LA FÉDÉRATION SOCIALISTE
4 5 circonscription de BÉTHUNE.
M. Hknki CADOT
(Groupe socialiste.)
Elu pour la Fe fois le 26 avril 1014* — Réélit les 36 not'embre 1919, 11 mai 1924,
22 avril 1928 et 3 mai 1936,
(Voirie programme du Parti socialiste S, F. I. ü., p, 3,)
Chers Concitoyens !
Vous êtes appelés, le 26 avril, à désigner îe représentant au Parlement de la 4e circonscription de rarrondïssement formée par les cantons de Béthune et de Cambriu,
. La Fédération socialiste du Pas-de-Calais m’ayant selon les indications de maintes démarches pressantes faites auprès de moi par toutes les sections et par de nombreux maires, amis, militants républicains et laïques de la circonscription, désigné comme Candidat, je viens, pénétré de la gravité de la situation actuelle, me présenter à vos suffrages et solliciter le mandat législatif actuellement détenu injustement par la réaction.
Vous trouverez, dans la notice biographique jointe à cet envoi, les raisons pour lesquelles j’ai accepté d’être candidat dans cette circonscription que je connais très bien puisque j’ai été le député du canton de Béthune pendant quatorze ans, de 1914 à 1928, et que j’y ai bataillé de 1902 à 1914 à chaque élection législative*
Mon passé, vous Je connaissez. Déjà, en 1S85, je combattais pour la République et îe progrès social.
Socialiste depuis toujours, j’ai toujours été fidèle à mon Parti, j’ai consacré toute ma vie au bien public, et j’ai constamment combattu pour la défense des libertés syndicales et démocratiques.
Pendant quatre législatures à la Chambre des Députés, dont une a été le témoin de 3a catastrophe mondiale 1914-1918, et pendant cinq années an Sénat, tous mes efforts ont été tendus vers un but unique : guider, conseiller, soutenir mes compatriotes, rendre service à tons, collectivités et particuliers.
Mon programme, c'est celui du Parti socialiste, de ce parti qui a déjà une longue histoire et qui est né d'un acte de foi dans le peuple et d’une volonté résolue de réalisations démocratiques*
Seule, l’application de ce programme est susceptible de mettre bu au gâchis dans lequel nous a plongés J a politique des Gouvernements de droite ou plutôt la politique qui leur a été imposée par les deux cents familles qui contrôlent la totalité de l'économie de notre pays garces que tout est dans leurs mains : transports, assurances, électricité, mines, établissements de crédit, grands magasins, p ri su nie, presse, eLc,
La faillite de celte politique imposée aux Gouvernements par une oligarchie de banquiers et d'industriels :
Au moment ou le corps électoral va porter son jugement, il n’est pas inutile de faire le point.
Il y a dans le pays des centaines de milliers de chômeurs. Dans les entrepôts et- dans les magasins sont accumulés des stocks de charbon, de blé, de sucre, de vêlements, de chaussures, de produits de première nécessité, alors que de nombreux êtres humains souffrent de la misère, du froid et de la faim.
Le malaise pèse sur les producteurs, l’hypothèque frappe à nouveau le monde rural, les. ateliers se ferment, les faillites se multiplient, l’angoisse désole et désoriente la jeunesse, le déficit mine le Trésor et ébranle l’Etat, la guerre menace le monde.
Quel est le coupable ?
Ce n’est surtout pas le Parti socialiste qui n’a jamais ni détenu ni inspiré le Pouvoir ; les responsables, ce sont les partis de droite et les puissances financières et économiques qui
les dominent et les dirigent. ^ . , -
La droite devait, au lendemain de la tentative du coup d’Etat du 6 février 1Ô3^? rétablir l1 ordre dans les finances, faire l’équilibre budgétaire, mettre fia aux emprunts, rétablir la prospérité, ranimer l1 économie, défendre la République*
Quel a été le résuUal de ces belles promesses?
Le bilan de l'expérience Doumergue a été un déficit réel de 5 milliards, une aggravation de J 9 milliards de la dette publique, un effondrement des prix des denrées agricoles, une progression continue ries faillites.
Puis, ce fut Laval et ses fameux décrets-lois, que le bon sens populaire a baptisée décrets- loi s de misère, qui ont frappé lourdement les anciens combattants, victimes de la guerre, fonctionnaires, petits retraités, petits commerçants, bénéficiaires de diverses luis; d’assistance et, par répercussion, toute la classe ouvrière de France*
Cette politique de superdéfïation à outrance qui u a fait qu aggraver la misère paysanne,, la paralysie industrielle, le marasme commercial ; malgré ces mesures iniques et cruelles, le. déficit budgétaire augmente sans cesse, la dette s’alourdit, la trésorerie est aux abois, la crise s’accentue, le nombre des chômeurs augmente, l’armée des mécontents grossit chaque jour.
Ainsi donc, dans l’ordre économique, la réaction qui a fait la politique de la haute banque et du Comité des forges et des munitionnaires, n’a su créer que gâchis et misère*
En meme temps qu'elle a ruiné la pays, la politique de 1 union nationale a saboté la République.
Après quelques années de, celte politique et jusqu’à T avènement du Ministère Sarraut* que restait-il des institutions républicaines? Elles subsistaient dans leur forme-. Elles étaient vidées de leur esprit.
Au û février 1934, la souveraineté du suffrage universel a été violée par 1 attentat armée des ligues fascistes, attentat, que la droite a non seulement favorisé, mais auquel elle a participé.
Le Gouvernement a été installé au pouvoir par F émeute fasciste contre la volonté du suffrage universel.
Tous les républicains de notre pays ont heureusement résisté et le fascisme, malgré la complicité de Doumergue et de Laval, n’est pas passé.
Mais le péril n’est pas écarté ; les ligues, appuyées par la grosse industrie et la haute banque, se remuent de nouveau et s’arment* Demain il faudra encore livrer rie duis combats pour que la liberté ait le dernier mot ■ les républicains ne gagneront cette bataille que si, aux prochaines élections, les saboteurs de la République sont définitivement écrasés.
Dans Tordre extérieur, la droite a contribué à isoler la France; elfe a toujours manifesté sa sympathie aux régimes de dictature, compromettant ainsi singulièrement la cause de la paix et, tout dernièrement, elle s’est honteusement alliée à Hitler*
Partout, la droite et le fascisme ont semé le désordre, la servitude, la déchéance, la ruine.
Triste bilan en vérité !
Cette fois, devant une telle évidence, les électeurs doivent être fixés.
Voter pour la droite, ce serait voter pour le fascisme et la misère organisée ; ce serait voter pour les deux cents familles qui rêvent d’asservir totalement notre pays ; ce serait voter pour I étranglement de nos libertés et pour la guerre.
Notre plate-forme électorale :
Electeurs, vous allez avoir à dire ce que vous pensez de cette politique de confusion de négation et de désastre.
Le maît vous îe sentez bien, est partout et profond.
Pour remédier â cette triste situation, le Parti socialiste, vous soumet tout un programme de lutte contre le fascisme et la crise dont vous trouverez ci-après les principales tâtes de chapitres, f
Défense des libertés démocratiques contre le fascisme et rétablissement de la souveraineté populaire :
A cet effet, notre Parti réclame :
Le désarmement eL la dissolution des ligues paramilitaires du fascisme et l’application stricte des lois de défense républicaine votées sous la pression de la gauche par le Parlement. 1
L'application et le respect du droit syndical pour tous ; le contrôle des ressources de la presse
La création d'un service public national d’éducation fondé, à tous les degrés, sur la latcilé intégrale, la gratuité et la sélection: l’abrogation du décret-loi sur les écoles normales.
Réparation des injustices commises au détriment des anciens combattants, des 1 onction naires, des cheminots, des retraités et des vieux travailleurs :
Pour obtenir ce résultat, le Parti demande :
L’abrogation des décrels-lois iniques qui ont touché aux droits des anciens combattants et vieil rues de la guerre, qui ont réduit les traitements, les pensions, les allocations d’assistance, dcerels-lois qui ne frappent pas seulement les travailleurs de l'Etat, maïs aussi, par 4jne répercussion inévitable, îa masse des salariés et la masse des producteurs.
Soulagement sans délai des misères cruelles causées par la crise, par :
La création immédiate d'un fonds national de chômage ;
L institution d un système d assurance chômage compris dans un système général d assurances publiques contre tous les risques sociaux et gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;
L organisation de la lutte contre tous les fléaux sociaux : tuberculose, cancer, etc.
Assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre p par i
La diminution des heures de travail sans diminution des salaires ;
La mise en vigueur de contrats collectifs et de vacances payées ;
La conslruciion d 'écoles, d hôpitaux, de sanatorias, d'habitations à bon marché ;
La mise en train d’un vaste programme don tillage national dressé sur Pinitiative des départements, des communes et des organisations professionnelles ;
La prolongation de la scolarité.
Assurer des débouchés aux cultivateurs ;
La production agricole souffre de l'insuffisance des revenus consommables* Elle béné-
ficie de toute reprise générale de l'activité et* en particulier, de tout accroissement de la masse des salaires et traitements.
Aux agitations désordonnées, vides et périlleuses des dirigeants du « Front paysan », coalition de châtelains et spéculateurs qui exploitent la misère du paysan, le Parti socialiste oppose sur 3e plan agricole, une politique d action méthodique, réfléchie, répondant aux nécessités de l'heure*
Paysans ! sans plus attendre, connaissant vos besoins, nous réclamons avec vous, îes mesures suivantes :
Le moratoire des dettes ; une politique de larges crédits aux producteurs ;
La révision de la loi sur les fermages ;
La revalorisation immédiate des produits agricoles en fonction de leur prix de revient, par l'organisation de la production agricole et des marchés au moyen des offices nationaux à base professionnelle (blé, bétail* etc.) ;
La gestion par des offices, du commerce extérieur des denrées agricoles, afin que ^importation soit faite uniquement pour les besoins réels et non pour les profits des spéculateurs ;
La diminution des prix de revient et des charges qui frappent les produits agricoles par la constitution d’un office d’engrais et la nationalisation de l’élec tri ci té ;
L’assurance contre les risques et calamités agricoles, comprise dans un service public des assurances*
Assurer des clients aux petits commerçants et aux artisans :
Le marasme commercial procède des mêmes causes que la mévente et l'avilissement des prix pour lTagriculture. Le petit commerce profilera dans les mêmes rond s lion s, des dispositions qui ranimeront la consommation et les échanges; il bénéficiera tout particulièrement delà détente fiscale dont il sera parlé ci-après et dont l’objet est de réduire la marge entre les prix de revient et les prix de détail*
Nous réclamons par surcroît :
La révision des cessions de fonds, la révision des baux, la propriété commerciale inté* grale.
Libérer les producteurs, commerçants et paysans de Toppression fiscale qui pèse sur eux :
Pour atteindre progressivement l’équilibre total des budgets, le Parti entend d’abord surmonter la crise en, augmentant le pouvoir d’achat des masses, en ranimant la production et en allégeant la vie économique qui ploie sous un vieux système fiscal pléthorique et inique, fait d’impôts innombrables, superposés et propices à la fraude.
11 réclame donc :
La suppression des 140 ou 150 impôts et taxes existants, et leur remplacement par le produit des nationalisations des industries-clés et trois catégories de contributions :
1° Un impôt sur le revenu global, progressif, à des taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital et, dans l'intérêt de la consommation, à des taux légers à a base ;
2° Un impôt sévèrement progressif sur le capital des successions et donations, léger pour les petites fortunes nées du travail, le rendement de cet impôt étant assuré par la répression de îa fraude, la suppression de l'anonymat des valeurs mobilières et par les titres à ordre ;
3° Quelques taxes générâtes non superposées et à perception unique remplaçant toutes les taxes directes ou indirectes sur la production et la consommation, les denrées de .première nécessité eu étant exclues et des ristournes compensant les charges des familles nombreuses,
, L'ellserab!e de CGtte fiscalité simple et claire serait atténué non seulement par la répression de la fraude, mais aussi par la diminution des charges résultant :
— de la création des caisses de pensions destinées à maintenir les- droits des anciens combattants et victimes de la guerre ;
— d’un meilleur aménagement de la dette publique ;
— de la répression du gaspillage dans les grandes administrations ;
r ~ ***“ di,nfnu^* des clla,’Ses dc Ia Guerre, de la Marine, de l’Air, par la nationalisation des fabrications pnv#s d’armes et des grandes industries spécialisées et monopolisecs*
Rétablir l’ordre dans la production et restituer à la collectivité le profit des monopoles capitalistes :
Le Parti socialiste réclame la nationalisation des grands monopoles capitalistes pour en remettre la gestion aux travailleurs et aux usagers sous le contrôle de l’Etat :
Mmes, dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère au moment où les besoins de la h rance 1 obligent a importer le tiers de la consommation charbonnière;
Assurances privées, dont la gestion collective avec le concours des agcnLs et des assures libérerait 1 Etat de la souveraineté d’une oligarchie de financiers ;
ï>m pr",de*^u^“ métallurgiques, chimiques et électriques, qui pillent le budget de 1 L£aL et soufll-mt les conflits mondiaux dont elles profilent ;
Pétrole, sucreries et raffineries ;
; Grédd eL1b,tl<ïue avec aspect des droits des petits porteurs pour ; protéger la petite épargné abau «on-iée au pillage des écumeurs ; préserver du chantage et de la souveraineté des puissances financières, l’indépendance de l’Etat républicain.
Préserver la paix :
Nul n’est plus attaché à la paix que le Parti socialiste.
Cette paix à laquelle aspire tout le monde du Lravail est menacée de toutes parts et le cou it italo-ethjopmn ainsi que le dernier coup de force de la dictature hitlérienne viennent cl en faire apparaître la fragilité.
Le Parti socialiste dénonce avec énergie l’acte criminel d’Hitler qui constitue une violation unilatérale d’un traité librement signé.
Il affirme que la paix est indivisible, qu’aucune sécurité pour les peuples ne peut exister en dehors du respect des contrats internationaux dont la révision est toujours possible dans le cadre du Pacte dc la Société des Nations.
H rappelle que le fascisme est une constante menace de guerre et que toute l’activité dc ses partisans en b rance, Orientée contre les libertés démocratiques, a été, pour l’hiLlérisme, un puissant encouragement pour la préparation de son coup de force. C’est pourquoi il proemme a nouveau que la lutte contre le fascisme est inséparable de la lutte pour la
nre,,I^eV'eff0refà4Préaentde SC P°Ser Gn artisatI de la Paix- 11 ne P«ul donner une preuve de la sincérité de ses propositions qu’en adhérant à une convention internationale signee avec les autres Etats pour la limitation des armements.
fr îtUKC Ln^aôe ^0nc Conseil de la Société des Nations à convoquer une
conférence européenne qu, ait la mission d’organiser la paix vraie. Qu’à cette conférence,
elle soumette un programme de sécurité collective qui englobât et l’Allemagne et la Russie, l'Autriche et la Tchécoslovaquie, qui réalisât l’égalité entre toutes les nations, et qui enfin et surtout, établît un plan de désarmement progressif et contrôlé qui libérerait les peuples d’un fardeau qu’ils ne peuvent plus -supporter et permettrait de consacrer à des œuvres de vie les milliards engloutis dans l’œuvre de mort. .
Que ce plan soit offert à l’Allemagne.
Si elle l'accepte, elle devra siéger dans le sein de la famille des nations, en associée.
Si elle refuse, elle aura démontré qu’elle entend rester l’ennemie du genre humain.
Il appartiendra alors aux autres gouvernements et aux peuples d’organiser la paix sans p Allemagne hitlérienne et de prendre toutes dispositions et toutes les mesures de sécurité collective pour la maintenir.
C'est cotte politique constructive de la paix que le Parti socialiste demande au Gouvernement français de soutenir sans réserve à Genève,
Fonctionnaires, ouvriers mineurs, cheminots, employés de commerce et d’industrfe :
Noire Parti s'engage à défendre et à faire aboutir les revendications contenues dans les programmes établis par vos organisations syndicales respectives adhérentes à la Confédération générale du travail ; ouvriers mineurs, en particulier, nous continuerons les luttes que nous menons depuis tant d années pour améliorer vos salaires et vos conditions de travail | pour atténuer le chômage qui vous frappe si cruellement , pour vous protéger légalement contre les accidents ; pour vous donner des caisses de secours prospères, des retraites suffisantes et un logement convenable pour vos vieux jours,
Chers Electeurs î
Telles sont les grandes lignes du programme du Parti socialiste, programme de clarté, de vérité et de raison, qui, je le répète, est entièrement le mien*
Pour le faire aboutir, vous ne remettrez les destinées du pays quà des hommes de
progrès.
En ce qui me concerne, je continuerai la vie publique que je mène depuis plus de cinquante ans et que vous connaissez bien. Fidèle à mon parti, je continuerai a aimer le peuple et à le servir chaque jour, modestement, jusqu'à la limite de mes forces ; toujours, j'apporterai la même ardeur, le meme dévouement à la défense des interets de la classe
ouvrière et de tous les intérêts de noire région.
Si vous me faites l'honneur de m accorder votre confiance, je serai, comme par le passé, l'élu de tous ; je serai à vous et à la République démocratique et sociale,
ÏIexex CABOT
Ancien député de Béthune, — Ancien sénateur.
J Maire de Bruay-eu-Artpis.
Président du Syndicat unifié des mineurs du Pas-de-Calais Délégué cantonal.
Décoré de la Médaille du travail.
5e circonscription de BÉTHUNE.
M. Cyprmsn QUINET
(Groupe communiste,)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti communiste français, p. 16.)
Pourquoi vous voterez communiste !
Les élections législatives se dérouleront, cette année, sous le signe de la lutte contre la réaction* fasciste et contre la guerre,
■Aucun des électeurs de notre circonscription ne peut rester k l'écart du vaste mouvement populaire dont notre grand parti communiste a été l'heureux initiateur et qui a évité à notre pays la honte d’un régime de bestialité dont les masses laborieuses des pays à dictature fasciste ont a subir les tristes conséquences.
Vous voterez communiste, parce que notre parti est le seul qui puisse se présenter devant vous avec un programme de classe capable de vous sortir de la misère dans laquelle vous a plongé les 200 familles, qui pillent et mènent notre pays à la ruine.
Camarades électeurs manuels, intellectuels, petits commerçants, artisans, petits cultivateurs, chômeurs, vous tous qui êtes durement touchés par la crise et qui n'arrivez plus à manger à votre faim, notre parti communiste, champion de ta lutte pour Je pain et le travail, se présente devant vous en toute confiance en vous demandant d’approuver et de faire vôtre son mot d ordre : Faire payer les riches.
Il rdy a dans cette formule qu'une mesure de justice, car il est intolérable qu'une poignée d'individus continuent h s’accaparer des richesses du pays pour leur seul profit, cependant que des millions de travailleurs meurent de faim*
Vous voterez communiste, marquant ainsi votre volonté dren finir avec ce régime de misère*
Vous voterez communiste, car, ainsi faisant, vous marquerez votre désir de vivre en paix en vous opposant aux desseins guerriers des Hitler et Mussolini, qui ne rêvent qu’à mettre les pays d’Europe à feu et à sang.
Vous voterez communiste pour ce grand parti de la liberté qui, par son action inlassable, est parvenu à dresser, face aux bandes fascistes, agents de l'étranger, le bloc du Front populaire, luttant pour la sauvegarde des libertés démocratiques et pour la défense de la République*
Vous voterez pour le candidat du parti communiste, qui est celui qui vous donne le plus de garantie dans la défense de vos intérêts.
Ce candidat, vous le connaissez tous * e est celui que vous avez envoyé siéger, le 14 avril 1935, au Conseil général, où il a fait montre de la plus grande activité, prenant la défense des pau\ies contre les riches, Ee candidat, c'est notre camarade Quînet Cyprien*
C est à lui que la réaction et Je fascisme ont voué une haine farouche et qu'ils viennent de faire condamner à un mois de prison pour son activité antifasciste.
Notre camarade candidat est le militant désintéressé se donnant entièrement à la causé
des siens, de sa classe et qui a conquis Tes Lime et la confiance de T ensemble des travailleurs de la mine, de toutes les masses laborieuses de notre région*
En Renvoyant siéger au Parlement, vous êtes certains d'avoir en lui un défenseur ardent, un ennemi irréductible de la réaction et de vos exploiteurs, qui renforcera notre fraction communiste parlementaire, qui a fait preuve de la plus grande activité dans la défense des masses laborieuses de notre pays*
Le choix ne pouvait pas être meilleur et, le '26 avril, vous en ferez le député du canton de Garvin comme vous en avez fait votre conseiller général.
Camarades électeurs !
Pour la défense des libertés démocratiques ;
Contre les factieux, assassins de notre camarade Fontaine ;
Contre la guerre ;
Pour du travail et du pain aux chômeurs ;
Pour faire payer les riches,
le 26 avril, vous voterez rouge sur le nom du candidat communiste.
Vous ferçz triompher le Front populaire en infligeant une défaite cinglante aux candidats de la réaction fasciste*
Tous aux urnes, sans aucune abstention, pour 3e triomphe de notre candidat, la camarade
CrwuEN QUINET
Conseiller général du canif n de Ca vin*
Ancien corn La tant*
Secrétaire du syndicat des mineurs du Pas-de-Calais,
Vive le parti communiste, parti de Funité de la classe ouvrière, initiateur du Front populaire pour le pain, la paix et la liberté!
LE COMITÉ ÉLECTORAL
6' circonscription de BÉTHUNE.
M. Gaston BELTRÉMIEUX
(Groupe socialiste.)
Elu pour la lrfl fois le 12 avril 1931. Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F, L 0,? p. 3.)
Aux électeurs du canton d'Houdain.
Chers électeurs,
Le programme que vient de vous exposer mon excellent ami Gaston Beltrémieux, candidat à l'élection législative du 26 avril prochain, est entièrement le mien — celui du parti socialiste. Et nul mieux que Beltrémieux, qui milite à mes côtés depuis quarante ans; n’est qualifié pour le défendre et pour le faire aboutir.
Présenter Beltrémieux? Je crois n’avoir plus à le faire. Les sections du canton d’Houdain, en le désignant pour me remplacer, quand je fus élu sénateur, exprimaient le choix unanime des militants. Et depuis lors, qu’a-t-il fait, sinon se montrer égal à ses devoirs, fidèle à ses mandats, digne de votre confiance autant que de la mienne.
Et cette confiance affectueuse, les circonstances de l'heure me fournissent l'occasion de la témoigner de nouveau avec une force particulière. Proscrit du Sénat, en effet, par le Pas-de-Calais bonapartiste, je pouvais accepter de Beltrémieux le mandat qu’en vertu de sa promesse, il était venu remettre a ma disposition, puisque c'était le mien. Mais dans un moment où les ennemis de la République, à la faveur d’une crise extraordinairement cruelle, redoublent d’activité et de violence, il s’agissait moins pour le vieux lutteur que je suis de reprendre sans peine un siège où certes mes vieux amis voudraient bien me revoir, que de répondre à un appel plus sérieux, que de remplir un devoir plus grave, que de livrer une bataille plus rude.
Candidat à Bélhune-Cambrîn, ainsi que vous le savez, je dis à mes concitoyens de la circonscription d Mondain : « Votez, votez en masse pour mon ami Beltrémieux, cet autre moi-même. Son action, tant à la Chambre qu'au Conseil général, vous la connaissez maintenant dans tous ses détails ».
Beltrémieux est maire de Fresnicourt depuis trente- deux ans, il est conseiller général depuis dix-sep t ans et député depuis cinq ans. Ces^ chiffres sont assez éloquents pour que je ne les charge point de vains commentaires. Cet homme s'est donné à ses concitoyens des champs et de la mine ave: dévouement constant, avec une clairvoyance impeccable, avec une habileté exemplaire. Comme moi-même, vous lui direz : <t Gardez votre mandat, il est en bonnes mains ».
Vous affirmerez par là même votre inébranlable attachement à vos militants socialistes, au Parti qui est à la pointe du combat pour les libertés ouvrières, à la République ellemême, si férocement attaquée par tous les tenants du fascisme et du "chauvinisme, ces deux fléaux qui ébranlent les assises de l'Europe et que nos modernes « émigrés 3» de l’intérieur seraient si heureux de pouvoir enfin voir triompher en France,
En votant pour Beltrémieux, vous servirez bien vos intérêts de travailleurs, vous aurez au Parlement le défenseur-né de notre beau canton de Houdam vous direz votre volonté de voir la Démocratie et la Paix ardemment affirmées face anx fauteurs de guerre T de réaction, et vous donnerez enfin au vieux militant qui signe ces lignes la plus belle preuve d’attachement et de confiance*
Un dernier mot : pas d’abstentions, camarades, l’heure est trop grave 1 C’esL en masse qu’il faut voter pour notre ami Gaston Beltrémieux.
H ENTti CAD ÛT
Ancien sénateur.
Ancien député de la circonscription tnioudain. Président du syndicat unifié de a mineurs du Pas-de-Calais*
Vu le candidat : Gaston BELTRÉMIEUX.
jr* circonscription de BOULOGNE,
M. Paul B ACQUET
(Groupa do l'Alliance dos républicains de gauche et des radicaux indépendants.)
Elu pour la V‘ fois le B mai 1932, - Réélu le 26 avril 1936.
Mes chers concitoyens,
Votre député se représente à vos suffrages, i^Urnlinn
Il a comme en 1932, l’investiture de l'Alliance démocratique, 1 appu de la Fédération
répudié, le soutien du Parü dcmocr.t, populaire et 1» empathie a. «TT***
républicains radicaux, tons aussi opposés aux réaction, ,t anu
l'ordre pour sauvegarder la liberté, réaliser la jusLice sociale au profit des travailleurs garantir u à l'intérieur comme à l'extérieur.
“ Depuis quatre au., j'ai rempli mou mandat en toute'i, .dépendance ri de mou
J’ai Lâché à être le député de tous. La mesquine politique, sectaire, méchante, imbéc
et profiteuse, je l’ai délibérément écartée. véreux
J’ai défendu les intérêts de Boulogne et de Saint-Martm, comme ceux de \imereux,
Vimille, Piltefaux, Pernes, Conte ville, Balncthun, La Capclle et Echinghen.
Je crois aussi avoir bien travaillé dans l’intérêt général du pays.
Si vous le désirez, je suis prêt à continuer à servir de mon mieux Boulogne,
loimais et ia France*
Citoyens,
Les élections législatives de 1932 avaient assuré une majorité l’élémentaire massive au cartel des gauches, qui réunissait les radicaux-socialistes et les socialistes S. ■ ■ •
La S. F. I. O, aurait dû prendre dans la direction des affaires du Pays une part prépondorante et assumer ses responsabilités.
.Mais les socialistes, habiles à tirer de leurs alliances électorales des profits substantiels et égoïstes, se réfugièrent dans une prudente réserve et fuirent pendant quatre années les responsabilités gouvernementales, avouant ainsi leur répulsion à essayer de réaliser leur programme.
Les socialistes ont donc failli a toutes leurs promesses et avoué leur impuissance et nous avons dû, nous membres de la minorité de la Chambre, constituer avec nos voisins radicaux-socialistes, Irtfhis par leurs alliés de gauche, des gouvernements d’union de concentration ou de conciliation, qui ont rempli la rude tache de réparer, dans la mesure du possible, les fautes commises par le Cartel des gauches et de sauver le Pays d’un véritable désastre financier.
Ln fait est incontestable : pendant toute la législature qui finit, le parti radical-socialiste a assumé seul la charge du pouvoir ou a collaboré par les meilleurs de ses membres aux Mm, stores Doumergue, Flandin et Laval dont il doit partager les responsabilités
Lue part, du groupe radical-socialiste de la Chambre a courageusement fait face avec nous au péril, ma,s l'autre partie se lassait vite de ce rôle ingrat et rejoignait le parti sociais e qui continuait, par son action, à compromettre la sécurité de la France et l’ordre rcpubhcaiu, s efforçait de miner l’autorité des gouvernements et de les priver de tonte slabi île ; tentait de placer l’Etat sous la domination de certaines clientèles électorales eL développait, sans frein, l’esprit de démagogie.
,1e dois, ici, vous rappeler que mon principal concurrent, élu député de Boulogne en
1928, sur la promesse qu’il avait faite de soutenir le gouvernement. Poincaré avait, quelques mou- ap, es son élection, contribué à renverser le Ministère pour lequel il avait promis de
Chose mouïe ; le cartel des gauches, qui a dû avouer, en 192fi et en 1934, son impuissance a gouverner, prétend tenter une troisième expérience. 11 a accepté le concours
rZLX1' ””"“iSleet’ 50115 ” SiS™ d“ I»H»e, veut continuer eu»
Electeurs,
Cette politique qui conduit la France aux abîmes n’est pas la mienne. Je l’ai combatiLmc ainsT:m" * COmhM** eHCOrc °PP<>sant un programme qui se
Au point de vue extérieur :
Assurer la défense nationale en lui consentant tout les sacrifices nécessaires, ce à quoi je n in jamais manqué - *
Maintenir et renforcer nos amitiés traditionnelles et nos alliances •
, Rechercher, avec tous les peuples qui les désirent sincèrement, d^s ententes durables; colleai!;™’ * U Organisation de la sécurité
Enfin, étudier tous les moyens d’écarter à jamais les horreurs d’une nouvelle guerre.
Au point de vue intérieur :
* de ,a 8l,hililé ’Di ,ui soni -1-"
* lu“ les cit0}'“s juaü“
Organiser une administration moderne et disciplinée •
Perfectionner par la représentation proportionnelle le recrutement du Parlement ;
Supprimer l'initiative parlementaire en matière de dépenses;
Améliorer et simplifier les méthodes de travail parlementaire ■
Reformer l’Etat et décentraliser l’administration ;
Etablir avec nos colonies des rapports de plus en plus étroits.
Au point de vue financier ;
Maintenir le franc à sa valeur-or actuelle ;
Equilibrer rigoureusement les budgets publies et celui des chemins de fer, en ajustant les dépenses aux: recettes et en supprimant les doubles emplois ;
Réformer notre fiscalité et notamment notre système d impôts directs ;
Modifier les lois entraînant un accroissement automatique des dépenses ;
Transformer les assurâmes sociales en faisant appel aux bonnes volontés et aux compétences si nombreuses au sein des sociétés de secours mutuels ;
Abaisser le loyer de l’argent en facilitant la circulation des capitaux et la limitation des emprunts d'Etat ;
Rendre plus justes certains décrets-lois notamment ceux qui ont trop lourdement frappé les anciens combattants, les fonctionnaires, les retraités.
Au point de vue économique :
Soutenir les productions et stimuler les échanges par un dégrèvement fiscal massif, une stabilisation internationale des devises et des monnaies, un assouplissement de la politique d’accords douaniers ;
Alléger les impôts d’Etat, les impôts locaux, qui pèsent trop lourdement sur le commerce et f industrie ;
Assurer l'égalité fiscale entre les coopératives commerciales et le petit commerce;
Aider l’artisanat et l'organiser au point de vue crédit et apprentissage.
Lutter avec la plus grande énergie contre le chômage qui doit disparaître avec la reprise qui s’annonce de l’activité économique ; en attendant, accélérer les grands travaux entrepris, notamment celui du port de Rou ogne et créer la Caisse nationale du chômage qui secouréra les artisans et petits commerçants comme les ouvriers et allégera les charges financières des départements les plus touchés par la crise;
Au point de vue maritime :
Augmenter, dans les mêmes proportions que celle des mineurs, les pensions des marins des cinq catégories (avec minimum de 5,000 fr, pour la première), conformément à la décision de la commission de révision de la loi du 1er janvier 1930;
Améliorer la situation des pensionnés de la Caisse de prévoyance par ;
1° Un supplément pour la navigation haiitîère analogue h ccdui admis, par la loi du 31 décembre 1935, en faveur ries pensionnés de la Caisse des invalides;
2° La révision des taux d’invalidité de- marins de la petite pêche et de la pêche au large au profit des invalides a moins de 70 0/0;
3* La créa lion d’un Conseil de santé de la marine marchande qui comprendrait des représentants du personnel maritime ;
Permettre le cumul des pensions sur la Caisse des invalides et sur celle de prévoyance puisque les inscrits versent à ces deux caisses ;
Poursuivre la ratification par le Sénat de la toi « Paul Racquet «, votée par la Chambre et qui fixe les limites de P Inscription maritime dans les estuaires des fleuves et rivières ;
Reprendre le projet de loi sur le renouvellement de k flotte de pêche et la proposition tendant à organiser et à protéger les produits de pêches côtières et maritimes, tous deux adoptés par la Commission de la marine marchande sur les rapports Rimbert, Paul Baccruet et Tristan; 1
Améliorer les conditions de travail des marins pêcheurs ;
Poursuivre l’assimilation complète au point de vue fiscal de la pêche et de la vente du poisson à la production et à la vente des produits agricoles ;
Favoriser le crédit maritime pour tous;
Permettre le vote des marins en nier ;
Développer la consommation des produits de )a mer par une active propagande et la réduction des charges de transport et fiscales*
Au point de vue agricole
Assurer aux cultivateurs par la revalorisation des produits du sol, un bénéfice légitime ;
Orienter la production vers la recherche de k qualité ;
Poursuivre les travaux d électrification des campagnes et approvisionner celles-ci en eau potable ;
Améliorer l’état des routes et des moyens de transport en commun ;
Prendre toutes mesures pour assurer aux fermiers et aux ouvriers agricoles une vie plus confortable et combattre ainsi la désertion des campagnes*
Au point de vue social :
Préparer 1 enfant, dans les écoles et les œuvres post-scolaires qui ne seront jamais trop développées a l’exercice de sa profession; alléger les programmes et rendre son instruction plus agréable et plus vivante ;
Protéger sa santé par l’éducation physique, l’organisation des loisirs, les multiplieslions des colonies de vacances ;
Assurer aussi l’éducation morale qui, seule, peut faire do nos enfants des citoyens dignes de ce beau nom et de bonnes mères de famille ;
Améliorer et compléter îa législation sociale due uniquement jusqu’à ce jour
notons-ie — à des républicains du centre ou à des républicains modérés ;
Aider les lamilles nombreuses qui méritent tant d’égards ;
Donner à tous ceux qui sont dans une misère' imméritée/ des allocations aussi larges que possible , secourir les malades, les orphelins^ les infirmes, les vieillards ;
faire la guerre au taudis, à la tuberculose, au cancer, à tous les maux qui déciment no tre pa a y r e II u mandé;
Favoriser la propriété ou ïa possession pour chacun d’un coin de terre et d’une maison pour réaliser le beau reve de l’abbé Lemire, mon ami et mon maître ;
Empêcher, par des mesures immédiates, que les lois Ribot et Loucheur ne puissent plus être appliquées et favoriser ceux qui, dans le noble désir d’améliorer leur situation et celle de leurs enfants, ont contracté des engagements que les circonstances actuelles les empochent de tenir.
Donner à la jeunesse si légitimement inquiète de l’avenir , les apaisements et les possibilités auxquels elle a droit.
En faveur des anciens combattants :
Garder aux anciens combattants, le respect reconnaissant qui leur est du, les rétablir dans leurs droits qui doivent être sacrés pour toutes les générations;
Créer la Caisse des pensions qu’il réclament;
Supprimer les différences arbitraires que l’on fait pour la délivrance de la carte de combattant, entre les marins embarqués à bord des navires de commerce et de peche armes
de 191-1 à 1918.
Enfin :
Créer la carte du mobilisé pour ceux qui ont servi utilement el sans profit personnel le Pay9RÊgl!r1quiUblemJnt les rapports des locataires, en particulier des chômeurs, avec les
F°PRendre justice aux victimes du travail, par l’amélioration de la loi de 1898, ainsi
tru’aux médaillés d’honneur du travail ; , , , ,
q Coordonner en toute équité, sans tolérer d’abus et en respectant les avantages accordes
aux anciens combattants et aux familles nombreuses, le rail et la route.
Développer les sports et favoriser les sociétés qui les pratiquent.
Rechercher la baisse des prix de l’électricité ;
Développer la navigation aérienne par la création d'aerodromes ;
Aider l'industrie hôtelière et les syndicats d’initiative ;
Faciliter l’entrée et le séjour des touristes en France, les inciter à revenir chez nous par une effective propagande et un accueil aimable.
Telles sont les grandes lignes du programme respectueux des lois fondamentales du régime républicain, résolument réformateur, sincèrement social, el de réalisation pratique, crue ie soumets à votre approbation.
Ce programme, vous l’ave, déjà approuvé en 1932 cl aussi en 1934 lors des élections cantonales. Vous l’ave,, les deux fois, préféré à celui de M, Canu el à ceux de ses
alliés.
Je m’y suis toujours conformé, - . t
Si vous le faites encore vôtre en m’honorant à nouveau de votre confiance je serai à a Chambre votre représentant loyal, complètement dêsinLéressé et absolument dévoue a la défense des intérêts supérieurs du pays et à ceux de notre petite patrie.
Vive la France 1 Vive la République !
Vivent Boulogne et le pays boulonnais !
Paul BACQUET Docteur en droit.
(es-sci onces po 3 i ti gués e t écon o m î qu ea] . Ancien bâtonnier de POrdre des avocats.
Conseiller municipal de Boulogne-sur-Mer.
Ancien adjoint au maire.
Conseiller général du Pas-de-Calais.
Député sortant.
Candidat d'Onion républicaine et sociale.
2e circonscription de BOULOGNE.
M. Koghk VANTIELCKE
(Groupe socialiste.)
Élu pour la lr° fois le 3 mai 1936.
^Voir le programme du parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)
3e circonscription de BOULOGNE.
M. Adolphe VINCENT
(Groupe de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.) Elu pour la 1" fois le 3 mai 1936.
Chers Concitoyens,
Encouragé, à nouveau, par de très nombreux électeurs de la 3* circonscription, je viens solliciter vos suffrages et briguer l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés.
Né au milieu de vous, j’appartiens, vous le savez, à l’une des familles les plus anciennes e u pays. Plusieurs de mes ancêtres ont été assez heureux pour être utiles à leurs concitoyens clans les postes confiés à leur sollicitude soit par l’Administration, soit par suffrages des habitants de îa région.
Depuis douze ans, soit comme conseiller municipal, soit comme adjoint au maire de Desvres, soit comme conseiller d’arrondissement, soit comme conseiller général du Pas-de- Calais, j ai suivi une saine politique républicaine d’union, de justice, d’ordre et de prouvés social. . 1 0
Totalement dévoué à mon pays — tout mon passé le prouve — je n’ai qu’une ambition : détendre les intérêts de la France, de la République, de la 3° circonscription et vous être utile.
Je me présente h vos suffrages comme candidat républicain national, ce qui veut dire que je demande aux républicains de cette circonscription de se compter sur mon nom dans le désir d affirmer leur idéal républicain dans l’union, l’ordre, la méthode et Ja justice et de combattre les doctrines du Front populaire.
Ceci étant nettement posé, vous estimerez certainement avec moi. surtout après l’expérience lâcheuse de ces quatre dernières années, que la fonction de député ne doit pas être
occupée par un étranger à la circonscription, qui ne vous connaît pas et que vous connaissez à pdne5 et qui ne saurait avoir l'expérience nécessaire et indispensable à la compréhension de vos préoccupations et de vos intérêts.
Vous estimerez que le député doit être choisi parmi ceux qui, comme moi, respectueux de vos croyances, de vos pensées, de vos idées, ont été élevés au milieu de vous, parmi ceux que vous avez pu suivre depuis la naissance, parmi les fils de ce pays boulonnais qui connaissent vos traditions et vos besoins.
Votre député doit, par son expérience administrative* par les preuves qu'il a déjà apportées de son dévouement à la chose publique, vous donner par avance des garanties de compétence et de travail* En ce qui me concerne, je vous apporLe douze ans d'expérience administrative et politique et douze ans de dévouement aux intérêts de notre région.
En outre, vous penserez certainement que celui qui, aux élections législatives antérieures, a suivi scrupuleusement les règles de la discipline républicaine et nationale, comme je lai fait, peut aujourd’hui venir solliciter vos voix en toute franchise et, j'en suis sûr* en toute confiance*
Il s'agit maintenant pour vous de savoir si, par manque de cohésion ou par division^ vous vous laisserez glisser, sans réagir, vers l'expérience communo-socialiste* Vous êtes maîtres, actuellement, du destin de cette 3S circonscription ; il vous appartient, à vous seuls, d’en décider par vos suffrages. Citoyens, à vous donc de prendre, le 26 avril, vos responsabilités.
Mon programme, le voici :
Au point de vue extérieur :
Assurer la paix ;
Maintenir et renforcer nos amitiés traditionnelles et nos alliances ;
Rechercher, avec tous les peuples qui les désirent sincèrement, des ententes durables J
Poursuivre, dans le cadre de la Société des Nations, l’organisation de la sécurité coU lective ;
Assurer la défense nationale ;
Etudier, enfin, les moyens d'écarter à jamais les horreurs d'une nouvelle guerre*
Au point de vue intérieur :
Doter le Gouvernement de l'autorité et de la stabilité qui lui sont indispensables pour remplir la mission dont il est investi ;
Adjoindre aux pouvoirs publics un organe de documentation économique, technique, professionnel ;
Maintenir la paix intérieure ;
Assurer l'indépendance d'un pouvoir judiciaire rendant à tous les citoyens une justice égale et protégeant efficacement la collectivité et l'épargne ;
Organiser une administration moderne et disciplinée ;
Maintenir la propriété individuelle et faciliter l'accession à la petite propriété rurale, ouvrière, commerciale, artisanale;
Maintenir le libre et total exercice de îa liberté de conscience ;
Sauvegarder les libertés de chacun et instaurer l1 égalité de traitement de tous les citoyens français ;
Améliorer et simplifier les méthodes de travail parlementaire (présence obligatoire des députés aux séances, vote personnel des députés, fixation des incompatibilités parlementaires) ;
Instaurer l’exercice normal du droit de dissolution;
Instituer le droit de vole permettant aux marins et aux Français hors de France l’exercice de leurs droits de citoyens.
Au point de vue financier :
Maintenir le franc à sa valeur actuelle ; s'opposer à l'inflation ;
Equilibrer rigoureusement, les budgets publics et celui des chemins de fer en ajustant les dépenses aux recettes et en supprimant les doubles emplois et les cumuls ;
Réformer notre fiscalité et} notamment, notre système d’impôts directs ;
Modifier les lois déterminant un accroissement automatique des dépenses ;
« Mutualiser » les assurances sociales ;
Abaisser le loyer de l'argent en facilitant la circulation dés capitaux et la limitation des emprunts d'Etat ;
Supprimer l’inquisition fiscale vexatoîre ;
Protéger l'épargne*
Au point de vue agricole ;
Revaloriser les produits de la terre, y compris les céréales secondaires et le cheptel ; soutenir l’élevage ;
Contrôler le marché à terme dans les bourses de commerce ;
Fixer une protection douanière équitable, revenir à la liberté et appliquer le moratoireaux dettes agricoles ;
Poursuivre les travaux d'électrification et approvisionner les communes rurales en eau potable ;
Faire baisser le prix des tarifs électriques ;
Améliorer les routes et donner des facilités à la circulation hippomobile ;
Redonner h la région Licques-Colembcrf, des moyens de transports appropriés ;
Conserver la liaison entre le député et les groupements agricoles de J a région*
Sur ces différents points, je suivrai, d'ailleurs, la politique économique des comices, syndicats, sociétés agricoles et. comité de défense économique et paysanne de notre arrondissement, d'accord avec ces groupements, et je m’accorderai pas ma confiance à un gouvernement hostile aux intérêts de notre agriculture*
Au point de vue maritime et aérien ;
Notre marine marchande et de pêche (petite et grande) et notre aviation doivent être développées, encouragées, modernisées, aidées* Les marins doivent être défendus.
Elu de cette circonscription, je resterai en contact permanent avec les populations maritimes dont les importantes revendications doivent être soutenues*
Au point de vue industriel et commercial :
L’abaissement des charges fiscales permettant [ abaissement des prix de revient;
L’égalité dans la concurrence par la -suppression des privilèges fiscaux;
Une protection douanière équitable assurant de préférence aux industries françaises le bénéfice du marché intérieur;
Une révision de nos accords commerciaux les préservant contre la concurrence déloyale sous toutes ses formes et leur assurant des débouchés sur les marchés extérieurs ;
Une politique tendant à la stabilisation générale des monnaies et à la libre circulation des capitaux, de façon à assurer, en ordre, la liquidation rapide des avoirs français à l'étranger ;
Une meilleure organisation des professions, afin d'éviter la surproduction excessive, d’établir une distribution moins onéreuse des produits, de mieux organiser le crédit; l'Etat ne doit remplir, en son temps, que le rôîe de régulateur et d’arbitre des intérêts particuliers ;
Une organisation rationnelle de notre représentation commerciale et de notre propaga n de à F é Lr a n ge r ;
Développer renseignement technique ;
Le développement du tourisme.
An point de vue artisanal :
La stricte application des lois votées en cette matière, notamment en ce qui concerne les chambres de métiers, le crédit artisanal et F organisât! on de l'apprentissage.
Au point de vue des fonctionnaires et des travailleurs des services publics :
L’aménagement des décrets-lois, de manière à les rendre plus équitables et plus humains ;
L'établissement, après consultation des intéressés, d'un statut des fonctionnaires définissant leurs droits, mais aussi leurs devoirs, dans l'intérêt de la collectivité.
Au point de vue colonial :
Organiser la plus grande France par la mise en valeur de nos territoires cFoutre-rner; créer une politique d’échanges réciproques avec la métropole; appliquer le programme établi parla Conférence économique coloniale.
Au point de vue des travailleurs :
La défense- des justes et légitimes 'revendications des travailleurs ;
La défense de la classe ouvrière contre les terribles et douloureuses conséquences de la crise du chômage ; lui permettre de rester digne dans le travail ; lui donner les moyens légitimes dJ élever honnêtement, dans Fhygiène et le progrès social, mie famille souvent nombreuse; veiller à ce que, dans ses vieux jours, F ouvrier des champs, de la ville, du sous-sol ou de la mer soit à I abri du besoin ;
Le rajustement des retraites de la marine et des ouvriers mineurs ;
La lutte contre les fléaux sociaux, particulièrement par F amélioration du logement et la destruction des taudis au moyen d’avances régulières aux organismes d'habitations à bon marché qui construisent des immeubles salubres destinés à la location et à la petite propriété ;
Par des encouragements donnés aux communes, départements et groupements publics ou privés pour leur permettre d’entreprendre des travaux rentables et urgents : adduction d'eau potable, électrification des campagnes, équipement rural et urbain, travaux de nature à protéger la santé publique tout en donnant du travail à la main-d'œuvre des villes et des campagnes ;
La protection de la santé publique par un programme d’éducation physique rationnel, l'encouragement de la pratique des sports, l’organisation des loisirs et des colonies de vacances ;
Le développement de la mutualité et Famélio ration de la loi sur les assurances sociales, particulièrement en ce qui concerne les retraites et l'abaissement du taux des cotisations; régler la situation des vieux travailleurs et des exclus des assurances sociales ;
La refonte de la loi de 1898 sur les accidents du travail ;
La collaboration des classes dans le cadre professionnel et respect des contrats de travail ;
L'égalité dans le traitement des chômeurs par la création d’un organisme d'Etat ;
La défense des jeunes ;
La mise en œuvre de travaux d'intérêt général pour l’emploi de la main-d’œuvre chômeuse ;
Limitation de la main-d’œuvre étrangère ;
La lutte contre la vie chère.
Au point de vue social :
Fidèle à mon passé, à mes réalisations, à mon action, je reste partisan d une politique de progrès social, qui forme l 'ici cal du régime démocratique ;
Lutte contre les fléaux sociaux : institution de préventoria, sanatoria, hôpitaux, dispensaires ;
Développement des œuvres d’hygiène sociale ; lutte contre la mortalité infantile, la tuberculose, le cancer ;
Aide plus elTicacc et plus juste aux familles nombreuses et aux accidentés du travail ;
Assistance aux malades, aux vieillards et aux incurables ;
Aide et protection aux sociétés sportives, colombophiles, musicales et autres*
Au point de vue des anciens combattants :
Défense des intérêts des mobilisés, anciens combattants, victimes de la guerre, orphelins, veuves, ascendants, pupilles de la nation et création de la caisse des pensions.
Blessé de guerre et ancien combattant moi -même, j’ai, depuis de longues années, défendu mes camarades et je m'engage auprès d’eux à continuer, comme député, F action que je mène en leur faveur depuis 1920, depuis, donc, seize ans déjà.
Chers Concitoyens,
Voici les grandes lignes de mon programme. Ma vie politique dans notre circonscription vous a prouvé que ce ne sont pas là des simples promesses, puisque déjà vous avez pu juger sur mes actes, J ai, en effet, et vous le savez bien, réalisé, dans mon propre canton de Desvres, une partie des réformes que je vous propose. Si vous me désignez pour vous représenter a la Chambre des Députés, je m’attacherai à exécuter ce programme sans autre préoccupation que celle do défendre, avec dévouement et loyauté, les intérêts dont la garde m'aura été confiée.
Comme conseiller général, je suis en rapports constants avec les habitants de mon canton ; comme député, je suivrai la même ligne de conduite, m'engageant à visiter régulièrement nos quatre cantons, me mettant ainsi à votre entière disposition pour défendre vos droits et vos revendications et pour vous recevoir.
Vive la République I
Vivo la 3e circonscription !
Adolphe VINCENT
Conseiller général du Pas-de-Calais.
Adjoint au maire de Desvres,
Chevalier de la Légion d*honneur,
Médaille militaire, — Croix de guerre.
Chevalier du Mérite agricole.
Délégué cantonal.
Candidat d’union républicaine nationale*
Circonscription de MONTREUIL.
M. GrsTAVE DECRllQÜY
{Groupe républicaiu radical el radical socialiste,)
Eio pour la fois le 17 mars 1035. — Réélu le 3 mai 1930,
Mes chers concitoyens,
J'ai l’honneur de solliciter le renouvellement du mandat que vous m'avez confié le 17 mars 1935.
Serviteur fidèle du véritable idéal républicain, j’ai tenu les promesses que je vous avais faites alors. Je vous promets seulement ce que je peux réaliser, mais je vous donne ma parole d'honnête homme que toute mon activité, toute mon énergie, je continuerai à les mettre au service et de l'arrondissement de Montreuil et de la République,
Vous me connaissez ; vous m'avez vu à la tâche ; vous . savez l'accueil courtois que je réserve à tous ; aussi n'ai-je pas de longues déclarations à vous adresser.
Electeurs,
Toutes les activités locales et régionales continueront à occuper Je premier rang de mes préoccupations.
Au cours de mes visites répétées dans toutes vos communes et dans les plus importants de vos écarts, j’ai longuement expose ;
Les remèdes que j'envisage contre le chômage ;
Ce que je compte offrir k la jeunesse sans emploi ;
La conception que j’ai de l'éducation nationale qui doit assurer l'école totale et l’éducat ion artistique populaire ;
Ce que peuvent espérer le commerce et l'artisanat ;
Comment j’entends améliorer le crédit ;
Quelle place ont dans mes préoccupations les anciens combattants et les victimes de la guerre ;
Quelle politique financière je m’attacherai à poursuivre ;
L’intérêt que je porte aux familles nombreuses et à F amélioration des allocations familiales ;
Le souci que j’ai des moyens d’existence des vieillards, infirmes, incurables et des petits retraités ;
Ma volonté d’assurer aux fonctionnaires une pleine indépendance dans un nécessaire loyalisme, et l'abrogation des décrets-lois qui les accablent ;
Ma conception du développement du tourisme et du renouveau de l'activité de nos belles plages ;
Ce que je fais pour la défense de nos petits ports et des intérêts de nos braves marins et pêcheurs ;
Comment je conçois le fonctionnement d’une caisse départementale pour l’entretien et I amélioration des chemins vicinaux et d’exploitation agricole,
Je dois cependant insister sur la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des ruraux, cultivateurs, éleveurs, ouvriers agricoles et planteurs de tabac, augmentation qui est à la base de toute l'activité régionale et nationale.
Revalorisation des produits agricoles (taxation et protection douanière comprises), augmentation des quantités vendues, diminution des prix de revient : tels sont les trois moyens qui, se complétant, permettront aux Pouvoirs publics d'améliorer les conditions d'existence dans nos campagnes qui ont tant souffert de la crise.
Citoyens,
Quatorze mois d'exercice des fonctions parlementaires dont vous m'avez investi ont accru 1 expérience que j'avais de la vie politique et des milieux gouvernementaux*
lis vous ont permis d'observer comment, gardant un contact étroit avec vous, avec toutes vos associations et vos groupements professionnels, je m’acquitterai du mandat que vous nie confierez pour une nouvelle législature.
Présenter vos légitimes revendications aux Pouvoirs publics ;
Défendre la République et les libertés démocratiques contre le fascisme ;
Améliorer et consolider le régime en vue d’un avenir meilleur ;
Rénover la vie économique de la France, en libérant l'Etat des puissances qui, eo n s er va tri ces de p ri v- i l ège set gé n é ra t r i e e s de mi sèr e , exploi te n L à 1 eu r pro ü t exclusif le déséquilibre économique ;
Sauvegarder la Paix, en protégeant nos frontières et en apportant aux traités les ajustements nécessaires au sein d’une Société des Nations améliorée et revigorée.
Voila les questions capitales, sur lesquelles je demande aux républicains de confirmer en 1936 la victoire qu'en 1935 ils ont assurée a la démocratie contre la réaction aux multiples visages.
Tous aux urnes !
Pas d’abstentions [
Vive l'arrondissement de Montreuil î
Vive la France !
Vive la République, laïque, démocratique et sociale !
G usta ve D E G R Ë Q U Y
Député radical sortant*
1™ circonscription de SAINT-OMER.
M André ISQKÉ
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.) Élu pour la l,e fois le 3 mai 1936. ■
Républicains,
Désigné par vous en 1932. pour porter dans cette circonscription le drapeau de la France républicaine et démocratique, je remplis avec fidélité la mission que vous m’avez alors confiée en me représentant h vos libres suffrages.
Ce drapeau, c’est celui que j’ai servi en 1914,
Ce drapeau, c’est celui qu’il vous faut défendre aujourd’hui contre les entreprises des factieux de l’intérieur s’abritant derrière ses trois couleurs, symbole d’émancipation, pour tenLer d’implanter par la violence un régime étranger d’asservissement — contre les entreprises des dictateurs de l’extérieur voulant remplacer la force, du droit qu’a toujours représentée notre étendard national par le droit de la force.
Patriote, national, démocrate, j’aurai toujours à cœur de. servir ce drapeau. Mais c’est celui auquel nos aïeux de 89, 91 , 93 ont par leurs sacrifices donné toute sa splendeur. C’est. celui qui nous enseigne la liberté, l’égalité, la fraternité, sous l’égide de. la République, et nous, convie, à la défense de la paix.
Ce n'est pas celui dont les adversaires du. régime: ou ses adeptes résignes se parent, en trahissant ses origines et en le souilla ntr pour essayer de nous imposer un système autoritaire, militariste, fondant, le privilège sur la force, ou sur l'argent, générateur de guerre et de ruine, présentant. toujours, sous Je camouflage d’un nom ou d'un autre, une résurrection d’un conservatisme politique et social justement abhorré par la démocratie.
Pour la nation, oui. Mais contre le nationalisme qui en.esi la; contre- façon.
Républicains,
Toute 1 action politique doit se concentrer actuellement autour de trois problèmes capitaux :
Il faut :
Sauver la République,
Sauver la Paix,
Sauver le Travail.
Sauver la République :
— en défendant la souveraineté du peuple, les institutions parlementaires, l'indépendance et la laïcité de l'Etat;
en défendant la liberté de chacun qt les libertés de tous ;
en combattant le fascisme avoué ou camouflé, ses partisans déclarés ou résignés, ses méthodes de violence ou d’intimidation, ses promesses alléchantes dont l’attitude egoisle et rétrograde de ses adeptes démontre qu’elles ne sont ni sincères, ni loyales;
Sauver la paix i
— en combattant l’esprit de guerre qu’une presse vénale à la solde de V Internationale des munitionnaires entretient hypocritement sous le couvert d’un faux patriotisme;
en luttant pour l'organisation d’un service public des fabrications d’armements ;
— en poursuivant l'institution d un contrôle permanent, exercé par les représentants de la nation, sur tous les services de la défense nationale ;
— en renforçant les attributions, les pouvoirs de décision comme de contrainte de la Société des Nations ;
— en organisant la sécurité générale par l’assistance mutuelle, sécurité fondée sur le double principe de l’égalité des droits et de la paix indivisible;
— en établissant îa limitation internationale simultanée et contrôlée des armements.
Sauver le travail ;
— en combattant la crise et toutes ses conséquences, notamment le chômage, la dévalorisation des produits agricoles et industriels, des services et des revenus, générateurs de sous -consommation, de déchéances physique et morale;
— en organisant à l'intérieur do la Nation et de la région, compte tenu de leurs possibilités et besoins, la production agricole et industrielle, actuellement livrée à l’anarchie de l’intérêt égoïste, de l’ignorance, de la lutte aveugle et fratricide, au mépris de l’implacable loi de solidarité économique et pour le plus grand dommage de tous;
— en renforçant le groupement professionnel et le syndicalisme de tous les producteurs sous le contrôle de la Nation, seule juge de l’intérêt général des consommateurs et du pays :
— en combattant les privilèges qui nous asservissent, les trusts qui nous dépouillent, les féodalités économiques (électricité, mine, rail, engrais, finance) qui nous écrasent et nous soumettent au joug de l’internationale du lucre et de la spéculation ;
— en poursuivant sans pitié la répression des abus, des gabegies, des dilapidations) la suppression des fonctions et des services inutiles, dont profilent au détriment de la masse des contribuables, des privilégiés bénéficiaires sans droit d’une République des camarades qu’il faut tuer sans plus attendre pour préserver le régime d’une désaffection mortelle;
— en entreprenant résolument la déflation fiscale, seule défia tion qui puisse, en préservant le pouvoir d’achat de tous, restituer à l’agriculture, à l’industrie, au commerce, de nouvelles possibilités de venLes génératrices de ressources accrues pour le budget des diverses collectivités publiques ;
— en restituant à ceux que des décrets-lois inspirés d’un esprit autoritaire et démagogique, imitant aveuglément des systèmes étrangers, faisant injustement payer par les petits et les humbles les conséquences d’une crise dont ils n'étaient en rien responsables et qui les frappait déjà plus que tous autres, — en restituant à tous ceux-là (fonctionnaires, retraités, rentiers, petits propriétaires) la situation que la loi, les contrats leur garantissaient ;
— en restituant aux anciens combattants et victimes de la guerre par l’institution d’une caisse des pensions, les droits légitimement acquis par leurs sacrifices vérifiés et reconnus ;
— ' en ouvrant aux jeunes les voies du travail rémunérateur par l’octroi en temps voulu à leurs anciens d une retraite qui permette à tous de vivre dignement, sans plus assurer aux uns l’opulence et réserver aux autres la misère ;
— en un mot, en fournissant à chacun, par l’organisation prévoyante de la production nationale et des échanges compensateurs avec les pays étrangers, le minimum vital auquel il a droit eu relour d’un travail honnête et consciencieux.
C'est dans cet esprit que je m’engage à défendre pour assurer la satisfaction de l’intérSf, général de la nation, les intérêts spéciaux eL solidaires de Lous ceux qui collaborent à la grande œuvre du travail.
Cultivateurs fermiers, maraîchers, ouvriers agricoles, je défendrai avec d’autant plus d’ardeur votre droit à obtenir un revenu correspondant à votre dur travail que c’est du sang de paysan qui coule dans mes veines.
Problèmes du bIéT de la betterave, des cultures maraîchères* Problèmes de la spéculation qui dépouille pareillement producteurs et consommateurs pour assurer la fortune des intermédiaires parasites Problèmes des engrais, de l’abaissement des tarifs de chemins de fer, du crédit agricole. Problèmes des ententes économiques et douanières avec les pays étrangers. Problèmes pour lesquels un vrai défenseur de la culture doit rechercher des solutions d’ensemble, seules capables de procurer une revalorisation stable des produits de la terre
Le commerce, l'industrie, en parliculier le petit commerce, l’artisanat et la batellerie, doivent voir rénover leur statut fiscal la simplification et l'allégement des impôts qu’ils subissent, entravant leur essor, empêchant la réduction des prix de revient est d’une nécessité vilale tout à la fois pour eux-mêmes, les consommateurs et le pays entier. Seule, avec l’organisation de la production et de m distribution, comme l’établissement d’ententes internationales, la déflation fiscale peut assurer la reprise du commerce et de l'industrie un crédit à meilleur marché, enlin, une vie moins chère, une consommation pins abondante et plus adéquate aux besoins. C’est à la réalisation de ce but essentiellement humain que dans le domaine de la politique économique générale, c’est-à-dire agricole, industrielle et commerciale, je consacrerai tous mes efforts, ayant toujours pour guide l'intérêt général.
Enfin, les travailleurs manuels et intellectuels -de toutes professions trouveront en moi un défenseur acharné à faire prévaloir les droits que crée le travail honnêtement accompli : rémunération qui assure une vie décente et digne; garanties contre l’invalidité, le chômage, la vieillesse par une assurance sociale de Laux suffisant et d’une pratique allégée de toute paperasserie inutile,
Péné'ré de l’esprit laïc, défenseur résel u de b école, de son enseignement dont la valeur et 1 impartialité se trouvent placées par \e prestige et la conscience de ses maîtres hors de toute contestation, j’apporterai mon entier concours à toute l'œuvre de diiTusioii de l’ instruction que la République se doit de poursuivre sans relâche. Eveiller la pensée, éduquer les cœurs, former les caractères, triple tâche qu’une démocratie qui. veut vivre a l’obl igation de remplir chaque jour.
Estimant que le représentant du peuple est son délégué au service de la nation républicaine, je lais appel pour faire triompher ce programme, proposé de bonne foi, à Lous les républicains qui ont à cœur de faire régner en notre régime la liberté, l’égalité, la fraternité, que ses fondateurs nous ont garantis, de faire vivre fa France, dans la paix, la propreté, la prospérité, de restituer à l’arrondissement de Saint-Omer la place et b aisance que sa laborieuse population lui a méritées
Je prends rengagement d'honneur :
1° De faire chaque année dans chaque commune de la circonscription un compte rendu politique de mandat ;
2,J D’avoir chaque année clans chaque commune do la circonscription une conférence d’informations avec les municipalités sans di-tinctïon d'opinion ;
3° De consulter pour tous les problèmes mettant en jeu des intérêts collectifs locaux les groupements et les organisations représentant ces intérêts, sans distinction d’opinions également.
Respectant toutes les croyances comme toutes les convictions sincères : condamnant le sectarisme, de quelque couleur qu’il se pare, l’égoïsme qui désunit, la pratique des combinaisons et maquignonnages qui dégradent, découragent eL provoquent le désordre, j’appelle tous les républicains, conscients de la gravité des heures que traversent là République et la France, à une digne réconciliation dans le culte de la Nation.
Vive la République démocratique et sociale 1
Andrù ISO R F
Docteur en droit. — Avocat. - Délégué cantonal.
Candidat d'action démocratique et sccîale.
2e circonscription de SAISIT OMER.
M. François de SA INT- J LIST
(Groupe de la Fédération républicaine de France.)
Klu pour la tre fois le 29 octobre 1933. — Réélu le 26 avril 1936.
Chers électeurs et amis.
En 1933, près de 8.000 électeurs de cette circonscription m’accordaient généreusement la confiance qu’ils avaient témoignée par le passé au Général de Saint-Just.
J’ai conscience d’avoir, au cours de ces trente mois de mandat parlementaire, respecte les engagements que j’avais pris vis-à-vis de vous et défendu sans relâche, avec les intérêts de cette circonscription, ceux du pays tout entier.
Que vous disais-je alors, en sollicitant vos suffrages ?
Il faut taire une politique de large union des républicains d’ordre.
II faut défendre le franc menacé par l’inflation en réalisant des économies sur le train de vie de l'Etat.
Il faut travailler à la prospérité de l’agriculture, source principale de richesse pour notre pays, en revalorisant ses produits qui sont, tombés, par suite de l’incurie de la politique cartellisle, à des cours désastreux.
Il faut défendre les intérêts des travailleurs de celte région : ouvriers, mineurs, marins, artisans, qui sont frappés eux aussi à des titres divers par la crise*
11 faut améliorer et aménager les lois sociales.
Il laut lu Lier conlre ce fléau qidesl le chômage.
Il faut pratiquer une politique extérieure vigilante» Assurer la sécurité du pays par une défense nationale capable de nous prémunir contre toute agression et par une entente avec tous les peuples ayant le même désir de paix que nous*
C'esL la politique que vous avez, à une immense majorité, approuvée.
C'est cette politique que j'ai pratiquée.
Mes promesses je les ai tenues.
Union des républicains d'ordre :
Quelques semaines après mon arrivée à la Chambre, le Cartel des gauches s’effondrait dans la boue et le sang et une majorité nouvelle se constituait, allanL des radicauxsocialistes jusqu'à la Fédération républicaine. L'union des républicains d’ordre, à laquelle je vous conviais, se réalisait sous la pression des événements. Je me devais d'apporter un soutien fidèle à cette majorité et aux Gouvernements qui en étaient l'expression.
Les événements noos ont montré, à deux reprises, en 19:26 et en 1934, que seules, T union et la collaboration de tous les hommes d'ordre étaient capables de sauver ce pays de la faillite, de la ruine et de la guerre civile. Chaque fois que les électeurs français ont envoyé siéger à la Chambre une majorité de gauche et d’extrême gauche, des catastrophes se sont abattues sur notre pays»
On a voté à gauche en 191 4 : ce fut la guerre.
On a voté à gauche en 1924 : ce fut la faillite du franc.
On a voté à gauche en 1932 : ce fut la guerre civile.
Par contre, de 1914 à 19lS, l’union nationale a sauvé le pays de l’invasion.
De 1926 à 1928, elle nous a sauvés de l'inflation.
Et de 1934 à 1936, elle nous a préservés de la guerre civile.
Dans les circonstances présentes, devant le problème de la crise et du chômage, devant les difficultés intérieures qui se multiplient, devant la menace allemande plus proche chaque jour : TU n ion nationale s’impose plus qiïe jamais.
Défense du franc :
Pour défendre le franc, nous préconisions, en 1933, de réaliser des économies sur le budget de l'Etat et de supprimer les gaspillages. Fidèle à cette promesse, j'ai soutenu les Gouvernements de M, Doumergue et de M. Laval qui ont, à l'aide des décrets-lois , réalisé plus de 10 milliards d'économie et sauvé le franc d’une dévaluation certaine. Je sais que ces décrets ont touché à bien des droits acquis et qu’eu toute justice il faudra, dès què la situation financière sera assainie, alléger la charge qui pèse actuellement sur tous les Français.
Si j’ai voté tous les décrets d'économie — y compris la diminution de l’indemnité parlementaire, car j'estime qu'il nous faut donner à ce pays l'exemple — jTai, par contre, refusé de m'associer à une politique d'emprunts à jet continu, qui nous aurait conduits à la ruine.
Défense de l’agriculture :
Par suite de l’incapacité de Gouvernements de gauche qui n’ont pas assumé, en temps utile, la défense de I1 agriculture, la çrisé s’est abattue en 1932 sur nos campagnes, II a fallu l’arrivée au Pouvoir de l'Union nationale et l'ensemble des mesures prises, en particulier par le Gouvernement Laval, pour que, peu à peu, les cours des produits agricoles se revalorisent.
Je me suis efforcé, quant à moi, de rester en collaboration suivie avec vos organisations professionnelles et c'est pourquoi j'ai refusé en décembre 1934 de voter la loi sur le blé — loi Flandin — parce qu elle avait été conçue à la hâte, sans que fussent consultés les*
organismes compétents et les chambres d'agriculture, seuls qualifiés pour préconiser les mesures necessaires et sauvegarder la délense de vos intérêts.
J’ai, par contre, appuyé constamment la politique d’assainissement du marché du blé poursuivie par le Ministère Laval ; vous en récoltez aujourd’hui les fruits avec l’amrmentaticm continue des cours du blé, la résorption définitive des excédents et l’aménagement du marche des céréales. &
J’ai soutenu les justes revendications des planteurs et séchenrs de chicorée et déposé en janvier 11134, avec mon collègue Tillie, un projet de loi tendant à protéger cette culture.
11 Ce tful concerne les planteurs de betteraves, je suis resté en contact avec leur conté deratum, soucieux de protéger l’alcool de betteraves, dont la fabrication constitue un débouché si important.
Je me sms enfin occupé tout spécialement de la question de l’électrification et dos adductions d eau et a. eu la satisfaction d’aider à obtenir, malgré la rareté des crédits des subventions importantes de l’Etat en faveur d'Enguinegatle, Quclmes et Zudausquès et ü autres communes de la circonscription.
Défense des ouvriers, mineurs, marins et artisans :
Avec mes collègues Âppourchaux et de Diesbach, j’ai soutenu, à la Commission des mines et devant la Chambre, le projet réalisé parle Gouvernement de M. Laval accordant aux ouvriers mineurs la retraite à l'âge de 50 ans. J’ai lutté également pour qu’ils obtiennent une caisse autonome de chômage partiel et pour que l’on réduise l’imporLation abusive des charbons^ etrangers qui viennent concurrencer sur notre marché le charbon français.
e m efforcerai, à l’avenir, de faire aboutir la proposition de loi que j’ai déposée, avec
C nnn°r egU6S ^ * tomml^,on des m»les> tendant à élever le plafond de la retraite à >.n 0 francs, a organiser la retraite proportionnelle intégrale et la retraite des veuves au décès du mari,
E„ tant que membre de la Commission de la marine militaire, je suis intervenu à < .meutes reprises pour soutenir les revendications des marins; d’autre part, je me =uis préoccupé de la situation difficile des mariniers, qui ne participent pas aux avantages de Haines lois sociales ; j ai déposé on leur faveur, en janvier 1935, une proposition tendant
‘ es admettre au bénéfice de ces lois, au même titre que les autres travailleurs et notamment aux secours de chômage.
Lutte contre le chômage ;
Ce problème si angoissant du chômage a retenu toute mon attention comme parlementa, rc et comme maire ; la situation difficile des saisonniers, exclus du bénéfice des indemnités de chômage, a été pour moi l’occasion de nombreuses démarches auprès du Ministère du Travail ; je suis également intervenu, en de multiples occasions, en faveur des poudriers d Esquerdes et si je n’ai pu éviter k mise en sommeil de la manufacture j'ai neanmoins obtenu maint adoucissement au sort pénible des employés
mlp f “ meSUr£S üe s a Vaquent pas à la cause du mal et ne sont que palliatifs ; ce
que veulent les ouvriers, ce n’est pas le secours d’une aumône publique. J’estime que le '°'r du législateur est avant tout de réserver le travail aux travailleurs français.
. ||™*f .Une ^Partition nouvelle de la main-d’œuvre s’impose ; alors que des' mères de a miles délaissent leur foyer pour augmenter les ressources insuffisantes du ménage il y a des hommes jeunes sans travail qui touchent des allocations de chômage. Ne Jailli pas preferaole de donner, comme le proposait Philippe Henrîot, ces allocations aux mères de tarai ne, d condition quelles laissent leur place aux chômeurs ?
Défense de la famille ;
familffi1 6 t tme CailSC ^ laqUtlle ^ me Suis enlièr<-meul dévoué, c’est bien celle de la
Représentant une circonscription riche en familles nombreuses, issu moi-même de Time d’ elles et persuadé de 1’ importance primordiale dans la Nation de la cellule familiale, j’ai, en toutes circonstances, défendu ses droits au Parlement,
Désigné comme secrétaire général du groupe de la famille, mon rôle s’en trouvait facilité. J’ai pu, ainsi , intervenir maintes fois pour n l'humanisation » des décrets-loîs, qui avaient frappé également les familles nombreuses et nous avons obtenu, avec les dirigeants de l’Alliance nationale, que la retenue de 10 0/0 ne soit plus applicable ni aux versements faits au titre de 3f encouragement national, ni aux allocations drassislance aux femmes en couches, en exceptant aussi les mères qui allaitent leurs enfants, les familles nombreuses, les veuves dans le besoin et les incurables.
Nous venons de déposer, mes collègues et mol, une proposition tendant à instituer des allocations temporaires pour les veuves nécessiteuses chargées d'enfants et j’ai enla satisfaction de recueillir, sur tous les bancs de la Chambre, de nombreuses adhésions qui font augurer de la prise en considération du projet dès la rentrée des Chambres,
Défense du commerce :
J'ai voté toutes les lois concernant la réduction des baux commerciaux et la défense des intérêts des commerçants. J’ai voté la suppression du forfait obligatoire et la modification de la base du droit proportionnel de la contribution des patentes, toutes choses que le commerçant réclamait, à juste litre, depuis longtemps.
J’ai protégé notre commerce local et plus particulièrement le petit commerce contre la concurrence des entreprises à succursales multiples et dés magasins à prix unique*
Défense de l'épargné :
Les épargnants connaissent leurs véritables défenseurs. Ils savent que les candidats, avoués ou camouflés du Front populaire (qui compte dans ses rangs les Hulin, Bonnaure, Garat, André He?se, etc,, de sinistre mémoire), ne sont pas qualifiés pour les défendre.
Je suis arrivé à la Chambre à une heure où Stavisky connaissait une triste célébrité* J’ai vu comment mes collègues de gauche et d’extrême gauche ont essayé, malgré nos efforts, d’étouffer le scandale, G’est pour que de semblables choses ne se répètent plus que ie Gouvernement Lava], par les décrets-lois du mois d’août 1935, a pris des mesures sévères pour protéger l'épargne française contre les financiers véreux.
Je m'honore d’avoir approuvé ces mesures assurant une sécurité plus grande au « bas de laine » français, richesse traditionnelle de ce pays.
Défense dest anciens combattants :
Je n’aî pas oublié ceux qui furent les magnifiques compagnons d’armes de mon père. J’ai eu le souci constant de m’opposer à ce qu’unè retenue quelconque soit laite à leur détriment avant que toutes les autres classes de la société aient donné l’exemple et sous la condition formelle que serait enfin tentée la réforme de 1 Etat, que réclament toutes leurs associations.
Celte réforme, elle est essentielle et urgente, nous déplorons que les mesures déjà proposées aient été systématiquement rejetées et je suis décidé, si vous me renouvelez votre confiance, à faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour atteindre ce but*
Enfin, puisque les anciens combattants ont été touchés par les décrets-lois, il faut que leur sacrifice soit temporaire et que, dès 3 instant où la situation financière sera tout à fait assainie, on rétablisse intégralement leurs droits, carénons n’oublions pas que le pays a contracté envers eux une dette sacrée.
Défense des libertés ;
Mes amis de la Fédération républicaine et moi-même, nous préconisons le retour aux pures traditions républicaines, car la liberté et la tolérance ont trop souvent fait place à un vil sectarisme*
Nous réclamons le respect des puissances spirituelles et morales, la restauration de la liberté dans l’ordre, l’égalité de tous les Français devant la loi, et par conséquent la suppression des lois d exception qui violent Je? principes démocratiques,
Défense de la paix :
J ai la conviction profonde que tous les Français ont au fond du cœur un égal désir de paix. Au cours des visites faites dans nos communes, je recueille en etîet de tous côtés les craintes de ceux qui voient à nouveau s’élever devant eux le spectre de la guerre. En face d une inquiétude que je n'ai le droit ni d’exagérer ni de passer sous silence, je me félicite d avoir été, comme mon père, parmi les parlementaires nationaux qui ont fait preuve de clairvoyance en rappelant à ce pays le danger qui le menace. A l’heure ou Hitler a envahi la zone démilitarisée et violé le traité de Locarno, les Français comprennent enfin l’immense service rendu par les parlementaires républicains qui ont permis l’instauration de la ligne de fortifications à laquelle le grand Maginot a donné son nom.
Ces loitifieations constituent actuellement notre meilleure sauvegarde vis-à-vis de l’Allemagne. C’est pourquoi le 26 avril prochain, en melLant voLre bulletin dans l’urne, vous jugerez qui, du Front populaire ou de t’Union nationale, a le mieux défendu la cause de la paix, c’esl-à-dire les intérêts mêmes de la France.
En refusant de voter les crédits militaires, en refusant d’accorder à ce pays les moyens necessaires à sa défense, en continuant leur propagande défaitiste, les chefs du Front populaire ont affaibli ce pays et encouragé l’agression allemande.
français ! Le 26 avril prochain, vous aurez à choisir entre deux politiques :
D un cote : le front populaire, inspiré, organisé, soutenu par Moscou, une formation hétéroclite dcnL les maîtres sont les communistes : agents de guerre civile, de division, d’an L i pa trioti sme .
De 1 autre côté : I union de tous les Français qui ne vont pas chercher leur mot d’ordre à 1 étranger eL qui, devant le péril intérieur et extérieur, formeront le rempart où la Révolution se brisera.
En un mot, vous vous prononcerez pour la Révolution ou pour l’ordre, pour le drapeau ronge ou pour le drapeau Lricolore.
Mes amis, c est autour de ce dernier que je vous convie à faire l’union sacrée pour la défense du droiL, de la liberté et de la paix.
Vive la République Française î
François de SA I MT- J US T
Député sorlact. — Maire d’Ardres.
Candi dut d1 un ion républicaine nationale et de défense paysanne.
Circonscription de SA INT-P OL - SUR-TE BN OISE.
M. Paul THELLIER
(Groupe dû 1* Alliance des républicains de gauche tt des radicaux, iu dépendants.) Elu pour la ITe fois le 28 janvier J 934. — Réélu le 26 avril 1936.
Aux électeurs de l'arrondissement de Saint Pol, mes amis,
Le 28 janvier 1934, vous m'avez élu député de Saint-Pol, sous le signe de l'amitié.
Je savais ee que vous attendiez de moi.
Je vous ai représenté dans la dignité, dans la probité.
J’ai défendu avec énergie vos idées, vos droits, vos intérêts.
Au service de vos communes, de vos familles, j’ai mis tout mon dévouement.
Si je n ai pu exposer, dans chacun de nos villages, le compte rendu de mon mandat et retrouver votre chaude sympathie, tous vous savez l’action que j'ai menée au Parlement.
C’est pourquoi vous mépriseriez les pauvres manœuvres de ceux-là qui, sans espoir de vous faire oublier les actes de deux années, porteraient contre votre député, son œuvre ou son programme, des appréciations malveillantes que jamais il n' ont eu le courage de lui exprimer face à face.
Aussi bien c’est une action d'apaisement et de labeur tenace et quotidien que j’ai entreprise pour vous et que, d’accord avec vous, j’entends poursuivre pour le bien commun.
J ai puisé, dans ma terre d’Artois et dans mes origines plébéiennes, l'amour du peuple^ de la 'démocratie et de la liberté.
Je pense qu’à les servir, je suis utile à mon pays, qui ne peut, sans renoncer à sa mission historique, céder aux entreprises de dictature ou de révolution.
Hardiment républicain, je fais appel à tous ceux qui, depuis deux ans, ont compris que les heures nationales étaient assez lourdes d’angoisse pour commander l’union des citoyens résolus à maintenir la paix, à défendre réconom ie française et à promouvoir le progrès social.
C est dans cet esprit que, fidèle à mon programme de concentration républicaine démocratique, je suis entré dans le Cabinet de M. Albert Sarraut, heureux d’y représenter et d'y défendre les intérêts du nord de la France, soutenu par l'affection du peuple de ma région.
La prochaine législature devra s'affranchir des querelles partisanes pour redresser vigoureusement les activités du pays.
Alürmer une politique extérieure nettement française,
taire échec à la guerre.
Rétablir la paix indivisible et la loi internationale*
Maintenir l autorité et la mission civilisatrice de la Société des Nations,
Instaurer F ordre européen de sécurité collective.
Voilà la politique étrangère des républicains qui, sans rien abandonner de la défense nationale, sans renoncer à l'essence des traités, ni à la fidélité des amitiés, appellent de leurs vœux la réduction d'armements dont l'excès et la rivalité causent la ruine des budgets el mettent en péril les nations.
Dans la paix des peuples.
Sauvegarder la République, ses principes el ses lois.
Avoir l'audace des réformes nécessaires pour rendre à l’Etat sa puissance, au Gouvernement son autorité, sa stabilité ; pour discipliner les elîorts conjugués de l'exécutif et du pouvoir législatif.
C’est Fœuvrc de civisme et de raison qui s'impose aux démocrates.
Mais aussitôt après le souci de sécurité nationale, les questions économiques domineront Fesprit du législateur.
Lutter contre le chômage, en ordonnant l’économie par des ententes internationales ; restituer à l'ouvrier son travail, son salaire, son pouvoir de consommation ; accueillir humainement ses revendications collectives; lui assurer la sécurité dans 1 -exercice de son labeur, le bien-être dans sa famille; respecter ses forces et ses libertés; Farder contre l'accident, la maladie, la vieillesse , ouvrir à notre jeunesse si malheureuse les possibilités intellectuelles ou manuelles de travail que réclame son activité et que légitime son droit à la vie ; n'est-ee pas la synthèse des efforts de justice sociale que j’ai toujours déployés pour les travailleurs de ma région et particulièrement pour les ouvriers mineurs ?
Ns
L'heure n’a- belle pas également sonné de songer aux classes moyennes, aux artisans, et de respecter les droits de l'honnête épargne ?
Des finances saines, l’équilibre réel et loyal des budgets humainement proposés, restitueront aux citoyens la confiance nécessaire aux entreprises et aux affaires.
Le commerçant, témoin de nos efforts pour le soustraire aux excès de fiscalité et pour lui assurer l'égalité dans la concurrence, ne verra plus planer sur lui l'ombre redoutée de la faillite.
De même que Te commerce, Finduslrie et le travail retrouveront forces et espoir, si l'agriculture peut consolider sa reprise,
Je veux à nouveau proclamer que le retour à la prospérité n’est possible que si le monde agricole retrouve, dans la juste rémunération de son labeur familial et de ses productions, le moyen de vivre et le pouvoir d'acheter,
À cette fin il me suffit de .poursuivre une action dont vous êl^s les témoins.
Collaborer, en toute confiance, avec les ruraux et leurs organismes de défense professionnelle et paysanne;
Proléger, contre l’invasion des produits étrangers, les productions nationales, notamment par le maintien strict du droit de douane, des contingents rigoureux et toujours restreints, des taxes sur les licences d’importation.
Revaloriser tous les produits de la ferme, céréales, produits fourrages, bêlait, betteraves ,
Réprimer impitoyablement les fraudes et les manœuvres dolosives de la spéculation;
Appliquer une politique cohérente à l’ensemble des productions métropolitaines et coloniales, en vue d'une économie impériale;
Tel est mon combat.
Pour cette œuvre de rénovation énergique et audacieuse, l’union des citoyens est nécessaire. J
Dans le mépris des divisions misérables et stériles, je fais appel à tous les démocrates à tous les hommes de bonne volonté.
Que les anciens combattants revendiquent leur place de choix dans les conseils et dans 1 action, pour régénérer un pays qu’ils ont sauvé et qu’ils ne peuvent abandonner ■
Que les jeunes se jettent résolument dans la lutte que nous allons continue^ pour redresser ce grand pays de 100 millions d’habitants et pour adapter son économie aux conceptions et aux réalités de la vie moderne.
C’est à ce prix que nous vaincrons la crise et que nous forgerons l’avenir Dans l'amitié,
Dans l'effort,
Dans la justice,
Vers le progrès.
Vive la République démocratique et sociale !
Vive l’arrondissement de Saint-Pol!
Paul THÈLLIER
Député sortant.
Ministre de l'Agriculture.