‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 123 sur 186 · L. riXIER-YIGNÂNCOUR · texte numérisé non relu

L. riXIER-YIGNÂNCOUR

Docteur eu droit.

Avocat à la Cour d’appel.

Candidat d’Unîou républicaine et de défense agricole*

circonscription de PAU.

M. Samuel de LESTÀPIS

(Groupe de l'Alliance des Républicains de gaucho et des Radicaux indépendants.) Elu pour la lrc fois le 17 mars 1935. — Réélu le 3 mai 1936*

Mes chers Concitoyens,

À aucun moment, depuis que vous m'avez fait l'honneur de me désigner pour vous représenter au Parlement, je n’ai perdu contact avec la FB circonscription de Pau

Durant les douze mois qui viennent de s'écouler, en constante communion d’idées avec chacun d'entre vous, citadins ou ruraux, je me suis efforcé d'interpréter vos désirs el de défendre vos droits.

Aujourd'hui, la fin de la législature me fournit l’occasion de vous demander si, dans la tâche qui m'incombait, j'ai manqué à mes devoirs ou failli à mes engagements. Fidèle

aux déclarations de ma profession de foi du mois de mars 1035 comme aux amitiés dont je nie suis entouré, je pense qu’aux heures où nous vivons il vaut mieux agir selon ses convictions profondes que d’opposer des formules à d’autres formules, des promesses à d’autres promesses*

U an dernier fut pour tous les citoyens français particulièrement douloureux. Les mesures prises pour sauver le franc s’imposaient* Sauver le franc, c’était sauver Tessentiel des salaires, des traitements, des revenus de l’épargne ; c1 était préserver Y agriculture le commerce et T industrie* Une nouvelle dévaluation n’aurait donné qu’un bénéfice passager, chèrement payé ensuite*

Certaines de ces mesures, prises dans la hâte et sous la pression des événements, ont été reconnues imparfaites : elles ont été révisées ; leur adaptation pratique doit être poursuivie et améliorée*

Pour stimuler une consommation amoindrie, parce que diminuée dans ses facultés, rabaissement du coût de la vie doit rester l’objet de nos préoccupations. On ne réussira à accroître la première que par un allégement, des charges fiscales, dont le poids se fait trop lourdement sentir sur notre économie nationale* Des dégrèvements sont souhaitables : ils sont possibles* À un Etat socialisant insatiable dans ses accaparements, il faut substituer un Etat limité à ses fonctions essentielles d’autorité responsable, d’administration générale, d'application de la justice, de défense nationale*

Certes, le relèvement économique auquel nous aspirons ne dépend pas seulement du rétablissement de l'équilibre budgétaire par la suppression des dépenses inconsidérées de l’Etat : il exige que des remèdes, adaptés aux circonstances, soient apportés aux plaies sociales dont nous suufirons*

Mais voici qu'à la dépression dont elles sont la conséquence, viennent s’ajouter avec un éclat propre à déciller les yeux les plus obstinément fermés à l’évidence, les craintes trop fondées dTun péril extérieur. Et celui-ci apparaît d’autant plus menaçant que l’inquïétude est, à l’intérieur du pays, intentionnellement entretenue au nom d’idéologies aussi creuses que vaines*

Une telle situation exige que nous ayons pour premier souci de faire régner dans les esprits l’amour de lu patrie, seul sentiment capable de provoquer le regroupement de toutes les énergies françaises*

Soyons résolument pacifiques, ne négligeons rien de ce qui peut barrer la route à la guerre : mais restons vigilants et forts* Refusons-nous à imposer notre loi aux nations étrangères, mais n’acceptons jamais leur immixtion dans nos affaires* On n’obtient pas la paix par l’abdication*

Poursuivons notre action médiatrice dans le cadre de la Société des Nations et aux côtés des grandes démocraties dont les aspirations nous sont communes* Leur solidarité reste l’une de nos meilleures sauvegardes contre l’orgueil inassouvi des peuples qui violent les pactes et traités et n’hésitent pas à renier leur signature.

Indéfectiblement attachés à l'idéal républicain, pkçons-le au-dessus de nos stériles querelles*

Restons unis devant le danger et ne servons qu’un seul drapeau*

Vive le Béarn !

Vive la République I

Samuel de LESTA PIS

Conseiller général.

Député soi tant-

2’ circonscription de PAU.

M. Maurice DELOM-SORBÉ

(Groupe de la Gaucliç indépendante.)

Élu pour la fois le 8 mai 1932. - Réélu le 3 mai 1936.

Mes citées compatriotes,

J’ai l’honneur de solliciter le renouvellement du mandat que vous m’aviez confie' il v a quatre ans. J

Elu des républicains de la deuxième circonscription sur un programme de défense paysanne et d action démocratique, j’ai conscience d’être toujours resté fidèle aux idées que vous aviez approuvées sur mon nom. 1

La cnf générale qui, au cours des années écoulées, a si douloureusement étreint les differentes branches de l’activité nationale et sous laquelle notre pays a failli sombrer n’a pas épargné le régime lui-même.

De profondes transformations, sans doute, sont nécessaires. C’est dans le cadre et dans esprit des institutions démocratiques qu’il convient de les réaliser et les libertés publiques doivent être onergiquement défendues contre ceux qui voudraient arracher au peuple le droit de diriger les affaires du pays, qui sont ses propres affaires.

» Sans 1 e{sinie parlementaire, pas de République, mais, lorsque l’Etat n’est pas libre, il n y a pas non plus de République,

Or, de puissantes oligarchies financières et économiques — armature du capitalisme moderne - constituent de véritables Etats dans l’Etat, qui tiennent trop souvent en échec la volonté populaire.

A ces oligarchies, il faut, au nom de l’intérêt général, imposer contrôle et discipline.

Pour de bonnes finances :

& i État nest pas toujours libre, c’est que les finances publiques sont malades. Le c e mt budgetaire devient chez nous un mal chroniqae, malgré toutes les compressions réalisées jusqu a ce jour, et qui ont permis de diminuer de 12 milliards le volume du budget .Supprimer plus que jamais cumuls et gaspillages doit donc demeurer le but principal : mais on ne saurmt oubber que notre budget supporte la charge écrasante d’une dette pu fiiqué de 340 milliards — 13 0/0 de notre budget sont consacrés aux intérêts de celle " 0 et t’res de 25 °/° aux crédits de la Défense nationale. Il reste donc 32 0/0 seulement des impôts que nous payons pour subvenir aux besoins de l’Agriculture, du Commerce, de Industrie, des Travaux publies, de l’Éducation nationale, de l’hygiène et de progrès social.

Ce n'est pas en comprimant ces 32 0/0 qu’on réalisera l’équilibre budgétaire. 11 faut autre chose* °

Quon rftnime ) économie nationale et nous aurons de bonnes finances*

Quand les agriculteurs vendent leurs produits à un taux normal, quand les salaires des ouvriers cl employés et les traitements des petits fonctionnaires sont suffisants, quand les affaires commerciales marchent, les impôts rentrent.

Quand, au contraire, la crise est partout, les caisses de l’ELal se vident.

Or, la crise économique a pour cause principale l’anarchie économique.

Le machinisme a prodigieusement augmenté la production. Cependant, la consommation a diminué, car le chômage, la chute des prix agricoles et la baisse des traitements et salaires ont réduit considérablement le pouvoir d’achat des masses.

C'est pour cette raison que tant de denrées ou de marchandises ne se vendent pas. Le remède est dans l’organisation de l’économie nationale et dans le rétablissement de l’équilibré entre une production réglementée et une consommation accrue.

Mais qui dirigera l’économie ? Ce sont les intéressés eux-mêmes — paysans, commerçants, industriels, ouvriers — qui doivent assurer cette direction nécessaire, lî faut donc une organisation professionnelle locale, régionale et nationale, couronnée au sommet par une Assemblée économique où, à côté du Parlement politique, toutes les professions seront représentées*

Pour l'agriculture ;

De toutes les branches de l’activité économique, l'agriculture est celle qui a éLé le plus gravement atteinte par la crise, parce qu’elle était la moins bien organisée et la moins armée pour se défendre.

La mise en application des diverses mesures décidées par le Parlement a eu pour objet dT protéger le marché agricole contre la concurrence des produits étrangers et do résorber les excédents consécutifs à plusieurs années successives de surproduction.

La reprise sensible des cours et des échanges enregistrée depuis quelques mois est le

résultat de ces mesures. § . )

L’organisation et le fonctionnement des stocks de sécurité permettra d’assurer la stabilité "des prix revalorisés.

Mais il ne suffît pas de revaloriser les produits du sol et d'en faciliter 1 écoulement, il faut aussi s'attacher à diminuer le prix de revient par une réduction des frais généraux et du prix d’achat ou de transport des engrais et du matériel de culture.

Il faut aussi lutter contre la désertion des campagnes en facilitant l’accession à la petite propriété, en diminuant les droits de succession ou de mutation, en modifiant le régime successoral, en procédant aux travaux nécessaires d'adduction d’eau, d’électrification des

écarts, et d’aménagement des chemins ruraux.

Le règlement d'administration publique portant application de la loi du 7 juillet LM, b sur la prophylaxie de la tuberculose bovine doit être modifié dans le sens de la gratuite de la tuberculination et d’une plus grande extension des subventions en cas de saisie.

L’abatage des animaux réputés contagieux permettra l'assainissement progressif des

ét cibles *

La création d’une caisse d’assurance obligatoire d'Etat contre les calamites agricoles et surtout contre la grêle, permettra aux agriculteurs de se prémunir à peu de frais contre ces

fl é s. u X! *

L’organisation des cultivateurs au sein de leur profession leur permettra de contrôler la conception et l’application de toutes ces mesures et leur donnera la possibilité de se dégager enfin de l'étreinte des trusts.

Pour une politique sociale :

Le problème social ne saurait être séparé du problème économique, pas plus que celuici ne saurait l’être du problème financier, car l’organisation de la production ne peut s’accomplir que par la collaboration de tous les éléments qui y concourent et on une répartition équitable des produits.

Il faut donc maintenir et compléter la législation protectrice du travail et s ci orcer d’appliquer les réformes qui permettraient de réaliser la démocratie dans 1 ordre social.

La réalisation de toutes ces réformes, d’ailleurs, exige, avec le calme à l’intérieur, la paix à l’extérieur, car sans elles les plus nobles conquêtes de la liberté et les plus belles réalisations de la justice sociale seraient balayées par un nouveau cataclysme sanglanL.

Pour la paix :

Plus que jamais la France veut la paix. Or la paix ne sera vraiment assurée que le jour où toute nation qui voudrait en attaquer une autre verra se dresser contre elle l'ensemble des nations.

Notre sécurité nationale ne sera garantie que par la sécurité collective. Les pouvoirs de la Société des Nations doivent donc être fortifiés et elle doit Être dotée d’une police capable dassurer le respect de la loi internationale.

Nos amitiés, celle de l’Angleterre en particulier, doivent être maintenues dans le respect du Pacte de Genève.

L’industrie et le commerce des armes et munitions doivent être nationalisés afin de supprimer dans le risque de guerre ce qu’il y a de plus ignoble : le profit.

Paix à 1 extérieur, mais paix aussi à l’intérieur dans le respect des institutions républicaines, des lois fondamentales qui ont assuré l’indépendance de l’Etat et la neutralité de

l’Ecole, et de la liberté individuelle sous toutes ses formes.

Est-il besoin d’assurer les anciens combattants et victimes de la guerre, mes camarades

ion n m îlot a! J.-. J I ... à n. i

de mon amitié' et de mon dévouement. Pendant quatre ans, au sein de la Commission des pénsions, j’ai été de ceux qui onL maintenu toujours le principe de l’imprescriptibilité de

üiinc A I t- 1 ^

La Chambre en votant la Caisse des pensions a d’ailleurs manifesté sa volonté d’abroger les décrets-lois qui ont frappé les combattants et les victimes de la guerre,

tel est, mes chers compatriotes, l'essentiel du programme cme i’ai Phorménr rï* soumettre à votre approbation,

I endant quatre ans, je me suis efforcé de

C T r Al 1a n X, , .1 J ' . 1 . 1

Quoi qu en puisse prétendre certain coneur quatre ans ; libre de toute chaîne et ne subissati

indépendance.

avec, je de pense, une certaine rectitude dans

Mes chers amis,

J ai foi en votre bon sens, en votre fidélité aux principes républicains. C’est avec une entière confiance que j’attends votre jugement.

Vive la France !

Vive la démocratie rurale et paysanne !

Maurice DELOM-SORBÉ

Membre des Commissions de l’agriculture et des pensions. Maire de Séméacq-Blachoin Croix de Guerre, — Croix du combattant. Républicain radical (Gauche indépendante).

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