II. — Défense de la paix
1° Appel à la collaboration du peuple et notamment des masses laborieuses pour le maintien et l’organisation de la paix ;
2° Collaboration internationale, dans le cadre de la Société des Nations pour la sécurité collective ;
3° Effort incessant pour passer de la paix armée à la paix désarmée, d’abord par une convention de limitation, puis par la réduction générale, simultanée et contrôlée des armements ;
4° Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes ;
5° Répudiation de la diplomatie secrète, action internationale et négociations publiques pour ramener à Genève les Etats qui s’en sont écartés, sans porter atteinte aux principes constitutifs de la Société des Nations, sécurité collective et paix indivisible ;
6° Assouplissement de la procédure orévue par le Pacte de la Société des Nations, pour l’ajustement pacifique des traités dangereux pour la paix du monde;
7° Extension, notamment à l'Europe orientale et centrale, du système des pactes ouverts à tous.
Revendications économiques.
I. — Restauration de la capacité d’achat supprimée ou réduite par la crise :
Contre le chômage et la crise industrielle :
Institution d’un fonds national de chômage ;
Réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire;
Appel des jeunes au travail par l’établissement d’un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs;
Exécution rapide d’un plan de grands travaux d’utilité populaire, citadine et rurale en associant à l’efTort de l’Etat et des collectivités l’efïort de l’épargne locale.
Contre la crise agricole et commerciale :
Revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chère de manière à réduire l’écart entre les prix de gros et les prix de detail ;
• Pour supprimer la dîme prélevée par la spéculation sur les producteurs et les consommateurs : création d’un office national interprofessionnel des céréales ;
Soutien aux coopératives agricoles, livraison des engrais au prix de revient par les offices nationaux de l’azote et de> potasses, contrôle et tarification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à ferme ;
Suspension des saisies et aménagement des dettes;
Mise au point de la révision des billets de fonds de commerce ;
En attendant l’abolition complète et aussi rapide que possible de toutes les injustices
que les décrets lois comportent, suppression immédiate des mesures frappant les catégories les pins touchées dans leurs conditions d’existence par ces décrets*
IL — Contre le pillage de l’épargne ;
Pour une meilleure organisation du crédit : »
Réglementation de la profession de banquier;
Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes;
Réglementation nouvelle des pouvoirs des administrateurs des sociétés anonymes ;
Interdiction aux fonctionnaires retraités ou en disponibilité d’appartenir aux conseils d’administration des sociétés anonymes ;
Pour soustraire le crédit et J’épargne a la domination de ï 'oligarchie économique, faire de la Banque de France, aujourd'hui banque privée, la Banque de la France;
Suppression du Conseil des régents ;
Elargissement des pouvoirs du gouverneur, sous le contrôle permanent d’un conseil composé de représentants du pouvoir législatif, de représentants du pouvoir exécutif et de représentants des grandes forces organisées du travail et de l’activité industrielle, commerciale et agricole ;
Transformation du capital en obligations, des mesures étant prises pour garantir les intérêts des petits porteurs.
HT, — Assainissement financier :
Révision des marchés de guerre en liaison avec îa nationalisation des industries de guerre ;
Répression du gaspillage dans les administrations civiles et militaires;
Institution de la caisse des pensions de guerre;
Réforme démocratique du système des impôts comportant une détente fiscale en vue de la reprise économique, et création de ressources par des mesures atteignant les grosses fortunes (progression rapide de la majoration du taux de l’impôt général sur les revenus, réorganisation de l’impôt successoral, taxation des profits des monopoles de fait, en évitant toute répercussion sur les prix de consommation);
Suppression de la fraude sur les valeurs mobilières, par la mise en vigueur de la carte d identité fiscale, votée par les Chambres, en l’accompagnant d'une amnistie fiscale ;
Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion par les mesures les plus sévères allant jusqu’à îa confiscation des biens dissimulés à^ l’étranger ou de leur contre^ valeur en France,
Raoul ÀUBàUD
Ancien combattant.
Croix de guerre.
Conseiller général du Coudray-Saînt-Germer,
Député sortant.
Circonscription de CLERMONT
M. Armand DUPUIS
(Groupe républicain radical et radical-socialiste*)
Elu pour la Irc fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers Concitoyens,
Je suis à nouveau chargé par la Fédération radicale-socialiste de la circonscription de Clermont de venir solliciter le renouvellement du mandat que vous m’avez confié en 1932,
L'unanimité qui s’est manifestée parmi mes amis politiques vous est un sur garant que je continuerai à vous représenter avec courage et dignité.
Dans un temps où le désarroi s’est emparé « des hommes et des choses », il leur est apparu que l’activité que j’ai déployée, que les initiatives que j ai prises, que I attitude que j’ai observée justifiaient leur confiance et m’autorisaient à solliciler la vôtre en leur nom,
La France et la République sont à la fois menacées par I hitlérisme, il faut préserver la première pour sauvegarder la seconde.
La paix que les républicains français appellent de leurs vœux les plus chers doit être assurée dans la dignité et dans l'honneur. La sécurité collective, qui en est, à mon sens, la meilleure garantie, doit être établie et défendue par la Société des Nations dont 1 autorité ne devra cesser de grandir pour le bien des peuples. La sécurité nationale doit, être assurée comme le meilleur moyen de préserver notre indépendance et d’apporter au reste du monde notre contribution à V organisation de la paix.
La démocratie française ne saurait abandonner la politique traditionnelle de la h rance
sans déchoir.
Le patriotisme ne doit pas être l’exaltation du nationalisme, mais la fermeté vigilante de tout le peuple à sauvegarder son indépendance et ses liber Lés.
Il importe donc de persévérer dans la voie que nous avons suivie depuis 1919 et de rester à la tête des nations qui veulent se liguer contre la guerre.
Ces préoccupations dans l’ordre de la politique extérieure doivent conduire tous les Français que la passion partisane n’aveugle pas à rechercher en toute bonne foi les méthodes les plus aptes à assurer dans le travail eL la probité, la paix intérieure. C est dans ce but que le Rassemblement populaire a élaboré un progrmme qui permettra de transposer sur le plan gouvernemental, l'action décisive des masses républicaines, pour le pain, la paix et la liberté.
Ainsi verrons-nous s’établir, enfin, la République que notre cœur d ancien combattant appelle de toutes ses forces depuis que dans les charniers de la dernière guerre, dans les scandales des aénées passées, sont apparues toutes les turpitudes d une société en décadence,
La moralité ne s’établit pas par la violence, elle s’affirme dans la fermeté et dans la fraternité, Mais tes sentiments les plus nobles ne peuvent qne s’émousser quand la société est incapable d’assurer la dignité de la vie des uns et des autres.
Le salariat p’est pas la forme définitive du statut des travailleurs, dont IVJranchissement ne viendra que de la collaboration directe aux entreprises.
L'insuffisance des prix, qui cause la misère de 1 agriculteur, du commerçant et de 1 in dustrieï, doit immédiatement être remplacée par la revalorisation des fruits du travail; qui
permettra, avec la hausse des salaires d’équilibrer les dépenses cl les recettes de l'Etat J a machine économique rété arretée par la déflation, qui a causé tant d’injustices, tant de ruines, tant d’ardentes revendications. Elle doit cesser sans délai.
Ainsi pourront être supprimés tous ces décrets-lois de misère et de ihainê, contre lesquels j’ai toujours voté*
Ainsi pourra être assuré aux rentiers et aux retraités le maintien de la valeur de leurs économies qui disparaissent dans le chaos que créent la finance et les trusts.
Ii importe au premier chef que l’Etat républicain prenne la direction de notre grand établissement de crédit, et que l’on en fusse la Ban [ue de la France. Il faut que les grands trusts, qui asservissent le paysan et l’ouvrier, le commerçant et l’artisan disparaissent pour faire place à une organisation où chacun trouvera la juste rémunération de son labeur. La loi de 1 o lire et de la demande faussée par la puissance des trusts et de la finance ne permet plus actuellement l'organisation d’une activité économique normale. Les problèmes éconoiniques commandent tous les grands problèmes politiques,
La guerre économique entre les individus d’une même nation ne peut que favoriser la guerre civile*
C'est pourquoi il faut permettre à chacun une vie normale et ne pas supporter l’excès des richesses détenues par une minorité d’individus qui accablent les travailleurs de leurs exigences el de leur tyrannie.
C’est pour maintenir leurs privilèges que les féodaux du xx* siècle trompent l’opinion publique et organisent des factions.
Les ligues armées ne doivent plus être tolérées. Leur dissolution votée par le Parlement doit devenir effective dans la réalité des faits.
Le coude à coude des républicains permettra la réalisation des aspirations de la jeunesse et garantira U sécurité à la vieillesse.
Halte à la misère ! tel doit être le mot d’ordre de notre République.
Halte aux factieux ! tel doit être également celui de la Démocratie.
Demain comme hier, avec votre concours je continuerai è servir mon pays, la République et la paix. r . 1
Vive la circonscription de Clermont !
, Armand DUPUIS
Maire de Noînteï.
Conseiller général de POise,
Carte du combattant 23*789.
Député sortant.
Can d t da î rad i cal -soc îa l i $ te»
Circonscription de COMPÏÈGNE.
M, André MELLENNE
(Groupe républicain' radical et radical-socialiste,)
Elu pour la 1™ fois le 3 novembre 1935. — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers Concitoyens,
Elu, ïe 3 novembre dernier, député de la circonscription de Compïègne, comme candidat d’union des gauches et de défense dos anciens combattants, je me représente devant vous avec le programme que je m'étais tracé et que vous avez fait triompher.
J'ai conscience d'avoir rempli mon nouveau mandat avec le plus grand désintéressement, dans l'amour du devoir, et dans le culte de la paix et de la démocratie.
J'ai toujours considéré que la politique de M. Laval était néfaste pour la France et pour la République, et c’est pourquoi, lors des interpellations sur la politique financière, économique et extérieure du G ouvertement, et au moment des débats sur les ligues factieuses, je n'ai pas voulu lui accorder ma confiance. Adversaire résolu du fascisme, j'ai voté les projets de loi sur les groupes de combat et les milices privées.
Je n’ai pas cru devoir repousser le budget de 1936, mais je l'ai fait, pour assurer la vie du pays et celle du régime, et sous les plus expresses réserves, exprimées à J a tribune de la Chambre par mon ami Jammy Schmidt, au nom do groupe radical et radicalsocialiste,
J Tai accueilli avec joie l'arrivée au pouvoir de M, Albert Sarraut, qui n'a cessé, depuis, de défendre énergiquement les liherlés républicaines, et a su regrouper, autour de la France isolée \ une bonne pari le des Etats européens, et tenir, à M. Hitler, à la suite de la violation du pacte rhénan de Locarno, le langage d'un véritable homme d'Etat.
J’ai voté la ratification de fi accord franco-soviétique (qui est un pacte, véritablement défensif, dans lequel peuvent rentrer tous les Etats), et j'aî toujours été favorable aux propositions de loi favorisant l'agriculture, le commerce et l'industrie, et à celles améliorant le sort des travailleurs.
Telle a été mon attitude, à la Chambre. Elle a été aussi loyale, dans mes rapports avec les électeurs de la circonscription, que j'ai reçus avec la plus grande cordialité, sans distinction d'idées et de croyances, et pour lesquels je suis heureux d’avoir pu intervenir utilement.
Vous connaissez la situation critique de notre pays. Il est absolument nécessaire de prendre des mesures énergiques et de grouper, pour cette action, toutes les forces démocratiques, seules capables de réaliser le programme que je vous soumets, et qui peut se résumer ainsi : « Paix à l'intérieur, paix à l'extérieur, paix dans le travail, la liberté et la justice. »
Je tiens à vous faire connaître ce programme, et à vous en donner, ci-après, les principaux points ;
Dissolution et désarmement des ligues fascistes, et défense vigilante ^des libertés civiques ;
Vote du budget, dans les délais Légaux, avec discussion de tous les articles ;
Réalisation de la justice fiscale ;
Détente fiscale appropriée ;
Répression de la fraude fiscale, par tous moyens efficaces, tels que la carte d'identité ;
Non ratification des décrets-lois ayant un caractère antidémocratique, et, en particulier, de ceux frappant les petits rentiers, les petits fonctionnaire, les petits retraités et les anciens combattants, ou portant atteinte à l'autonomie des communes et des départements, et aux traitements des employés desdites collectivités.
Humanisation permettant un minimum vital ;
Diminution des gros traitements, fixation d'un plafond pour les grosses retraites, et suppression des emplois inutiles ;
Réforme de la Banque de France, modifiant La composition et Le mode de recrutement du Conseil de régence qui, sous le nom de Conseil supérieur de crédit, et sous la direction du Gou vernement, comprendrait des délégués de toutes les forces vives de la Nation ;
Protection de plus en pins efficace de T épargne ;
Contrôle des banques par l’Etat et par le Conseil supérieur du crédit ;
Réforme des finances locales ;
Renforcement de l'autorité de la Société des Nations, eL application du pacte à l'égard des Etats qui violent les accords ou fonL des guerres offensives ;
Paix totale et indivisible garantie par la sécurité collective dans le cadre de la Société des Nations ;
Conclusion d'engagements d'assistance ou de garantie;
Interdiction de la fabrication et du commerce privés des armes et des munitions de guerre.
Remèdes urgents à apporter à la crise économique :
Revalorisation des produits agricoles, et diminution des prix de revient ; priorité de ces produits sur le marché national ; suppression de l'admission temporaire ; développement de la polyculture et de la consommation intérieure; réorganisation de la production; collaboration des Pouvoirs publics et des organisations professionnelles pour la confection des lois agricoles et pour leur application, ainsi que pour les négociations économiques avec l'étranger; mesures en faveur des petits paysans ;
Fixation du prix des betteraves, suivant le cours moyen du sucre de Tannée; répartition du contingent betteravier, suivant l’importance de la culture;
Prêts à faible intérêt aux cultivateurs, aux artisans, aux commerçants et aux industriels, et obtention de délais pour le payement des impôts comme pour celui des autres dettes;
Ententes nationales et internationales pour équilibrer les forces productives avec Le pouvoir d absorption des marchés, sous le contrôle de FEtat et du Grand Conseil économique, ainsi que de la Société des Nations;
Lutte contre le chômage ;
Indemnités de chômage (moitié en argent, moitié en nature), à la charge exclusive de l'Etat, et sous le contrôle de commissions cantonales;
Protection de la main-d'œuvre française, avec droit de priorité pour les anciens combattants, et élimination progressive des étrangers;
Octroi de retraites aux vieux ouvriers ;
Exécution de grands, de moyens et de petits travaux, sans oublier les campagnes, pour permettre l'emploi de tous les ouvriers et de tous les artisans, et en particulier de la jeunesse ;
Prolongation, jusqu'à J 4 ans, de l'âge scolaire ;
Création d'écoles professionnelles et de cours d'apprenLIssage ;
Amélioration des conditions du travail et d'existence de tous les ouvriers ;
Aide, protection et assis tau ce aux faibles et aux déshérités ;
Maintien et perfectionnement de toutes les lois sociales ;
Infaillibilité des lois laïques, avec application en Alsace-Lorraine;
Egalité de tous les enfants devant l'instruction ;
Accords, avec la République soviétique, pour le payement des dettes russes d'avantguerre ;
Interdiction, pour tous les parlementaires, de faire partie de conseils d'administration de sociétés financières et économiques ;
Payement, par jetons de présence, de l’indemnité des députés et des sénateurs;
Défense des revendications matérielles des anciens combattants, et création de la Caisse des pensions, avec suppression des prélèvements Doumergue et Laval.
Je prends, mes chers Concitoyens, l’engagement formel, si vous m’envoyez de nouveau au Parlement, de défendre ce programme et de consacrer (oute mon activité au Service de la paix, de la France et de la démocratie.
J ai confiance en votre jugement, et vous assure de mon plus entier dévouement.
Vive la République!
Vive la circonscription de Compïègne!
André M.ELLENNE
Licencie en Droit.
Médaillé milhaire et croix de guerre.
Maire de Venelle.
Député sortant.
Candidat des républicains, radicaux et radicaux-socialistes et de défense des anciens combattants.
4re circonscription de SENLIS.
M. Jeaw VASSAL (Groupe socialiste,)
Elu pour la I» fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936.
{Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)
Citoyens et amis,
Les membres de l’Union des sections de la lre circonscription de Senlis m’ont unanimement demandé de porter, une fois encore, dans la bataille politique qui se déroule, e drapeau de la République de justice, de fraternité, d’humanité et de paix. C’esL pour ïïioi un devoir. J'ai accepte.
C eût été une lâcheté, d’ailleurs, que de déserter la lutte à l’heure où la République est Siant emeot menacée par la réaction fasciste, et que la paix est en danger. I,a masse
populaire des républicains et des travailleurs s’est levée pour la défense du droit, de la liberté et de la paix. Il n'appartenait pas à un militant, quel que fût son âge et son besoin de repos, de se retirer de cette bataille qui sera décisive. C'est pourquoi je reste sur la brèche.
En effet, de la bataille qui se livre va dépendre le sort de la démocratie de ce pays, et le sort de la classe ouvrière en particulier. Ou bien les « Gauches » comme j’en ai la ferme conviction seront victorieuses et une ère de prospérité et de paix s’ensuivra, ou bien le hideux fascisme générateur de plus de misèje encore, et de guerre, abattra sa griffe sur le beau pays de France I Aucun républicain^ aucun travailleur ne doit F oublier.
Pour les républicains, c’est un devoir de conscience que d'abattre le fascisme. Pour les travailleurs, cc serait une lâcheté d’oublier que le grand capitalisme les a conduits au chômage et à la misère. C’est donc pour la liberté, pour le pain et pour la paix, que tous d o i v en t ■ com ba tire.
Citoyens et amis, vous me connaissez. Vivant au milieu de vous, ma perte vous est largement ouverte à toute heure du jour. Depuis plus de trente ans, je lutte à vos côtés pour la République. J’ai conscience d'avoir défendu avec ténacité les intérêts généraux du pays et les intérêts particuliers qui m’ont été soumis. Les républicains de cette circonscription savent que j'ai toujours été à la pointe du combat pour une vraie démocratie. Les travailleurs se sont rendu compte, je l'espère, que j’ai toujours fait F impossible pour les défendre contre le chômage el la misère.
Les anciens combattants, les victimes de la guerre et du travail, les fonctionnaires, les retraités, les vieillards, ne sauraient oublier que lourdement frappés par les décrets-lois, notre Parti a été et restera toujours leur ardent défenseur. Les commerçants, les agriculteurs, les industriels, les artisans, les transporteurs routiers connaissent les luttes que nous menons contre les oligarchies financières qui les ruinent.
La cause des ouvriers agricoles est pour nous sacrée. Nous sommes partisans de la revalorisation des produits de la terre, pour que chacun puisse trouver une juste rémunération de son travail, et que les salaires des ouvriers de la terre soient en rapport avec le travail long et pénible qu’ils fournissent.
Fous voulons, par des mesures appropriées, protéger 1 ouvrier français contre l’excès de la main-d’œuvre étrangère. C’est pourquoi notre Parti a déposé un projet de loi pour limiter l’emploi de la main-d’œuvre étrangère dans les exploitations agricoles.
L'heure est venue de parler net. Nous voulons :
La Paix du monde par le désarmement simultané et contrôlé des peuples, et, en tout premier lieu, par la nationalisation de la fabrication désarmés de guerre;
La Paix intérieure, par la dissolution des ligues fascistes, par la liberté de chaque citoyen, pari le travail et le pain pour tous.
Nos adversaires politiques vont lout essajer pour reconquérir le pouvoir, abattre la République et instaurer le fascisme. Ils vont mentir, calomnier, injurier, dépenser beaucoup d’argent pour acheter les consciences, menacer les personnes de représailles. II appartient à vous, républicains et travailleurs, d’être clairvoyants pour déjouer toutes ces manœuvres.
En 1928 et en 1932, vous m’avez élu par plus de 7.000 voix, affirmant ainsi votre volonté de voir notre belle circonscription rester à l'avant* garde de la démocratie sans aucune compromission avec la réaction.
Au moment où dans la France entière l'élan est donné et où tous les espoirs tendent à une victoire certaine des « Gauches »>, j'ai la ferme conviction que vous ne vous déjugerez pas, que, fermement unis, vous irez au scrutin pour la République de démocratie et de paix.
Notre Parti ne combat pas les hommes dont la personnalité nous importe peu et dont la vie privée ne nous regarde pas. Mais il dénoncera avec force le mensonge sous lequel il?
essayeront de dresser la confusion ou la peur, et il arrachera le masque dont pourront se couvrir les faux républicains.
Aux ouvriers de toutes catégories, aux artisans, aux paysans, aux transporteurs routiers, aux industriels, aux commerçants, aux fonctionnaires, aux anciens combattants et victimes de la guerre, aux vieillards, aux petits rentiers, h tous ceux qui puisent dans le travail le droit à la vie, nous demandons de réfléchir et de dire s’ils veulent conserver pour demain un état de choses qui les a conduits à une détresse qui frise le désespoir, ou bien sils veulent changer les méthodes et s'acheminer hardiment vers des solutions qui les conduiront à un avenir meilleur.
Aux sincères républicains, nous demandons shls veulent sauver la République.
Cest une campagne électorale calme, honnête, propre, que nous entendons mener.
J’attends avec confiance votre verdict.
Vive la République de liberté, de travail, de pain et de paix I
: > -'v ''Ht 'X :
Vive la lre circonscription de Sentis !
Jean VASSAL Député sortant.
Conseiller général, — Maire de Crèpy-en-Valûis, Ancien combattant. — Blessé do guerre.
2* circonscription de SENLIS.
M. Jean BLONDI (Groupe socialiste.)
Élu pour la lre fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)
Citoyens,
Je suis socialiste. J’adhère pleinement, sans réserve, sans restriction, au programme du parti socialiste (S, F. L O,) auquel j’appartiens.
La Fédération socialiste de l’Oise m’a désigné à lW-niraité pour représenter le parti dans îa 2e circonscription de Senlîs.
J’ai accepté ce mandat avec joie et confiance, car je connais vos indéfectibles sentiments, qui ont toujours porté notre circonscription à l’avant-garde du parti républicain de
boise. i ^
Vous aussi, vous me connaissez et vous savez que je resterai inébranlablement fidèle mon programme et au mandat que je recevrai de vous.
A l’heure où les faux républicains livrent à la République le dangereux assaut, vous avez besoin d'un représentant sûr et énergique.
Lisez ma profession de foi. Vous y trouverez le programme le plus hardi, le plus complet, le plus loyal que Ton puisse établir à l'heure actuelle, mais vous n y trouverez ni les surenchères des braillards de profession, ni la pommade électorale de ceux qui promette ni pour ne pas tenir et qui parlent pour tromper.
Si vous m'accordez voire confiance, je travaillerai de toutes mes forces à l’avènement d une société meilleure où le travailleur de la terre comme celui de l'usine ne sera plus 1 éternel exploité qü on livre, pieds et poings liés, au spéculateur capitaliste, qu'on accable d'impôts en attendant de le faire tuer à la guerre.
Mais je travaillerai à faire cette société meilleure dans l'ordre et non par la violence, dans la paix et non par la guerre, dans la justice pour tous et non par les privilèges.
Pour que le contrat qui doit lier lpélu à ses électeurs soit, éventuellement, entre nous, établi en pleine ciarLé et loyauté, je veux marquer, ici, de la façon ia plus précise, mes engagements électoraux pour la législature prochaine.
1° Défense des libertés démocratiques contre le fascisme et rétablissement de la souveraineté populaire :
Parle désarmement et ia dissolution des ligues para -militaires. L’application des lois de défense républicaine votées en janvier 1936, La limitation des pouvoirs du SénaL, L'abrogation des lois scélérates. Le respect du droit syndical pour tous. Le contrôle des ressources de la presse,
2° Laïcité intégrale de l’Etat :
Par la création d'un service public d'éducation nationale, fondé, à tous les degrés, sur la laïcité intégrale, la gratuité et la sélection. L'abrogation du décret-loi sur les écoles normales primaires. L'introduction des lois laïques en Alsace- Lorraine.
3^ Defense de 1 Etat démocratique contre les usurpations du grand capital :
Par la nationalisation de la Banque de France, des compagnies de chemins de fer, des établissements de crédit et des grandes industries monopolisées,
4 Abrogation des décrets-lois d'injustice et de misère qui frappent si cruellement les anciens combattants, les fonctionnaires, les cheminots, les retraités, les vieux travailleurs et leurs familles.
5° Soulagement des misères les plus cruelles causées par la crise :
1 ar la création d un fonds national de chômage, Le moratoire des loyers avec indemnisation des petits propriétaires, grâce à une caisse de compensation* L'institution d’un système d assurance-chômage. L'organisation de la lutte contre la tuberculose, le cancer, la syphilis, elc.
6» Mesures énergiques pour donner dn travail à tous et accroître le revenu consomniable :
Par la diminution des heures de travail sans diminution de salaire. Les contrats collectifs et les vacances payées. La mise sous séquestre des entreprises en déconfilure pour éviter le renvoi des salariés. La construction d’hôpitaux, de sanas, d’écoles, d’habitations à bon marché. Une refonte des assurances sociales qui garantisse aux travailleurs le droit au
repos à 60 ans. La mise en train d’un vaste plan d’outillage public, dressé sur l’initiative des départements, des communes, des organismes professionnels, financé par l’appel à la thésaurisation locale. La prolongation de la scolarité.
7° Mesures en vue d’assurer des débouchés aux cultivateurs :
Par l’institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiers, des engrais chimiques, des forêts. L’institution de coopératives de répartition. Le moratoire des dettes. La révision de la loi sur les fermages. Un statut du métayage. L’assurance contre les risques agricoles comprise dans le service public des assurances nationalisées.
8° Défense du petit commerce :
Par la révision des cessions de fonds. La révision des baux. La propriété commerciale intégrale.
9’ Défense de l’artisanat :
Par la création de chambres des métiers. La construction de locaux à usage artisanal. L'octroi, à égalité de prix, d’une part, des travaux faisant l’objet d’adjudications et marchés de gré à gré, passés au nom de l’Etat, des départements ou des communes. La modification du régime du crédit à l'artisanat.
10° Libération des producteurs, commerçants, paysans, de l’oppression fiscale qui pèse sur eux :
Par la suppression des MO ou 150 impôts qui pèsent sur eux et leur remplacement par le produit des nationalisations et trois catégories de contributions :
a) Un impôt sur le revenu global, sans forfait, progressif à des taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital, taux légers à la base, plus élevés pour les gros revenus ;
h) Impôt sévèrement progressif sur le capital des successions et donations;
c) Quelques taxes générales non superposées et à perception unique remplaçant toutes les taxes directes ou indirectes sur la production et la consommation.
Par la répression impitoyable de la fraude et par la diminution des charges résultant :
a) De la création de la caisse des pensions ;
h ) De la suspension de l’amortissement ;
c) De la répression des gaspillages dans les grandes administrations ;
d) De la diminution des charges de la Guerre, de la Marine et de l’Air, par la nationalisation des fabrications privées d’armes et des grandes industries monopolisées.
11° Rétablissement de l'ordre dans la production :
La nationalisation des grands monopoles capitalistes: mines; assurances privées; grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques ; transports; pétroles; sucreries et raffineries ; crédit et banque.
12* Organisation de la paix :
Par l’application loyale du pacte de la Société des Nations. La reprise des travaux de la Conférence du désarmement. La suppression de la fabrication et du commerce privés des armes. L’organisation de l’assistance mutuelle et le recours à l’arbitrage international.
Ce programma, qui veut être un programme, non de doctrine pure, mais d’action n’aura de valeur que par sa réalisation totale dans le minimum de temps.
Je prends l’engagement de le défendre et de le soutenir, si vous m’en donnez maudat, de toute mon action parlementaire, et je suis d’avance convaincu que votre confiance ne me fera pas défaut.
Vive la circonscription de Creil-Neuiily-en-Thelle I Vire la République démocratique et sociale I
Jean BIONDI
Maire de Creih Conseiller général de l’Oise, Candidat du parti socialiste S, F* L O.