PUY-DE-DOME
Circonscription d’ÀMBERT.
M. Raymond LàCHAL
(Groupe de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants,) Ëiu pour la Jre fois le 8 mai 1932* - Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers concitoyens^
Il y a quatre ans, vous m’avez fait l'honneur de m’envoyer au Parlement pour vous représenter. Pénétré de la confiance que vous m'aviez témoignée, et de l'importance du devoir qui m’incomba il, j’ai conscience d'avoir fait tout ce qui était possible pour le parfait accomplissement de mon mandat, aussi bien dans l'intérêt général que dans l'intérêt de notre belle région.
Pendant toute la législature, je n’ai eu d’autre souci que de remplir avec zèle et assiduité mon mandai parlementaire, auquel j'ai consacré toute mon activité*
Je peux affirmer que je n'ai jamais sollicité un seul congé et que, soit clans les Commissions dont je faisais partie, soit au cours des séances publiques, je n'ai rien négligé pour mener à bien la tâche que vous m'aviez confiée.
Les municipalités de ma circonscription, les associations et les syndicats de tous ordres et vous tous, sans distinction d'opinion, savent que je n'ai plaint ni mon temps, ni ma peine, pour faire aboutir auprès des Ministères et des administrations leurs légitimes revendications.
Si les circonstances ne m'ont pas toujours permis d atteindre le but que je me proposais, j’ai du moins la fierté d'avoir pu, en maintes occasions, obtenir des réalisations importantes.
Vous me rendrez cette justice que j'ai fidèlement suivi le programme que j’avais soumis à votre approbation en 1932 et que, en pleine indépendance — même dans les cas où la discipline m’aurait fait un devoir de suivre mon parti — je n’ai écoute que la voix de ma conscience.
Mes camarades mutilés et anciens combattants ont pu se rendre compte que, fidèle à l'esprit de la génération du feu, j’ai continué à leur égard au Parlement, les efforts que je n'avais cessé de déployer depuis 1919. J ajoute que parmi les redressements a opérer, je considère que Le premier qui s'impose est l’abrogation du décret-loi concernant les anciens combattants,
rIous ceux qui ont souffert de la guerre savent que, non point par des paroles, mais par des actes, j'ai toujours été et que je reste leur défenseur.
Mon activité au Parlement s'est exercée dans de multiples domaines qu'il serait fasti-
dieux d’énumérer ici. Des extraits paru dans la presse vous ont donné un aperçu du travail que j'ai fourni et vous permettront de constater que vous avez surtout besoin de Pun des vôtres qui, étant né au milieu de vous, ayant vécu votre vie, connaissant vos aspirations peut, mieux que quiconque, s'occuper efficacement de la défense de vos intérêts.
C’est ainsi qu’en toutes occasions je n'ai rien négligé pour faire prévaloir tout ce qui pouvait améliorer le sort de notre petit commerce et de notre petite industrie et que j'ai défendu avec ténacité les revendications de nos agriculteurs pour tout ce qui concerne les questions du lait, de l’élevage, des produits agricoles et des produits forestiers.
Electeurs,
Le moment est critique ; nous sommes atteints par une crise economique d’une dureté sans précédent, génératrice de chômage et de misère La situation de la trésorerie est inquiétante et à ces lourds soucis intérieurs s ajoutent les complications d’une situation internationale menaçante.
Il vous est impossible de prendre à la légère rémission d’un vote dont l'importance est capitale dans l’intérêt du pays.
Assez de démagogues, assez de beaux parleurs : la France a besoin de représentants actifs et honnêtes pour ne pas revivre les événements douloureux de ces dernières années. De l’ordre, de la méthode et du travail, mais pour cela d’abord la réforme de l’Etat, suivie d'une complète réforme électorale s’impose, afin d'arriver a une ^stabilité gouvernementale désirable et éviter les crises fréquentes et coûteuses qui ont ma-qué la dernière 1 égislature.
Plus que jamais, et sans impôts nouveaux, il faut entrer résolument dans la voie des économies, assurer une plus prudente gestion des deniers publies et éviter à tout prix une inflation qui serait la ruine pour tous.
Comme je t’ai Fait, je continuerai à appuyer toutes les m sures permettant la suppression des abus, la chasse au cumul et l'application d’une fiscalité plus équitable.
Jenai cesse de répéter que le rajustement des décrets-lois en faveur des petits traitements et dés retraites modestes doit être une des premières préoccupations de la prochaine Législature,
An point de vue économique, j’estime qu’il est indispensable, pour remettre de l’ordre dans une économie générale désaxée, de prendre les avis des1 associations professionnelles, seules qualifiées pour indiquer les mesures nécessaires.
Je m’emploierai de toutes mes forces à défendre l’épargne en votant toutes les lois utiles pour assurer un contrôle effectif des banques, et empêcher les abus que commettent trop souvent les puissances financières.
Vous connaissez la situation extérieure : elle est grave. Si nous savons rester unis et forts j nous écarterons les menaces de guerre qui pèsent sur nous SI nous sommes désunis et faibles, nous deviendrons une proie trop facile et légitimerons toutes les agressions et tous les désordres.
Ndus devons d’abord compter sur nous-mêmes, mais à la condition de rester forts^ c est un devoir impérieux de tout faire, de ne rien négliger pour assurer et consolider la Paix.
Je n ai pas l'intention de développer longuement mon programme^ mais je désire attirer votre attention sur quelques points qui me paraissent essentiels :
La République est pour moi inséparable de la Patrie, lu ne et l’autre doivent rester au-dessus des partis.
Notre vieille constitution de 1875, votée au lendemain de la défaite, a besoin d’être remaniée. Il faut rendre le Parlement a sa fonction normale de contrôle, supprimer son initiative en matière de dépense, renforcer l’exécutif par le droit de dissolution, et rétablir I équilibre des pouvoirs. Une première mesure qui s'impose est la modification du scrutin électoral par îa représentation proportionnelle et le vote familial.
Les familles nombreuses qui assurent l’existence de la Nation ont droit aux égards et à
la considération de la République. Le Gouvernement se doit de poursuivre uhc politique de )a natalité, qui doit consister à assurer la stabilité du foyer familial en allégeant les charges des familles nombreuses, et eu leur attribuant des allocations aussi importantes qu'aux familles des fonctionnaires.
Le salut de la France repose sur la prospérité de l’agriculture. Celte prospérité ne peut êlre obtenue que par la défense énergique des produits de notre sol contre la concurrence étrangère par la protection douanière Les syndicats agricoles et les chambres d’agriculture doivent être appelés à une collaboration véritable avec le Ministère de 1* Agriculture.
La prospérité ouvrière est le gage des libertés ouvrières. Cette prospérité ne peut être obtenue que si l’industrie et le commerce sont également prospères. D’ailleurs, la crise que nous subissons nous a confirmé combien était néfaste la lutte des classes, et combien les interets des uns sont liés à ceux des autres.
Les allocations familiales doivent être maintenues et même augmentées dès que les circonstances le permettront. Les vieux jours de la famille ouvrière doivent être assurés avec sa collaboration, par un aménagement plus judicieux de la loi des assurances sociales.’
Les citoyens de notre pays doivent s'unir dans le respect commun des idées religieuses quelles qu’elles soient, et dans. la liberté des consciences qui sont des forces morales qu’une INation n a pas le droit d’ignorer.
La Société des Nations me paraît foute désignée pour établir la Paix entre les peuples mais à condition qu’elle soit consolidée, décentralisée et armée. Dans ce travail de pacification, la France fidèle à ses traditions, se doiL de jouer un rôle de premier plan.
Mes chers concitoyens,
Vous m’avez vu à l’œuvre et vous avez ainsi une garantie de ce que je pourrai faire dans J avenir.
Anciens combattants, victimes de la guerre, cultivateurs, ouvriers, petits commerçants petits industriels, artisans, je vous ai donné à maintes reprises les preuves de mon dévouement è votre égard. Je ne vous promets qu’une chose : de continuer.
Si vous votez pour le Front populaire socialo-commumste, c’est à brève échéance le pillage de nos finances, le franc à zéro, la révolution et la guerre.
Mais j’ai foi en votre clairvoyance et je suis bien certain que vous ferez triompher sur
mon nom une politique d’ordre, de justice sociale, de liberté, de paix intérieure et extérieure qui est la vôtre.
c est donc plein de confiance en votre verdict que je reviens devant vous solliciter le renouvellement de mon mandat.
Tous aux urnes, pas d'abstention!
Vive la République I
Vive l'arrondissement d’Àmbert !
Raymond LACHAL
Médaillé militaire. — * Croix de guerre. Adjoint au Maire d'Ambert*
Conseiller général.
Député sortant.
Républicain de gauche.
Candidat d’Union et de Concorde républicaine*
lr' circonscription de CLERMONT-FERRAND.
M. Antoine VILLEDIEU (Groupe socialiste.)
Elu pour la 1™ fois le 4 août 1935. — ■ Réélu le 3 mai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. 0M p/3.)
Citoyens,
Répondant aux appels éloquents des chefs les plus respectés de la démocratie de noire pays, vous m'avez, au mois d'août dernier, confié le soin de représenter votre circonscription.
Depuis cette époque qui n'est pas si lointaine, je me suis efforcé d'être votre mandataire fidèle, averti de vos besoins que j’ai défendus de mon mieux tant au sein du Parlement que dans les Commissions auxquelles j’ai l'honneur d’appartenir.
Parcourant, les samedis et les dimanches, toutes vos communes, je me suis tenu en contact étroit avec vous. Je vous ai rendu compte du travail que j'avais effectué Vous nr avez toujours donné votre approbation, marqué votre confiante amitié.
Je viens aujourd'hui, vous demander le renouvellement de mon mandat, estimant que vous ne pouvez vous déjuger à quelques mois d'intervalle
La situation, n'a en effet, point changé. La nécessité du rassemblement républicain est plus urgente que jamais pour résoudre les graves problèmes intérieurs et extérieurs qui se posent à l'attention du pays.
Le terrible chômage continue à sévir dans les villes, engendrant ïa mévente des produits agricoles, les petits commerçants, les artisans voient chaque jour leur chiffre d'affaires diminuer. La concentration capitaliste, par la création de magasins colossauxj écrase les commerçants, le machinisme ruine T artisan, augmente la misère de l'ouvrier*
Les ligues fascistes au service du grand patronat continuent à menacer l'existence même du régime républicain qui est cependant le seul où les uns et les autres avez la possibilité de vous organiser et de vous défendre*
La paix est, elle-même, en danger. Les dictateurs étrangers armés en matières premières par de puissants industriels français sans scrupules, déchirent les traites librement signés^ faisant apparaître devant le monde épouvanté la figure hideuse d'une guerre plus affreuse encore que la précédente.
Devant toutes ces misères, tous ces dangers, il faut que ceux qui travaillent envoient au Parlement des hommes énergiques, indépendants des puissances d'argent et dont la netteté d’attitude et d'opinion constitue des garanties certaines.
Candidat du Parti socialiste, nous disons que si le chômage ne peut être supprimé dans le régime actuel, il peut être sérieusement réduit par les mesures suivantes :
— Réduction, dans l’industrie, des heures de travail, sans diminution des salaires. Suppression des cumuls.
— Exécution logique de grands travaux nationaux et locaux. Dans chacune de nos communes, petites ou grandes, des aménagements s'imposent : amélioration des routes et surtout des chemins desservant la propriété paysanne, adduction d’eau, électrification poussée au maximum, création et réparation de bâtiments communaux, etc.
Financement de ces travaux par la nationalisa lion des assurances et de l’électricité dont les bénéfices constituent un scandale.
Appel à la petite épargne qui trouverait dans ces réalisations un placement sur, garanti par les collectivités, alors qu’elle est chaque jour dévalisée par des banquiers sans scrupule*
La diminution du chômage aurait pour conséquence immédiate la revalorisation des produits agricoles, la reprise des affaires pour le commerce, l’artisanat, l’industrie*
II faut protéger le travail du paysan, par une organisation le mettant à T abri de la spéculation, faire disparaître celle injustice choquante que constitue la hausse et la baisse des produits de la terre suivant la volonté de quelques financiers tout puissants*
Le petit commerce doit être défendu. J’ai voté, à cet égard, les lois in 1er disant la création de nouveaux magasins dits « à prix uniques », l’installation en France de fabriques de chaussures qui auraient jeté sur le pavé 350.000 ouvriers et ouvrières, artisans, marchands, fabricants, petits et moyens.
Je pense avoir bien fait.
Dans l’ordre international, la paix ne peut être défendue que par Tentent e des peuples unis dans la Société des Nations, Les fauteurs de guerres ne seront arrêtés que par Faction collective des Fiais opposés à leurs entreprises criminelles.
C’est dans cette voie que Ton doit s’engager, la course aux armements ruine le pays et ne supprime pas le danger*
Si je suis à nouveau votre élu, je m’efforcerai, dans la mesure où je le pourrai, d'apporter h. toutes les questions qui vous préoccupent, les solutions du grand parti auquel j'appartiens qui tendent à donner :
— du travail aux chômeurs,
— des clients aux producteurs et commerçants,
— des débouchés aux paysans,
— la sécurité aux épargnants,
— la paix à tous.
Voici, citoyens, résumé dans le cadre restreint d’une profession de foi, ce que je me propose de faire*
Les travailleurs de la terre et de la ville, les petits fonctionnaires victimes des décretsîois et de la politique néfaste de défia lion* me trouveront prêt à les défendre
Les anciens combattants peuvent compter, qu’ancien combattant moi- même; je m’élèverai avec force contre les mesures iniques qui les ont privés des maigres avantages qui leur avaient été concédés*
Citoyens,
Je vous demande à tous, dans les circonstances difficiles que nous traversons, de voua unir sur un programme- de rassemblement républicain ; de vous souvenir qu'au mois d’août dernier, vous avez répondu aux appels de Daladier, de J ammy Schmidt, de Rucart, de Cudenet. J’étais le candidat du Front populaire. Je reste le même. L’adversaire n’a pas changé.
Républicains, socialistes, faites sur mon nom une nouvelle manifestation d’union pour e progrès et la justice î
Vive la paix î
Vive la République sociale î
Antoine VILLEDIEU
Conseiller général ,
Ancien combattant*
Cafididat socialiste S* F* 1, O*
2“ circonscription de CLERMONT-FERRAND.
M, Albert PAULIN (Groupe socialiste,)
Elu pour la F* fois le 11 mai 1924, — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 el 26 avril 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F* I. O . , p, 3.)
Citoyens,
Avec une unanimité et dans un enthousiasme qui m’ont profondément touché , mes camarades socialistes de la 26 circonscription de Clermont-Ferrand viennent de me désigner à nouveau pour être leur candidat aux élections législatives des 26 avril et 3 mai prochain.
# Je viens donc* fort de la confiance que me témoigne à nouveau un parti auquel j'appartiens depuis l’âge de 17 ans, vous demander de me renouveler mon mandat.
Voici douze ans que je l’exerce, durant lesquels, à deux reprises, vous avez été appelés è. me le renouveler. Vous l'avez fait par des majorités sans cesse croissantes, A cette confiance, j’ai répondu par des actes ; je vous appelle une fois de plus à les juger.
S’il est vrai que, sans considération de personne ni d'opinion, je me suis de plein cœur et de tout mon labeur dévoué à toutes les causes justes, s'il est vrai que j’ai toujours — sans jamais abdiquer une parcelle de mes opinions personnelles — scrupuleusement respecte la liberté de toutes les consciences et que je n'ai jamais sacrifié qu’au seul fanatisme de la justice et de l'humanité, c'est à vous qu'il appartient de le dire et de le témoigner par votre suffrage.
J’ai conscience d’avoir été, durant les douze années qui viennent de s'écouler, un parlementaire actif ; d avoir fait honnêtement, scrupuleusement, tout ce qu'il m'était possible de faire pour la défense des intérêts que vous m'aviez confiés*
Mon action eu faveur de l’agriculture, au groupe de défense des planteurs de betteraves comme au groupe de défense des vignerons du Centre et de l’Ouest, par exemple, est là pour témoigner de mon dévouement au monde paysan.
L’activité que jJai déployée au Parlement et dans le pays, comme président du groupe parlementaire de défense artisanale, suffit à prouver le souci que j'ai eu de défendre les classes moyennes (artisanat, petit et moyen commerce, petite et moyenne industrie) victimes d’un capitalisme qui tend à tout accaparer.
Mon élection à T unanimité, ce dont je suis fier3 à la présidence de la Commission du travail à !a Chambre des Députés, constitue la preuve la plus convaincante que je puisse fournir de mon assiduité aux séances de cette Commission et de la part que je prends à 1 action pour la défense des travailleurs de toutes catégories.
Mon maintien au secrétariat général du groupe parlementaire de défense des mutilés du travail suffit à indiquer l'activité déployée par moi en faveur de cette catégorie de travailleurs particulièrement intéressants.
Je ne saurais énumérer ici les votes que j'ai eu à émettre au cours de la législature qui s achève ,ni les débats au cours desquels j’ai eu à intervenir, ni les articles du programme que je me propose de défendre au cours de la prochaine législature. Ce que je puis affirmer
à nouveau, comme il y a quatre ans, c est qu'il n’est pas un de mes votes qui ne soit conforme au* engagements que j’ai pris*
Paysans, ouvriers, artisans, petits commerçants, petits fonctionnaires, cheminots, petits rentiers, anciens combattants et retraités, je me suis efforcé d’agir en pleine harmonie avec vos organisations départementales ou nationales avec lesquelles je me suis tenu en relations, et, de mon mieux, je me suis efforcé de défendre vos intérêts.
J’ai conscience, je le répète, d’avoir été effectivement un représentant du peuple, dont j’ai servi la cause de tout mon cœur et do toutes mes forces, en accord avec mon parti, en soutenant les solutions qu'il propose et en dehors desquelles il n’est pas de salut pour l’immense foule de ceux qui travaillent.
Ces solutions, le Parlement, où nous sommes en minorité, lésa repoussées comme il avait repoussées celles que nous lui avions proposées dans la précédente législature. Et la crise a non seulement persisté mais elle s'est aggravée
La situation générale elle-même n a pas cessé de s’aggraver au cours des quatre années de cette législature.
La politique de déflation pratiquée à la suite de l'octroi des pleins pouvoirs, contre lesquels nous avons voté, a donné les résultats dénoncés par nous à l’avance et que le parti socialiste, dans le manifeste qu’il adresse au pays, dénonce à nouveau en même temps qu’il énumère les mesures qu’il propose :
Crise économique plus aiguë et plus profonde, difficultés budgétaires rendues plus redoutables par l'accroissement du déficit et de la guerre, misère généralisée.
Rien n’a été fait.
Pour résorber le chômage, pour redonner de l’activité à l’industrie et au commerce* pour faciliter aux cultivateurs l'écoulement de leurs produits à un prix rémunérateur.
L’imprévoyance des uns, les défaillances des autres et les complicités de certains sont allées jusqu'à créer un péril fasciste pour la honte de notre démocratie.
Il a fallu les répliques spontanées et grandioses des masses populaires pour rétablir une situation compromise par les audaces et les violences des émeu tiers du 6 février 1934.
Mais ce péril peut renaître.
ïl renaîtra si une politique hardie, vigoureuse et féconde ne vient pas aussitôt consolider la victoire électorale certaine des forces démocratiques,
Le sort de la législature de demain cL peut-être aussi celui de la République elle-même se régleront dans les quelques premiers mois qui suivront la rentrée de la nouvelle Chambre .
Le parti socialiste vous appelle à voter pour ses candidats i
Pour que les ligues fascistes soient dissoutes et que la République ne soit plus continuellement mise en péril par les agissements des groupes de factieux.
Pour qtio le crédit de l’Etat ne soit plus sous la dictature de la haute finance et que la Banque de France devienne la Banque de la nation.
Pour que, s ajoutant à une réforme fiscale qui frappera les classes riches à proportion de leurs avoirs, les monopoles de fait des principales sources de richesses soient restitues à la nation française. Ainsi seulement l'Etat républicain trouvera les moyens de financer de grandes entreprises qui permettront de redonner du travail aux chômeurs et du pain aux vieux travailleurs, de faire reculer la crise, de jeter les fondements d’une économie nouvelle où le principe condamné de la production pour le profit capitaliste cédera le pas au principe de la production basée sur l’accroissement du bien-être et de la liberté de l'ensemble des travailleurs.
Pour que la France républicaine prenne la tête du mouvement universel en faveur de la paix dans la sécurité collective, en proposant le désarmement général, simultané et contrôlé et en supprimant la fabrication et le commerce privés des armes.
Toutes ces mesures que nous énonçons seulement ici sont développées dans le j ro-
gramme du parti socialiste que nos candidats, nos militants et notre presse défendent devant le pays tout entier, dans les cités industrielles comme dans les villages et les campagnes*
\A travers la misère, la souffrance et les menaces de guerre, le monde cherche les voies de son salut.
Le capitalisme est partout incapable d’assurer Tordre véritable et la paix*
Il arrête le travail ; il précipite dans le chômage des millions d’êtres humains ; il ferme les portes de la vie à une jeunesse désespérée qui ne sait que faire de T intelligence, de ses bras, de ses vingt ans ; il procède à des destructions de richesses, alors que d innombrables producteurs sont privés du nécessaire ; il devient un obstacle au progrès et à la science*
Il est sans solution, sans remède, sans programme, sans doctrine devant le désordre et les ruines qu’il a engendrés.
Voter socialiste est, aujourd’hui, plus encore qu'en aucune autre période précédente, un devoir national et un devoir humain.
Il faut en finir avec Tôligarchie d’une poignée d'individus qui rançonnent la nation, la trahissent au besoin, oppriment et asservissent la masse des citoyens,
Gontre la guerre, contre le chômage.
Pour une France rendue libre et prospère par Fa (Franchissement du travail et l'organisation de la production en harmonie avec la science et les besoins d’un Etal moderne.
Tel est l’appel que lance le parti socialiste aux électeurs de France,
Je demande à ceux de la 20 circonscription de Clermont de l'entendre.
Si vous me renouvelez votre confiance, si, comme je vous le demandé, vous me rendez au combat parlementaire, je serai demain le représentant, le défenseur, Fami que j’ai toujours été pour vous, fidèle à vous et fidèle h moi-même.
Vive la 2e circonscription de Clermont-Ferrand !
Vive la République sociale I
Albeiit PAULIN
Conseiller générai.™ Député sortant.
Président de la Commission du travail à la Chambre des Députés.
Président du groupe parlementaire de défense de l’artisanal. Vice-président du groupe parlementaire de défense des planteurs de betteraves.
Secrétaire général du groupe parlementaire de défense des mutilés du travail- Candidat socialiste (S. F* L O.)
3* circonscription de CLERMONT-FERRAND.
M. Aouïen MABRUT (Groupe socialiste,)
Elu pour la lro fois le 3 mai 1930.
(Voir le programme du parti socialiste S, F. I, O., p. 3.)
Citoyens,
Les sections socialistes de la 3e circonscription de Clermont avaient désigné comme candidat à la députation, le docteur Georges Moreau, maire de Messeix, conseiller général. Le succès du docteur Moreau éiait certain, ainsi qu'en témoignait l'accueil enthousiaste fait à sa candidature dès les premières heures de ta campagne électorale.
La maladie ne lui a pas permis, hélas ! de poursuivre jusqu'au bout cette tâche à laquelle il s'était donné tout entier. Malgré les instances les plus pressantes, il a dû s'incliner devant les raisons impérieuses qui le contraignent a la retraite.
CVst dans ces conditions, qu’en plein accord avec le docteur Moreau, les sections socialistes de la circonscription m’ont confié le redoutable bonheur de défendre devant vous le programme de notre grand parti. C’était une tâche bien lourde pour moi ; je ne Fai acceptée que fort de la confiance amicale de tous les militants, qu’assuré de l’appui affectueux du docteur Moreau.
Je ne suis pas, Citoyens, un inconnu pour beaucoup d’entre vous. J'ai grandi dans une commune de votre montagne, à Orcines, où mon père fut de longues années instituteur. J’ai poursuivi au prix de rudes efforts, des études pendant lesquelles je devais d'abord gagner ma vie. Avocat au barreau de Clermont, je n'ai pas oublié que j’étais un Fils du peuple, et la porte de mon cabinet a toujours été largement ouverte à ceux des pauvres gens qui ont eu besoin d’un conseil désintéressé.
Elevé clans la vieille tradition républicaine, c’est tout naturellement que depuis l’âge d’homme, je suis entré dans les rangs du parti socialiste où j'ai milité à ma place, accomplissant sans bruit mon devoir civique, n’ayant pas un instant pense que je pourrais participer autrement que comme simple militant a la bataille électorale.
C'est vous dire que dans ces conditions, mon programme ne saurait présenter d'originalité particulière et être autre chose que celui du parti que je suis fier de représenter, qui est l’animateur du Front populaire, qui reste le grand espoir de tous ceux, paysans et ouvriers, qu’étreint en cette période d’incertitude l’inquiétude du lendemain.
Citoyens, vous êtes à Fheure présente, menacés dans vos libertés chèrement conquises par nos ancêtres j maintenues avec tant de peines par nos pères ; dans vos intérêts, que vous soyez travailleur de l'usine, un petit paysan, un petit commerçant, par une crise impitoyable qui vous entraîne dans la ronde folle d’une économie désorganisée où triomphe la toute puissance des congrégations économiques; dans votre chair, car la guerre est là, à nos portes, et les anciens combattants qui en ont mesuré toute l’horreur, voient aujourd'hui que leurs fils, pour lesquels ils se sont battus, risquent de ne point en être préservés.
Aussi est-ce dans trois formules simples que se concrétise tout le programme que je
soutiens devant vous, avec la ferveur que me donne ma jeunesse et ma profonde convietion : défendre et perfectionner la République; lutter contre la crise, c’est-à-dire contre le capitalisme ; maintenir la paix, notre bien le plus précieux,
La défense républicaine :
La République, ses institutions, c’est pour nous tous, fils du peuple, un patrimoine sacré.
Il est de bon ton, dans certains milieux, de ne plus prendre au sérieux la volonté que nous affirmons de ne pas laisser toucher aux principes démocratiques. Tout le monde sc réclame de la République ; à part une poignée d'illuminés qui gardent une foi, le plus souvent intéressée, a la vieille fiction monarchique, tous les partis s'accordent en apparence, pour reconnaître qu'elle est bien le régime définitif de la France.
M ai s il y a diverses façons de se montrer républicains.
Sont-ils républicains ceux qui regardent avec envie, au delà de nos frontières, s'épanouir les régimes de force incarnés par Mussolini et par Hitler? Sont-ils républicains, les émeutiers du 6 février 1934 qui marchaient sur la Chambre des Députés, dans le désir obscur de tenter un Coup d’Etat? La République fasciste serait-elle encore la République?
Le socialisme veut que la République soit le régime de la liberté chaque jour plus étendue, qu'elle soit fraternelle et protectrice à tous, surtout aux plus humbles qui, plus que d'autres, ont besoin de sa sollicitude.
Un régime d'autorité qui ne serait pas celui du peuple, qui serait la dictature d’une poignée d’individus à la solde des privilégiés de la fortune, ferait peser sur le pays une oppression que les paysans et les ouvriers, fils des révolutionnaires qui surent en toutes époques prendre les armes pour la liberté, ne sauraient tolérer*
Les social! si es veulent perfectionner la République, en rendre les organismes plus souples, plus réalistes, plus humains* Ils veulent faire disparaître J es abus de toutes natures qui se dissimulent sous le manteau démocratique*
Il veulent une République qui ne soit plus seulement inscrite dans les maximes, mais qui entre dans les faits, qui concrétise dans Faction eL la réalité, la glorieuse devise ; liberté, égalité, fraternité. Ils préparent l’avènement de la République du travail, et c’est ainsi qu'ils appellent tous les hommes de bonne volonté à se joindre à eux.
Pas de liberté civique, pas de liberté religieuse sans la République qui est seule le régime de la tolérance et du respect de Findividu.
Entre nous et ses adveraaii es, c est une lutte sans merci; sur ce terrain, citoyens, les socialistes ne transigeront jamais. Vous me trouverez toujours dans les rangs de ceux qui lutteront de toute leur âme pour maintenir F intégrité du régime républicain.
La crise :
Vous subissez la crise, chaque jour vos conditions d’existence deviennent plus précaires* Ouvriers, vous connaissez îe chômage, vous avez subi la diminution de vos salaires ; paysans, sur chaque marché vous constatez la dévalorisation de vos produits, le Fantôme de l'hypothèque contre lequel vos pères se sont tant débattus rôde autour de vos fermer ; petits commerçants, ros clients touchés dans leur pouvoir d’achat désertent vos boutiques, et par ailleurs les grosses sociétés à succursales multiples étendent de plus en plus leur emprise, vous condamnant à une ruine prochaine.
De savants économistes ont expliqué a leur manière cette crise dont vous êtes les innocentes victimes parce que si vous ne gagnez plus votre vie* vous nLvez point cessé pour cela, bien au contraire, de travailler durement. Iis ont dit qu’il s’agissait d'un phénomène cyclique du monde, d’une adaptation fie l’économie aux possibilités humaines.
Vous me permettrez , dans la modeste mesure de mes connaissances, de la définir tout autrement*
La crise n’est que la conséquence des contradictions monstrueuses qui font qu’un
monde qui produit trop de tout est condamné par des conventions arbitraires à consommer moins de tout.
Les granges regorgent de blé, les caves sont pleines de vin, les usines ne demandent qu'à produire, les hommes n'aspirent qu’à travailler*
Et, en face de cette abondance de richesses, la misère s'installe, les ouvriers sont réduits à des salaires de famine, les paysans vendent difficilement leur produit, le monde marche au ralenti, alors que toutes les possibilités d'assurer à tous une vie large et heureuse s'offrent à lui*
Toute une jeunesse anxieuse scrute l'avenir* Il n'y a plus de place pour les jeunes* À l'âge où leurs besoins sont multipliés, à l'époque de la vie où l'être s'épanouit, ils sont réduits à la gêne devant les tas d'or amoncelés, devant les forces productives perdues.
Toute la crise est là et pas ailleurs* Elle est dans la mauvaise répartition des richesses, elle réside essentiellement dans cette tragédie qui interdit aux hommes de notre génération de pouvoir bénéficier des fruits de leur travail et qui va jusqu'à les empêcher même d'utiliser leurs moyens*
Et la crise sera résolue quand, poussés par l'impérieuse nécessité, les citoyens de ce pays auront compris qu'il faut du pain pour tout le inonde, et que par des mesures auxquelles pas un homme de bonne Foi ne pourra refuser de souscrire, on aura donné à chacun dans la dignité et le travail, le droit d'assurer son existence, do nourrir sa famille, de vivre librement et largement dans une société rénovée*
D’autres réformes en attendant s'imposent :
Il faut réduire, afin qu'il y ait, je le répète, un pouvoir d'achat pour tous, le temps de travail de chacun.
Etablir un régime de retraite suffisante pour que les vieux puissent se reposer et les jeunes ne pas rester inactifs et désespérés -
Concevoir et exécuter un plan de grands travaux d'utilité publique, pour les campagnes aussi bien que pour les villes, en associant l'effort de l'Etat et des collectivités à l'effort de l'épargne légale.
Revaloriser les produits de la terre, lutter contre la spéculation et la vie chère*
Créer un office national des céréales et des engrais pour supprimer la dîme prélevée sur le producteur et le consommateur.
Développer le crédit agricole pour venir en aide à ceux quï n’ont d'autre capital que leurs bras et qui sont, trop souvent, victimes des usuriers ou des pilleurs de l'épargne.
Réglementer, pour protéger celte épargne, la profession do banquier et le commerce de l'argent*
Contrôler effectivement le bilan des banques et des sociétés anonymes.
Interdire aux fonctionnaires retraités ou en disponibilité d'appartenir aux conseils d'administration de ces sociétés.
Faire enfin de la Banque de France, uajourd’hui organisme privé, la banque de la France.
il faut reviser, s'il en est temps encore, les marchés et nationaliser les industries de guerre*
Réprimer impitoyablement les gaspillages dans les administrations civiles et militaires.
Instituer une caisse des pensions pour les véritables victimes de la guerre.
Procéder à une réforme démocratique du système des impôts comportant une détente fiscale en vue de la reprise économique*
Et créer des ressources par des mesures atteignant les grosses fortunes, qui ne sont pas frappées par rapport aux petits revenus comme elles le devraient.
Réprimer enfin impitoyablement, de même que la fraude sur les valeurs mobilières, l'évasion des capitaux à l'étranger.
Ce sont là les grandes lignes d'un plan qu'a fait le rassemblement populaire, et que . j'approuve pour ma part sans réserve.
La paix :
D’abord la paix.
Il nj a pas de bonheur possible pour l’humanité sans la paix.
J’appartiens à une classe qui a échappé de justesse à la guerre. Mais comme tous ceux de ma génération, j’ai pu la voir d’assez près pour m’en forger une haine profonde.
La tâche la plus urgente pour vos représentants, c’est donc d’organiser la paix si vous ne voulez pas bientôt, par un jour de soleil, alors que vous serez dans le calme de vos champs occupés à la moisson, que le sinistre tocsin de 1914 retentisse encore.
Des mesures immédiates s’imposent :
La course aux armements et les alliances particulières ont toujours conduit à la guerre*
La paix réside dans ] organisation de la sécurité collective par l’assistance mutuelle, la définition de l’agresseur et l1 application solidaire des sanctions contre lui.
Dans une limitation, puis une réduction générale des armements, sous le poids desquels succombent les peuples.
Dans la nationalisation du commerce privé des armes, c’est-à-dire la suppression des monstrueux bénéfices qui incitent trop volontiers ceux qui en profilent à pousser au surarmement sinon à la guerre.
La paix réside dans le renforcement de la Société des Nations et dans des négociations publiques remplaçant la trop dangereuse diplomatie secrète.
Elle réside encore dans votre volonté résolue et nettement proclamée de ne pas vouloir la guerre, d’écarter violemment toute idée belliciste, de tendre une main fraternelle à tous les peuples, tout en restant forts pour pouvoir se défendre contre les folles entreprises des régimes de dictature et de régression sociale.
Je tîeus à déclarer par ailleurs, que les victimes de la guerre ont droit que 3a juste réparation de leurs sacrifices ne soit pas ménagée. Je m’associerai pour ma part à toutes les propositions qui seront faites en leur faveur, afin qu’on ne puisse dire que la reconnaissance des jeunes est un vain mot.
Simplement, sans vous berner de promesses fallacieuses, j’ai esquissé devant vous plus un acte de foi quun programme.
Ce n’est pas dans le cadre d'un appel électoral qu'il est possible d’entrer dans les détails d’une action parlementaire qui ne peut, en ce qui me concerne, que se placer sous le signe de la bonne volonté.
Si vous me faites l’honneur de m'accorder votre confiance, je servirai fidèlement vos intérêts, je remplirai mon mandat avec conscience, je resterai indéfeetiblement attaché aux grandes idées républicaines et sociales qui ne sont, en réalité, que 1 expression du reve millénaire de justice et de fraternité que tous les hommes dignes de ce nom ont porté en eux à travers les âges.
Je ne prends devant vous qu’un seul engagement : celui d'accomplir mon devoir sans défaillance.
Vive la paix !
Vive la République fraternelle des travailleurs I
Adrien MÂBRUT
Avocat au Barreau de Cl en» ont- Ferrand* Candidat du Parti socialiste. S. F. I. O.
Circonscription d’ISSOIRE,
M. Henry ÀNDRÀUD (N’ûpparticiit à aucun groupe/)
hJo pour la 1T* fois le 29 avril 1928. — Réélu les 1fir mai 1932 et 3 mai 1936,
Citoyens,
Vous allez être appelés à choisir vos représentants, car, en France, on a le droit de choisir ses représentants.
Vous Je ferez librement, selon vos idées et vos sentiments.
J'ai été huit ans votre élu et, je puis dire, votre défenseur. Ce n’est pas sans avoir réfléchi, mesuré les difficultés qui nous attendent, pesé les responsabilités que cela comporte que je viens, à nouveau, solliciter cet honneur.
J aurais souhaité, comme en des temps plus calmes, avoir le loisir d’effectuer quelques tournées de réunions et venir puiser, dans le calme de nos champs, dans le solide bon sens et dans la chaude affection de mes amis un peu de sérénité et de réconfort en des heures où les difficultés ne nous firent point défaut.
Mais la crise qui déchire le monde, affame des contrées et des millions d’hommes et qui a atteint à son tour notre pays, les problèmes qu’elle a posés, les tâches urgentes multiples qu’elle nous a insposées ne m’ont guère laissé de répit.
Les redressements, les rassemblements qu'ils nous a fallu opérer, les batailles que nous avons du livrer pour défendre la République menacée, les fonctions, enfin, que j’ai, acceptées à la Commission des affaires étrangères, à la Commission de l’aéronautique, ù la Conférence internationale -dés anciens combattants m’ont occupé et préoccupé comme vous le pensez.
J ai tenu, néanmoins, à ne décliner dans mon arrondissement aucune invitation et tous mes jours libres lui ont été consacrés. Je suis accouru, enLre deux trains, vous faire part de mes craintes, de mes angoisses, de mes espérances, vous dire nies efforts.
J ai, chaque fois qu’une loi nouvelle, qu’un événement important vous intéressaient plus particulièrement, adressé à vos mairies des notes, des circulaires avec les textes commentes et des renseignements pratiques. J’ai toujours été à la disposition de chacun de vous.
J’ai voulu, car telle est ma conception constamment affirmée, à ne pas être seulement un e uslateur, mais effectivement un représentant du peuple, le confident, parfois le conseiller. toujours 1 ami de ceux qui ne savent où frapper ef que personne ne défend.
Je n ai pas, tout seul, résolu la crise et transformé le monde. J’ai fait de mon mieux, j ai servi de toutes mes forces et de tout mon cœur la cause du peuple. J’ai voulu, de toute ma volonté, obtenir pour tous le pain, la liberté, la paix.
La crise :
en àî eniictenu il y a longtemps déjà* Je vous en aî dit les causes. Qui songe à contester, aujourd’hui, qu’elle soit le fait du désordre et de l’égoïsme d’un régime qui ne connaît d autre loi que le prolit individuel sans aucun souci de l’intérêt général.
■ e vous le répéterai * ussi longtemps qu’il le faudra : il n’est pas admissible, il n’est pas
compréhensible, il n'est pas humain qu'à l’heure où les machines et le progrès leur ont donne le moyen de créer, avec un minimum d'eflorts, toutes les richesses et de donner le bien-être à tous, l'immense majorité des hommes et surtout des producteurs soient dans la gêne ou dans la misère.
Je répète et je répéterai inlassablement, tant que durera un tel état de choses qui sera le scandale de l’histoire, qu'il n est pas admissible que Ton meure de faim sous prétexte qu'il y a trop à manger.
L'économie libérale est morte*
Le régime capitaliste a, depuis la nuit du Moyen-Age, organisé la production. Il y a mis du génie, reeonnaissons-le. Mais prisonnier de son égoïsme et victime de la loi du profit, il n'a pas su ensuite organiser la répartition. La répartition entre tous du travail disponible, c'est-à-dire du pouvoir d'achat, source de bien-être pour chacun, source de prospérité pour tous.
Cela s'appelle le socialisme. Il porte en lui, plus que jamais, la seule chance qu’aient les hommes de s'évader de la misère.
D'urgentes réformes, en attendant, s’imposent :
Il faut réduire, afin qu'il y ait, je le répète, un pouvoir d'achat pour tous, le temps de travail de chacun ;
Etablir un régime de retraite suffisante pour que les vieux puissent se reposer et les jeunes ne pas rester inactifs et désespérés ;
Concevoir et exécuter un plan de grands Lravaux d'utililé publique, pour les campagnes aussi bien que pour les villes, en associant l'effort de l'Etat et des collectivités à l'effort de l'épargne légale;
Revaloriser les produits de la terre, lutter contre la spéculation et la vie chère;
Créer un office national des céréales et des engrais pour supprimer la dîme prélevée sur le producteur et le consommateur;
Développer le crédit agricole pour venir ea aide à ceux qui n'ont d'autre capital que leurs bras et qui sont, trop souvent, victimes des usuriers ou des pilleurs de l'épargne;
Réglementer, pour protéger cette épargne, la profession de banquier et le commerce de l'argent ;
Contrôler effectivement le bilan des banques et des sociétés anonymes ;
Interdire aux fonctionnaires retraités ou en disponibilité d'appartenir aux conseils d'administration de ces sociétés ;
Faire, enfin, de la Banque de France, aujourd'hui organisme privé, la Banque de la France.
Tl faut reviser, s’il en est temps encore, les marchés et nationaliser les industries de guerre ;
Réprimer impitoyablement les gaspillages dans les administrations civiles et mili- 1 taires ;
Instituer une caisse des pensions pour les véritables victimes de la guerre ;
Procéder à une réforme démocratique du système des impôts comportant une détente fiscale eu vue de la reprise économique ;
Et créer des ressources par des meures atteignant les grosses fortunes, qui ne sont pas frappées, par rapport aux petits revenus, comme elles le devraient;
Réprimer, enfin, impitoyablement, de même que la fraude sur les valeurs mobilières, 1 évasion des capitaux à l'étranger.
Ce sont, là des grandes lignes d'un plan qu’a fait sien le Rassemblement populaire et que j 'approuve, pour ma part, sans réserve.
La paix :
J’ai trop souffert de la guerre, j'ai trop vu ce qu'elle coûte, les misères qu’elle engendre, les deuils et les ruines qu'elle accumule pour ne pas aimer la paix.
Mais il ne suffit pas de V aimer et de la vouloir, il faut l'organiser. Et ce n'est pas simple dans un monde bouleversé et malgré ceux qui croient avoir intérêt à la guerre.
Je dis bien croient avoir, car, cette fois, le cataclysme n1 épargnerait rien ni personne. Ni situation : que les égoïstes l'apprennent. Ni fortune : que les profiteurs le sachent. Ni régime : que les dictateurs en soient persuadés.
La course aux armements et les alliances particulières ont toujours conduit à la guerre.
La paix réside dans l’organisation de la sécurité collective par l'assistance mutuelle, la définition de l'agresseur et l'application solidaire des sanctions contre lui.
Dans une limitation, puis une réduction générale des armements sons le poids desquels succombent les peuples.
Dans la nationalisation du commerce privé des armes, c'est-à-dire la suppression des monstrueux bénéfices qui incitent trop volontiers ceux qui en profitant à pousser au surarmement, sinon à la guerre.
La paix réside dans le renforcement de la Société des Nations et dans des négociations publiques remplaçant définitivement la trop dangereuse diplomatie secrète.
C'est a Genève qu'est la paix. La Société des Nations n'a que vingt ans d’existence ; elle n'a encore pu Imposer sa loi au monde. Elle n’a pu empêcher toutes les guerres. Elle n'a pu s'opposer à telle agression en Asie. Elle n’a pu empêcher telle aventure coloniale. Mais elle a règle pacifiquement combien d'autres conflits !
N'eût-elle empêché que cinq guerres sur dix, n’en eût-elle empêché qu'une, nous devons lui en avoir une infinie reconnaissancé.
Sans elle, Il n'y avait, après le récent coup de force d'Hitler, qu'un recours : la mobilisation, comme en 1914. Sans elle, où serions -no us?
11 faut la défendre. C’est votre devoir et votre intérêt* Il faut V aider à vivre, à grandir, à se fortifier. Un jour elle imposera sa loi et jugulera la guerre.
Telle a été ma position à la Commission des affaires étrangères, à la Conférence internationale des anciens combattants, dans tontes les assemblées où j'ai eu l’honneur de siéger.
Je ne veux pas, moi, que la jeunesse d'aujourd'hui connaisse notre sort. Je ne veux pas désespérer et accepter sans lutte la fatalité de la guerre.
La République :
Certains ont prétendu rendre la République responsable de la crise mondiale, des difficultés qui sont partout. Et ils ont pris prétexte d’un scandale financier comme on en vit, hélas, sous tous les régimes et à toutes les époques (comme on en verra tant qu'une justice, dure aux pauvres, indulgente aux grands escrocs, ne sera pas réformée et épurée), pour mener l'assaut contre elle.
Le moment était vraiment, bien choisi pour nous prôner comme on fa fait la vertu des dictatures.
En Italie et en Allemagne, ils ont perdu la liberté ce bien si précieux aux Français* — Us ont gardé la crise, sinon la misère. Les uns ont, en plus, trouvé la guerre.
Je ne sais pas si l'enthousiasme de ceux qui souffrent et meurent sur la terre d’Ethiopie est aussi grand que le prétend la presse fasciste? Je ne sais pas si les contribuables italiens à qui la guerre d'Afrique coûte un milliard par mois, sont aussi heureux qu’on veut bien nous le dire ?
Les régimes d'autorité et le pouvoir personnel? Nous en avons nous-mêmes, sans chercher plus loin, fait Y expérience en France.
La première fois, cela a commencé le 18 brumaire. Les grenadiers de Bonaparte, aux applaudissements des badauds ont jeté dehors les assemblées élues qui, évidemment, pas plus qu'aujourd’hui, ne faisaient de miracles.
Cela a fini le 18 juin 1815, dans îa plaine de Waterloo*
La France était saignée à blanc. Sa jeunesse pourrissait sur tous les champs de bataille de l’Europe. Ses frontières ouvertes, les alliés marchaient sur Paris.
La deuxième fois, ce fat le 2 décembre. A la faveur de la nuiL, l'autre Napoléon, celui, que Victor Hugo a appelé le petit, fit par surprise son coup d’État et chassa, lui aussi, les représentants du peuple,
Cela finit h Sedan, où l’empereur qui avait jeté la France dans la guerre, se rendit à son cousin le roi de Prusse. La Nation, une fois de plus, était envahie, rançonnée, ampuLée de deux de ses provinces.
Deux fois, cela suffit*
La République! Elle a payé les dettes de ces gens-là. Elle a repoussé l’agression de Timpérialisme prussien en 1914. File a placé la France au premier rang des nations. Et dans la crise qui déchire le monde, elle se défend mieux que les autres, il faut le dire parce que c’est la vérité*
La République, aidez-nous à la défendre, à f épurer ensuite, à la réformer enfin.
Gouverner ;
Il faut pour cela renforcer le pouvoir de l’fîlat. Dissoudre toutes les ligues armées qui n apportent que le trouble et l’inquiétude. Assainir la vie publique en votant enfin la loi que nous avons tant réclamée sur les incompatibilités parlementaires,
Assurer l’indépendance de la presse. Maintenir l’absolue liberté d'opinion, mais réprimer efficacement la diffamation et le chantage.
Assurer la vie de Técole publique*
Garantir à tous, élèves et maîhes, la pleine liberté de conscience, notamment par le respect de la neutralité scolaire et des droits civiques du corps enseignant.
Je professe depuis dix ans - et c’est le seul point sur lequel je me suis trouvé en désaccord avec mes collègues du parti S. F. I. O - qu’il est indispensable que le socialisme a qui les événements, tous les jours, donnent raison, qui est riche denergies et de possibilîlés, participe au Gouvernement de la République*
En attendant d’avoir tout le pouvoir, il faut se contenter d’une partie du pouvoir II
faut seconder ou diriger ceux qui, avec nous et contre les tenants d'un passé mort, veulent s en charger.
Après s’être entendus au premier ou au deuxième tour pour solliciter les suffrages des électeurs, il faut s’entendre au Parlement pour gouverner ensemble sur un pro-ramme
Alors et sur les principes que je vous ai esquissés à grands traits* sera-t-il possible sans doute de bâtir une France juste, prospère et respectée et d'appeler à son exemple le monde à se pacifier.
Ma seule ambition est d’être pour le peuple, qui m’a fait de sa substance et nourri de son pain j un modeste serviteur de cette cause.
Vive la Nation !
Vive la République î Vive la Paix 3
Henry Al\ DR AUD
Député sortant*
Secrétaire de la Commission des affaires éiran^ères.
Secrétaire de ia Commission de raéronauüque.
Delègue français à lt Conférence internationale des anciens combattu] ts. Maire df Eglise nei ive-d 'E ti iraig u es *
Candidat socialiste*
LÏ7
lr0 circonscription de RIOM*
M. E>hle MASSE
(Group© républicain radical et radical-socialiste-)
Elu pour la P'e fois le 29 avril 1928, — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936,
Mes chers Concitoyens,
Pour la troisième fois, j’ai l'honneur de solliciter vos suffrages. Je vous demande d’examiner, de peser, déjuger mon programme en toute justice et, devant votre conscience, j’ai confiance en elle.
J’ai passe toute ma vie au milieu de vous, n’ayant qu’lme volonté : être utile. N’ai-je pas continué à répondre au désir de chacun, heureux, si j’abou lissai s? N1 ai-je pas entendu les appels de toutes les collectivités économiques ou administratives et essayé de toutes mes forces et de tout mon cœur de faire aboutir leurs justes demandes?
Je n'avais pas 20 ans que je me mêlais aux luttes politiques aux côtés de mes chefs républicains, à côté, ensuite, de mon ami Clémcnlel*
Je n’ai pas varié. Je ne suis donc, ni un partisan de circonstance, ni un homme versatile*
Mes idées politiques sont nettes, je respecte la personnalité humaine dans son intégrité, depuis la liberté de conscience, jusqu a la liberté de penser. Seules, les manifestations ou les attaques de force, attentatoires à la Constitution, à -l’ordre public, à la personne privée, doivent être proscrites. If Etat a le droit et le devoir même, aussi bien de les réglementer que de les proscrire.
Je suis pour l’évolution contre la révolution, évolution basée sur la propriété individuelle, donnant à chacun la contre-partie de ses labeurs et de ses privations, pour permettre de prospérer cl lui donner la certitude du lendemain pour soi meme et pour tous les siens.
Ma conviction entière est que notre Constitution est la plus apte à répondre à ces besoins; qui de vous peut nier que le grand parti qui est le mien, n’a pas, depuis plus de vingt-cinq ans, toujours tendu vers cette grande œuvre, s’honorant de nos grandes lois sociales votées, soit sur son initiative, soit avec son concours.
Adversaire de toute dictature, qu’elle émane d’un homme ou d’une puissance d’argent, je suis de ceux qui pensent que l’humanité est toujours à parfaire et que la marche vers un idéal social ne doit jamais s’interrompre, car les besoins sont toujours nouveaux.
La législature qui vient de se terminer a connu les difficultés les ■ plus grandes. Son œuvre était délicate et ardue, puisqu’il s’agissait d’imposer des sacrifices, chacun s’imaginant que l'Etat s’adressait à lui seul et ne frappait pas également le prochain. Il s’agissait de l’existence de la nation. J’ai voté suivant ma conscience, maïs, hélas, 1 homme ne peut pas toujours diriger les événements, il est parfois mené par eux. Je n’ai pas la prétention d’affirmer que je ne me suis pas trompé, mais ce qui pouvait être la vérité, au moment du vote, devenait une erreur à l’heure de l'application. Les décrets-lois devaient, dans mon esprit, amener une diminution correspondante des prix des choses essentielles.
Je suis partisan de leur humanisation et de leur non-extension, car si la masse n’a pas d’argent pour ses besoins essentiels, il y a ralentissement de la vie économique. Qui, en toute bonne foi, peut prétendre que je suis l’adversaire des paysans., des ouvriers, des modestes fonctionnaires, des anciens combattants ?
La Chambre nouvelle sera en présence de problèmes encore plus inquiétants» Il lui faudra liquider la crise* J aurais honte de faire de la démagogie par des promesses que je ne pourrais tenir. Je me jugerais indigne de votre confiance si je vous taisais la vérité.
Un budget en déficit, une dette accrue, les emprunts faisant courir la nation à la ruine, les recettes de l'Etat diminuant,. les départements et les communes forcés dbmposer des charges puisque les besoins augmentent, telle est la situation devant laquelle nous nous trouvons. Que certains pensent de bonne foi à des mesures étatistes ou révolutionnaires, c’est leur droit, mais il n’y a qu'à jeter les yeux sur certaines nations d1 Europe ou d’Amérique pour voir qu’il n’y a pas eu des décisions efficaces.
Je suis de ceux qui estiment que le salut du pays se trouve dans la production revivifiée a un prix rémunérateur pour le producteur et ie travailleur,
La nation sera ainsi à nouveau prospère. Il sera alors possible de diminuer les charges, de donner aux fonctionnaires un traitement répondant à leur labeur, de réparer les torts faits aux petits rentiers et aux retraités et de conserver les droits de ceux qui ont sauvé la France en 1914.
Le stade réalisé, il faudra en assurer la pérennité par une reforme constitutionnelle dans Tordre gouvernemental, il faut assurer la stabilité ministérielle* Un Président du Conseil, sans portefeuille, qui gouverne sous le contrôle du Parlement, Un Ministère qui ne pourra être renversé que par une majorité très forte et que sur une question intéressant toute la nation» En ce cas, la Chambre des Dé pu Lés sera dissoute de plein droit afin que Pëlecteur puisse décider lui -même sur la question.
Les chutes de ministères répétées nuisent à la gestion de la nation, déconsidèrent ie Parlement et peuvent ébranler le régime républicain lui-même, auquel je suis attaché autant que quiconque.
Voilà pourquoi j’ai soutenu pendant la législature les gouvernements; je Tai fait à un moment où surtout se posait la question extérieure, j’ai agi de bonne foi, même si j'ai pu me tromper sur certains points.
Le député devrait être élu par une circonscription très étendue ; les lois devraient être soumises aux groupements économiques et professionnels intéressés, pour étude cl préparation des textes; au-dessus d’eux, Je Parlement, expression de la volonté populaire, qui décide en toute connaissance et prend en main l’intérêt général ; l’économique doit primer la politique.
Dans l’ordre intérieur, un budget sincère, une monnaie saine et sûre, une prudence extrême et une sagesse avertie en matière budgétaire constitueront le seul moyen d'assurer^ sous une répartition plus juste des charges, le respect des droits et des intérêts de chacun. Point de promesses démagogiques et de surenchère électorale qui disparaissent le soir de P élection,
yS Agriculture :
L1 agriculture a vécu les heures les plus douloureuses, elle a connu de véritables catastrophes, La crise en était un élément mais n’en était pas la cause*
Les gouvernements ont cru que la grande quantité de blé était ebose indispensable : (K L’épi ne devait-il pas sauver le franc 7 » Une culture de blé plus intensive et plus étendue, des importations massives de blé exotique faites sans contrôle et sans surveillance ont pesé sur les marchés et provoqué la baisse des prix d’achat au producteur.
J’ai, de toutes mes forces et de tout mon concours, aidé et soutenu la politique d'absorption des excédents» J’aî voté le stockage, la dénaturation, la distillation, les avances par IfEtat à la culture cl personne ne peut nier qu’une amélioration des cours s’est déjà produite.
Il est vital de poursuivre cette revalorisation jusqu’à un prix rémunérateur par des mesures d'ordre intérieur et d’ordre extérieur*
Dans Tordre intérieur, il faut laisser T assolement triennal se réaliser et, pour ce, faire
le stockage, en ne laissant libre que la quantité de blé assurant le libre jeu de î’oïïVs et de la demande.
Avant le battage, le prix doit être fixé, afin d'éviter la spéculation, le stockage réalisé au moment du battage afin d'assurer l'équilibre entre notre région et les pays de grande culture. L'Etal devra consentir à ce moment à des avances aussi élevées que possible* afin de ne pas laisser le paysan dans l'obligation de vendre à vil prix, pour se libérer de ses créanciers.
11 y aura lieu enfin d’aider le travailleur du sol dans des cultures de remplacement, fruits, tabac, etc., que la Li magne peut produire, dans de bonnes conditions.
Dans l'ordre extérieur, des décisions énergiques s’imposent, la détention de grande quantité de blé était nécessaire et l’on a importé, — je Tai cru — Terreur était entière. L’importation doit être proscrite, et, si vous me renouvelez votre confiance, je m’engage à déposer dès la rentrée dos Chambres, un projet de loi supprimant purement et simplement T ad mission temporaire.
Les contingentements doivent être contrôlés. Il ne doit plus être toléré que l'étranger puisse faire entrer en France des produits du sol étranger comme contre partie d'objets manufacturés , ou autres, achetés en France. Le Ministre de l'Agriculture doit avoir la surveillance eL le contrôle sous son entière responsabilité.
Notre fertile Li magne est une grande productrice de pommes de terre. La France devrait en assurer l'écoulement dans nos colonies, et la moitié de lu production du contingentement a frappé fa betterave au cours des récoltes et laissée, au producteur lui causant des pertes énormes; de pareilles décidions ne peuvent être admises.
Membre du Comité consultatif de la viticulture, je suis intervenu pour défendre vos droits dans les differentes dispositions législatives, d'accord avec vos associations et groupements viticoles; je continuerai a soutenir vos intérêts par la vente rémunératrice du vin et le respect des droits dus au producteur viticole.
Les semences et les engrais doivent bénéficier de prix de transport très réduits. Vos charges seront allégées et les Compagnies de chemins de fer trouveront dans une circulation plus intense une compensation aux concessions qu'elles auront consenties.
Le futur Parlement aura à liquider la crise. Il ne devra pas oublier que la prospérité de l'agriculture est essentielle a la vie de la Nation : que pour retenir le travailleur à la terre, ce n’est pas seulement avec le mieux-être dans les campagnes, mais surtout encore, en lui permettant une vente rémunératrice. Pour atteindre ce but, cette politique économique et agricole doit être poursuivie d'accord avec vos organismes agricoles.
Le commerce et l'industrie :
La crise a durement frappé ; le commerce et Tin du strie doivent être revivifiés pour assurer la prospérité nationale; TEtat doit encourager l'initiative privée, instituer un crédit commercial plus large avec un escompte plus réduit, protéger la production française contre celle de T étranger et contre l'accaparement.
Le commerçant et l'industriel doivent être mis sur un pied d'égalité avec les autres Français au point de vue fiscal, et le contrôle ne doit être ni exagéré ni prolongé.
Le commerçant et l'industriel doivent être défendus dans leur profession parle casier fiscal,
ITartisan :
Nos campagnes n'ont plus l'entière possibilité de trouver à leur côté le professionnel ouvrier qui leur est nécessaire. 31 est donc de toute obligation de faciliter l'artisanal par Tapprenlifsage et le crédit, de ne pas le soumettre à une fiscalité excessive, même parfois au delà de la loi.
Les anciens combattants :
Toujours attaché à leur intérêt et dévoué à leur cause, j’entends rester toujours en relation avec leurs groupements, ces derniers, en effet, sont p]us capables que quelconque pour préciser leurs revendications; je resterai à leur côté, mon concours leur est acquis sans restriction ; ils ont des droits imprescrîpiiples, mais avec eux, je pense que la justice la plus stricte doit réglementer Je droit à pension et la carte du combattant.
La famille et la jeunesse :
Une nation ne peut vivre si la famille n'en est la base. A un moment où la crise frappe chacun, les familles nombreuses doivent être défendues et aidées.
Je suis partisan du vote familial et j’estime que tous les Français doivent être égaux dans Laide que 1 Etat apporte aux familles nombreuses,
La jeunesse se demande avec inquiétude de quoi demain sera fait. L’apprentissage réglementé, un salaire utile obtenu, la réduction de la main-d’œuvre étrangère afin d’assurer le travail aux Français, réorganiser les administrations, afin d’assurer la contre partie des études.
Il est de toute sagesse d’organiser une sérieuse orientation professionnelle afin que chacun soit dirigé suivant ses aptitudes et puisse faire valoir son mérite.
Les décrets-lois :
Décidés à un moment où la situation financière était critique, ils ont été promulgués dans un délai qui n’a pas permis une étude suffisante; certains ont même produit des conséquences contraires au but qui était recherché.
Je suis contre leur extension, leur humanisation doit être poursuivie jusqu’au moment où il sera possible de les supprimer, l'œuvre a déjà été entreprise, elle doit aboutir; mon concours dévoué est entier à toutes les catégories de Français qui en ont souffert.
La question extérieure :
La France proscrit la guerre comme le crime le plus monlrueux. Toutes ses espérances se sont placées dans la Cour internationale de la Haye et dans la Société des Nations ; elle est prête à accepter toutes les ententes pour aboutir à un pacte général des peu pics qui, assurant ta sécurité collective, aura pour aboutissant le désarmement général et la paix définitive.
Sincèrement elle tend la main en demandant à toute nation de V accepter loyalement et entièrement. Elle est même désireuse, dans le cadre de la Société des Nations, d’examiner toute proposition qui respectai a scs droits et ceux des nations plus faibles. Elle répudie toute décision unilatérale : elle ne peut admettre que le droit et non la force.
Elle mettra tout en œuvre pour réaliser *
La France ne peut oublier ce rôle magnifique d’apôtre de la paix, respectueuse de la parole donnée et désireuse d’une paix universelle, niais elle ne peut non moins oublier qu’elle doit prendre toute décision et agir pour qu elle reste maîtresse de sa destinée.
Ciloyens !
Le mandat de député exige de la conscience. Il est nécessaire de le placer au-dessus des contingences.
Je l'ai fait, j’ai placé Tintérêt supérieur du pays, au-dessus de tout. J’ai pu me tromper, . mais ce que j'affirme, c’est que mes votes ne se sont inspirés que du seul devoir vis-à-vis de vous mêmes, vis-à-vis de la nation.
C'est donc le front haut que je me présente à vos suffrages*
Si j’ai l'honneur et la charge de vous représenter à nouveau, je continuerai à travailler «'ayant d’autre ambition et ne recherchant d’autre récompense que de mériter encore plus votre confiance et d'être digne de votre estime.
Vive larron disse ment de Ri oui !
Vive la République démocratique et sociale I