‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 143 sur 186 · III. — La pa ix · texte numérisé non relu

III. — La pa ix

P Mon pacifisme :

Ài-je besoin de rappeler que je suis un pacifiste convaincu ?

Je le suis, parce qu’ayant, fait la guerre, je sais que la guerre ne peut nous apporter que misères, deuils et ruines

Je le suis, parce qu’ayant dirigé un Ministère de Défense nationale, je connais leseffroyables progrès de la technique militaire* Une guerre moderne laisserait l’Europe exsangue et ruinée*

Je veux une organisation moderne, moins coûteuse et plus efficace de la défense nationale, mais dans les cadres de la sécurité collective*

2U La sécurité collective ;

Seule, la Société des Nations peut écarter de nous le fléau de la guerre. Je demeure fidèle à la politique de celui qui fut mon maître et mon ami ; Briand,

Les dictatures menacent la paix. II faut donc organiser la sécurité collective. Tous pour un, un pour tous, telle doit être la devise de la Société des Nations !

Sans doute, cette politique est-elle difficile et comporte- 1 elle des risques* Préférezvous la politique de l'isolement, qui nous laisserait isolés en face de l’ Allemagne dTIitler ?

3Ü If organisation de la paix :

La France doit apporter un programme hardi, permettant 3a réconciliation internationale*

Révision pacifique des traités devenus inapplicables — rétribution des maLières premières et des mandaLs coloniaux — réduction générale et contrôlée des armements*

La Société des Nations doit entreprendre toutes ces tâches.

Inachèvement de cette œuvre sera la réalisation de cette Fédération européenne,, grand projet de Briand, qu'il faudra bien reprendre, si Fon veut éviter la catastrophe*

De même, nous devons favoriser la reprise des échanges internationaux et I njustement international des monnaies, seul moyen, pour notre Savoie, défaire prospérer ses industries touristiques et climatiques*

4° Les marchands de canons :

Cette œuvre de paix ne pourra s'accomplir si nous ne supprimons pas le scandale de la fabrication privée des armes*

Nationalisation des fabrications d’armes ! Contrôle international de ces fabrications et du trafic des armements 1

IV* — Le pain *

La crise économique menace le pain des travailleurs* Une féodalité nouvelle — lesdeux cents familles î — exploite le pays. Les plus douloureusement atteints sont les jeunes, privés d’espoir et de débouchés*

Défendre le travailleur honnête, le petit propriétaire et l'ouvrier, le vrai peuple de France, contre les deux cents familles, tel est mon programme.

1° Causes de la crise :

La grande cause, c'est Fin justice sociale*

Le progrès technique a accru nos possibilités de production. Si 1rs produits du sol et les produits manufacturés étaient répartis équitablement, nous pourrions tous vivre dans Fabondance.

Mais on jette le blé et le café à la mer, quand tant de pauvres gens sont dans la misère*

Pourquoi ? Parce qu’on assiste à ce spectacle honteux, depuis quatre ans :

— d'une part, toutes les catégories de travailleurs (paysans, ouvriers, artisanscommerçants, fonctionnaires, etc*), ont vu leurs bénéfices s'amenuiser ;

___ d'autre part, les trusts et les monopoles (électricité, engrais, pétrole, assurances^ fabricants d'armes etc,), ont augmenté leurs profits déplus do 30 0/0,

Quand les uns prennent trop, les autres n’ont plus assez.

2° Mesures provisoires :

P faut^ de toute urgence, ranimer l'activité économique. C'est le seul moyen de sauver la richesse nationale et de revaloriser les produits du sol.

a) Programme de grands travaux, d’utilité sociale (hôpitaux, maternités, orphelinats, etc.) et rurale (marais à assécher, adductions d’eau, électrification, travaux d'hygiène, etc,);

h) Du travail aux jeunes, des retraites aux vieux î Au lieu d'avoir 500.000 chômeurs, il vaut mieux : prolonger la scolarité; donner des retraites aux travailleurs usés;

c) Protection des faibles, injustement frappés, notamment des victimes de la guerre (combattants, veuves, ascendants, pupilles) eL des victimes des accidents du travail qui doivent recevoir la réparation intégrale à laquelle ils ont droit;

d) Protection des familles nombreuses, plus touchées que les autres par le désordre économique et l’exploitation du pays par les grands financiers qui nous rançonnent.

3* Réformes de structure :

Elles sont indispensables pour faire {'économie d une révolution sanglante, Notre régime doit évoluer. 11 faut :

a) Maintenir et favoriser la propriété individuelle du travailleur. Le cultivateur maître de son champ, Partisan maître de son outil, ont la garantie de leur indépendance ;

b) Favoriser la liberté des initiatives partout oii règne la libre concurrence. Libérez le commerçant, Partisan , le meunier, le petit entrepreneur de transports des servitudes dont on Ta injustement accablé, avec la paperasserie, le contrôle et les comités de coordination;

c) Nationaliser les monopoles de fait, qui échappent à la concurrence et dont les profits scandaleux sont le fruit de f exploitation et de la spéculation, non du travail,

d) Organiser le crédit public. La Banque de France doit elre régie par un conseil composé des représentants de toute l’activité économique nationale : chambres de commerce et chambres de métiers, organisations agricoles, syndicats ouvriers, etc. Le conseil sera substitué aux régents actuels, mandataires des trusts et des grands féodaux de la finance;

e) Protéger l'épargne mise au pillage par les banquiers sans scrupules et certaines sociétés de capitalisation.

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