ARDÈCHE
Circonscription de LARGENTIÈRE.
M. Alphonse TIi IB ON (Groupe de la Fédération républicaine de France*)
Elu pour la lie fois le 3 mai 1936*
Mes chers Concitoyens,
Des paysans, en nombre, m'ont dit : « Soyez notre député* » Par ailleurs, le congrès de rUnion nationale républicaine, composé d’élus et de militants de toutes les tendances modérées de la région, a acclamé ma candidature, le 2 février dernier, à Largeniière*
Je sollicite donc vos libres suffrages*
Je veux servir ;
La République, dont je suis, depuis toujours et avec une conviction profonde ie tenant avoué* Qu'elle cesse enfin cette équivoque douloureuse qui ne permet pas à un homme de convictions religieuses vécues d'être, s'il lui plaît, partisan déclaré du régime démocratique* La République, qui ne saurait être l'apanage ni d’un homme ni d'un parti, doit être adaptée aux besoins modernes par une sérieuse réforme de l'Etat, Réforme qui implique la restauration du principe d'autorité, une vraie séparation des pouvoirs, un Conseil économique judicieusement composé pour éclairer et aider le législateur*
La liberté : liberté de penser, de réunion, liberté de conscience, le respect des forces morales, l’ordre dans la paix civique*
La justice sociale, par une politique de dignité humaine et de droit à la vie par le travail.
Père de dix enfants, je veux servir la famille, particulièrement la famille nombreuse*
Ancien combattant d’infanterie, blessé de guerre, cité, je veux servir la paix, bien supprême, par une ardente volonté de paix, et en s'appuyant sur notre force et l'union de tous les Français*
Mes chers Compatriotes,
Elu par vous, mon rôle essentiel, au Parlement, sera de défendre la terre et le paysan.
L'agriculture est dans la détresse. Les travailleurs des champs sont dans la misère* La jeunesse fuit les sillons où l’on ne gagne plus sa vie malgré un labeur acharné. Vingt millions de paysans n ont plus la possibilité de dépenser^ ce qui est la cause principale du
marasme industriel et commercial, La prospérité de l'agriculture fait la prospérité générale. Sa misère fait la misère de tous. Notre commerce local en particulier , qui vit à peu près exclusivement du concours des cultivateurs, est atteint profondément. On ne peut mieux Y aider quen rendant à sa clientèle paysanne une capacité normale d'achat.
Les temps sont difficiles, la crise est générale. Mais si la Chambre avait compté seulement cent députés, de vrais paysans, compétents, conscients et dévoués, bien des erreurs et bien des sottises eussent été évitées.
Agriculteurs de la circonscription de Larg entière,
Votre représentant au Parlement doit être un paysan authentique. Je suis à votre disposition pour vous servir. Je l'ai fait déjà, toute ma vie, qui est pour vous un témoignage et un garant* Je l’aï fait avec dévouement, avec énergie, avec un désintéressement total, avec la passion de vous être utile.
Les problèmes agricoles sont nombreux et complexes* J'apporterai toute mon activité à les éludier pour leur donner une solution conforme à vos intérêts qui se confondent, je le répète, avec l'intérêt général.
Il nous faut notamment :
La revalorisation des produits du soL
La protection du marché intérieur*
Une organisation de l'exportation qui ne soit pas entravée par des accords commerciaux où l'agriculture n'est même pas consultée.
Un équilibre de la production, de l'offre et de la demande, favorisé par des lois moins compliquées, moins vexatoires.
En un mot : nous devons pouvoir vivre honnêtement du fruit de noire travail, sans léser les voisins, sans créer de stupides haines de classe, stériles et néfastes.
Paysans, vous pouvez compter sur moi*
Vivaroisî Enfants de votre pays, fier de lui, je veillerai sur ses besoins, ses intérêts matériels, son intérêt touristique en particulier*
Electeurs î partisans de l'ordre, de la paix sociale, de la liberté, d'un cœur et d'une âme unanimes, sur mon nom, vous affirmerez votre sentiment*
Mes amis, je compte sur vousl
Vive la circonscription de Largentière !
Vive la République !
Vive la France!
Alphonse TJÏIRÛN
Cultivateur à Chandolaa.
Membre de la Chambre d'agriculture de l’Ardèche* Président de la Fédération des caves coopérative!? de PArdéche* Vke^présïdenl de la Fédération des syndicats de défense viticole de l’Ardèche.
Ancien combattant*
Conseil 1er d'arrondissement de Joyeuse*
Candidat républicain,
désigné par le Congrès de l’Union nationale et républicaine*
lr' circonscription de PRIVAS*
M. Gaston RI QU
(Groupe républicain radical et radicat-socialiate.) Elu pour la 1** fois le 3 mai 1936,
Mes chers concitoyens,
Désigné à l’unanimité par le Congrès de Privas le 9 février 1936, comme le candidat du Parti républicain radical et radical-socialiste — grosse infanterie de ligne de la République — je me présente à vos libres suffrages — uniquement désireux, à cette heure si grave, de vous servir.
Les améliorations en Ardèche :
Inutile de vous énumérer les améliorations de tous ordres qui s’imposent dans notre Ardèche, Vous les connaissez comme, moi. Trop des vôtres pour vous faire le boniment habituel.
En vrai fils du peuple,
en passionné vivarois ,
je me borne à vous déclarer que j ai 1 ambition, élu, de rendre notre petite patrie, si souvent traitée en parent pauvre, l’une des mieux gréées de France ; et, par l'agriculture de qualité et le tourisme, Tune des plus riches du monde.
Les Ardéchois — les Privadois en particulier — en ont assez d'être dindonnés !
Les grandes réformes :
Quant aux grandes réformes à Tordre du jour, chacun le sait, et maints chefs de divers groupes en ont dû faire Faveu — elles ont été conçues par notre Parti.
(Car, pour conquérir les suffrages du peuple, tous les partis, même ceux de révolution, lui parlent radical).
Revalorisation systématique des produits de la terre, protection des classes moyennes, caisse des pensions, amélioration des assurances sociales, humanisation des décrets -lois, pou reh as impitoyable des écumeurs de l'épargne, etc.
De toutes ces réformes fiscales, militaires, sociales, administratives — et aussi, de structure générale — je suis, et serai le défenseur.
Je lutterai de toutes mes forces pour remédier à l'inégalité de l'impôt et le proportionner aux forces réelles des contribuables.
I ils du peuple, je lutterai pour que vive la jeunesse ■ je demanderai avec énergie la gratuité de l’instruction à tous les degrés ; car à un moment où se pose avec acuité la question de ia qualité des cadres, il faut que la sélection s'opère sur la plus large base, et que tous les Français qui le méritent puissent accéder aux leviers de commande, sans distinction de fortune* Et que cessent tant de cumuls scandaleux ï
Mais je suis pour les actes, non pour les paroles.
Jusqu’ici on a beaucoup promis ; et, quand on a tenu, c'est bien maigrement.
Pourquoi ?
Certes, parce qu'il nV a pas toujours, au Parlement, toute ïa compétence et le dévouement requis.
Mais, pour une autre raison encore, capitale.
C’est que, faute d’avoir organisé l’Europe, selon les promesses solennelles qu’on nous avait faites, au front, de 1914 à 1918, la sécurité demeure instable ; et la plus grosse part des ressources du budget doit aller aux dépenses de guerre.
C'est une loi générale : sans sécurité, intérieure ou extérieure (guerre civile, guerre étrangère), pas de vrai bien-être. Or, le devoir fondamental du chef est d assurer et l’une et l’autre.
Ce sera l'honneur de ma vie d’avoir imposé à l'attention des esprits en Europe l’idée de rilnion européenne,
J*ai prouvé dans deux de mes livres ;
Europe ma patrie^
S’unir on mourir ,
que l’Europe est vouée très prochainement à la ruine, et à la vassalité si elle persiste dans son morcellement hargneux, ^ *
Je constate que les meilleurs hommes d'Europe se sont ralliés à cette doctrine ; et que notre Parti en a fait l'article essentiel de son programme.
Mon effort capital sera de hâter l'heure, voulue de tous les démocrates, où, grâce à la création de l’Union européenne, une nouvelle guerre en Europe sera devenue impossible.
De ce fait, immédiatement, les proportions de nos budgets seront inversées. C'est aux œuvres de vie qu'ira le plus substantiel de nos ressources. Et la banqueroute sera chassée de devant nos portes.
Bref votre candidat estime, qu'en ce moment,
Une cause est la préface de tout,
est la préparation et la condition de tout :
c’est la cause de la paix.
Cette cause est la vôtre.
Pour vous, pour tout le peuple, guerre est synonyme de misère, douleur, mort.
Pour vous, pour tout le peuple, il faut que la promesse faite à nos morts héroïques soit tenue : en finir a jamais avec la guerre en Europe, en attendant de la bannir de toute la planète,
A cette cause est lié le destin de la démocratie.
Je m'y suis voué corps et âme. C'est la seule cause aujourd’hui, selon moi, pour laquelle il vaille la peine de vivre et de mourir.
J’ajoute que, élu, je me considérerai. comme le représentant de la circonscription tout entière ; je défendrai les intérêts de tous ; j’accueillerai favorablement et étudierai toute demande ; je ferai n’importe quoi pour alléger « la peine des hommes ».
Vive la lre circonscription de Privas 1
En avant ! derrière le drapeau de notre grand parti, fondateur et mainteneur de la République, u le parti de la stabilité nationale et de l'ordre républicain » !
Gaston RI O U
Président de la Fédération radicale-somlislB de PArdèche.
Vice-président du Parti,
Ancien combattant.
Officier cie la Légion d’honneur.
2fl circonscription de PRIVAS,
M. Edouard FROMENT (Groupe socialiste,)
Elu pour )a première fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S+ F, I. 0,ÿ p. 3),
Citoyens,
Le Parti socialiste vous appelle à voter pour son candidat.
Il le fait avec fierté et confiance.
Tous les événements d’ordre politique, financier, économique, à l'intérieur, comme toute révolution de Ja politique extérieure, ont justifié d’une façon éclatante ses critiques, ses appréhensions, son programme et sa doctrine.
La situation générale n’a pas cessé de s’aggraver au cours des quatre années de cette législature de chaos et d’impuissance.
Les mesures de déllation ont donné les résultats dénoncés par nous à l’avance : crise économique plus aiguë et plus profonde, difficultés budgétaires rendues plus redoutables par l’ accroissement du déficit et de la dette, misère généralisée.
Rien n’a été fait :
Pour résorber le chômage, pour redonner de l’activité à l'industrie et au commerce, pour faciliter aux cultivateurs l’écoulement de leurs produits à un prix rémunérateur.
L’imprévoyance des uns, les défaillances des autres et les complicités de certains sont allées jusqu’à créer un péril fasciste, pour la honte de notre démocratie.
Il a fallu les répliques spontanées et grandioses des masses populaires pour rétablir une situation compromise par les audaces et les violences des ëmeuliers du 6 février 1934*
Mais ce péril peut renaître ;
11 renaîtra si une politique hardie, vigoureuse et féconde ne vient pas aussitôt consolider la victoire électorale certaine des forces démocratiques.
Le sort de la législature de demain et peut-être aussi celui de la République ellemême, se régleront dans les quelques premiers mois qui suivront la rentrée de la nouvelle Chambre.
C’est pourquoi il faut voter socialiste :
li faut que le groupe socialiste au Parlement ait assez de force et d’autorité pour prendre l’initiative et la direction des combats nécessaires et des actes décisifs.
11 faut voter socialiste :
Pour que les ligues fascistes soient dissoutes et que la République ne soit plus continuellement mise eu péril par des groupes factieux.
Il faut voter socialiste :
Pour que le crédit de l'Etat ne soit plus sous la dictature de la haute finance, et quela Banque de France devienne la banque de la Nation,
Il faut voter socialiste :
Pour que, sa joutant à une réforme fiscale qui frappera les classes riches à proportion de leurs avoirs, les monopoles de faiL des principales sources de richesses soient restitués à la Nation française. Ainsi seulement, l'Etat républicain trouvera les moyens de financer de grandes entreprises qui permettront de redonner du travail aux chômeurs, de faire reculer la crise, de jeter les fondements d’une économie nouvelle, où le principe condamné de la production pour le prolit capitaliste cédera le pas au principe de la production basée sur P accroissement du bien-être et de la liberté de f ensemble des travailleurs,
U faut voter socialiste ;
Pour que l'agriculture sorte du marasme actuel et que soient réalisés :
Les offices publics des céréales et du vin et celui des engrais chimiques ;
Le moratoire des dettes et la démocratisation du crédit agricole ;
La révision de la loi sur les fermages ;
Un statut du métayage ;
L'assurance contre les risques agricoles comprise dans le service public des assurances nationalisées.
Il faut voter socialiste :
Pour que la France républicaine prenne la tête du mouvement universel en faveur de la Paix eu réclamant :
L'application loyale du pacte de la S, EL N, ;
Une politique étrangère exclusivement fondée sur le développement de la Société des Nations et sur le caractère indivisible de la paix, sur le retour à Genève de tous les peuples qui en sont partis et notamment de l’Allemagne ;
La suppression de la fabrication et du commerce privés des armes, par voie de convention internationale, et., en tout état de cause, en ce qui concerne la France, par voie de nationalisation ;
Une initiative du Gouvernement français pour reprendre les travaux de la conférence de limitation des armements, d'abord, et le désarmement progressif, simultané et contrôlé ensuite,
. * Sfc
Toutes ces mesures que nous énonçons seulement ici sonL développées par notre candidat, le citoyen, Edouard Froment, député sortant, dans les réunions publiques qu'il donne partout, aussi bien dans les grandes cites que dans les moindres hameaux.
Songez, citoyens, qu’a travers la misère, la souffrance 'et les menaces de guerre, le monde cherche les voies de son salut.
Le capitalisme est partout incapable d'assurer l'ordre véritable et la paix.
U arrête le travail ; il précipite dans le chômage des millions d'êtres humains ; il ferme les portes de la vie à une jeunesse désespérée qui ne sait que faire de l'intelligence et des bras de ses W ans ; il procède à des destructions de richesses, alors que d'innombrables producteurs sont privés du nécessaire ; il devient un obstacle au progrès et à la science.
Il est sans solution, sans remède, sans programme, sans doctrine devant le désordre et les ruines qu’il a engendrés.
Voter socialiste est, aujourd’hui plus encore qu’en aucune autre période précédente, un devoir national et un devoir humain.
Il faut en finir avec l'oligarchie d’une poignée d’individus qui rançonnent la nation, la trahissent au besoin, oppriment et asservissent la masse des citoyens,
Contre ia guerre, contre le chômage,
Pour une France rendue libre et prospère par l'affranchissement du travail et l' organisât! on de la production en harmonie avec la science et les besoins d’un Etat moderne.