V. Pour les agriculteurs
Plus encore que les autres, les agriculteurs ont besoin d’être protégés contre les excès des féodaux modernes. L’agriculteur sc croit libre. Il esl rançonné par le trust des engrais, le trust de l’électricité, les grands moulins et tous ceux qui spéculent sur sa f ai blesse
Il faut aménager les dettes agricoles, don! le fardeau est devenu insupportable, notamment pour les jeunes agriculteurs.
Cela fait, voilà les mesures que je préconise :
1° Enseignement professionnel, notamment par le développement des écoles ambulantes (écoles ménagères, pour les filles; écoles de bricolage et d’enseignement agricole,, pour les garçons);
2° Coopératisme rural. La coopération et la mutuelle défendront nos agriculteurs : mutuelles- bétail, coopératives de battage, caves coopératives, syndicats d’élevage, etc. ;
3° Amélioration de la qualité de nos produits. Ne cherchons pas la quantité. Les tabacs lins, les vins de qualité, les fruits sélectionnés, donneront plus do profit aux agriculteurs savoyards;
4 Produits laitiers et forestiers. Il faut revenir sur les accords passés sous les Gouvernements Doumergue et Laval, qui ont sacrifié, aux intérêts de la grande industrie, nos fruitières et nos communes forestières;
,) Organisation de la vie à la campagne. Le cultivateur- a droit, non seulement k sa pai t de confort, mais à sa part de distractions : développement des sports, cinéma rural, sociétés de musique, etc.
VL — Un programme savoyard.
La mise en valeur de nos richesses savoyardes doit se poursuivre intensément. C'est h la fois notre interet et notre devoir envers notre patrie savoyarde.
Travaux publics :
Le rythme de nos travaux publics a été ralenti depuis que M. Doumergue a réduit à. 42 0/0 le budget de J agriculture et que M. Laval a réduit toutes les subventions;
Mais nous venons d’obtenir, par le jeu des bonifications d'intérêt, ïe moyen d'aider nos communes à reprendre leurs travaux*
I>e pius, la majorité républicaine du Conseil général a voté un plan d’ensemble, dans lequel ] ai fait inscrire les routes touristiques de la circonscription ;
Electricité :
Nous payons le courant trop cher. Il faut lutter contre les prétentions des grandes compagnies ci nous orienter, dès que la loi nous le permettra, vers une régie départementale; 1
1 hermalisme, tourisme, climatisme :
New stations principales (ChalIes-les-Eaux, le Bourget, Montmélian, le Châtolard) doivent cire aidées dans leur effort de développement.
Partout, nous devons favoriser les hôtels moyens, quramèneront des touristes vers nos centres de vacances privilégiés : région du lac du Bourget. Environs de Chambéry,
- 6t Salnt-pierre-d,Albig"iy, vallée des Huiles et plateau de Champlaurent,
valice des Beauges, lacs de la Thuile et de Sain te- Hélène, etc. ;
4° Services d’autobus :
, h Oroanisallon des transports en commun doit permettre à fous les petits transporteurs ce vivre librement et non à quelques sociétés puissantes de constituer des monopoles.
Mes chers Compatriotes,
Je n ai qu une ambition : servir la Savoie ! Je ne suis pas de ceux qui ont besoin d’un mandat politique pour avoir une situation.
Boursier de l'enseignement supérieur, je dois à mon travail des titres dont j’ai le droit d etre lier. J
Ancien combattant, je puise clans mes souvenir de jeunesse l’horreur de la guerre et le souci de la sécurité de la France.
Un grand souffle populaire passe sur la France* Il porte nos espérances. Que tous les républicains se tendent la main ét s’unissent, pour la paix, pour le pain et pour la liberté l d,e 2£> avril, nous qui n’avons jamais insulté nos adversaires, nous qui n’avons jamais diffamé personne, nous qui n’avons jamais fait œuvre de haine, nous fêterons la victoire de notre idéal.
Vive la République !
Vive la paix !
Vive la Savoie !
Pierre COT
Chevalier de la Légion d’honneur. — Croix de guerre* Professeur agrégé des Facultés de droit.
Ancien Ministre* — Délégué de la France à la S. D. N, Président de la Commission de Patron au tique.
Maire de Coise* — Conseiller général de la Savoie,
Circonscription de SAINT- JE AN- DE-MAURIENNE.
M, Louis SIRUË l G roup e s ocia l i s te. )
Élu pour la Fe fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S. F, L 0*5 p. 3V)
Citoyen,
Comme il y a quatre ans, mon parti et mes amis m ont demandé de venir a nouveau ^ me présenter devant vous*
Dans les heures graves que nous traversons, je ne pouvais refuser une candidature qui m’était présentée comme un devoir.
Oui, citoyen, l’heure est grave et l’avenir plein c! “incertitude.
La crise économique s’est aggravée dans des proportions inquiétantes. U y a, uujourd’hm, 30 millions de chômeurs dans le monde ; les dettes et les hypothèques frappent à nouveau les cultivateurs ruines par la mévente et l’effondrement des cours de leurs produits j les ateliers d artisans se ferment, incapables do résister à la concurrence de la grande industrie ; le petit commerce est gravement touché par l’énorme diminution du volume des affaires, alors que ses charges restent les mêmes ; les faillites se multiplient an bénéfice des grandes sociétés commerciales à succursales multiples ; la jeunesse désorientée, découragée '''oit se lermer, devant elle, toutes les portes. Et, plus que jamais, nous assistons à ce spectacle invraisemblable, absurde, d’un monde où des producteurs manquent du nécessaire alors que 1 on détruit des richesses qu’il ont eux- mêmes produites.
La démocratie est eu danger* Le 6 février 1931, les Ligues factieuses armées ont mené tin violent assaut contre le régime démocratique, pour instaurer lo dictature. Depuis, elles ü' ont pas cessé de recruter, de s'organiser militairement, de s'armer de façon redoutable. Elles n’attendent que le moment favorable pour recommencer l'attaque,
La situation extérieure esL plus angoissante encore, La fièvre des armements s'est de nouveau emparée des grands pays européens qui se ruinent au profit des munitiormaires et des maîtres de forges internationaux. Et voici que les nations fascistes donnent l'exemple de la violence : l'Uaiie renie sa signature pour attaquer l'Éthiopie ; l'Allemagne, continuant sa série de coups de force, déchire les accords de Locarno. De nouveau, le spectre d'une guerre afFreuse apparaît, et l’on peut se demander si les hommes auront le courage d'arrêter cette course h la mort.
Ainsi donc, misère croissante des masses laborieuses, fascisme menaçant, dangers de guerre, voilà la situation devant laquelle nous nous trouvons*
Notre parti h est à aucun degré responsable d’une f elle faillite*
Aujourd'hui, cependant, il faut agir vile, et c’est pourquoi nous présentons aux électeurs un programme de réalisations immédiates dont voici les points essentiels :
Nous voulons défendre les libertés démocratiques contre le fascisme, rétablir la vérifiable souveraineté populaire.
Nous réclamons notamment pour cela ;
— le désarmement et la dissolution des ligues factieuses ;
nationalisation de la Banque de France, des assurances, des chemins de fer, des grandes féodalités économiques qui, jusqu’ici, ont dressé le « Mur d'Argent n devant les gouvernements républicains ;
— la défense de la laïcité.
Nous voulons procurer à tous le pain par le travail.
Contre le chômage, nous demandons la diminution des heures de travail sans diminution des salaires, 1 interdiction des cumuls, la mise en tram rapide d’un plan de grands travaux susceptibles de ranimer ! activité économique du pays et d’apporter à nos populations plus de bien-être.
Nous voulons assurer des débauchés aux cultivateurs, revaloriser leurs produits, apporter des remedes immédiats à la detresse des populations rurales désolées à la fois par la crise et la spéculation.
Nous réclamons donc 1 institution d'offices publics des denrées agricoles destinés à assurer un écoulement régulier et des prix rémunérateurs ;
Le moratoire des dettes agraires ;
I/Qssurance contre les risques agricoles.
Pour les petits commerçants et les artisans, nous voulons que l'on réalise d'urgence :
™ la révision des-eessions de fonds ;
— la révision dus baux ;
— la propriété commerciale intégrale.
1 our libérer tous les producteurs de l’oppression fiscale qui pèse sur eux, nous réciameus la t e fonte du système fiscal3 la suppression des 140 ou 150 impôts existants et leur
-remplacement par un système simple permettant de faire payer les riches et d’empêcher ïâ fraude. v
Pour les anciens combattants et victimes de guerre, le9 petits rentiers, les petits fonctionnaires, les familles nombreuses, nous demandons l'abrogation des décrets qui les frappent d'une manière par trop injuste.
Nous voulons préserver la paix.
Urte guerre serait aujourd’hui la ruine de l'humanité.
Vouloir renouer les vieux systèmes d’alliances militaires, ou, comme certains le proposent, s’allier avec l’Allemagne et 1 Italie contre l’Angleterre et l'Union Soviétique, serait la pire des folies.
La paix ne peut être solide et durable que dans le renforcement de la Société des Nations, le règlement des conflits par l’arbitrage, la sécurité collective.
Ce qui s’impose aujourd’hui, c'est une révision pacifique des traités dangereux, l’étude de tous les grands problèmes économiques, coloniaux etautres, une politique de justice permettant à chaque peuple de vivre.
Il faut arrêter la course aux armements qui conduit infailliblement à la guerre, qui ruine la collectivité au profit des marchands de canons, de minerais de fer et de masques à gaz.
Il faut que la France prenne l’initiative d'une reprise des travaux de la Conférence du Désarmement, qu elle nationalise immédiatement la fabrication et le commerce des armes.
Détendre la liberté, le pain, la paix, voilà le but que mon parti a toujours poursuivi j si demain je suis votre élu, vous pouvez compter sur moi pour appuyer de toutes mes forces un gouvernement qui s'attacherait avec fermeté à cette œuvre.
Mais les grands soucis de la polilique générale ne doivent pas faire oublier les intérêts régionaux et locaux, ceux de la Maurienne et de nos petites communes.
Mauriennais attaché à mon pays natal, je le servirai de tout mon dévouement, sans faiblesse et sans sectarisme, respectant toutes les opinions et toutes les croyances, comme je demande que l’on respecte les miennes.
Je connais bien la situation difficile de nos populations rurales. Je travaillerai, d’accord avec vous, pour que le progrès vienne rendre plus facile et plus agréable l'existence dans nos villages : amélioration du réseau routier, adduction de l’eau potable, distribution du courant électrique partout à meilleur marché, aménagement touristique de notre région, mesures propres à assurer des ressources à nos communes, notamment par la reprise du commerce des bois.
Dans le programme des grands travaux que nous exigerons pour ranimer l’activité économique de la France, je veillerai à ce que la Maurienne ait la part qui doit lui revenir, à ce qu’elle ne soit pas oubliée et abandonnée comme elle l’a été si souvent.
Je resterai en contact avec vous car je pense qu’aucun travail fructueux n’est possible sans une collaboration loyale et confiante entre l’élu et les électeurs.
Mandaté par vous, je considérerai comme premier devoir de vous rendre compte de mes actes et de vous consulter fréquemment.
Travailleurs mauriennais, je sais que vous désirez, pour vous représenter et soutenir vos revendications, un homme du peuple, un homme sincère et honnête, incapable de se vendre à des intérêts particuliers, un des vôtres qui ne vous trahira pas.
Citoyen, il faut choisir :
— d’un côté, la réaction politique et sociale ; elle vous conduit à la misère, au fascisme, à la guerre ;
— de l’autre, ceux qui luttent pour une humanité meilleure, pour la libération du monde du travail, pour le véritable ordre social et la grande paix humaine.
Votre choix est déjà fait.
Le 2C> avril, vous affirmerez hautement, en m'accordant votre confiance, que vous êtes tous unis ;
— pour l’honnêteté ;
— pour le pain ;
— pour la Liberté ;
— pour la Paix ;
— et pour la Maurienne.
Louis SIBUÉ
Professeur à FEcole normale d’Albert ville.
Ancien Conseiller municipal, de Saint - Jean - de - Maurienne.