III. — Revendications économiques
L — Restauration de la capacité d’achat supprimée ou réduite par la crise :
Contre le chômage et îa crise industrielle :
Institution d’un fonds national de chômage*
Réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire.
Appel des jeunes au travail par rétablissement, d’un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs.
Exécution rapide d'un plan de grands travaux d’utilité populaire citadine et rurale en associant à l 'effort de l’Etat et des collectivités l’effort de l'épargne locale.
Contre la crise agricole et commerciale :
Revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chère, de manière à réduire l’écart entre les prix de gros et les prix de détail.
Pour supprimer fa dîme prélevée par la spéculation sur les producteurs et les consommateurs : création d’un office national interprofessionnel des céréales.
Soutien aux coopératives agricoles, livraison des engrais au prix de revient par les Offices nationaux deTazote et des potasses, contrôle et tarification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à terme
Suspension des saisies et amenagement des dettes.
Mise au point de la révision des billets de fonds de fonds de commerce.
En attendant l’abolition complète et aussi rapide que possible de toutes les injustices que les décrets-lois comportent, suppression immédiate des mesures frappant les catégories les plus touchées dans leurs conditions d’existence par ces décrets.
IL — Contre Je pillage de Fëpargne, Pour une meilleure organisation du crédit ;
Réglementation de la profession de banquier.
Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes.
Réglementation nouvelle des pouvoirs des administrateurs des sociétés anonymes.
Interdiction aux fonctionnaires retraités ou en disponibilité d’appartenir aux conseils d’administration des sociétés anonymes.
Pour soustraire le crédit et l’épargne à la domination de l’oligarchie économique, faire de la Banque de France, aujourd’hui banque privée, la Banque de la France.
Suppression du Conseil des régents.
Elargissement des pouvoirs du gouverneur, sous le contrôle permanent d’un consei composé de représentants du pouvoir législatif, de représentants du pouvoir exécutif et de représentants des grandes forces organisées du travail et de Inactivité industrielle, commerciale et agricole.
1 ran s formation du capital en obligations, des mesures étant prises pour garantir les intérêts des petits porteurs.
I1L — Assainissement financier :
Révision des marchés de guerre en liaison avec la nationalisation des industries de guerre.
Répression du gaspillage dans Je s administrations civiles et militaires.
Institution de la Caisse des pensions de guerre.
Réforme démocratique du système des impôts, comportant une détente fiscale en vue delà reprise économique, et création de ressources par des mesures atteignant les grosses fortunes (progression rapide de la majoration du taux de l’impôt général sur les revenus supérieurs a /5.0G0 francs; réorganisation de I1 impôt successoral; taxation des profits des monopoles de fait, en é%dtant toute répercussion sur les prix de consommation) J * .
Suppression de la fraude sur les valeurs mobilières, par Ja mise en vigueur de la carte d identité fiscale votée par les Chambres, en l’accompagnant d’une amnistie Fiscale. h
Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion par les mesures les plus séveres allant jusqu à la confiscation des biens dissimulés à l'étranger ou de leur contrevaleur en France.
Virgile BAREL,
45 circonscription de NICE.
Mi Jn^HEMNESSY (^Appartient] à aucun groupe.)
El uf pour la première fois le 24 'avril 1910. — Réélu les 26 avril 1 914, K> no\ emüre 1919, 11 niai 1924, 22 avril 1928 et 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens;
Sollicité. pür de nombreuses^personnalités de volracircooscriptioa de. poser ma candidature à r élection du 26 avril, j'ai accepté.
J’ai .accepté ;sans hésitation p^aree, que j’ai considéré comme un devoir d etre, parmi atous, le porte-drapeau de tous, les -sincères républicains contre le député sortant, aujourd hui champion non dissimulé du bolchevisme et du drapeau rouge, qui* depuis quatre ans, a totale meut négligé, les intérêts de 3a région, aussi bien ceux de la Cote que de la Montagne et, aussitôt nommé, a renié-. le, pro.granunet politique qui avait assuré son élection*
Ma candidature se présente donc [à vous.avec un double caractère : caractère politique, caractère économique et local.
Au .poini.de vue politique, profondément pacifiste, je suis adversaire des alliances, des traités dangereux et des pactes qui, n’étant pas acceptés par tous bien qu’ouverts, risquent d'entraîner la France dans une guerre plus terrible que celle de 1914, dont le temps na pas effacé les traces douloureuses.
Je fus un partisan acLif de la création de la Société des ^Nations. Délégué-adjoint de la France lors de, sa .constitution. Ambassadeur de France.. en puisse* j avais placé en elle de magnifiques espoirs, mais je déplore de la voir faussée dans son esprit et ses principes, de constater que ses. rouages se compliquent à l'infini, qu’elle n échappe pas à des pressions non dissimulées de ceux qui veulent asservir le droit international a leurs fins particulières.
De. nouveaux, conflits européens ne peuvent être évités par urt retour à la politique du début de.ee siècle. Ils pourront l’être seulement par lu création cl une union intime entie les peuples qui occupent le continent européen et qpj devraient, quelle que. soit leur diversité
de langue et d’origine, s’uair.entre eux, par un lien fédérai continental
Au point .de vus, financier, je veux que. le budget soit étudié avec soin, avec sincérité voté en temps, voulu.* sans précipitation! comme, il est .fait trop souvent, équilibré par des rentrées annuelles et. non par: des emprunts qui provoquent , un déficit chaque jour plus considérable, précurseur de la faillite, ,
Au point de vue social, j estime qu’il doit être enfin donné à la classe; qui travaille et q^ii souffre les réformes promises depuis si longtemps. Certes, des lois ont étér faites dans ces dernières années, dont le principe est excellent, mais qu'il importe de perfectionner. La loi sur lés. ^assura nues sociales est de ce nombre.
L'agriculture traverse une crise sans précédent.
L’agriculteur, auquel on n’a cessé de prodiguer des promesses qui ne furent pas tenues, fournit chaque jour un labeur d’autant plus pénible que sa rémunération en est toujours incertaine.
J ‘ai été, sous trois Gouvernements, Ministre de l’Agriculture, c’est vous dire que je suis plus qualifié que quiconque pour défendre les interets de ceux qui vivent de la vente des produits du sol.
Cultivant moi -même, sans les affermer, les terres que je possède, je connais toutes les conditions des. emploi ta lions agricoles, l’aide que la science peut apporter au* « paysans » celle que fa. coopération peut leur donner et les circonstances où l”État doit, intervenir pour aider les communes et les cultivateurs à supporter de trop lourdes dépenses.
Pour beaucoup d’entre vous, le travail acharné ne suffit pas.
Le montagnard abandonne le lieu de sa naissance parce que son sol n’est pas suffisamment féconde par la distribution de l’eau qui manque en été à.ses terres comme à sa maison et que les routes et chemins ne sont pas assez nombreux pour accéder aux fieux cultivés.
Avec la désertion du village, les familles disparaissent; bien plus que tout autre fléau la dénatalité menace In France
Il faut que la famille nombreuse ne soit pas onéreuse à celui qui la Tonde ; il a été proposé par de nombreux électeurs de la région, lors de nos réunions, que pour les familles non fortunées', le troisième enfant et les suivants fussent placés à la charge complète . de l’Etat. J’ai accepté d’enthousiasme cette généreuse proposition dont la . signification nationale n’échappera à aucun de vous.
Député, j’aurais toujours voté contre les atteintes portées aux droits imprescriptibles des anciens combattants, proclamés par Clemenceau au cours 'd’heures sanglantes, et j’aurais défendu les revendications des victimes de la guerre. La Nation a une dette d’honneur à l’égard de ceux quî ont défendu la liberté de la France, elle n’a pas le droit de la renier
Les retraités, eux aussi, ont des droits, surtout ceux dont la retraite assure . à peine les moyens d’existence. La plupart sont d’un âge qui leur rend le travail impossible. Ils ont économisé pendant leur carrière de quoi se constituer un capital. Aucune atteinte ne doit être portée à ce capital.
Le commerce français doit être protégé, et contre les impositions fiscales qui pèsent trop lourdement sur lui, et contre la concurrence étrangère.
Différentes lois ont été discutées et votées pendant la dernière législature sur les locaux commerciaux, sur la révision des prix de vente des fonds de commerce et sur les magasins à prix uniques. Ces lois n ont donné que partiellement satisfaction aux intéressés. La Chambre de demain se doit de les reviser et de les améliorer, afin que le commerce .qui, comme l'agriculture, a été profondément atteint par la crise, retrouve enfin son ancienne prospérité.
Les traités de commerce sont le plus souvent conclus dW.façon défavorable pour notre pays. Le Gouvernement se doit de veiller à ce que cette méthode de travail change et la Chambre a le devoir de faire pression sur les Ministres responsables pour que celte situation soit modifiée.
Les fonctionnaires ont des droits. Us sont la cheville ouvrière de l’Administration qui assure ] existence du. pays. Ils font .partie de la grande famille nationale et je les défendrai chaque fois que l’on voudra porter atteinte à leurs intérêts légitimes. Améliorer le sort des plus modestes d’entre eux, être équitable à l’égard de tous, sera aussi une de mes préoccupations.
Partisan de la démocratie, je considère qu’elle ne peut vivre qu’avec ses libertés péniblement acquises : liberté d’association, liberté de presse, liberté de confession et de religion.
J’ai maintes fois, au cours ide ces dernières années, exposé des idées-forces,. indispensables a la transformation de notre Constitution. Je les reprends devant, vous:
« Le Président de la République doit être élu par les Corps désignés, et non plus par les seuls membres ries Assemblées nationales.
Conseil d Etat amélioré doit codifier tant les décrets-lois que les lois et. les rendre compréhensifs — un grand nombre ne le sont pas - el rédiger les lois nouvelles à soumettre aux Assemblées.
« Deux Assemblées doivent avoir le pouvoir représentatif et législatif: Tune politique,
la seconde professionnelle, élue par les syndicats ouvriers, agricoles, commerciaux, palro
naux eÊ tous autres. # . . . , .
« Le peuple doit demeurer souverain et avoir le droit d’évoquer devant lui les lom vo ées
par les Assemblées, de se prononcer pour ou contre elles, à la major, té des suffrages, et de
trancher un conflit entre l'Exécutif et le Représentatif.
« CJuanl les traités engagent l’avenir du pays, il doit avoir le droit de se faire entendre. C’est vous dire que je suis partisan du « référendum », tel qu’il est pratique dans la démocratique Suisse, le plus parfait de tous les Etats démocratiques.
tr La vie régionale doit être développée. * T
« Nul fonctionnaire n’aura le droit de cumuler des places et des traitements ; nu
citoyen n’aura le droit d'exercer plus d’un mandat électit ,
Président du Collège de sciences sociales, j’ai souvent professé que les genéialioiis se pressant les unes les autres, que les hommes jeunes aspirant à un avenir meilleur et mieux
réglé, souhaitent ardemment la réforme de l’Etat. . , , ,
Je suis partisan du vote des femmes, mesure essentiellement démocratique et dont les bons effets ne manqueraient pas, au point de vue social, de se faire sentir à brel delai
Nettement adversaire de tout ce qui ressemble de près ou de loin a une dictature
j’aurais, contrairement à votre député actuel, qui les a acceptés à plusieurs reprises vote contre les décrets lois qui n’ont produit aucun résultat sérieux, ont porte brusquement atteinte à des contrats publics et privés, à des droits acquis, et en frappant duremen . humbles, ont révolté à juste titre nombre de citoyens. , , T
Une question me tient à cœur tout particulièrement, celle du chômage. Je pense q est du premier devoir de l’Etat de veiller à ce qu’il y ait du travail pour tout le monde.
Je ferai tous mes efforts pour que le chômage s’atténue eL que ceux qui n ont pas (le
travail puissent vivre dans la dignité. . .
D’autres questions, qui ne peuvent êLre examinées dans le cadre restreint d une pr e sien de foi que je veux courte, retiendront mon attention quand je serai votre élu. Je les étudierai en toute indépendance, elles fixeront ma conduite qui sera conforme aux interets
Uim^piest bnf toutefois, doit être traitée tout spécialement, parce qu’elle est vitale pour
notre circonscription : celle do tourisme. rtAt
L’industrie touristique, si cruellement frappée par la crise, intéresse a la fois la cote la montagne. Ni les hôteliers, ni les commerçants du littoral ne font plus leurs affaires.
Les intérêts de leurs emprunts, contractés souvent à des taux usuraires, en rame n es exploitations à la ruine et la faillite. Tout doit être mis en œuvre, dans des conditions exceptionnelles, pour les sauver, meme par des mesures exceptionnelles.
Les intérêts de tous les cantons de la 4e circonscription sont solidaires . plus la cote est prospère, mieux la montagne peut vendre ses produits. Ces intérêts auront, en moi, un
ardent défenseur. , .
J’étudierai avec vous les moyens qu’il convient de prendre pour assurer dans de
meilleures conditions la vente de vos produits de qualité, notamment celle de vos huiles dont les débouchés devraient être accrus tant en France qu’à 1 étranger par une pu J ici c intense et bien organisée.
Il faut faciliter l’entrée des touristes en France, exiger lors de la signature des tiailcs de commerce que des sommes suffisantes soient mises à la disposition dos touristes étrangers
pour venir profiter de notre climat et de nos sites, ,
Le tourisme est devenu une industrie et doit être traité comme telle. Vous vendez, ie puis dire, à la côte comme sur la montagne, du soleil et de la beauté.
L’Etat, par une contribution personnelle, doit donner à la publicité touns îque emojci de faire connaître au loin les beautés de notre région. Les étrangers le font avec un sensible profit.
Les tarifs des chemins de fer et. les commodités de transport qui engagent les touristes à venir admirer nos contrées doivent être perfectionnés.
Il nous faut ici, comme dans toute la France, la vraie République: celle de Tordre-
Avec vous, je veux assurer le calme à ceux qui viennent sur notre Côte d’Àzur et ne pas les effrayer par des manifestations où le drapeau rouge elle chant de T « Internationale » jouent un rôle néfaste : celui d’écarter de chez nous ceux qui y apportent la prospérité : le Front populaire a fait fuir de nombreux étrangers, cela doit cesser.
Avec vous je dis : Vive la Démocratie !
Vive la République l
Vive la France î
Jean HENNESSY
Ambassadeur de France. — Ancien Ministre, Candidat républicain.