‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 114 sur 186 · ORNE · texte numérisé non relu

ORNE

Circonscription d'ALENÇON.

E Adrien DARIA G

(Groupe de la Gauche démocratique et radicale indépendante,)

Elu pour la lre fois le 24 avril 1910. — Réélu les 26 avril 1914t 16 novembre 1919, Il mai 1924, 22 avril 1928, 8 mai 1932 eL 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens,

Justement fier d’une fidélité que vous me témoignez depuis vingt-six aiis, je me présente de nouveau à vos suffrages. Le malaise mondial, les graves menaces qui pèsent sur la paix européenne rendent indispensable dans le pays une politique d'entente et de concorde, dont j’ai toujours été le partisan réfléchi et résolu. Les républicains sincères, soucieux de la liberté de conscience, respectueux de toutes les croyances, de toutes les opinions — dans la mesure où elles ne mettent pas en péril T ordre social — doivent se grouper étroitement, sous la protection et l’observation des lois que la nation s* est librement données.

Le Ilot des dépenses publiques a pu être enrayé grâce à la procédure sommaire que la Chambre de 1 932 — ardemment et justement critiquée parlais — a acceptée. Mais il est vrai que l’expérience de ces dernières années a démontré la nécessité d une réforme de l’Etat trop longtemps différée et qui devra comporter notamment :

- — la révision du statut constitutionnel par i’ adaptation du régime parlementaire à l’état de choses né de la guerre, par le renforcement de l’autorité et de l’indépendance du pouvoir exécutif, garanties de sa stabilité et du maintien de l'ordre ;

— la simplification et la décentralisation des services publics ;

— une réforme électorale impliquant une réduction notable du nombre des députés.

Une France unie et forte sera toujours le meilleur gage de la paix mondiale. La paix intérieure nous permettra de suivre à F extérieur, dans le respect des conventions internationales, une politique de vigilance et de fermeté. La Société des Nations, dont F universalité aeçusefa faiblesse, n’a pas entièrement répondu aux espérances qu’on avait fondées sur elle : son statut devra être remanié pour lui permettre une action plus efficace et pour qu'elle réponde ainsi à la mission de sécurité collective en vue de laquelle elle a été instituée.

La crise industrielle et la crise agricole ont des causes identiques : surproduction, développement du machinisme,' sous-consommation.. En décembre 193-1, les cultivateurs ont touché au fond de la misère avec la mévente et l'avilissement des prix. Il appartiendra au Parlement de favoriser le mouvement de reprise qui s est manifesté, de permettre au producteur rural de recevoir le prix de son labeur : une révision des tarifs douaniers, une extension du crédit, une collaboration elfective des pouvoirs publics et des organisations agricoles et industrielles qualifiées doivent être parmi les premières réformes à réaliser.

Ai-je besoin d'ajouter que, comme par le passé, je défendrai avec énergie les droits du récoltant ?

Nos finances soutirent cruellement des moins- values persistantes engendrées par le marasme economique. Il est indispensable, cependant ;

— que le franc ne subisse pas de nouvelle dévaluation ;

— que l’Etat se montre respectueux des engagements qu'il a contractés envers les épargnants ;

— qu’il poursuive un sage amortissement de sa dette ;

— qu’il atténue une fiscalité abusive et qu’il praLique une politique de compression des dépenses publiques, intéressant le producteur et l'industriel comme le commerçant, Partisan comme le salarié ;

— qu'il réforme les impositions départementales et communales, qui pèsent si lourdement sur les budgets des collectivités. L'équilibre rigoureux de nos budgets ne pourra, d'autre part, être effectivement réalisé que par la suppression de toute initiative parlementaire en matière de dépenses.

Vos élus auront à défendre la production nationale et à assurer une juste rémunération du travail; è assurer le maintien et la protection de la propriété individuelle, du petit et du moyen commerce, de Partisanat ; à lutter contre les trusts, contre la constitution de nouveaux monopoles ou la création de nouveaux offices ; à poursuivre la suppression des rouages trop compliqués des assurances sociales ; à lutter contre le chômage ; à trouver des débouchés à la nouvelle génération, qu'énerve une inaction forcée ; à alléger les charges qui pèsent sur les familles nombreuses ; à encourager les sports, le tourisme et Pautomobilisme, tout en trouvant une solution rationnelle aux problèmes que pose la concurrence du rail et de la route. Enfin — et ce devra être l’une des premières préoccupations de la nouvelle législature — il faudra rétablir, dans Pintégralité de leurs droits, les ancien* combattants, les mutilés et les victimes de la guerre, comme il faudra corriger la situation faite par les décrets-lois aux petits retraités et aux petits salariés ou appointés.

Mes chers concitoyens,

Cet exposé rapide est fatalement incomplet. Demain, de nouvelles difficultés surgiront qu il faudra résoudre. Je vous donne 1 assurance que, comme par le passé, j'étudierai soigneusement, sans passion partisane, en évitant toute surenchère démagogique, les problèmes de tout ordre qui s'imposeront à l'examen du Parlement.

Membre de la Commission des finances, rapporteur du budget des Affaires étrangères, fréquemment chargé de missions intéressant lu défense nationale, je crois vous avoir toujours représentés avec une expérience et une autorité que j’ai mises au service de 1 intérêt général et de la défense des intérêts du département et de la région.

J ai Je droit de dire bien haut que je me suis acquitté avec conscience et dignité du

mandat que vous m'avez confié et que je vous demande de me renouveler. Nous continuerons ainsi à collaborer, en complet et loyal accord t à la prospérité de noLre pays, dans funîon et dans la concorde, facteurs essentiels de la paix et du progrès socîaJ*

Vive la France î Vive la République !

Vive l'arrondissement d'Alençon l

Adrien DA RI AC Ancien Ministre.

Ancien président de la Commission des finances» Rapporteur du budget des Affaires étrangères. Chevalier de la Légion d’honneur.

Député sortant.

Candidat d’Ünion et de Concentration républicaines.

Circonscription &' ARGENT AN,

M, le duc d’AUDIFFRET-PASQUIER

(Groupe des Républicains indépendants et d'action sociale.)

Elu pour la lrs fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928,

lôr mai 1932 et 26 avril 1936,

Messieurs et chers Concitoyens,

À l'heure grave où je sollicite de nouveau vos libres suffrages, le maintien de la paix extérieure domine toutes les autres préoccupations.

Je reste plus que jamais ardent patriote.

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