Raoul NAUDLN

Maire de Corbigoy.

Candidat radical-socialiste.

Circonscription de COSNE,

M, Arsène- Célestin FIÉ (Groupe socialiste)

Élu pour la lle fois le 11 mai 1924 — Réélu les 29 avril 1928) 8 mai 1932 et 3 mai 1936,

(Voir le programme du Parti socialiste S. F, T. O., p. 3.)

Cher citoyen,

Dans son congrès du 19 janvier 1936, la Fédération socialiste (S, F* L 0,) de la Nièvre m'a désigné pour être une fois de plus candidat aux élections législatives, le26avril pro* chain, dans la circonscription de Cosne*

Si le Parti, auquel j’ai rhonnetir d'appartenir, m’a maintenu unanimement la confiance dont j’ai conscience d être toujours resté digne, il m'appartenait, avant mon acceptation définitive, de m’assurer que je pourrais remplir mou mandat sans défaillance,

La faculté consultée m'a donné son autorisation sans aucune réserve.

Les sollicitations venues de tous les rangs du parti républicain et de tous les coins de la circonscription ont levé mes dernières hésitations.

Malgré le désir de jouir d’une certaine quiétude personnelle et d’un commencement de repos, il m’a paru indispensable de répondre à l’appel des militants et de consacrer encore mes forces revivifiées et mon dévouement à la cause chère aux socialistes et à tous les démocrates.

Cher citoyen,

J accepte donc la candidature, mais plus décidé que jamais à nettoyer les avenues du pouvoir et à instaurer un véritable régime de liberté, d’égalité et de fraternité.

Est-il utile de me présenter plus amplement?

Je ne le crois pas.

Depuis près de trente années, j’ai été mandaté sans interruption aux affaires publiques, communales, départementales et nationales.

Vous me connaissez tous.

Mes actes passés conditionnent mon attitude dans l’avenir.

J’ai l’honneur de vous adresser, avec l’expression de mes sentiments dévoués, l'assurance que ie travail, la liberté et la paix trouveront toujours en moi un défenseur dévoué,

II faut choisir entre :

Fascisme ou démocratie,

Réaction ou progrès social,

Guerre ou paix.

Les réformes et mesures suivantes s’imposent. Tout représentant du peuple, vraiment digne du nom de républicain, doit, au cours de la prochaine législature, en hâter et en faciliter la réalisation dans l’intérêt du progrès social et en vue du maintien de la paix entre les nations.

Dans Tordre politique, nous demandons ;

1° L'organisation de la Fédération européenne.

Le désarmement simultané et contrôlé,

La nationalisation de la fabrication et du commerce des armes,

La révision de la Constitution,

La limitation des pouvoirs du Sénat.

La représentation proportionnelle régionale, avec l'élection d’un député par 200,000 habitants.

LTextension des pouvoirs des assemblées départementales et communales,

30 L'abrogation des lois scélérates.

Le désarmement et l’effective dissolution des ligues paramilitaires,

4° L'équité fiscale et, par suite :

L'aménagement de la dette publique,

La compression administrative,

La suppression des 140 impôts ou taxes par :

— un impôt sur le revenu global,

— un impôt progressif sur le capital des successions et donations,

— une taxe unique à la production,

5° L’abrogation des iniques décrets-lois.

La révision sur les retraites,

6* La nationalisation des monopoles de fait.

Le contrôle des ressources de la presse.

7* La défense de la laïcité.

L’école gratuite à tous Les degrés par voie de sélection nement.

Dans Tordre économique et social :

1° La solution équitable des revendications ouvrières de la G, G. T*

La refonte de la loi de 1898 sur les accidents du travail.

La retraite des vieux travailleurs exclus des assurances sociales.

La création d'un office autonome des assurances,

2° La création d’offices publics des blés, des engrais, des vins et de la viande.

L'action énergique de T Etat en faveur des moyennes et petites exploitations et, par suite :

La révision de la loi sur les fermages,

Le moratoire des dettes,

L’assurance nationalisée contre les calamités agricoles.

3° La défense des droits des anciens combattants.

La création de la Caisse des pensions.

4° La protection du travailleur, du petit commerçant et de T artisan contre la spéculation et, par suite ;

La révision des cessions de fonds,

La révision des baux,

La propriété commerciale intégrale.

5° L’extension de l'électricité rurale et des adductions d'eau potable,

6° Lutte contre les fléaux sociaux et la vie chère.

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