Politique extérieure
La France, que les anciens combattants ont sauvée par leurs héroïques sacrifices, est une grande nation dont la poli li que extérieure, indépendante et ferme doit être exclusivement inspirée par le souci de maintenir la paix dans la sécurité de ses frontières et la sauvegarde de sa dignité.
Nous exigerons la fin des illusions entretenues à l'égard de la Société des Nations ou l’entrée de cette dernière dans une phase d'activité garantissant le respect des engagements pris, et, par l'organisation de la sécurité collective, l'œuvre de conciliation indispensable au maintien de la paix.
Pour parvenir à ces résultats, nous sommes prêts à collaborer avec toutes les nations de bonne volonté et sans nous fier à des concours qui nous sont sans cesse marchandés, nous devons avant tout compter sur la force de notre armée et le perfectionnement de nos
fortifications défensives. De même que j’ai sanctionne par mes votes les dépenses nécessL tëes par îa construction de la « ligne Maginot », à l’abri de laquelle la France a pu supporter avec calme la violation par l'Allemagne du traité de Locarno, de même je n’hésiterai pas à voter demain les crédits indispensables à la défense nationale.
IL — Politique intérieure*
Union nationale :
Mais les forces matérielles ne suffisent pas.
La force morale qui repose sur Tunion de- tous les Français est plus nécessaire encore.
Plus que jamais, je demeure le partisan résolu de la concorde républicaine et de l’union nationale qui, à toutes les heures de crise, ont sauvé la France du péril.
Réforme de l’Etat :
Mais rien ne peut être définitivement acquis sans un effort constructif continu.
Profondément attaché au régime de liberté, fermement opposé aux conceptions de l'État totalitaire confisquant à son profit toutes les libertés — ■ suivant îe programme du Front populaire, émanation des doctrines de Moscou, ou suivant les directives des états fascistes — j'estime que notre premier acte, si nous avons la majorité, sera de déposer un projet de réforme de l'Etat comprenant :
Le droit de dissolution, effectivement accordé au seul Président de la République, qui pourra également correspondre avec les Chambres par voie de message ;
Le renforcement du pouvoir exécutif, assuré par la stabilité et l'autorité du Gouverne» ment. 11 faut, en effet, à la France un gouvernement fort qui, dans le respect des libertés républicaines, dirige avec fermeté et continuité les affaires du pays ;
La réforme électorale, instituant la représentation proportionnelle avec réduction du nombre des députés, vote obligatoire, vote familial et, par voie de conséquence, vote des femmes ;
La réforme administrative, simplifiant les rouages d'une organisation vieillie en les remplaçant par une administration moderne et disciplinée, apte à bien servir l’Etat et les intérêts du public*
Cette rénovation du service public implique l’octroi aux fonctionnaires d'un statut sauvegardant leurs droits, leur dignité, réglementant leurs associations et leur déniant., par contre, le droit de grève.
Dans le domaine financier :
|q Equilibre sincère et réel du budget ;
2° Maintien de la stabilité du franc et sauvegarde de l'épargne ;
3° Réforme profonde de notre fiscalité comportant la diminution du nombre des impôts et leur allégement ; ___
4° Suppression de l'initiative parlementaire en matière de dépenses ;
5° Abaissement du loyer de l’argent favorisé par l'équilibre budgétaire et la limitation des appels de l’Etat à l’épargne ;
6° Facilités de libération aux débiteurs de bonne foi, prorogation des délais de remboursement des prêts des caisses agricoles.
Dans le domaine économique :
Les ingérences de l’Etat doivent être réduites dans la plus large mesure, la production
développée , les échanges facilités par un massif dégrèvement fiscal et la suppression des empiétements d’Etat,
Une collaboration étroite doit être assurée entre les organisations professionnelles et les pouvoirs publics par le moyen du Conseil national économique et l’assemblée, enfin permanente, des présidents des chambres d’agriculture.
La libre organisation de la profession, faisant elle-même sa discipline, doit permettre de rétablir l'honnêteté professionnelle et la probité commerciale.
Sur le plan professionnel : lutte active contre le chômage, protection de plus en plus efficace du travail de nos nationaux, filtrage sévère de la main-d’œuvre étrangère, législation douanière judicieuse garantissant aux cultivateurs comme aux commerçants et aux industriels une équitable rémunération de leurs peines*
1° Pour les jeunes :
Afin de remédier à l’inaction particulièrement douloureuse pour la jeunesse légitimement impatiente d'utiliser ses forces, il importe de lui redonner confiance dans l'avenir :
En adaptant l'instruction aux exigences du recrutement professionnel par un enseignement technique fonction des besoins ;
En supprimant les cumuls ;
En organisant d’une façon plus active les offices de propagande et de placement.
2° Pour les agriculteurs :
Une politique générale agricole ayant comme but de restaurer le pouvoir d achat des populations rurales par la revalorisation des produits du sol, tout en les libérant des contraintes vexa boires d'une législation é batiste*
Cette revalorisation des produits du sol doit permettre aux cultivateurs de retrouver un standing en rapport avec 1 ettrs peines*
Ils doivent vivre largement des produits de la terre et être k même d’accorder aux ouvriers agricoles des conditions de vie équivalentes à celles des ouvriers de la ville* Ces conditions, jointes aux avantages que procure la campagne pour élever leurs enfants, permettront de retenir a la terre des familles nombreuses.
A la liberté de distiller, aujourd’hui restaurée* doit s'ajouter un abaissement très important des droits de circulation de l'alcool*
3Û Pour les industriels et les commerçants :
L’allégement des chargeè fiscales permettant rabaissement des prix de revient ;
L’abolition des privilèges fiscaux et l’égalité dans la concurrence, notamment par la réglementation des primes ;
Une protection douanière équitable assurant aux industries métropolitaines le bénéfice du marché intérieur ;
Une révision de nos accorde commerciaux créant de nouveaux débouchés sur les marchés extérieurs,
4° Pour les anciens combattants :
Sur le plan de la reconnaissance nationale, nous nous devons de respecter tous les engagements pris en leur faveur et notamment la création de la Caisse des pensions.
Contre le Front populaire ;
Restaurer dans le pays le respect de la propriété individuelle sans lequel il ne saurait y avoir ni paix sociale, ni progrès*
Protéger la famille, cellule élémentaire de la patrie* Les salaires, indemnités, situations doivent avantager les foyers possédant plusieurs enfants et être égaux pour toutes les catégories sociales*
Maintenir les droits primordiaux de la famille sur l'éducation de l'enfant par le respect de la liberté de conscience, la liberté d'enseignement et la stricte neutralité scolaire,
Réprouvrant les luttes fratricides que le Front populaire voudrait déchaîner, je continuerai à faire appel dans l'ordre et la discipline à l’union de tous les patriotes et de tous les hommes d'ordre, afin d’accomplir les réformes que commandent impérieusement la justice sociale et la venir de la France*
Les errements eL Fim puissance de la majorité parlementaire de ces dernières années ont provoqué un sentiment général de méfiance contre lequel il est de notre devoir de lutter afin de permettre au Parlement de retrouver son crédit auprès de l’opinion.
Républicains soucieux de sauver les institutions du pays,
Patriotes décidés à maintenir la paix dans la sauvegarde de l’honneur national,
C'est à vous tous que je fais appel.
Vous mesurerez à la gravité de l’heure l’importance de votre vote.
dAÜDIFFRET-PASQUIER
Vice- p résident de la Commission d’agriculture. Candidat d'union nationale et de défense agricole.
Circonscription de DOMFRONT
M, Georges ROULLEAUX DUGAGE
(Groupe de la Fédération républicaine de France.)
Elu pour la lr* fois le 16 mars 1930. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers Concitoyens et Amis,
Vous m’avez, en 2930 et 1932, accordé votre confiance d une façon éclatante.
Lorsque je nie suis présenté à vous pour la première fois, vous m’avez fait l'honneur de m élire par 10,791 voix contre 6.951 a mon concurrent d’alors, La seconde fois par 12,086 voix vous avez approuvé à nouveau le programme politique et économique que j avais soumis à votre jugement et qui était conforme à celui que vous aviez également approuvé, à d énormes majorités, en la personne de mon regretté frère Henry Roulleaux Dugage,
Ce programme, j’ai conscience d y avoir été fidèle en tous points et c’est pourquoi, aujourd’hui, je viens à vous, assuré d'avance que de votre côté vous me garderez voire inébranlable fidélité
Cependant, en raison des modifications de détail, que le cours des événements rend nécessaires, et aussi parce que je m’adresse à de jeunes électeurs qui n’ont pas pris part aux élections précédentes, je crois utile de vous exposer comment il faut, selon moi, envisager la solution des problèmes qui se posent devant nous, tant au point de vue extérieur qu'au point de vue intérieur.
Pour la sauvegarde du premier de Lous les biens : la paix. C’est à l’heure actuelle le souci principal de tous les Français.
A l1 extérieur ;
Il eût été désirable qu'eile fût assurée par une politique d’entente internationale dans
iereNoul ^ommeT malheureusement forcés de constater que l’Allemagne continue de regarder comme « chiffons de papier « les accords quelle a librement signes; nous sommes également forcés de constater que la Société des Nations n’a pas réussi a assurer la securité collective, et qu’elle est encore trop faible pour faire respecter le droit.
Nous sommes donc obligés de n’abandonner aucune des garant.es qu assure a notre société et à la paix du monde le maintien de la force française. Seule, une alliance défensive militaire entre la France, l’Angleterre, l’Italie, la Petite Entente et la Pologne pourra assurer cette paix à l'Europe pour de longues années,
Une double mesure s’impose : d’une part, au point de vue international, levee ~ diate des sanctions contre l’Italie, notre alliée de la grande guerre et reprise des accords de Stresa; d’autre part, au point de vue territorial, achèvement de la ligne Maginot et développement de nos forces aériennes de défense.
A l’intérieur :
La paix entre les citoyens français est non moins nécessaire. La lutte des partis ou plutôt des groupes et des clientèles se disputant le. pouvoir a réduit le Parlement une impuissance évidente. D’où l’anarchie dans les esprits, l'indiscipline dans les difierents corp de l’Etat, l'effondrement de l’autorité, et, par suite, un véritable arrêt de la vie nationale. Contre le découragement, le laisser aller et le scepticisme, il nous aul réagir.
Au-dessus des hommes, au-dessus des partis, groupons-nous tous, Français, qui
la même conscience du danger et la même volonté d y faire face.
Plus que jamais les forces morales, spirituelles, religieuses sont nécessaires pou i .esis er
au matérialisme envahissant. , . . ,
Mais la paix entre les Français ne peut être assurée que par le respect des droits e
libertés de chacun. . , l„-
Profondément attaché à la liberté de conscience, je suis partisan convainc gation des lois d’exception. Donc révision des lois qui infligent aux religieux un legime
SPé° Application effective et loyale de la liberté d’enseignement reconnue comme un des principes essentiels de la République. Droit d’enseigner pour tous les Français qui pr i
les garanties nécessaires de moralité et de compétence, . „ , ■ ,
L’Etat doit assurer à tous les bienfaits de PinstrucLion. Les écoles officielles doive observer une absolue et respectueuse neutralité. D’où le droit intangible qui appartient a la famille de choisir et de contrôler la formation intellectuelle et morale de ses enfants, exclut par cela même, le monopole de l’enseignement que je repousse et que je combattrai
faiblesse au nom de la liberté, -
Egalité de toutes les familles devant les subsides de l’Etat, quelle, que soit 1 ecole
publique ou libre fréquentée parles enfants, ? T
Droits égaux pour Lous les citoyens de penser et d’agir selon leur convie ion, «* dition de ne pas porter atteinte à l’ordre public et à la paix sociale.
Tels sont les principes d’un régime véritablement républicain.
Paix sociale :
C’est pourquoi, je repousse toute alliance directe ou indirecte avec socialistes et communistes qui sont les adversaires déclarés de ces principes, et je m élève cou “■
populaire, dont certains éléments, soi-disant modérés, se sont irrémédiablement compromis en pactisant avec les fauteurs de révolution et de luftea de classes.
Qu’on regarde ce qui se passe en Espagne où le Front populaire vient de triompher : pillages, incendies, meurtres, voilà le bilan depuis deux mois.
Il en serait de même en France, on peut en être certain, si le scrutin du 26 avril envoyait à la Chambre une majorité de Front populaire,
Le Front populaire, on le sait, a la singulière prétention d'incarner la République,
Mais la République n est le monopole d'aucun parti.
Elle ne doit pas être la proie des politiciens dont l’unique but est de l’exploiter pour la satisfaction de leurs passions et leurs appétits.
Avec nos camarades de l'U. N. C. je veux que la France vive dans l’honneur et dans la propreté.
La réforme de l’Etat :
Elle est nécessaire et urgente. De gros abus se sont installés dans notre régime républicain aussi lourds que ceux de jadis. Il faut les supprimer si nous voulons conserver la République en 1 améliorant et en la rajeunissant,
La reforme de 1 Etal doit commencer par celle du parlementarisme. Réduction du nombre des députés par la péréquation des circonscriptions (il est inique qu’un député soit élu dans le Midi par 4.000 ou 5.000 électeurs tandis que les collèges électoraux de l'Ouest ou du Nord de la France se composent de 20.000 à 30.C00 ou 35.000 votants). Obligation du vole personnel à la Chambre. Suppression de l’initiative parlementaire eu matière de dépenses publiques. Ainsi pourra-t-on supprimer la démagogie parlementaire qui a réduit 1 Elût aux expédients et tout le monde h la gêne,
i lü reforme du Parlement ce!Ie des attributions de l’Etat ; droit de dissolution d«
la Chambre accordé au Président de la République, sans l’autorisation nécessaire du Sénat. Dissolution enfin réglée et pratiquée : un Ministère par législature.
Sans stabilité et sans continuité du pouvoir une nation ne peut être convenablement gouvernes.
Suppression des monopoles et des innombrables offices créés au seul profit de priviegies, tenants de la république des camarades. Suppression notamment de l’office des a cools et substitution à la gestion de l’Etat d’un organisme professionnel. Diminution du nombre des fonctionnaires. Réduction des traitements excessifs, interdiction des cumuls.
Au point de vue social :
Je n’ai rien à changer à ce que je disais il y a quatre ans.
C’est dans la conception mutualiste, syndicaliste eL professionnelle qu’on trouvera la solution de la plupart des difficultés de notre époque.
C'est ainsi que la loi des assurances sociales, qui grève si lourdement les industriel»
es exploitants et es ouvriers, doit être remaniée, confiée aux mutualités et rendue facultétive pour l agncuUure*
...y*1.6 %énérmse P-ütiqu. sociale et économique facilitera l’accession de tous k la propriété et, par le développement des sociétés d’habitation à bon marché, de crédit immobilier, de jardins ouvriers, assurera aux travailleurs une vie meilleure et plus douce.
oui- remédier au chômage qui frappe durement le monde ouvrier, il importe de protéger la mam-d œuvre française trop souvent concurrencée par des étrangers.
Au point de vue familial ;
La famille est la véritable cellule sociale.
An moment où la crise de la natalité en France présente un des plus gros dangers qui menace 1 avenir de notre pays, il est plus nécessaire que jamais de protéger et d 'encourager
la famille française par tous Ses moyens possibles : diminution des taxes successorales ët même suppression de ces taxes en ligne directe, allocation , sursalaire familial , développement de rhygi'ène sociale par la lutte contre le taudis dans la campagne comme à la ville, contre la mortalité infantile et la tuberculose, et, pour assurer toutes ces réformes : vote familial qui donnera à la famille sur le plan politique l'influence à laquelle elle a droi t
Réforme fiscale :
J'écrivais déjà en 1932 : l’Etat doit réduire son train de vie
Il faut le redire avec plus de force encore .aujourd’hui, de même qu’un ménage dont les ressources ont diminué est obligé de restreindre ses dépenses, de même l’Etat dans ce moment de crise doit retrancher de son budget tous les crédits qui ne sont pas indispensables-
Ainsi pourra-t-il réduire les impôts excessifs, comme la taxe sur le chiffre d'affaires, si lourde et vexât dire pour le commerce, et, comme la taxe sur l’alcool, si préjudiciable aux intérêts des cultivateurs récoltants de notre région normande.
La dévaluation, prônée par quelques-uns comme un remède, serait à mon sens pire que le mal financier dont nous souffrons, 11 faut défendre à tout prix le franc pour défendre l’épargne française.
Politique agricole :
J’ai exposé longuement mes idées à ce sujet dans deux articles parus au début de février dans la presse de l'arrondissement*
Je ne puis que répéter nia conclusion : nécessité de l’organisation professionnelle et corporative, mais sans étatisme : « le syndicat libre, dans la profession organisée, légalement reconnue et dotée de pouvoirs* »
Liberté des bouilleurs de cru :
Sur ce point, une amélioration considérable est survenue depuis 1932.
La liberté que le Parlement, malgré les efforts de vos défenseurs, dont je m honore d’avoir été, s’obstinait à vous refusez, vous l’avez prise en 1935 et le Gouvernement, par un décret-loi, a sanctionné cet état de fait*
J’ai été à vos côtés lors de la première manifestation, celle de Mantilly, J'ai répondu à la demande des bouilleurs formulée dans cette réunion en démissionnant de mes fonctions de maire, avec tous mes collègues présents* En toutes circonstances, dans voire lutte pour la liberté, vous m’avez trouvé à vos côtés. J’ai approuvé tous vos gestes, accomplis sans violence et avec sang-froid*
Ensemble nous avons gagné la première moitié de là rude partie* Il nous reste à gagner la seconde, à grignoter d’abord, à faire disparaître ensuite la taxe de remplacement, pour arriver au retour pur et simple à la loi de 1906. Pour cette tâche, tout mon concours vous est acquis*
Sur la répartition départementale, je connais vos doléances, variables suivant les régions. Je me suis déjà employé, et je m'emploierai par la suite, a les transmettre à mes amis du conseil général et à la préfecture, pour que vous obteniez satisfaction.
À la tribune de la Chambre, j'ai dénoncé le premier, il y a deux mois, les irrégularités apportées par la régie dans rétablissement du forfait, et j'ai eu la satisfaction de voir mes indications reprises par une lettre du bureau du Conseil général k M* le Préfet de 1 Orne*
Pour les anciens combattants :
Nous avons le devoir de ne pas oublier le mot de Clemenceau : « Ils ont des droits sur nous h. Les anciens combattants, les mutilés, réformés et veuves de guerre sont les derniers à qui aurait dû être demandé un sacrifice dans l’œuvre de redressement financier*
Les décroîs lois les concernant contiennent sur certains points des injustices que les associations qualifiées ont avec raison, signalées, et qu’il importe de réparer dans un esprit de justice et de large bienveillance. Nous avons le devoir de soutenir les droits sacrés des anciens combattants et de leurs familles en reconnaissance des sacrifices par eux consentis à la patrie.
Voilà dans ses grandes lignes mon programme.
Je vous en ai dit assez pour que vous restiez assurés demain comme hier de mon adhésion aux idées d’ordre, de progrès et de concorde qui sont la condition essentielle de la vie de notre pays et de la réconciliation nationale.
L’ordre français a toujours reposé sur ces éléments : travail, famille, religion, patrie*
Au Front populaire bolchevisé par son alliance avec le communisme international qui poursuit l’abolition de la propriété individuelle, la destruction de la société, de la famille, de toute idée religieuse, de la patrie, nous opposerons le front des Français qui veulent défendre la propriété acquise par leur propre travail ou celui de nos devanciers, la famille, les forces spirituelles sans lesquelles une société digne de ce nom ne peut vivre, et la patrie.
Mes chers Concitoyens et Amis,
Depuis six ans que j’ai ^honneur de vous représenter je n’ai jamais agi, vous le savez, par ambition personnelle, mais avec le seul désir de dé Tendre vos intérêts régionaux et les intérêts généraux de notre cher pays.
Gomme vous, je suis un homme de la terre normande, rien de ce qui vous touche ne m’est étranger.
Vous connaissez mes votes : ils ont toujours été conformes à votre manière de voir. Pendant ces six années, je suis resté en parfaite communion d’idées avec vous.
N’ayant pas démérité, j’attends avec la plus entière confiance votre décision au scrutin du 26 avril, heureux si je puis, pendant quelques années encore, en toute indépendance et en me Lenant au-dessus des rivalités de groupes et de partis, vous être utile à tous.
Recevez, mes chers Concitoyens et Amis, la nouvelle assurance de mon entier dévouement .
Georges ROULLEAUX DEGAGE Député sortant.
Maire dû Saïnt-RÔmcrdes-FûrgeB,
Président d'honneur du Syndicat départemental des bouilleurs de cru.
Membre du Conseil national de la Fédération républicaine de France.
Membre des Commissions de l'Agriculture et du Su Orage universel de la Chambre des Députés,
Crou de guerre française.
Médaille militaire britannique.
Candidat d’union républicaine nationale.
Circonscription de MOKTAGNE.
M. Joseph AVELINE
(Groupe de la Gauohe démocratique et radicale du dépendante j) Elu pour la lîe fois le 3 mai 1936.
Mes g h e rs Go n e i toye m ,
Sollicité par un grand nombre de cultivateurs et de commerçants, j'ai accepté de poser ma candidature aux élections législatives.
Ta vais tout d’abord refusé, ayant l'intention de me retirer des luttes politiques pour me consacrer entièrement à la défense des intérêts de ^agriculture dans les diverses associations agricoles ; mais on in’a fait remarquer que, dans ces conditions, on ne pouvait qu’émettre des avis et qu’il était indispensable d’avoir des représentants professionnels au Parlement.
J’ai donc fini par accepter et je viens vous exposer mon programme :
Politique intérieure :
Républicain sincère, respectueux des idées de Chacun, qe voudrais assurer ^application des lois républicaines et laïques dans la liberté de conscience et de croyance.
Je suis partisan d’un 'Gouvernement tie large -concentration républicaine qui pourrait obtenir une majorité stable afin d’éviter les chutes fréquentes de ministères si nuisibles aux intérêts du Pays-
Le Gouvernement doit avoir l’autorité nécessaire pour assurer à l'intérieur une politique d’ordre et de concorde. Il est indispensable que tous les Français s’unissent pour la défense de la Patrie et de la République ; et pour cela, nous devons nous dégager des idées subversives qui nous viennent de JT étranger.
Je suis également partisan de la réforme électorale avec réduction du nombre des députés, du vote individuel à la Chambre ét de la suppression de f Initiative parlementaire en matière de dépenses.
Politique extérieure :
A b extérieur, politique de paix, car nous devons tout faire pour éviter la guerre.
L’horizon est de pins en plus sombre. L’Allemagne, par un geste brutal, vient, une fois deqdus, de déchirer tout contrat r&t: tout traité. ;S es exigences août grandes. Sachons rester prudents el fermes devant la menace.
Je ne crois pas à la guerre immédiate, mais elle pourrait être proche si npus -n’y prenions garde. Nous devons quand même essayer de causer avec scelle puissance afin d’arriver, si possible, à assurer, non pas une paix éphémère, mais une paix véritable qui puisse durer et qui s’étende à tous les peuples.
La Société des Nations est une institution qu’il faut conserver. Malheureusement, elle a souvent donné des signes de désunion et de défaillance. Cet organisme international constitue pourtant le plus sûr moyen de regrouper tous les peuples et d’assurer la paix dans un programme de sécurité et d'arbitrage.
Pour donner plus de force à ccüe institution, il est nécessaire que les peuples, véritables amis de la paix, s’unissent et se tiennent ; il esL regrettable de voir actuellement certains d’entre eux tergiverser, je dirai même abandonner leurs alliés en des heures aussi critiques.
L'union des peuples sera impossible Lan! que ceux-ci n’auront en vue que leurs intérêts personnels. 11 faut donc, dans les circonstances actuelles, avoir un idéal plus élevé et travailler de toutes ses forces dans l'intérêt de la Paix, qui rétablira d'un seul coup la situation économique dans tous les pays en redonnant plus de sécurité et de confiance.
Politique agricole :
Au point de vue agricole, il fauL :
Revaloriser les produits de la terre tombés à moins de 50 0/0 de leur valeur de 1930 ;
Organiser et fortifier une politique d'ensemble agricole afin de pouvoir remettre sur pied l'agriculture complètement désorganisée parla crise ;
Une participation effective des délégués agricoles dans rétablissement des traités de commerce, qui sont la plupart du temps défavorables à l'agriculture.
L agriculteur vend au coefficient 2 à 3,
Il achète au coefficient 5 à 7.
Les charges de l'Etat sont au coefficient 8 à 10.
Il est donc indispensable de réduire la marge existante entre ces différents coefficients pour établir l'équité.
Politique économique :
La crise terrible qui sévit depuis ces dernières années a louché durement aussi bien l'agriculture que le commerce et Pin dus trie.
Nos ouvriers des villes et des campagnes connaissent les affres du chômage, nos artisans ruraux ne travaillent plus, et toutes les branches actives de la Nation sont menacées.
C'est pourquoi l'on doit en vis ager aujourd'hui, plus que jamais, la défense de toute l'économie nationale.
Il faut soustraire cette économie à l'influence des oligarchies internationales, financières ou autres, de ces grands trusts qui, dans l'agriculture et le commerce, veulent s’imposer de plus eu plus en ces moments difficiles*
Il faut que notre agriculture soit protégée contre l'entrée excessive de produits étrangers ; il faut faire revivre le commerce en réduisant les charges énormes qui l'écrasent; il faut que l’industrie nationale puisse travailler afin de combattre le chômage, et c'est en favorisant par tous les moyens la reprise des affaires que Pon arrivera à se dégager de cette crise persistante, à sauver nos finances et, je dirai aussi, l’avenir de notre beau pays,
La devise « acheter français » doit être mise en pratique plus que jamais. On a trop tendance, chez nous, à faire vpnir de l'étranger ce dont nous avons besoin, de cet étranger qui, souvent, apprécie nos débouchés commerciaux mais noos tourne le dos dès que sont en jeu nos intérêts politiques primordiaux.
En un mot* il faut redonner à tous, sans exception, un pouvoir d’achat suffisant pour que les affaires reprennent.
Politique financière :
Le budget doit être en équilibre réel. Nous devons éviter une politique d’emprunt qui alourdit la dette flottante* Nous devons faire des économies et, surtout, ne pas créer de nouvelles dépenses sans être assurés, par avance, de recettes correspondantes.
Certains budgets ne peuvent être réduits, tel celui de la Défense nationale, tant que
nous aurons devant nous le spectre d une guerre possible* C'est donc sur les dépenses de TEtat qu’il faut réaliser ces économies*
11 est impossible, dans l’état actuel, d’augmenter les impôts. Il faut au contraire les réduire, et je suis persuadé que, dans bien des cas, les rentrées seraient plus élevées, car l'impôt tue l’impôt.
Je voudrais voir réaliser de suite la création de la Caisse des pensions qui, gérée par la Caisse d’amortissement, apporterait plus de sécurité dans le payement de la dette sacrée contractée envers les anciens combattants et victimes de la guerre.
Politique sociale :
Au point de vue social, je suis partisan de tout ce qui pourra améliorer le sort des ouvriers, des familles nombreuses eL de tous ceux qui souffrent en travaillant*
Malheureusement, les lois sociales ne donnent pas toute satisfaction, car elles sont trop compliquées et trop coûteuses. Les assurances sociales sont de celles-là, et c’est pourquoi j'aurais désiré voir celte loi humanitaire et juste dans son principe, appliquée par la Mutualité.
L'aménagement des dettes agricoles doit être poursuivi par là prolongation de durée des prêts à moyen et à long ternie, afin de réduire les annuités de remboursement, La dernière loi votée à ce sujet ne permet pas d’envisager les résultats attendus : elle doit être complétée.
Il faut également étudier P aménagement du crédit aux commerçants et industriels par une politique de stabilité du taux de l'escompte, qui doit être aussi bas que possible pour faciliter la reprise des affaires.
Mes chers amis,
Demain, vous aurez à vous prononcer et à choisir votre représentant au Parlement.
Si vous me faites l’honneur de m’y envoyer, soyez persuadés que je remplirai mon mandat avec tout mon cœur et toute mon énergie*
Tous sans exception, amis de toujours et adversaires d’un moment, pourront compte** sans réserve sur mon dévouement à ïa cause publique, et je tiendrai à rester en contact permanent avec mes électeurs.
Mes chers amis, vous avez le verdict du 26 avril entre vos mains. Vous êtes donc les arbitres de la situation.
Après les marques nombreuses do sympathie que j’ai reçues jusqu’à présent, c’est avec confiance que j’attends votre décision.
Joseph AVELINE
Agrieulieur-E leYeur*
Conseiller général de l’Orne.
Candidat républicain de défense économique et paysanne.
PAS-DE-CALAJS
î™ circonscription d*ARKAS.
M. Louis de DIESBÀCH
(Groupe de l'Alliance dea républicains de gauche et des radicaux indépendante)
Elu pour Ea P* fois le B mai 1932, — Réélu le 3 mai Î936v
Les principes et les buts parlementaires de M. Louis de Diesbach .
Ces principes sont ceux de la vieille devise républicaine : liberté,. égalité, fraternité.
Ces buts tiennent en deux mots ; du iravail et la paix*.
Liberté:
Pas de dictatures, donc, qu’elle soit fasciste ou collectiviste, hitlérienne ou communiste, les procédés restent les mêmes. Ils sont en opposition à Pideal français, pénétré des fermes traditions républicaines. Rien de fécond et de durable ne s'obtient par Fa contrainte, lî faut convaincre d’abord. La libre discussion respectueuse de la pensée dfautrui reste le meilleur moyen de trouver les solutions acceptables ; r! lui suffit die se discipliner pour acquérir : cohérence, énergie, efficacité.
Egalité :
Pas de privilèges! Respect de l'intérêt commun auquel doivent savoir se subordonner les intérêts particuliers.
Respect égal des droits ïndivicîueïs avec la seule préférence due et solennellement promise aux sacrifices de ceux qui, il y a vingt ans, souffraient et versaient leur sang pour sauver la patrie,
Egalité fiscale et. égalité absolue en tout.
Fraternité :
Plus de haine entre Français !
Effort persévérant et cordial pour nous « supporter » en plein sens de ce beau mot fait d’entr aide encore plus que de patience. Seule une union vraiment fraternelle nous rendra la force qui imposera le respect de la France, qui triomphera des difficultés, qui assurera au Gouvernement la continuité indispensable aux décisions réfléchies et à l’action réparatrice.
C’est une raison de plus, parce que nous traversons des difficultés pénibles, de nous unir entre Français, plutôt que de nous combattre et de tâcher d’obtenir entre les peuples cette meme fraternité que nous voudrions voir unanime et définitive chez nouSj à quelque parti politique que nous puissions appartenir.
Ces notions bien simples, profondément enracinées dans nos cœurs mais très facilement oubliées, éclaireront notre marche vers le double but à atteindre : assurer à tous du pain et à noire pays la paix.
Du travail :
Le chômage douloureux, conséquence de la crise mondiale, n'est le fait d’aucun parti* Aucune doctrine politique n'en détient non plus la panacée, mais nos dissensions peuvent la prolonger.
Tous les symptômes s'accordent pour annoncer une amélioration qui doit dépendre désormais de nous-mêmes de hâter et de rendre durable ; deux d’entre ces symptômes nous touchent de plus près : la revalorisation des produits agricoles et Laugmentation des achats de- charbons à nos mines.. Le nouveani Parlement aura pour devoir primordial de rechercher et de réaliser tout ce qui peut favoriser la reprise de l’activité économique et, par1 elle, le retour du bierfc-ê&rer au foyer des travailleurs.
La paix :
Tous nos esprits se révoltent à l'idée d’une nouvelle guerre européenne ; aucune provocation ne peut venir de notre côté, mais nous n'écarterons la menace venant de l'extérieur que si notre force s’affirme par notre calme, notre courage et notre union,
La fidélité à ces principes nous inspirera les initiatives généreuses et fécondes dignes de notre glorieux passé ; qui seules pourront abaisser les barrières hérissées entre les nations et rouvrir la voie des conquêtes pacifiques ; de la science et du progrès*
Mes chers Concitoyens,
Ce large programme répond, j’en suis sûr, à vos aspirations profondes comme à celles de votre député, conscient et justement soucieux des responsabilités de 1 heure,
À tous, aux fidèles amis de 1932 comme aux adversaires loyaux d’hier, je m'adresse avec confiart e%\ En m’accordant vos' suffrages, vous voterez pour que la nouvelle législature «'ouvre et travaille dans la sérénité et la cordialité qui permettent seules une action courageuse pour que la réconciliation nationale assure la prospérité de* la France et la paix du monde.
Louis ne DIESBAGH
2e circonscription d ARRAS.
M. Abel GI'IDET
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.) Eiu pour la 1re fois le 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens,
Répondant à l’appel du parti républicain radical et radical-socialiste, j’ai accepté d’être candidat aux prochaines élections législatives.
Je me préseuLe à vos libres suffrages en ardent défenseur des institutions républicaines.
Her de l’unanimité avec laquelle mes concitoyens m’ont appelé à diriger îes intérêts de la ville de Ba paume,
Elu à une majorité écrasante conseiller d arrondissement du canton de Bapaume,
Je yeux être le porte-drapeau de tous les républicains sincères qui sont nombreux dans la deuxième circonscription d’Arras.
Je me sens toute l’énergie et toute la combativité nécessaires pour représenter dignement notre chère région au sein du Parlement.
J’ai l’honneur de soumettre à votre libre examen les grandes lignes de mon programme.
Revendications économiques.
I* — Lutte contre la crise actuelle :
Création d’un fonds national de chômage. - Subventions aux communes pour entreprises de grands travaux (Achèvement du canal du Nord et construction d’aulostrades avec emploi des mains-d’œuvre locales et régionales).
Ib — Lutte contre la crise agricole ;
Développement du crédit agricole, ouvert à tous et ù taux réduit.
Réduction des baux.
Location des terres, basée sur le prix réel de vente du blé*
Suppression de l’admission temporaire.
Meilleure organisation du contingentement.
1 ro p ri été culturale au même titre que la propriété commerciale.
Achat ou taxation par J Etat des 100 premiers quintaux à chaque cultivateur au prix minimum c e J 00 francs permettant à la petite culture de vendre des produits à un prix rémunérateur. r r
Suppression des droits de régie sur 1 alcool des betteraves destiné, comme alcool synthétique, à etre mélangé à Fesse nce.
Réduction du tarif d’électricité et électrification des écarts.
Suppression du marché à terme et stabilisation du prix du blé et du sucre.
Liberté des transports routiers.
IIÎ , — Crédit commercial et réglementation de magasins à prix uniques, égalité fiscale appliquée à tous les bénéfices et revenus»