‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 142 sur 186 · SAVOIE · texte numérisé non relu

SAVOIE

Circonscription d' ALBERTVILLE— MOUTIERS.

M. André PRINGOLLIET (Groupe de I Union socialiste et républicaine.)

Elu pour la tre fois îe 8 mai 1932* — Réélu le 3 mai 1936.

Chers concitoyens ,

Dans un élan, auquel j’ai été .particulièrement sensible, vous m’avez, en 1932, accordé une large confiance.

Tous les républicains d'Albertville — Mou tiers s'étaient, sans souci des étiquettes et du cloisonnement des partis, groupés i sur mon nom.

Ai -je dans mon altitude et mes votes trahi celle confiance ?

Il vous appartient de mé juger sur rues actes quït toujours, furent en liaison étroite avec les intérêts généraux du pays et des travailleurs

Mes interventions à la Chambre sont toutes d’ordre pratique et d'utilité immédiate.

1° Sur l’assainissement du cheptel bovin eL l'indemnisation des propriétaires pour les animaux saisis ;

Sur la nécessité d'au gm en 1er les crédits destinés à la construction de routes et chemins ;

3* Sur les décrets-lois concernant la révision des tarifs d'électricité ;

4" Contre les décrets-lois frappant les petits traitements, les combattants, pensionnés, familles nombreuses, etc. et atteignant les libertés communales.

Désigné pour faire partie de la Commission d'administration générale, départementale et communale, c'est au sein de cette dernière que j'ai pu œuvrer utilement.

Délégué au Conseil supérieur des sapeurs-pompiers et à la commission permanente, j’ai eu le plaisir d'y soutenir, efficacement, les demandes de subventions présentées par un certain nombre de communes des deux Sa voies.

Les circonstances, la mésentente des hommes et des partis n'ont point permis que celte législature fût celle des grandes réa isations. des actions vigoureuses et des réformes profondes qui eussent enrayé la crise et donné une impulsion régénératrice à notre économie nationale.

Que chacun regarde franchement les erreurs commises pour ne plus y retomber ; il est temps, encore, pour relever une situation délicate tant à l'intérieur qu’à l'extérieur.

La Chambre de demain devra accomplir une œuvre immense; si elle se révélait im puis-

santé, le pays connaîtrait des troubles qui deviendraient rapidement graves et pourraient compromettre les libertés démocratiques.

Il faudra voir clair et loin ; ne pas craindre d’examiner, discuter et voter les mesures les plus hardies.

C’est dans cet ordre d’idées que le Parlement de 1936 devra, sous peine de périr, atteindre sans tarder les trois objectifs suivants :

1° Aménagement du crédit :

Par la réforme des statuts de la Banque de France ; il y a lieu de ne plus lui permettre, ainsi qu’aux autres établissements bancaires, de régenLer le commerce, l'industrie, les collectivités et l’Etat lui-même, en leur imposant des taux d’escompte et d’intérêts véritablement usuraires.

C est par cette politique d’argent cher que l’on a développé le chômage en arrêtant toutes les améliorations^ tous les travaux que les assemblées départementales et communales avaient projetés.

C’est également par l’augmentation du taux d’intérêt que l’on a arrêté l’essor touristique de notre région et empêché la construction des hôtels destinés à recevoir la clientèle de nos stations estivales et hivernales.

Si les capitaux thésaurisés s’offraient à des taux de 3 à 4 0/0, nous verrions s’ouvrir, sur tout notre territoire, des chantiers innombrables qui résorberaient le chômage et donneraient une nouvelle activité à nos industries locales, commerciales et touristiques tout en permettant 1 écoulement et la revalorisation des produits agricoles.

2° Réforme fiscale :

Problème ardu, délicat, qui touche à des habitudes séculaires et à des intérêts puissants ; problème qu’il faudra néanmoins solutionner daus un sens véritablement démocratique.

Il est choquant de constater que ceux qui devraient donner l’exemple du devoir fiscal s’efforcent de réduire leurs déclarations d’impôts à un chiffre qui contraste singulièrement avec leur train de vie.

L’abaissement large et massif des impôts indirects est non seulement souhaitable mais il deviendra rapidement indispensable si l’on veut, tout en revalorisant les produits de la terre, abaisser le coût de la vie.

L iniquité des impôts sur les matières de consommation est trop flagranle pour qu’il soit nécessaire d’insister sur ce point, puisque c’est la famille nombreuse qui est d’autant plus durement frappée qu’on lui refuse les allocations diverses prévues par les lois.

3“ Réforme administrative :

Cette réforme qui rajeunirait et donnerait une vie nouvelle à notre Administration en

la rendant plus active et plus féconde doit, absolument, rentrer dans le domaine des réalisalions.

Contrairement à ce que pense l’Administration supérieure, il y a lieu de desserrer la tutelle qu elle exerce sur les municipalités et de donner à ces dernières, comme d’ailleurs aux assemblées départementales, un peu plus de liberté dans l’application de leurs décisions et notamment en matière budgétaire.

Voici, succinctement résumés, les trois objectifs à atteindre qui, seuls, peuvent remécher à la crise et ranimer F économie de notre pays.

Ces trois reformes conditionnent toutes les autres et le programme du Front populaire

auquel j ai donné mon adhésion, ne pourra se réaliser qu’au tant que les problèmes qui pré- Cèdent auront été résolus. * 1

Qu’importe si ces questions sont abstraites et difficiles, il faudra les envisager avec de là volonté, de l’énergie eide l’audace.

Problèmes extérieurs :

Partisan convaincu cPune paix généreuse et humaine entre tous les peuples, j'ai œuvré avec mes amis pour que la République française agisse sur le plan international dans ïe cadre et au sein de la Société des Nations,

Respectueuse des traités et de sa signature, la France se doit de donner l'exemple de la vigilance, de la sérénité et de l'action collective,

C est dans cette action collective que nous trouverons la force de grouper autour de nous toutes Jes nations qui réprouvent l'application de la force aux règlements internationaux.

C'est à celle œuvre que nous convions tous les hommes de bonne volonté.

Citoyens,

Vous avez jugé l'action de votre député.

Il met, de nouveau, à votre disposition toute son expérience de la vie et de l’adminis- Ration départementale et communale*

Sa conduite vous est connue, elle est un sûr garant qu?en aucun cas il ne laissera toucher aux libertés républicaines et démocratiques.

Que son action de demain seia dirigée vers les réformes préconisées et pour l'abrogation des décrets-lois qui onL trop dure ment frappé les modestes et les travailleurs.

Né sur ce sol de Savoie auquel je suis et reste profondément attaché, je vous déclare qu'en vous associant à ma candidature, vous voterez pour que la République soiL de plus en plus généreuse, humaine, tolérante, qu'elle reste laïque et soit enfin sociale.

Vive l'arrondissement d'Albertville— Moutiers !

A. PRINGOLLÏET

Maire. — Conseil 1er général d’Ugine.

Président de la Fédération des mu lu elles- bétail*

Membre de la Commission d’&'lminiBtr&iîûii générale, départementale et communale.

Membre du Conseil supérieur des sapeurs-pompiers.

Ancien combattant. — Médaille militaire. — Croix de guerre.

Député sortant.

Candidat de 1 Union socialiste et républicaine.

lre circonscription de CHAMBERY.

M* Hyacinthe CARRON (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la re fois le 11 mai 1924. — Réélu les 22 avril 1928, 1* mai 1932 et 3 mai 1936,

Mes chers compatriotes,

Désigné comme candidat par les délégués venus de toutes les communes de la circonscription au congrès radical et radical-socialiste qui s'est tenu à Chambéry, je viens, la tête haute et les mains nettes, avec la sérénité que donne la satisfaction du devoir accompli, solliciter à nouveau vos suffrages*

Vous me connaissez particulièrement : mon altitude politique nTa jamais varié. Tel j’étais, lorsqu'il y a douze ans, je me suis présenté comme candidat devant vous, tel vous me retrouvez après trois législatures, n’étant point de ceux qui, guidés par l’ambition, changent d’étiquette avec les périodes électorales.

J’ai toujours été et je reste radical-socialiste.

Pourquoi aurais-je changé ?. . . Les misères ne sont-elles pas toujours aussi effroyables, les besoins du peuple aussi grands, les menaces de guerre aussi inquiétantes qu’hier î . .

Dans ces conditions, c'est très simplement que je viens vous dire que c'esL au nom du même parti, avec le même programme, les mêmes conceptions de progrès démocratique, de justice sociale et de fraternité des peuples que je me représente devant vous.

Le fils du peuple que je suis a-l il besoin de vous affirmer Fjntérét qu'il porte aux ouvriers, son attachement aux agriculteurs, sa volonté de venir en aide aux commerçants et aux industriels, son dévouement pour ses camarades, les anciens combattante?

G est avec Fespoîr de bien servir la démocratie que je voterai la suppression des décretslois frappant si lourdement les modestes fonctionnaires et toutes les victimes de 3a guerre; que je demanderai un meilleur aménagement du crédit agricole, pour fac liter l’accession à la petite propriété et faciliter le retour à la terre; que je servirai la cause de 1 artisanat; que j’encourag rai le développement des sports; que je favoriserai la mise en va'eur de nos stations thermales et climatiques et que je ne négligerai aucun effort pour lutter contre le chômage, ce terrible fléau qui atteint si cruellement la classe ouvrière.

Cela ne me fera pas perdre de vue que les conquêtes républicaines doivent être maintenues, le régime défendu contre les menaces des ligues, la démocratie dégagée de ! oppression des Féodalités économiques et financières, la Société des Nations développée pour libérer l'humanité de l'abominable cauchemar de la guerre.

G est dire que les idées directrices dé mon action parlementaire sont celles contenues dans le programme du parti républicain radical et radical-socialiste et auront avant tout pour but la défense du pain, de fa liberté et de la paix.

Voilà les idées dont je serai Tardent serviteur si vous voulez bien me confier la tâche de vous représenter à nouveaux

lliii face de moi, en face de nous, ce que nous avons surtout, c'est une réaction masquée, qui, battue sur le terrain des idées, se renie pour mieux vous tromper avec l'espoir de trouver dans I équivoque une revanche qu'elle sait ne pouvoir obtenir drapeau déployé..* Vous lui montrerez, électeurs républicains, que, comme moi, vous n’avez pas changé; qu’aujourd hui Comme hier, vous êtes pour la franchise des programmes et la loyauté des alti^ tudes et, par votre vote, vous hâterez l'avènement de cette société plus juste, plus fraternelle et plus humaine en laquelle nuus mettons tous nos espoirs.

Vive la Savoie I

Vive la République!

Hyacinthe CABRON

Conseiller général.

Maire dû Saînt-Alban-Leysse.

Député sortant.

La paix par la Société des Nations 9

La sécurité collective :

Je suis un pacifiste ardent et convaincu,

J ai connu ta guerre, pour Ta voir faite, avec ses ruines, ses misères et ses deuils.

Je suis partisan d'une organisation moins coûteuse et plus efficace de la défense natioîiale, j estime qu'elle doit être laite dans le cadre de la sécurité collective*

Nous ne pouvons, en effet, nous abandonner aux erreurs d’autrefois; il n'est pas possible de suivre soit une politique d’isolement soit une politique d'alliances militaires*

Seule, la Société des Nations peut> par le système du rapprochement des peuples et de la sécurité collective, écarter cet abominable crime qu'est la guerre.

Je suis donc décidé h défendre dans t’avenir comme dans le passé, la politique préconisée par ce grand pacifiste : Aristide Briand.

La paix doit être organisée :

Il appartient à notre pays, qui aime la paix plus que tout autre, de s’attacher au rapprochement et à la réconciliation des peuples.

Les traiîés doivent être révisés; les armements doivent être réduits eL contrôlés ; la Société des Nations doit s’atteler sans relâche à cette tâche qui doit assurer la paix du monde.

Cette paix définitive que je délire ardemment favorisera la reprise des échanges internationaux dont notre Savoie profitera, plus que tout autre, dans ses industries touristiques.

Les industries de guerre :

Mais l’œuvre de paix ne sera pas remplie tant que continuera le scandaleux commerce des marchands de canons

Il Faut qu’on en arrive a la nationalisation des fabrications d’armes et à un contrôle international sévère de ces fabrications et de leur trafic.

La défense de nos libertés.

Liberté de l’individu ;

11 n’y a de vraie liberté que dans le respect de toutes les croyances et de toutes les opinions : je suis pour cette liberté.

Pour que cette liberté absolue soit garantie, l’Etat doit rester neutre.

Pour que la liberté des croyances et des opinions soit assurée, l’école publique doit être laïque.

Sans doute certain s-voud raie nl-il abolir ce régime de libertés que nous avons eu tant de de peine à établir; mais, en Savoie, le fascisme ne passera jamais, même avec l’aide de ses ligues, U tant désarmer et dissoudre les groupements, quels qu'ils soient, qui font appel à la violence et qui troublent la paix intérieure dont le pays a un impérieux besoin.

Liberté de l’Etat,

Si les citoyens ont besoin d’êïrc libres, l’Etat ne saurait se plier sous le joug de congrégations économiques et financières qui constituent une nouvelle féodalité puissan te et dangereuse qui brime et exploite les forces vives de la nation.

Le contrôle des banques, des trusts et des monopoles de fait assurera la libération de 1 Etat et permettra la restauration de l’autorité.

U Etat doit être réformé ,

Nous vivons au milieu d'institutions souvent périmées et qui, en tout cas, ne répondent plus toujours aux nécessités de l'heure

U faut tout d'abord assurer la stabilité ministérielle et obtenir que le Gouvernement du pays soit la fidèle image de la consultation électorale. Il est impossible de tolérer plus longtemps que des organismes irresponsables au service des puissances d’argent s’opposent à la volonté populaire,

11 faut aussi modifier profondément, en les simplifiant, nos méthodes administratives*

La fiscalité est non seulement trop compliquée, mais trop tracassière : le commerçant, l'industriel, ^agriculteur ne doivent pas être soumis à un véritable régime d’inquisition. Mieux vaudrait faire une chasse sincère aux abus et aux cumuls.

Le droit à la vie et la crise économique.

La crise économique qui s'est abattue sur le pays a des causes nombreuses. Mais il faut constater que si toutes les catégories de travailleurs (paysans, ouvriers* employés* commerçants, artisans, fonctionnaires, etc.) ont été durement touchées, par contre les monopoles et les trusts (engrais, électricité, assurances, pétrole, fabricants d'armes) ont réussi à augmenter leurs bénéfices dans des proportions scandaleuses.

Malgré la crise, l'opulence des uns s'établit sur la misère des autres : il faut en finir avec la domination intolérable des deux cents familles.

11 faut agir d’urgence :

Par tous les moyens, nous devons stimuler notre activité économique, tout en nous gardant de causer la moindre injustice.

Dès à présent dressons un programme de grands travaux d'utilité sociale (hôpitaux, écoles, orphelinats, etc.) et d’utilité rurale (adductions d'eau, électrification, travaux d’hygiène, etc.) qui permettra de remédier immédiatement au chômage qui frappe la classe ouvrière.

II faut surtout donner du travail aux jeunes, privés d’espoir et de débouchés.

Mais il faut aussi assurer la protection de tous ceux qui ont été injustement frappés, notamment les victimes de la guerre (combattants, veuves, ascendants et pupilles), les petits fonctionnaires et assimilés. 11 faut procéder a la refonte de la loi de 1898 et faire aboutir les légitimes revendications des accidentés du travail*

11 faut aussi favoriser et protéger les familles nombreuses pour qui la crise économique est plus dure encore à supporter.

Tou* ceci doit être réalisé dans le respect de la propriété individuelle du travailleur qui est la garantie de son indépendance, dans la liberté des initiatives, dans l'organisation du crédit public (réforme de la Banque de France) et dans la protection énergique et vigilante de l’épargne et des petits rentiers.

Les travailleurs de la terre .

Les agriculteurs ont été gravement touchés par la crise, lis doivent être protégés contre ceux qui les rançonnent (fabricants d'engrais, consortiums de l'électricité, etc.)

II faut améliorer l'aménagement des dettes agricoles qui pèsent si lourdement sur réconomie rurale.

Il faut modifier complètement l'organisation du crédit agricole pour permettre notamment aux jeunes de s’installer et de rester a La terre.

Il faut revaloriser les produits du sol et obtenir le morcellement des terres chaque fois que de grandes propriétés seront mises en venie.

D'autres mesures s’imposent encore ;

Le coopératisme rural (coopératives et mutuelles de toutes sortes) doit être développé.

L'enseignement professionnel doit être facilité, notamment par la création de nouvelles écoles ambulantes.

L’amélioration de la qualité des produits doit être recherchée (tabac, vins, fruits, etc.). Mieux que la quantité, la qualité imposera nos produits savoyards.

Les produits laitiers et forestiers doivent être dégagés de l'emprise de la grande industrie à laquelle on les a sacrifiés,

La vie h la campagne doit être organisée car le cultivateur qui peine a droit, lui aussi, au confort et aux distractions (cinéma rural, sociétés de musique, sociétés sportives, etc,).

La Savoie.

Ce programme général doit être appliqué avant tout clans notre Savoie dont les richesses méritent cfetre sans cesse mises en valeur.

Grands travaux :

Le programme des grands travaux ne doit pas simplement être entrepris dans le cadre national; il faut donner aux^ communes les moyens de reprendre leurs travaux (écoles, mairies, etc,)

Les roules et chemins doivent être encore améliorés dans notre région où le tourisme est appelé à jouer un rôle important*

Electricité ;

En Savoie, nous payons encore le courant trop cher parce que nous sommes tributaires des grandes compagnies d’électricité : orientons-nous résolument vers une régie départe^ mentale-

Tourisme, thermalisme :

Un effort sérieux doit être fait en faveur de nos stations savoyardes, Aix-les-Bains, notamment, doit être aidée et encouragée dans son développement pour retrouver la prospérité à laquelle elle a droit.

Sans nous faire oublier les sites admirables de la région du lac du Bourget, du lac d’Aiguebelette et de toutes nos communes touristiques où les hôtels moyens doivent être favorisés.

Transports :

11 est nécessaire enfui d’organiser les transports de toutes sortes pour permettre à tous les petits transporteurs de vivre librement et non à quelques sociétés puissantes do 'truster les transports régionaux.

Dimanche prochain, l'union de tous les républicains sincères se fera sur le programme et sur le nom du défenseur de la démocratie.

Hyacinthe CAR BON,

2* circonscription de CHAMBÉRY

M. PlJ- UHF CO T

(Groupe républicain radical et radical-social islc«)

Elu pour la lr* fois le 22 avril 1927. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes chers Compatriotes,

Pour la troisième fois, je viens solliciter vos suffrages*

Pendant huit ans, je me suis mis à la disposition de tous ceux qui faisaient appel à moi* Sans m arrêter a des distinctions de parti, j ai tâché de rendre service à 3a Savoie et aux Savoyards* Mes adversaires eux ~ mêmes Font reconnu*

f. — lié panse aux diffamateurs.

Et pourtant, j’ai été violemment attaqué, injurié et diffamé. J'ai reçu des milliers des lettres de menace. A Aix-les-Bains, un attentat fut organisé contre moi* La haine de mes adversaires n'a meme pas épargné ma mère !

Que me reprochait-on ?

On a essayé de mêler mon nom aux événements du 6 février et à l'affaire Siavhky,

Des Commissions d'enquête ont fonctionné* Elles comprenaient des représentants du Parti de droite. Je n'ai même pas été cité comme témoin ! Tellement il était évident que je n avais aucune part de responsabilité dans ces tristes affaires* Les conclusions de la Commission du 6 février, prises à I unanimitéj démontrent que mes calomniateurs ont menti.

Qui donc avait mené cette campagne ?

A Paris, trois séries de journaux. Les journaux de chantage ! Les journaux qui laquent le régime parlementait, tels le Jour, l'Action française et Gringoire * Enfin, les journaux a la solde du Comité des forges et des marchands de canons* Voilà mes ennemis.

Eu Savoie, 1 assaut fut dirigé par un journal hebdomadaire* Notons deux faits : 1° le président du Conseil d'administration de ce journal était un banquier connu, aujourd’hui en prison, pour avoir dépouillé l'épargne savoyarde; T avant d'avoir atteint sa ungL cinquième, année, le directeur de ce journal avait été condamné, pour diffamation, par le tribunal correctionnelle Chambéry.

C est un honneur d avoir de tels adversaires.

ï I . — La liberté !

Je suis radical-socialiste.

Mes adversaires essaient de me représenter comme un partisan de je ne sais quelle révolution sanglante. Us déclarent que je ne suis plus radical.

Us oublient que ma candidature est patronnée et appuyée par tout le Parti radical

que j’ai été élu, voilà quatre ans, vice-président du groupe radical — que j.’ ai été accompagné, dans mes tournées électorales, par mes amis Antoine Oorrel, Milan, Perriol, Paul Chevalier, Jandet, Charnière, Therme, c’est-à-dire par tous nos chefs radicaux. Si je suis révolutionnaire, c’est qu’ils le sont aussi !

La liberté :

A la base de notre action, nous mettons la liberté.

Liberté d’opinion et liberté de conscience ! Je suis, vous le savez, respectueux de toutes les croyances et de toutes les convictions* C'est pour garantir cette liberté que l'Etat doit être neutre et que l’école publique, l’école de tous, doit être laïque.

Les ligues factieuses :

Des ligues rêvent d’instaurer, chez nous, des méthodes et un régime semblables à ceux que pratiquent Hitler et Mussolini,

La démocratie savoyarde ne veut pas du fascisme ! Elle réclame le désarmement et la dissolution de toutes les ligues qui font appel à la violence et préparent la guerre civile.

La démocratie :

La démocratie est le seul régime qui assure la liberté de chacun et le respect de la dignité humaine,

L’Etat démocratique doit être indépendant. Cette indépendance est menacée par les congrégations économiques et financières qui ont mis la main sur les principales ressources du pays- Une nouvelle féodalité tend à substituer lé pouvoir de l’argent à la souveraineté nationale.

Libérer l’Etat, c’est la condition de toute restauration de l'autorité. Il faut donc organiser le contrôle des trusts, des monopoles de fait et des banques.

Réforme de l'Etat :

L’Etat français doit être réformé et rajeuni d'un triple point de vue :

1° Du point dé vue politique, il faut assurer îa stabilité ministérielle, organiser le referendum. Le Gouvernement de la France doit être conforme aux décisions du suffrage universel. 11 ne faut plus que des organismes irresponsables (Ligues armées, syndicats d’intérêts, presses au service des puissances d’argent, etc.) fassent obstacle à la volonté du pays;

Du point de vue économique, il faut intégrer les forces syndicales dans l'Etat. Un Conseil national économique, au recrutement plus large, aux attributions plus étendues, pourra dresser le plan delà production française et régler les problèmes économiques;

Du point de vue administratif, il faut simplifier nos méthodes. La fiscalité française, notamment, est trop compliquée* Le contribuable veut bien payer ; il ne veut pas être ennuyé et traité en suspect. On y parviendra en faisant appel à la collaboration des syndicats de fonctionnaires, en réduisant les cumuls abusifs et en restituant à la fonction publique son prestige et son autorité.

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