PYRÉNÉES (BASSES
1" circonscription de BAYONNE.
M. Rasé DELZ ANGLES
(Groupe de J& Gauche démocratique et radicale io dépendante*) Eïu pour la ltfl fois le 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyen s ,
Ü y a quatre ans, 7.718 électeurs ont affirmé sur mon nom leur adhésion au programme républicain et national que j’avais eu l'honneur de leur exposer.
Je leur doist et je me dois, de me présenter de nouveau devant le corps électoral de la lra circonscription de Bayonne,
Les élections législatives de 1932 assurèrent vous le savez, une majorité parlementaire massive au Cartel des gauches. Or, Je Gartel des gauches qui n'était qu’une monstrueuse alliance électorale npa tenu aucune de ses promesses. Incapable de survivre à la période électorale, il n’a pu assurer le Gouvernement de la France,
Aujourd'hui, comme il y a quatre ans, le Front populaire, Gartel des gauches étendu jusqu aux communistes, n’est qu’une coalition électorale incohérente et paradoxale qui serait incapable d'assurer une majorité de Gouvernement homogène et durable et dont la victoire conduirait fatalement à la révolution, à la dictature ci à la guerre, La politique de ceux qui, par démagogie ou par esprit de parti, conduisent la France aux abîmes, n’est pas la mienne \ je la combattrai de toutes mes forces en travaillant avec persévérance à réaliser le programme suivant :
Au point de vue extérieur :
Assurer la defeose nationale en lui consentant tous les sacrifices nécessaires.
Maintenir et renforcer nos amitiés traditionnelles et nos alliances.
Rechercher avec tous les peuples, qui les désirent sincèrement, des ententes durables.
Poursuivre dans le cadre de la Société des Nations, lorganisation de la sécurité collective.
Réaliser, enfin, les moyens d’écarter à jamais les horreurs d’une nouvelle guerre.
Au point de vue intérieur :
Doter le Gouvernement de l’autorité et de la stabilité qui lui sont indispensables pour remplir la mission dont il est investi.
Assurer l'indépendance d'un pouvoir judiciaire, rendant à tous les citoyens une justice
égale et protégeant efficacement la collectivité et l'épargne.
Organiser une administration moderne et disciplinée.
Faire adopter par le Parlement la représentation proportionnelle intégrale,
: Améliorer et simplifier les méthodes de travail parlementaire.
Réformer l'administration par la décentralisation,
rr- Au point de vue financier :
Maintenir le franc à sa valeur or actuelle.
Equilibrer rigoureusement les budgets publics et celui des chemins de fer, en ajustant les dépenses aux recettes et en supprimant les doubles emplois et les cumuls*!
Réformer notre fiscalité et notamment notre système d'impôts directs.
Améliorer et « mutualiser » les assurances sociales.
Abaisser le loyer de l'argent, en facilitant la circulation des capitaux et la limitation des emprunts d'Etat,
Rendre plus justes certains décrets-lois.
Au point de vue économique :
Soutenir la production et stimuler les échanges par un dégrèvement fiscal massif, une stabilisation internationale des devises et des monnaies, un assouplissement de la politique d'accords douaniers*.
Alléger les impôts d'Etat et les impôts locaux qui pèsent trop lourdement sur le commerce et l’industrie. ^
Réglementer le fonctionnement des coopératives commerciales qui ruinent le petit commerce, et n'apportent, en compensation, aucun avantage au consommateur*
Protéger et organiser les transports routiers automobiles.
Au point de vue social :
E n cou rager to u s 1 es s ports .
Préparer l'enfant, dans les écoles et les œuvres post-scolaires à l'exercice de sa pro¬
fession.
Protéger sa santé par l'éducation physique, l'organisation des loisirs, la multiplication
des colonies de vacances.
Défendre les droits des mutilés, veuves de guerre et anciens combattants.
Lutter par tous les moyens contre le chômage.
Améliorer et compléter la législation sociale due uniquement jusqu’à ce jour à des
républicains nationaux!
Assurer le placement professionnel des jeunes générations, principales victimes de la
crise économique.
Etablir enfin, dans le cadre professionnel, la collaboration des classes.
Au point de vue agricole :
Restaurer le pouvoir d’achat des classes moyennes par la revalorisation des produits du sol obtenue par une protection douanière équitable et une organisation de la profession
permettant de réaliser l'équilibre entre l'offre et la demande.
Orienter la production vers la recherche de la qualité, qui ouvrira aux producteurs des débouchés nouveaux et productifs, ^
S’opposer à l'institution des offices, tels que les conçoivent les socialistes et dont, en -
fin de compte, les travailleurs de la terre assumeraient la charge.
Poursuivre les travaux d'électrification des campagnes et approvisionner nos villages en eau po labié.
Tout faire, en un mot, pour rendra la vie des agriculteurs plus confortable et leur activité plus rémunératrice.
Au point de vue régional :
Adopter une politique de tourisme destinée à ramener en France les voyageurs étrangers grâce à l'adoption de tarifs maritimes et ferroviaires favorables, et à la stricte observation de la réciprocité dans les rapports internationaux en matière d'exportation de capitaux*
Développer le port de Bayonne auquel est lié l'essor économique de tout le sud-ouest*.
Réaliser l'aménagement touristique de la Côte basque par l'exécution de grands travaux nécessaires pour lutter efficacement contre !e chômage.
Telles sont les grandes lignes c!u programme nettement républicain, résolument réformât eur, profondément patriotique, sincèrement social et de réalisation pratique* que je soumets h votre approbation et qui ne peut être réalisé, ni par les partis extrêmes, ni par Ceux qui ne peuvent se passer de leur appui.
Si vous le faites vôtre, en m'honorant de votre confiance, je serai, à la Chambre, le défenseur vigilant des intérêts supérieurs et de ceux de notre belle circonscription.
J'apporterai toute mon indépendance et toute mon énergie à l'œuvre de redressement qui s'impose.
Ni réaction incomprëhensive, ni communisme spoliateur.
Je veux servir et non me servir.
Vive la République, dégagée de toute tutelle révolutionnaire apparente ou occulte 1
Vive l'union des républicains!
Vive la première circonscription de Bayonne î
René DELZ ANGLES
Avocat à la Cour.
Docteur en droit.
Docteur ès sc ion ces politiques er. économiques..
Il h d i ca E i ntl épen d an i.
Candidat du Front républicain.
2a circonscription de BAYONNE.
M. Beenard de CORAL (Groupe de la Fédération républicaine de France.)
Élu pour la V9 fois le 10 mars 1935 — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers Concitoyens,
Il y a un an, répondant à l'appel que je vous adressais, vous avez approuvé le pro** gramme d'union et de réconciliation nationale que je vous proposais.
C'est encore sous le signe de l'union nationale que je vous demande de renouveler le mandat que vous m'aviez fait l'honneur de me confier et au cours duquel j'ai fidèlement
soutenu les gouvernements' qui s’eu sont réclamés comme j'ai combattu ceux qui l’avaient
abandonnée* . , , * 1#.
La prochaine législature va se trouver en face d une situation grave, aussi bien à 1 intérieur qu’à l'extérieur de nos frontières. Les querelles de partis doivent cesser. Il est lemrs de prendre, dans tous les domaines, les solutions attendues par le pays. Et il faut les prendre
tout de suite sous peine de désordres graves. „ ,
les difficultés constatées à l’intérieur du pays sont, en grande partie, la conséquence de la crise économique : la diminution du pouvoir d’achat qui frappe, à des degrés divers, toutes les catégories de citoyens est génératrice d’une sous-consommation dont souffrent tous
les producteurs et, spécialement, les agriculteurs.
Des signe» de reprise des affaires se sont manifestés ces temps derniers, quoique d une façon a<-sez timide. Les Pouvoirs publics se doivent de l’encourager. Seule la diminution résolue des charges fiscales qui frappent la production, les échanges et les transports donnera un coup de fouet salutaire à notre économie nationale ; cette diminution est rendue difficile par le souci d’équil brer le budget de l’Etat; aussi ne peut-elle être envisagée que dans le cadre général de la réforme fiscale, unanimement réclamée depuis si longtemps, et qui devra être accompagnée d’une réforme administrative.
Les essais faits jusqu’à présent dans ceL ordre d’idées se sont bornés à des prélèvements sur les traitements ou à des suppressions d’emplois de petits fonctionnaires T c'est à la fois injuste et notoirement insuffisant. Il faut arriver à la suppression des abus de toutes sortes, à la cessation des cumuls qui prennent les proportions d’un véritable scandale souvent
dénoncé, mais jamais réprimé. . , , . . „ .
La question du chômage doit être l’objet de la sollicitude constante du Gouvernement. Les mesures prises pour protéger la main-d’œuvre nationale et effectuer de grands travaux d’utilité nublique doivent être complètes par une organisation rationnelle de la profession qui devra Lendrc à assurer à l’ouvrier consciencieux un minimum de salaire obligatoire et une retraite honorable pour les travailleurs âgés, cette dernière disposition devant creer des
débouchés pour les jeunes.
Une économie revigorée, une consommation augmentée par la résorption do chômage, il n’en faudra pas davantage pour assurer la revalorisation des produits de la terre et donner ainsi aux cultivateurs la possibilité de retirer de leur dur labeur une juste rémunération. Les mesures de protection et d’organisation du marché des produits agricoles, prises jusqu a présent et qui ont eu, quoi qu’on en dise, d’heureux résultats, devront elre continuées et
renforcées, en attendant mieux. . . t
La crise économique a eu pour notre région essentiellement touristique des conséquences-
désastreuses ; l’industrie du bâtiment connaît des difficultés d’autant plus aigues que son activité a été plus grande; beaucoup d’hôleliers éprouvent des difficultés à tenir les engagements qu’ils ont du prendre à des taux démesurés pour satisfaire aux besoins <1 une clientèle nombreuse et exigeante qui, maintenant, a délaissé nos plages. Là encore, le remette es fonction de la fin de la crise ; en attendent, il est urgent de donner aux commerçants et industriels gênés des facilités de libération.
Nos indu tries locales - pêche, fabriques de conserves et de chaussures - assurent a notre région une activité considérable : il faut les protéger efficacement contre la concurrence étrangère et les mesures prises jusqu’à présent doivent être maintenues et renforcée • Pour réaliser une œuvre aussi vaste, il faut assurer l’autorité et la stabibté du pouvoir exécutif : cela implique le rajeunissement de nos institution» qui eu sont arrivées h fonctionner à l’encontre de leur objet, puisque le pouvoir législatif, composé d élus urespon. sables, empiète complètement sur les attributions de l’exécutif et pratiquement s n
action La réforme de l’Etat est la première à réaliser : elle sera difficile à obtenir a dra lutter contre les profiteurs du régime, bien résolus à ne pas se laisser d'jmrtd deleurs privilèges. Les récents débats sur la réforme électorale, première etape de a renovat.on des institutions et qui devait avoir pour conséquence ta réduction du nombre des élus, vo
a indiqué de quel côté étaient les véritables « conservateurs », ceux qui ne veulent rien changer au chaos dans lequel nous nous débattons.
En ce qui concerne la politique extérieure, les récents événements internationaux ont démontré que la France doit surtout compter sur elle-même. 11 est temps quelle fasse une politique réaliste, basée sur des alliances fécondes avec les natious qui ont des intérêts identiques aux siens ; elle ne doit pas être isolée, mais elle ne doit pas non plus être à la remorque de l’étranger. Aussi la défense nationale doit être au premier rang des préoccupations du Parlement ; tant que nous serons forts, nous serons respectés et nos représentants dans les négociations internationales seront mieux écoulés. Pour être forts, nous devons être unis : dans les moments si graves que nous traversons, en face de l’étranger qui nous épie et guette nos moindres réactions, nous n’avons pas le droit de donner le spectacle de nos sternes querelles de partis, de nos pitoyables questions de personnes.
Mes chers concitoyens, je n’ai pas en la prétention de vous exposer un programme mais seulement les idées générales qui inspireront mon action. Vous me connaissez assez pour elre surs que je ne solliciterai jamais un mandat que je ne c.oirai pas pouvoir remplir- J a, consacre, pendant cette année, tout mon temps et toute mon activité au service de notre be le circonscription, comme depuis déjà pas mal d’années j’en consacrais une bonne partie a 1 exercice de mandats plus restreints. Je ne pense pas avoir perdu la confiance que vous m avez témoignée. \ ous montrerez le dimanche 26 avril, en m’accordant en masse vos suffrages que le pays basque, fidèle à ses traditions et à sa foi, entend donner son adhésion complété a la reconc.liation nationale autour du drapeau tricolore, seule capable d’assurer dans notre magnifique pays, le Lravail, la paix, la liberté.
BkRNAR» DE CORAL
Maire cTUmigiie.
Co n sei 1 1 er d f&rron d i s$e m en t,
Député sortant.
Candidat d’union nationale.
Circonscription de MAULÉON.
M. Jean YBARNÉGARAY (Groupe des Indépendants républicains.)
Elu pour la 1" fois le 26 avril 1914. - Réélu les 16 novembre 1919, 11 mai 1924 22 avril 1928, J*r mai 1932 et 26 avril 1936.
Mon cher Électeur,
. Docile aux prescriptions de mon médecin, je dois renoncer, cette année, à visiter, ainsi que j en a vals I habitude, chacune des communes de ma circonscription. Pendant une annee, une dure maladie m’a tenu éloigné de la vie publique et aujourd’hui encore, ce sont les exigences d’une convalescence délicate qui viennent m’interdire le plaisir de parcourir mes chers cantons de Basse-Navarre et de Soûle,
Je n’irai donc pas vers vous et j’en éprouve beaucoup de peine. Car mon contact avec vous c ont je sais 1 amitié, dont j’ai éprouvé la longue fidélité, était la chose la plus chère e a plus douce de ma vie politique. Depuis vingt^deux ans que je vous représente, je ne
vous ai rien caché, jamais menti. Mes actes, mes votes, mes pensées, je vous aï tout livré. Et rarement sans doute, intimité plus étroite exista entre les électeurs d'un arrondissement et leur élu.
Les heures que nous vivons sont tellement graves que plus que jamais j'aurais aimé prendre devant vous mes responsabilités, celles du passé, pour le compte rendu de mon mandat, celles de l'avenir par l'exposé de mon programme.
Permettez -moi de vous en dire ici l'essentiel.
Mes votes, depuis quatre ans, vous les connaissez. Je vous les livre. Vous les jugerez.
Mes interventions à la tribune ne furent pas nombreuses. Je nTai parlé que quatre fois, mais chaque fois dans un débat important :
1* En novembre 1932, pour révéler les armements de îa Hongrie et préconiser une entente militaire plus étroite avec les Etats danubiens et la Pologne;
2a En mars 1933, pour flétrir l'impuissance de la Société des Nations et pour la première fois, au Parlement français, demander une politique d'entente avec l'Italie ;
3* En janvier 1934, pour dénoncer le scandale Stawisky et réclamer — hélas vainement — que les coupables, tous les coupables, si haut placés fussent-ils, soient impitoyablement punis ;
4fl Enfin, le 7 décembre 1933, devant la guerre civile menaçante, pour proposer ie désarmement des Ligues et de toute mon âme appeler tous les Français à la réconciliation.
Me suis-je trompé? Les événements qui se sont déroulés depuis deux ans en Europe, en Afrique, à nos frontières et à l'intérieur du pays, m'ont- ils donné tort ou raison ?
C’est h vous de le dire? Vous F avouerai-je ? J'attends votre verdict avec tranquillité*
Ceci est le passé. Et c’est vers l’avenir qu’il faut tendre désormais nos forces d'intelligence, de volonté et d'action.
Vous avez lu mon programme électoral, vous savez comment j'entends ce rude devoir. Fort de votre approbation, je l'accomplirai jusqu’au bout.
Je ne vous dirai rien de plus* Vous me connaissez. Vous savez que je suis votre ami, que ma maison vous est toujours ouverte et qu’en toute occasion, qui que vous soyez, sans distinction de parti ni de classe, j'ai mis mon dévouement et mon activité à votre service.
Vous surtout, mes chers paysans, fils comme moi de la terre basque, que je vois de si près dans ma commune et dans mon Syndicat de Gize et dont, plus que toute autre, la cause m'est sacrée.
Mon cher ami, je vous demande de me renouveler votre confiance et le 26 avril, de voler pour moi Je suis à une heure de ma vie où ce témoignage de votre part me sera particulièrement précieux» Vous ne me le refuserez pas et d’avance je vous en remercie.
Votre député et ami cordialement dévoué,
Jean YB ARN EGA RAY.
Circonscription d'OIiOHON,
M. Jean MENDÏONDOU
(Groupe de la gauche indépendante.) Élu pour la 1" fois le ‘3 mai 1936*
Messieurs el chers compatriotes,
Je viens solliciter de vous l'honneur de représenter au Parlement l'arrondissement d'Ôloron.
Je crois, eu accomplissant ce geste, répondre au ferme désir du plus grand nombre d'entre vous De tous côtés me vient la certitude que voire volonté la plus incontestable est de confier la défende de vos intérêts à un homme né dans l'arrondissement, vivant au milieu de vous, connaissant vos tendance et vos besoins, parlant votre langue ancestrale, vous comprenant en un mot en toutes choses et, en outre, ayant pour vous l'affection d'un compatriote béarnais.
Considérer comme au-dessus de toute discussion l'existence de la République et, avec elle, celle des lois dont l'objectif a été de réaliser l'indépendance de TEtat, tout en assurant la liberté des opinions et la neutralité de T Ecole dans la véritable acception du terme, telle que nous l'a léguée la tradition républicaine;
Assurer la stabilité gouvernementale pai l’union de tous les républicains;
Défendre le régime parlementaire qui, qu'on le veuille ou non, est la seule et véritable expression de la démocratie ;
Faire respecter l'ordre établi et avec lui toutes les lois par tous les citoyens ;
S'efforcer de procurer aux travailleurs, dans le cadre approprié à chacun, la sécurité et les moyens de travail auxquels ils ont droit ;
Ajuster rationnelle ment le pouvoir d'achat des populations agricoles à leurs moyens normaux de production ;
Organiser l'action collective des peuples sous l'égide de la Société des Nations, de manière à empêcher ou éventuellement à arrêter toute guerre d'agression ;
Telles sont les grandes lignes d'un programme qui peut se résumer dans cette formule : la paix intérieure dans l'ordre républicain, la paix extérieure dans l'ordre international.
Le Béarn et la République sont inclivisiblement unis dans mon esprit et dans mes sentiments. C'est pourquoi je vous demande de m'envoyer au Parlement les servir à égal litre en votre nom.
Vive la République î Vive le Béarn I
Jean MENDÏONDOU
Avocat.
Maire d’Oioron*
Chevalier de la Légion cThonneur* Médaille militaire.
Croix de guerre.
Candidat républicain radical indépendant.
Circonscription d’ORTHEZ.
M. Jeax-Lotjïs TIXIER-VIGNANCOIIR (N*appartieat à aucun groupe.)
Elu pour la lTù fois le 27 septembre J 936*
C est au terme des réunions que j'ai eu le plaieir de donner que je tiens à résumer les arguments et le programme que je vous ai présentés. J’ai reçu partout un acceuil si chaleureux et si cordial que le succès est désormais certain. Je n’ai pas, comme mon adversaire, prononcé des discours différents selon les auditoires devant lesquels je parlais* JJai développé uniquement mon programme d'union républicaine et. de défense agricole placé sous le signe de l'Alliance démocratique, dont je fais partie depuis pins de six ans.
Quel est ce programme ?
iû Politique étrangère :
Rester unis en matière de politique étrangère pour retrouver l'autorité à l’extérieur et éviter ainsi, que Ton ne nous accorde pas contre Y Allemagne les sanctions que Ton nous a demandées contre F Italie,
Rester forts en se souvenant de ceux qui ont voté, en 1933, contre les crédits de la défense nationale. Nous aurions eu la guerre si nous n'avions pas eu la ligne Maginot,
Ne pas s'occuper des régimes politiques des pays étrangers pour les attaquer comme pour les défendre. Le Front populaire défend les Soviets et attaque l'Italie et l'Allemagne, Il risque ainsi de nous amener la guerre.
Étudier dans une atmosphère de courtoisie quels sont les moyens de justice internationale qui peuvent au besoin par la redistribution de certains mandats coloniaux éviter la guerre. Avoir une volonté absolue de paix,
2° Politique intérieure :
Deux expériences d’une majorité radicale-socialiste et socialiste ont été faites : 1924- 1926 : dix Ministères et la faillite ; 1932-3934 : onze Ministères et le scandale.
Unis pour se faire élire, ils ne peuvent s'unir pour gouverner. Tl faut donc voter contre ceux qui bénéficient des suffrages socialistes. Ils sont les prisonniers du Front populaire qui fait le jeu d'un certain nombre de meneurs et df ambitieux. Ceux-ci veulent parvenir au pouvoir pour partager les terres des paysans et exiler ceux qui ne pensent pas comme eux* Le Front populaire en Espagne est l’exemple de ce qui nous attend en France,
Pour la politique financière, on a pris des décrets-lois qui sont parfois iniques, alors qu on n a pas supprimé les abus et les postes inutiles. La réforme administrative s'impose et doit rajeunir les cadres de l'Etat, Suppression de toutes les dépenses contraires à l'intérêt general et notamment les fonds secrets qui ont été gaspillés et distribués à des escrocs.
Réajustement des impôts qui frappent les producteurs sans tenir compte de la baisse des produits et qui suppriment leurs bénéfices.
Lutte contre les intermédiaires.
Revalorisation des produits agricoles pour éviter des scandales comme celui du blé.
Création du statut organique de l'agriculture française pour permettre à celle-ci de donner son avis et d'exercer un contrôle.
Loi sur la pollution des eaux fluviales.
Lutte contre îa tuberculose bovine par l'immunisation des produits de moins de trois semaines gratuite et obligatoire.
Extension de la culture du tabac aux Basses -Pyrénées.
Protection de l'épargne pour restaurer la confiance.
Etablissement d'un salaire minimum pour les ouvriers, conforme à l’indicé de vie.
Réglementation des sociétés anonymes.
Enfin, en politique générale, défense républicaine contre le pacifisme blanc et contre le pacifisme rouge.
Défense de l'école laïque contre les atteintes portées à la neutralité politique de l'école.
Maintien absolu des droits des anciens combattants auxquels il ne faut pas oublier que nous devons tout.
Telles sont, mes chers concitoyens, les grandes lignes de ce programme pour l'accomplissement duquel je demande votre confiance. Je n'oublierai jamais que je devrai, si je veux défendre vos intérêts, m’inscrire, comme je vous l’ai promis, à la Commission de l'agriculture, ce que nfa pas fait mon prédécesseur.
C'est sans sectarisme et avec loyauté que je vous demande d'assurer par votre vote, le 26 avril, le triomphe de l'Union républicaine, et la défaite des alliés de la Révolution.
Vive ï 'arrondissement d'Orthez î
Vive la France I
Vive la République î