‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 149 sur 186 · DE COMITÉ D’UNION RÉPUBLICAINE ET NATIONALE · texte numérisé non relu

DE COMITÉ D’UNION RÉPUBLICAINE ET NATIONALE

René DOMMANGE

Chevalier de la Légion cThonnèur.

Croix de guerre.

Docteur en droit.

Lauréat de la Faculté de droit de Paris. Diplômé de l’Ecole libre des sciences politiques. Conseiller du Commerce extérieur de la France. L>éputé sortant.

Circonscription du 8e arrondissement de PARIS.

M. Charles des 15 NARDS (Groupe de la Fédération républicaine de France,)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936,

Monsieur et cher concitoyen,

Dans une précédente lettre, je vous ai promis de vous dire ce que je suis et ce que je pense I voici mon passé et mon programme.

Je vous livre Fun et l'autre en toute franchise.

Vous me jugerez en toute indépendance.

Mon passé.

Militaire :

Officier de carrière, sorti de Saint-Cyr, j'ai servi mon pays sous Funiforme pendant trente ans.

Mobilisé le 2 août 1914, j’ai fait toute la guerre an front comme cavalier, puis comme aviateur, successivement pilote en escadrille, chef d'escadrille, chef de Faëro tFtm corps d'armée, chef de i’aéro d'une armée.

Après la guerre, j'ai servi à l’état-major du gouverneur de Paris et à F état-major du maréchal Fayolle, avant de terminer ma carrière comme lieutenant-colonel aviateur, professeur à l’Ecole de guerre.

J'ai donné ma démission en 1927,

Politique et édilitaire ;

Elu conseiller municipal du quartier de la Madeleine, dans le 8* arrondissement, en remplacement de M Froment Meurice, décédé.

Réélu en 1929 et 1935,

Vice- président du Conseil municipal en 1933,

Vice-président de la Commission des indemnités.

Rapporteur de FExposîiion de 1937,

Président-fondateur du Groupe du tourisme.

Membre du Conseil d'administration du Centre national d'expansion du tourisme. Membre du Syndicat d'initiative.

Vice-président du Conseil supérieur de F Exposition de 1937,

Membre du Comité des fêtes de Paris.

Membre du Comité de la défense passive.

Président de l'Association d’hygiène sociale et de préservation antituberculeuse du 8e a ito n .1 i sse m en t *

Membre du Groupe de défense des contribuables, du Groupe de défense des concierges* du Comité extra -municipal du commerce, etc.

Je me présente à votre suffrage sous l’égide des trois conseillers municipaux de l’arrondis seraient ;

jVL Le Provost de Launay , conseiller municipal des Champs-Elysées ;

M, Alfred Bour, conseiller municipal de l'Europe ;

M, Lebecq, conseiller municipal du Roule.

Cest sur leurs instances pressantes que j'ai décidé de poser ma candidature,

Avec l'investiture de la Fédération républicaine de France à laquelle j'appartiens ;

Avec l'investiture de la Fédération républicaine de la Seine à laquelle j’appartiens également,

Avec 1 investiture du Comité d entente et d'arbitrage des républicains nationaux, accordée à l'exclusion de tout autre candidat; sans elle, ma candidature n’aurait pas été [posée, car je considère, aux heures graves oii nous vivons, que la discipline est le premier des devoirs. Elle s'impose, ne seraiLce qu’à titre d’exemple. Sans elle, pas d'union natioaaale et l’union nationale seule peut nous sauver.

Politique intérieure :

L'est donc sous le signe de cette union nationale que se, place mon programme politique. U tient le plus grand compte des réalités, sans sacrifier un seul des principes indispensables à l'équilibre de la société et à la sauvegarde de la patrie,

Car je ne définis pas lunion nationale, ainsi que certains semblent tentés de le faire, ■comme une sorte de complaisante abdication devant les partis de désordre qui se groupent ^sous le vocable de « Front populaire a. Le mot national garde pour moi toute sa signification et je ne pactiserai jamais avec les tenants de l'internationalisme et du collectivisme.

C’est dans ce cadre national que l'on peut entreprendre les tâches essentielles et (urgentes qui s'imposent au législateur de demain :

Réforme de l'Etat, dont l’autorité doit être affermie :

Par la répudiation des syndicats de ^fonctionnaires, conjuguée avec L'élaboration d’un «statut équitable et précis des agents des services publics, qu’il ne s’agit pas de brimer : nous leur reconnaissons des droits, ils doiven b reconnaître leurs devoirs ;

Par la lutte aussi contre toutes les forces occultes, ou sociétés secrètes qui prétendent asservir l’Etat.

Action qu'il ne faut pas confondre avec les lois d’exception dirigées contre les ligues qui, à visage découvert, luttent pour ht défense de notre idéal social, patriotique et national à l'ombre du drapeau tricolore.

Réforme électorale par la substitution de la représentation proportionnelle intégrale, juste et loyale, au scrutin d’arrondissement à deux tours, avec la reconnaissance du droit de suffrage aux femmes et l'institution du vote familial.

Réforme constitutionnelle par la faculté donnée au chef de l’Etat de dissoudre la Chambre meme sans l’appui du Sénat ; c'est le seul moyen d’éviter la désastreuse instabilité gouvernementale dont le régime actuel donne l'exemple.

Réforme parlementaire notamment par la suppression de l’initiative du Parlement en matière de dépenses,

Lt réforme économique par la collaboration réglementée des Pouvoirs publics avec les g.oopements économiques tels que chambres de commerce, de métiers, d’agriculture. 11 faudra encourager par tous les moyens matérièls et moraux le culte de la profession ; la .-Oipur dtion doit être la clé de voûte de l'organisation professionnelle.

Octroi d un statuL libéral à tous les cultes, d.ans le respect de la liberié des croyances et des religions excluant toutes les persécutions plus ou moins larvées vis-à-vis des religteux quels qu'ils soient.

Maintien strict de la liberté d’enseignement, donnant le droit et la facilité aux familles é evei leuts enfants comme elles le désirent dans les écoles libres ou dans les autres.

Interdiction absolue aux. instituteurs de mêler la politique à renseignement; ce n'est pas faire de la politique que d'enseigner aux enfants l’amour de la famille, de la liberté et de la patrie et le respect des religions: cet enseignement s'impose aux maîtres de la jeunesse comme un devoir sacré.

Défense de la famille. Père moi-même de quatre enfants, je saurai défendre cette cellule organique de notre société en encourageant la natalité, en protégeant l'enfance, en aidant l'adolescence.

Politique sociale ;

Pour n'être pas socialiste, notre politique n'en a pas moins le devoir d'être sociale.

Moins que jamais le législateur ne peut se désintéresser de la situation des travailleurs, 11 doit se préoccuper de leur sécurité, de leur hygiène, de leur repos, de leur salaire, de leurs risques, de leur avenir et de celui de leur famille.

Je m'élève contre les tendances bureaucratiques qui paralysent le jeu des assurances sociales. Cette loi a réalisé le record de mécontenter à ïa fois employeurs et employés. J’en envisage une réforme profonde dans le cadre de la corporation, de l’épargne et de la mutualité, avec l'amélioration de la décevante paperasserie.

Je considère qu'il y a lieu de lutter contre le chômage par la mise en valeur de nos ressources métropolitaines et coloniales, par la réforme administrative et fiscale permettant rabaissement des prix de revient, par le développement de l'apprentissage qui rendrait à la production française son privilège de qualité.

Je préconise la défense de la main-d’œuvre française aussi bien pour les travailleurs manuels que pour les professions libérales comme celle de médecin.

Les concierges et les gens de maison, aussi durement frappés que les autres par la crise, méritent qu’on s'intéresse à eux et qu’on les aide. Membre de la plupart de leurs associations, je. connais leurs besoins et saurai défendre leur cause.

Politique financière :

Le premier principe d’une saine politique financière, n’en déplaise au bront populaire, c'est l'équilibre sincère et durable du budget. Cet équilibre doit être obtenu sans que les charges de la nation soient disproportionnées à ses Facultés,, c’est-à-dire par des économies massives.

Ces économies, on peut les trouver dans la suppression des organes administratifs inutiles, des monopoles improductifs, des formalités superflues et des dépenses somptuaires que je qualifierai d'électorales*

Mais ce souci d'économie n'exclut pas la réalisation des grands travaux, à condition qu’ils soient utiles à la collectivité et qu’ils concernent des entreprises financièrement viables. Il vaut mieux donner aux chômeurs du travail que des secours.

Il faut lutter enfin contre l’étatisme envahissant et l’intervention incessante de 1 lUat

dans tous les domaines.

Parallèlement à une politique d’économies, il convient d’envisager la

Réforme fiscale :

Notre système d’impôts doit être plus clair, plus souple, moins tyrannique, moins tracassier

Certains impôts écrasants qui interdisent aux producteurs la compression des prix de revient doivent être allégés. D’ailleurs, la capacité de payement du contribuable n’est pas sans limite. Une fiscalité excessive a Lot fait de tarir la matière imposable.

Dans cet ordre d'idées, la taxe sur le cbiflre d’affaires, tracassière et ruineuse pour e commerce, doit être réformée, La stupide amende de ÏO 0/0 qui menaçait le contribuai:) e en retard vient d'être abolie ; il ne faut pas qu elle reparaisse.

En ce qui concerne les droits de succession, je demande des dégrèvements très larges pour les héritages en ligne directe, allant jusqu’à l'exonération complète de tons droits lorsque le total ne dépasse pas 500*000 francs.

Il faut encourager Y épargne et l'accession de tous à h propriété individuelle*

Pour le commerce, il faut envisager une sérieuse réforme de la patente, le maintien du forfait pour îe petit commerçant, de larges dégrèvements pour les droits de mutation.

A cette politique financière doit se superposer une politique monétaire comportant le maintien de l'étalon -or et la défensç du franc.

L’épargne doit encore être protégée et sauvegardée, notamment par la réforme qui s impose de la législation des sociétés anonymes, permettant une surveillance plus active et un contrôle plus efficace.

Le tourisme :

Parmi les richesses nationales insuffisamment exploitées, il y a le tourisme. Cest grâce aux dépenses que font chez nous les visiteurs étrangers que nous pouvons remédier, dans une certaine mesure, par l’appoint de cette « exportation à l’intérieur », au déficit constant de notr e balance commerciale, ou Ion voit les importations l'emporter si lourdement sur les exportations*

Si donc je me suis voué passionnément à l'extension du tourisme, si je veux poursuivre et intensifier 1 effort que j'ai entrepris déjà en fondant au Conseil municipal le Groupe du tourisme, c'est dans l’intérêt supérieur non seulement de la ville de Paris, mais de la nation tout entière.

Paris est en quelque sorte la plaque tournante du tourisme français* La ville et le pays bénéficient solidairement et mutuellement de l'afflux des touristes étrangers*

Aussi doit-on s appliquer à les attirer chez nous par une propagande active et des facilités matérielles : diminution des impôts des hôteliers, appréciation équitable des taxes de séjour, coordination de la route, du rail, des transports maritimes et aériens. Enfin, il faudra s efïorcer d obtenir des gouvernements étrangers qu'il soit permis aux touristes d emporter plus d argent ; un effort a été fait dans ce sens à la suite d’un vœu déposé par moi au Conseil municipal, cet effort n’est pas suffisant*

Le rôle du député de Paris :

En cette affaire, comme en tant d'autres, le député de Paris a un rôle complexe. Il doit associer aux intérêts nationaux, ceux de son arrondissement* L’idéal, pour agir utilement dans ce sens, c est la collaboration cordiale et confiante avec les conseillers municipaux de sa circonscription.

Dans le 6* arrondissement, cette collaboration s'est faite spontanément sur ma candidature. Elle doit survivre aux élections. Un député de Paris, qui a l'appui toujours présent des conseillers municipaux de sa circonscription, est bien plus fort pour défendre les intérêts généraux et particuliers de ses électeurs.

L est une garantie d'efficacité pour ses efforts et une aide précieuse pour l’accomplissesement de son programme.

En tout cas, c'est ainsi que je conçois son rôle*

La défense nationale :

La prospérité du Pays ne peut s'instaurer que dans la paix, non pas une paix précaire * sans ces-e à ta merci d’un incident ou d’une conférence qui tourne mal, mais une paix solide et sûre. Or les événements actuels montrent la nécessité pour nous, d’être forts et de ne compter que sur nous-mêmes

Donc, pas d économies sordides sur la défense nationale; une préparation militaire judieicu e , un set vice de propagande nationale; la répression impitoyable de la propagande anti-

française ; l’unification si possible des trois armées de terre, de l'air et de mer, sous un Ministre de la Défense nationale ; le développement du matériel d'armement et de transport des armées ; la solution du problème des effectifs. Telles sont les mesures qui s’imposent Le conseil du maréchal Lyautey : « Montrer sa force pour n’avoir pas à s’en servir, est plus actuel que jamais.

Au renforcement de la défense nationale, votre représentant de demain aura l’impérieux devoir de consacrer son principal effort, Il le fera avec toute l'autorité que peut lui donner son passé militaire.

Politique extérieure :

Notre politique étrangère ne doit être ni anglaise, ni moscovite, ni romaine, mais essentellement et spécifiquement française»

La France ne doit être ni dans l'isolement ni à la remorque de l’étranger Elle doit resserrer et préciser ses alliances, en donnant aux nations amies toute confiance dans sa force et c ans sa fidelité. Il importe de ne pas sacrifier des amitiés sûres et efficaces à des garanties illusoires, La France doit parler sans rodomontades et agir sans faiblesse.

Aux anciens combattants :

Anciens combattants, mes camarades, j’ai fait toute la guerre. Je suis des vôtres Je connais vos besoins, vos aspirations, votre élatd'âme. Je saurai maintenir vos droits acquis, défendre vos justes revendications, écarter, par une judicieuse révision des cartes, ceux qui on pu indûment se glisser parmi vous sans avoir jamais combattu. Avec vos intérêts maténels, je saurai défendre par dessus tout l'idéal pour lequel vous avez souffert.

Vous pouvez compter sur moi; je compte aussi sur vous.

Monsieur et cher électeur,

Vous venez de lire dans ses grandes lignes mon programme. Il n’est qu’une esquisse croübr0rm<iS P’’0f0ndeS quM fauUPP°rter 3“ régime et à ses mœuis sous peine de tout voir

Pour les imposer, il faudra se battre,

bataille' Pr°UVe’ e"tre *eS mUrS deS Assenl,3lées comme au dehors que je ne craignais pas la

Si je vous demande de m’envoyer au -Parlement, c’est pour m’y battre,

., ’^U cours des réunions que je donnerai dans les quatre quartiers du 8e arrondissement,

J exposerai mes idées sans vaine promesse, avec plus de précision et de détails.

vous êtes cordialement invité à y venir, à m’y poser des questions, à discuter' mes réponses.

„ ^ le avul pi oehain, en toute connaissance de cause, vous donnerez votre

suffrage à celui que vous jugerez le plus qualifié pour défendre vos intérêts et votre idéal qui sont ceux de la France.

Charles des LS N À RD S Ancien combattant.

Officier de la Légion d’honneur* — Croix de guerre.

Conseiller municipal de la Ma delai ne.

Candidat républicain d’Onîon nationale.

1™ circonscription du 9e arrondissement de PARIS.

M. Geo liges COUSIN (Groupe de la Fédération républicaine de France.)

Elu pour la 1" fois le 29 avril 1931. — Réélu le 3 -mai 1936.

Monsieur et cher Concitoyen,

Dans la circulaire que j’avais l’honneur de vous adresser au mois d'avril 1934» pour solliciter vos suffrages, je terminais mon appel par ces mots: « Je vous demande de me faire confiance, apres avoir étudié mon programme, et d’enregistrer la promesse que je vous fais d’être toujours, si vous m’élisez, un homme attaché à ses doctrines et répudiant toutes les combinaisons de basse politique, comme je l’ai toujours été depuis vingt-cinq ans. »

Le 29 avril 1934, 4.000 voix ayant répond a à cet appel, j’étais élu député de La irc circonscription du 1XÜ arrondissement.

Député sortant, candidat au renouvellement de cette année 1936, je viens très simplement vous rendre compte de la façon dont j’ai rempli mon mandat ; vous pourrez juger si, en toute équité, j’ai tenu les assurances que je vous avais données.

Politique extérieure :

Elle a tenu une large place dans les délibérations du Parlement, Nous vivons, en ce moment, des heures graves, où l’opinion publique se demande avec inquiétude si la menace de guerre ne va pas devenir un jour une réalité. Dès 1934, il apparaissait nettement que les années à venir obligeraient les peuples désireux de maintenir la paix à surmonter de terribles difficultés.

J'écrivais, dès ce moment, que la politique de concessions envers nos anciens ennemis avait fait faillite : « Il est temps que la France se réveille, qu’elle voie le danger qui se dresse, de plus en plus menaçant, à la frontière, et conjure le péril en reprenant conscience de sa force et de son énergie ».

H est bien évident, que je pensais alors â la situation grave dans laquelle se trouverait le pays, si le Gouvernement tombait sous la tutelle des partis de désordre, communistes et socialistes, toujours prêts à voter les mesures aggravant notre désarmement. Je ne pouvais prévoir que des intérêts opposés allaient dresser l’une contre l’autre deux de nos anciennes alliées, l'Angleterre et l’Italie", compromettant les accords militait es de Stresa. Profitant de ces dissentiments, invoquant, en outre, le vote du pacte franco-soviétique, l’Allemagne vient de jeter ses troupes, en Rhénanie. Plus que jamais, une France forte et unie, exemple de toutes con voitises, fidèle à ses alliances et à ses amitiés, est nécessaire pour assurer la

paix en Europe. ,

Pour ma part, je n ai jamais manqué de voter les crédits indispensables à 1 organisation

défensive du pays et au renforcement de l'armement, me rappelant trop la leçon de 1914, où notre manque de préparation a été une des causes primordiales de la guerre.

Budget et fiscalité :

La situation financière de la France est encore assez solide, surtout si on la compare à celle des autres pays. Cependant, dès 1934, devant un budget de près de 50 milliards, je ne

pouvais m’empêcher de montrer combien trop lourde était une pareille charge pour le contribuable, a l’heure où la crise amenai L un ralentissement ou même une cessation complété de nombreuses affaires. Le Gouvernement a fini par se rendre à l 'évidence. Par une seno de mesures, dont toutes sont loin d’avoir l’assentiment des députés de la Fédéra lion républicaine, le budget a été ramené à 40 milliards. Malheureusement il n’a été ordonné la suppression d’aucun de ces monopoles d’Etat, qui sont une erreur morale financière et sociale, m de tous les offices publics inutiles et ruineux. On n’a même pas amorce une reforme de la fiscalité, devenue tellement excessive qu’elle stérilise l’économie nationale, paralyse les échanges intérieurs et extérieurs, ruine à la fois le contribuable et I Etat,

Assez de vexations.

Assez de contrôles inquisitoriaux*

Assez d inég-alilés fiscales.

Assez de taxes injustifiables.

Assez iV impôts mal conçus.

Toutefois grâce aux efforts du groupe de la Fédération, et sur l inibative de mon col egue M. Denais la suppression du forfait obligatoire pour le chiffre d’affaires au-dessous de trois cent mille francs, a été votée en cette fin d’année 1935. Par ailleurs un article de la loi de finances de 1933 prévoyait la dénonciation fiscale; bien mieux, celle-ci valait meme a son auteur une scandaleuse rémunération : cette formule injustifiable a été abrogée par la loi de finances de 1935, grâce à l’initiative de mon groupe.

Politique intérieure :

Elle a continué à être malheureusement dominée, au Parlement, par la succession trop rapnle de Gouvernements incapables de réaliser même la plus faible partie de leur programme. Sans doute, devant la crainte de troubles dans le pays, devant les difficultés financières, le Parti radical-socialiste a dû accepter d’abandonner ses alliés de toujours les socialistes, pour permettre la constitution de Ministères dits de trêve.

Mais, cet abandon,^ il ne l’avait prononcé que du bout des lèvres, et le départ forcé du Ministère Laval, à la veille des élections, a montré au pays le désir bien arrêté de M. Herriot et de ses amis de rallier, avant la fin de la Législature, le Front populaire.

Dans ces conditions, ni ta réforme de l’Etat, ni la réforme administrative n’ont pu être ébauchées à la tribune du Parlement. Sans doute, un décret-loi a été pris en vue de la suppression des cumuls, mais on en attend encore les effets bien certains.

, La réforme des mœurs parlementaires, que je considérais comme une grande nécessité n a donné lieu qu’a l'adoption d’un nouveau Règlement à la Chambre, qui n’a rien -hangê à la lenteur des débats parlementaires; il n'a pas, toutefois, encore été question d interdire aux députés toutes initiatives en matière de dépenses, et c’est là une très grave erreur.

Politique sociale :

Elle n a prs, à son actif, beaucoup de réalisations intéressantes, surtout en faveur des lamdles nombreuses, malgré les efforts de ceux qui voudraient lui donner une place prépondérante dans les débats parlementaires. Un décret-loi a bien été pris, pour assurer la refonte des assurances sociales ; malheureusement, la forme étatiste a été conservée.

C est du côte de la protection de la main-d’œuvre française que des résultats plus satisfaisants ont été obtenus au cours de cette Législature. D’accord avec mes collègues Menais et Fourès, nous avons fait adopter à la Chambre une proposition de loi qui ne permettra plus à un étranger d’exercer le moindre commerce avant cinq ans de résidence en ■rance. J ai pu faire voter une loi qui protège les médecins français contre l’envahissement es etrangers, obligeant non seulement ceux-ci à se faire naturaliser, mais à poursuivre leurs études en France, ce qui assurera aux malades la certitude d’être soignés avec un maximum de compétence.

Pour le réveil tic l’ûme française :

Candidat d’union nationale en 193-1, je le suis de nouveau en 1936. L'union nationale a sauvé la France pendant la guerre. Nos légitimes préoccupations en face des menaces extérieures nous commandent de penser que l’effort de redressement patriotique exige le concours de tous les Français courageux, qui mettent l'intérêt du pays au-dessus des préoccupations électorales.

Devant les dangers de la propagande socialiste et communiste dès 1 école, devant les menées des forces occultes portées non seulement a combattre la liberté de pensée et de conscience, mais aussi à détruire toute idée de patrie, il faut reformer les cœurs et les volontés et développer les convictions sur lesquelles toute divergence serait criminelle, le respect du drapeau, le réveil du sentiment français.

C’est dans ces conditions que je ne veux connaître d’autres adversaires que ceux qui, de propos délibéré, s’exclucnt de l’union nationale, sous prétexte qu’elle est contraire aux idées de leur parti, comme si, au-dessus de tous les partis, il n’y avait pas la France.

J’en aurai terminé, mon cher Concitoyen, quand j’aurai Fait allusion aux graves événements extérieurs qui occupent l’opinion publique. Une fois de plus, l’Allemagne considère un traité comme « chiffon de papier » ; si la politique que mes amis et moi avons toujours préconisée avait été suivie, ce geste n aurait pas pu se produire.

Aujourd’hui, seul lin Gouvernement d’union nationale peut sauver et la paix et le pays, seules des élections nelLement nationales peuvent permettre le redressement de notre politique extérieure, qui doit tendre à assurer coûte que coûte la paix française qui doit devenir la paix du monde, par le respect des traités et le renforcement de nos amitiés de race et de civilisation.

Mon cher Concitoyen, j’ai été long, mais non pas complet, vous m'en excuserez; j’espère, toutefois, que votre libre suffrage me donnera encore mission de vous représenter au Parlement. Je le ferai alors, comme toujours, avec cette seule devise : par l’ union pour la patrie, dans une République respectueuse de l’ordre, de la discipline et de l’ autorité.

Veuillez, mon cher Concitoyen, me croire votre bien dévoué,

Docteur Georges COUSIN

Ancien chef de laboratoire et de clinique à la Faculté de Médecine.

Ophtalmologiste des hôpitaux Noire-Dame,

B on- Secours et de la Croix 'Rouge.

- Député de Paris.

Monsieur et cher Concitoyen,

Dans une première circulaire, que je me permets de vous adresser à nouveau par suite d'erreurs dans la distribution, j’insistais déjà sur la gravité de la situation extérieure, et sur ïa nécessité d'un changement complet dans la gestion des finances de l'Etat.

Je crois utile de revenir sur ces deux si importantes questions qui vont dominer tout ha venir politique du pays et influencer d’une façon certaine sur le résultat des élections.

Au point de vue politique extérieure, un fait apparaît d'une évidence indiscutable : si nous avons gagné la guerre, nous avons perdu définitivement la paix.

Nous l'avons perdue, parce que les politiciens- diplomates qui ont rédigé le traité de Versailles, obéissant aux ordres des sociétés secrètes auxquelles ils appartenaient pour la plupart et aux injonctions de la haute finance internationale qui avaiL barre sur eux, ont sauvé l’Allemagne de la défaite.

Ils ont réussi à lui conserver en presque totalité son intégrité territoriale, refusant la

constitution d’un Etat central catholique englobant la Hongrie, l'Autriche, la Bavière, le Grand Duché de Bade, n'envisageant même pas la transformation de la Rhénanie en un Etat indépendant. Et pourtant notre véritable frontière n1 était-elle pas sur les bords du Rhin? Ce sont de telles fautes qui ont permis aux Allemands de réoccuper récemment la rive gauche rhénane en déclarant qu'ils avaient le droit (sm) d’être maîtres chez eux dans les limites de leurs frontières.

En compensation 3e ce traité de paix inique où la France se voyait dépossédée des fruits de sa victoire la Société des Nations était créée pour le seul bonheur d'utopistes à courtes vues, d'apologistes fervents de l1 internationalisme, n'ayant qu’un désir i détruire à jamais tout sentiment national.

Pour de vaines promesses d’entente entre les peuples, nous avons, en etîet, abandonné la garde an Rhin; sous le couvert d’assistance mutuelle et de sécurité collective, nous avons accepté de réduire nos effectifs militaires.

Les dirigeants des sociétés secrètes peuvent être tiers, aujourd'hui, de leur œuvre, ils peuvent encore apporter leur concours dévoué au temple de Genève, ils seront les seuls à croire encore à l’action pacifique de îa Société des Nations,

Et pourtant l’Allemagne ne vienl-eile pas de déchirer le traité de Locarno ; l'Angleterre s'en est si peu émue qu’elle a refusé d'appliquer toutes sanctions, qu’elle a même accepté aussitôt de causer avec i’ Allemagne, nous entraînant délibérément dans le même sillage.

À une position indigne du peuple français, à la politique humiliante du Gouvernement d’un Warrant, qui n’avait plus aucun titre pour redevenir Premier Ministre après ses responsabilités de Marseille, il faut opposer une politique vraiment française, ne plus accepter la suzeraineté de l’ Angleterre, abandonner de suite les sanctions injustifiées contre notre sœur latine T Italie et conclure des alliances supérieures à tous les <( pactes » du monde.

Nous appuyant alors sur des peuples qui acceptent de défendre avec nous nos droits légitimes sans nous asservir à leurs destinées, nous pourrons faire entendre enfin la voix ferme et digne de la France et cela sans provocation.

Au point de vue financier, la situation n'est pas moins sérieuse pour préoccuper, à juste titre, bien des Français qui se demandent si l’avenir du franc ne va pas être mis prochainement en cause. Des déclarations plus ou moins optimistes du Ministre des Finances ont calmé, momentanément au moins, l'émotion qui avait commencé à se développer à la Bourse ces jours-ci. Malheureusement, trop souvent, les paroles de Ministres sont suivies d'actes qui contredisent du tout au tout les premières affirmations,

U esL incontestable que les deux tiers des revenus du pays passent chaque année dans les mains de l’Etat, que la dette publique exige des milliards d'intérêt par an, Ge sont là des charges trop lourdes pour le pays qui est ü bout de souffle. Il faut prendre garde aussi à la montée inquiétante du réescompte des bons du commerce qui, en moins d un an, est passé de 5 à 22 milliards.

Il sera nécessaire, dès la rentrée des Chambres, de dresser un bilan sincère de 1 état financier du pays et de limiter les dépenses aux charges supportables pour le contribuable, pour en finir une fois pour toutes avec les budgets annexes, avec les emprunts à jet continu, avec les monopoles d'Etat, avec les offices publics.

Des mesures énergiques s'imposeront pour redresser la situation financière : avant tout une réforme fiscale totale, instituant des impôts à formule simple, peu nombreux, exempts de tous caractères vexatoires bu inquisitoriaux. Sinon, ce sera la grande aventure préconisée, de façon délibérée, par le Front populaire . la nationalisation du crédit, 1 étatisation de la Banque de France et, lin aie ment, la dévaluation, voire même la banqueroute de 1 Etat, Ainsi apparaît, d’une façon trop évidente, la nécessité pour Ions ceux qui ne veulent pas voir la France s’engager dans les pires aventures de se dresser contre les folles prétentions du Front populaire. Déjà, en quelques semaines, le Ministère Sarrau t qui a accepté dans s:i majorité les socialistes et les communistes, nous a coulé trop cher; il a persécuté les patriotes, il a livré la rue aux forces révolutionnaires, il a réclame le vote de six milliards

de bons du Trésor qui, par le même mécanisme du réescompte, ne sont en réalité qu'une inflation déguisée.

Il a fait voter le pacte franco-soviétique, laissé réoccuper la zone rhénane, en ayant l’air de menacer très fort, pour être plus vite prêt à céder aux exigences réunies de V Allemagne et de l'Angleterre et, pendant ce temps, il a maintenu les sanctions contre l’Italie.

Monsieur et cher Concitoyen, je me suis toujours donné comme.ligne politique de dire les choses telles que je les voyais, je m'efforce encore aujourd’hui de vous parler en toute sincérité*

J’ose espérer que vous saurez répondre h mon appel, en refusant d'écouter les mauvais bergers du Front populaire qui, dans cet arrondissement, se camouflent sous des appellations plus ou moins trompeuses, n'osent jamais déployer loyalement leur drapeau.

Seul candidat national, dans cette première circonscription du 9e, je n’ai qu'une prétention : celle de servir la France et la République au mieux de ses intérêts, en faisant de notre cher pays une nation consciente de ses droits., de ses devoirs et respectueuse de ses glorieuses traditions.

Voter national devient un devoir sacré envers la France I je sais que je puis compter sur la grande majorité des électeurs de cet arrondissement, j’en suis fier et d'avance je leur dis merci

Veuillez agréer, Monsieur et cher Concitoyen, l’assurance de mon profond dévouement.

Docteur Güorgus COUSIN

ADcieu chef de laboratoire et de clinique à la Faculté de Médecine,

Ophtalmologiste des hôpitaux Notre-Dame,

Bon-Secours et de la Croix-Rouge.

Député de Paris.

2‘ circonscription du 9e arrondissement de PARIS.

M. Edouabd SOULIER {Groupe de la Fédération républicaine de France.)

Elu pour la lre fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mat 1924, 29 avril 1928, 8 mai 1982 et 3 mai 1936.

Messieurs et Citoyens,

Si, pour la cinquième fois, je viens solliciter vos sucrages, c’est que, depuis dix- sept ans, fai le sentiment profond d’avoir agi et d’avoir voté en constant accord avec vous.

Vivant, parmi vous et frayant quotidiennement avec vous; vous recevant beaucoup et non pas dans quelque lieu factice et dédaigneux, dans quelque recoin de hasard, mais dans mon chez moi-même, et tenant à vous introduire ainsi dans mon existence privée, où tout est au grand jour, n ayant pas une fois demandé à un seul visiteur quelles étaient ses opinions politiques et comment il avait voté, j’entends, dune oreille attentive et sympathique, ce que vous voulez bien me dire, ce que vous regrettez et ce que vous souhaitez; et voilà pourquoi je suis autorisé à faire état de cet accord foncier qui s’est avéré entre nous.

Je puis le dire en conscience, j’ai fait^ pour chacun de ceux qui ont dû, en toute simplicité, avoir recours à mon appui cordial, tout ce qu’il était possible de tenter,

A l'heure qu’il est ni vous ni moi n’avons l’esprit paisible. Ni la chose publique ni les choses privées ne vont ainsi qu’il serait nécessaire qu’elles allassent.

Les lois et les mesures marxistes, d’un étatisme outré, sont venues détendre les liens familiaux et ébranler la sécurité et la prospérité des affaires. II nous semble parfois que la liberté ne soit plus qu’un mot.

L’héritage est atteint ; le droit du père de famille est atteint; charbonnier, je le soulignais déjà il y a quatre ans, o’est plus maître chez soi.

La propriété privée, fruit de l’épargne, au lieu de rester une aide, devient une charge, ce qui est contre nature,

La grande lutte de cette législature a été l’effort, rendu indispensable, pour diminuer les dépenses, le train de vie de l’Etat. Les capacités contributives des citoyens sont, en effet, dépassées. Et j’ai secondé avec constance, de toute mon activité et de tous mes votes, l’effort raisonné entrepris pour parvenir sans tarder à ce résultat, par M. Gaston Doumergue puis par ML Pierre Laval. La politique de parti et certains intérêts privés coalisés les ont fait échouer et les ont écartés du pouvoir sans vote hostile du Parlement.

A la Bourse, dans les affaires, dans l’économie du pays, dans la balance commerciale, et dans le budget familial, la « crise » continue donc* Je me suis énergiquement opposé à une nouvelle dévaluation de notre monnaie, qui, pour donner une brève satisfaction à quelques exportateurs et à quelques rentiers qui ont investi leur fortune à l’étranger, ferait, d un franc à quatre sous un franc à un sou et qui achèverait de mettre par terre les classes moyennes, honneur, réserve et Force de la France.

Aux 270 milliards de dette qu’avait la France en mars 1932, les quatre années de la législature qui s’achève viennent d'ajouter 75 milliards de dette de plus, soit à ce jour pour l'Etat français, 345 milliards de dette.

Les comptes de 1936 sont déjà en énorme déficit. Les emprunts grèvent de plus en plus le budget. Tout cela rend insuffisante la tâche de la Caisse d’amortissement, La Chambre nouvelle devra revenir à la politique financière des sages, préconisée courageusement par MM, Gaston Doumergue et Pierre Laval, ou prendre la responsabilité de la banqueroute nationale. Mon nom, je n’ai pas â vous îe dire, ne figurerait pas dans une majorité qui nous mènerait à cette néfaste solution. Je m’obstinerai à réduire les impôts.

Dans notre politique intérieure est venu dangereusement s’introduire le « front » dit « populaire ». Sous l'égide des communistes ou bolcheviks moscoutaires, il rassemble les socialistes unifiés, los socialistes français et les radicaux-socialistes. Si ces partis alliés entraient en majorité à la Chambre, ce serait, sans qu’il y ait à hésiter pour l’assurer, la banqueroute et la guerre.

La France suivrait exactement l’exemple lamentable et cruel qu’offre en ce moment 1 Espagne, ainsi que les deux propagandes communistes jumelées sur ïTun etfautre versants des Pyrénées aspirent à le produire au plu h tôt, pour donner, en pendant à la Russie soviétique, un nouveau centre bolchevik dans l’occident de l’Europe et pour prendre le continent entre deux foyers de destruction et de terreur révolutionnaires. Quel beau coup ce serait pour les pêcheurs en eau trouble et pour les pillards internationaux [

La mise en œuvre du pacte franco-soviétique risquerait de frapper, plus directement et plus immédiatement que la Russie des Soviets, la France elle-même, qui, elle, est limitrophe de l’Allemagne.

Sa ratification par les Chambres françaises a donné à l’Allemagne l’impression d’élre encerclée et lui a fourni le prétexte qu’elle attendait pour occuper à nouveau militairement ia gauche du Rhin et pour <s placer de nouveau Strasbourg sous le feu des canons allemands ». Le succès du front populaire, qui monlreraît Je moral de notre pays, sa volonté de défense, ses vertus patriotiques affaiblis et défaillants, apporterait à Hitler une tentation à envahir la France, par la Hollande ou par la Suisse, à laquelle il ne résisterait pas.

C esL â cause de ces dangers Évidents cl certains que, pour ma part, je préfère, tout en ne perdant pas le contact avec la Grande-Bretagne, cultiver le rapprochement continental avec l’Italie, notre voisine, comme nous continentale, comme nous Ligure eL Latine, comme nous Méditerranéenne.

Les sanctions économiques qui lui ont été infligées pour une expédition coloniale, sont de la pari des puissances coloniales, une iniquité, une hypocrisie et une maladresse.

Ces sanctions contre l’Italie viennent frapper durement nos fabricants, nos exportateurs et nos importateurs, tous ceux chez nous qui bénéficiaient des touristes; elles mènent l’Italie à développer sou industrie; si elles étaient encore prolongées, le mal qu’elles nous causent deviendrait irrémédiable.

Lu résumé, je vois la fin de la « crise » et la reprise des affaires dans la réduction des dépenses de l’Etat et dans la diminution des impôts,- je vois le maintien de notre paix, en premier lieu dans la force de notre armée, dans l’étroitesse de nos alliances avant tout continentales; je vois la santé de la France dans l’union de tous les patriotes, quelle que soit la nuance de leurs conceptions politiques, unis pour la faire forte et paisible, pour l’aimer et la servir.

Votre fidèlement dévoué,

Edouard SOULIER Député sortant.

Vice -Président de la Chambre des Députés.

Vice-Président de la Commission des affaires étrangères* Candidat républicain d’union nationale*

V* circonscription du 10° arrondissement de PARIS.

M. Raymond S U SS ET (Groupe de l'Union socialiste et républicaine*)

Elu pour la ]rQ fois le 8 mai 1932 — Réélu le 3 mai 1936*

Mon cher Electeur,

\ ous m avez, voici quatre ans, accordé voire confiance en m’envoyant au Parlement*

Depuis, je me suis elForcé de justifier cette confiance et sans fausse modestie, je crois y avoir réussi*

Certains d entre vous, beaucoup, j’espère, ont*core, sans doute, entre les mains le programme que j avais alors fait imprimer et distribuer. Un simple coup d'œil sur cette brochure vous permettra de constater que mes actes ont etc, en tous points, conformes à mes promesses. L élu, chez moi, n’a jamais oublié le candidat et je me suis constamment léfére aux engagements pris devant vous quand il s'est agi de vous défendre cL de déposer dans l'urne mon bulletin de vote.

Les cil constances ont exigé qu au mois de mai dernier j ’accepte de porter mon effort pour la défense de vos intérêts sur le terrain municipal Cela m’a fourni I occasion de constater combien, non seulement m étaient demeurés fidèles nies amis de la première heure, mais aussi que de nombreux élec leurs, me connaissant mieux pour m'avoir vu à 1 oeuvre, avaient adhéré a mon programme, 11 n est pas un habitant des quartiers de

r hôpital Saint- Louis et de Saint-Vincent-de-Paul qui se soit adressé à moi sans obtenir immédiatement ma collaboration la plus totale et mon concours le plus efficace*

Le nombre de visites que je reçois chaque semaine à ma permanence et îa quanlité d'interventions qui me sont demandées auprès des pouvoirs publies m’ont fourni la meilleure preuve que j'ai rempli intégralement le but que je m’étais fixé en posant ma candidature : « être utile ».

Après quatre ans d'un mandat loyalement rempli, je reviens devant vous avec sérénité, certain que votre amitié ne me fera pas défaut et persuadé que sur mon nom sera, une fois encore, réalisée Fanion confiante et cordiale de tous ceux qui, dans nos quartiers, veulent défendre la République, vaincre la crise et le chômage et sauvegarder la paix.

R a y mo2vd S U SS ET Député.

Conseiller municipal de Paria* Conseiller général de ta Seine*

2e circonscription du 10e arrondissement de PARIS

M. Lucien BQSSOUTROT

(Groupe républicain radical et radicat-socialïstQ*)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936*

Le 26 avril, le peuple de France, dans sa pleine souveraineté, désignera ses représentants à la Chambre des Députés,

De ce choix dépendront :

La sauvegarde de la paix î

La défense de la République et des libertés démocratiques 1 La rénovation de T économie de la France î,

Citoyen,

Pressenti par les plus hautes personnalités de la République, encouragé par de nombreux citoyens, je me présente avec finvestiture du parti radical.

Ardent patriote, profondément attaché a la cause du peuple, je crois être à n a pLce dans ce parti qui est, h mes yeux, celui de la stabilité dans for dre républicain*

Mon Programme* j Dans le domaine intérieur, a) La défense de la République ■

t“ En luttant sans répit contre le fascisme, générateur de guerre et de misere;

2° Contre les fanatiques qui attisent les passions et complotent contre la République ; 3° Contre les intérêts particuliers qui battent en brèche l'intérêt de l'Etat ;

■i* En consolidant le présent, afin de mieux préparer 1 avenir.

h) Rénovation économique et sociale :

b Sur le plan budgétaire : réajustements profonds des décrets-lois qui, en imposant d’excessifs sacrifices aux salariés (ouvriers et employés) et aux petits épargnants, conduisent à la ruine Je petit commerce et la petite industrie*

Sur le plan fiscal : la révision des impôts directs en distinguant les gros revenus des revenus moyens et petits ;

a) introduction de plus de justice dans Ja répartition des charges;

h) Contribution des privilégiés de la fortune au redressement financier selon leurs facultés ;

c) Contrôle des revenus du capital par les signes extérieurs des dépenses ;

d) Abattements h la base et coefficient réduit des produits du travail ;

e ) Répression sévère de l'évasion des capitaux ;

/) Mesures pratiques et efficaces contre la fraude fcette dernière atteint huit milliards a affirmé M. Piétri, ancien xMinistre des Finances, au cours d'une séance du Conseil général de la Corse) ;

g) Libérer le commerçant détaillant de la taxe sur le chiffre d’affaires;

h) Suppression de la patente, de cet impôt de répartition que le commerçant doit payer même sfil fait de mauvaises affaires ;

[) Réduction au minimum des formalités et obligations diverses imposées aux contribuables, qui les vexent et les irritent.

3° Sur le problème monétaire :

Les manipulations monétaires étant toujours pleines de péril, la vie économique ne peut se développer qu avec un franc de valeur solide. Un changement dans sa valeur désor^ ganiserait prolondement la structure du pays en permettant aux gros spéculateurs de réaliser des fortunes scandaleuses sur la misère des petits commerçants, des travailleurs et des épargnants*

4* La défense des intérêts du commerce et de T industrie :

a) Des délais de payement devront être accordés chaque fois qu’il s'agit d'un débiteur malheureux de bonne foi, que ce soit en matière d'impôts, de loyer, de fonds de commerce, etc.

h) Protection du petit commerçant français contre la concurrence des commerçants étrangers établis en France;

c) Poursuite de la lutte contre la concurrence déloyale des magasins dits à « prix unique i.

d) Création d'une caisse de crédit chargée de consentir des avances à long terme aux commerçants, industriels et artisans gênés par la crise économique.

L'épargne ne sera protégée qu’au tant que les banques seront contrôlées par l’Etat, Je crédit doit être géré selon les besoins et l'intérêt supérieur du pays*

La Banque de b rance, si généreuse pour certains et si severe à l'égard du petit et du moyen commerce, doit avoir son statut réformé d'urgence en commençant par la suppression de son conseil de régence*

Les tarifs de transports, ceux des grandes compagnies bénéficiaires des monopoles de fait, devront subir de sérieuses réductions.

Lutte contre le chômage : je m’appliquerai à résorber le chômage, plaie de notre société moderne, en donnant une activité nouvelle à la vie industrielle et commerciale, par }? mise œuvre de grands travaux de toute nature, équitablement répartis dans le pays et judicieusement financés.

Développement du tourisme, source de richesse pour la nation*

Exploitation rationnelle et judicieuse de nos vastes et inépuisables richesses coloniales*

L’instruction gratuite à tous ics degrés permettra aux vastes intelligences, orgueil de la nation et de l'humanité, de se manifester ;

Défense des droits des anciens combattants et victimes de la guerre, Je défendrai sans répit avec ia volonté d’un homme qui a combattu dans le rang, qui a connu la terrible vie d’homme de troupe, pour l’amélioration du sort de ceux qui ont sauvé la patrie.

Développement et intensification de tous les sports et de l'éducation physique (édification de stades, gymnases, eLc., fournitures gratuites des équipements et matériels Êpoi tifs).

Je m’engage à créer dans nos quartiers un aéro-club qui sera le premier de France.

Protection de 1 enfance et de la vieillesse : je pense qu’une société, digne de ce nom, doit protéger et ceux qui ne peuvent pas encore se défendre et ceux qui ne peuvent plus sè défendre. Faire des économies aux dépens de ceux qui sont injustement frappés par ta maladie, la vieillesse ou Tin fortune, est action criminelle.

Prise en charge par la nation de colonies scolaires en faveur des enfants nécessiteux.

Lutte contre le tandis par une politique des logements sains.

Institution d’un minimum vital de salaire.

A l 'exception des délits relevant du droit commun, je me prononce en faveur dune amnistie généreuse pour les délits d opinions et pour certaines condamnations militaires.

Dâns le domaine extérieur.

Questions militaires et fabrication des armes :

Ma qualité d ancien combattant, d abord dans les tranchées, ensuite dans les airs, d'homme de troupe et d’olïiciér de troupe plusieurs fois blessé ;

Ma situation actuelle de chef d 'escadrille dès la première heure de la mobilisation ;

Mon expérience universellement reconnue en matière d’aviation et que j’ai d'ailleurs toujours mise au service de mon pays durant les dix- sept années de paix qui viennent de s écouler, me permettent de savoir, aussi bien que quiconque, ce que pourrait engendrer de souffrances, de misères, de cruautés et de deuils, mie nouvelle guerre.

Citoyen, il ne faut plus que les peuples se ruent les uns contre les autres.

Je pense que mieux vaut discuter que de se battre,

Je combattrai toute politique de force et de provocation, et je n'hésite pas à dire que lont acte de mauvais Français ceux qui préconisent cette politique par la parole et par la plume.

Doit-on négliger la défense nationale? Non. Sans doute il faut construire des armes, mais je dis bien haut qu il ne faut pas que soient confondus les intérêts de la sécurité française avec la cause des marchands de canons.

La fabrication privée et le commerce privé des armes constituent pour la paix du du monde un immense danger,

Lest parce que je n entends porter aucune atteinte aux intérêts de la défense nationale que je me prononce pour :

La nationalisation des fabrications d'armes.

Le contrôle des dépenses militaires doit cire exercé avec la dernière sévérité. Quand, au nom de la défense nationale, un pays comme le nôtre demande aux contribuables une somme annuelle de 15 milliards, les représentants du peuple ont le devoir de s’éclairer, d apprécier cl de rendre des comptes.

Situation intcriiatrouaFc et sécurité nationale.

De la politique internationale de notre pays dépend sa sécurité, son destin.

il doit choisir entre la politique d'isolement et Ja politique de solidarité.

Lest parce que j'ai nie par dessus tout mou pays que je me déclare pour la recherche de la solidarité internationale.

Ne laissons pas détruire la Société des Nations et son pacte.

Travaillons à entourer la France d'un réseau solide d amitiés.

C’est dans cet esprit que j’entends défendre la position de la France dans le concert européen, avec la conviction profonde d’œuvrer en fidèle défenseur de la paix, dans la plus pure tradition française et dans l’honneur national.

Citoyen j

Je me présente à votre libre suffrage avec lardent désir de servir et de défendre vos intérêts ceux de votre quartier, avec le même courage, la meme loyauté, la même probité, la meme ténacité, la même indépendance et le même désintéressement que je mets depuis vingt-cinq ans au service de la France et du rayonnement de notre magnifique pays a travers te monde.

Au Parlement, inspiré, animé, guidé par votre confiance, je travaillerai sans répit et sans faiblesse

Pour la France î Pour la paix l

Pour la République 1 ta BÔSSOUTROT

Chef pilote aviateur.

Expert en aéronautique.

Créateur et organisateur de lignes commerciales internationales.

Capitaine de réserve de Partnée de Pair.

Croix de guerre (5 citations).

Commandeur de la Légion d’honneur.

lts circonscription du llû arrondissement de PARIS.

M, Henri LGZERA^ .

(Groupe communiste.)

Elu pour la lrft fois le 3 mai 1936,

(Voir le programme du Parti communiste, p* 16.)

iYo ir e p ro g ra mine .

Les pauvres de notre quartier doivent se défendre et défendre leur foyer. Nous continuerons à lutter :

Pour le vole immédiat do la suppression des poursuites contre les chômeurs et l’exonération de leur loyer, avec indemnité correspondante aux petits propriétaires ;

Pour la réforme totale de la législation sur les loyers, qui doit être étendue à tous les locataires sans exception, ia réduction des loyers et la protection des locataires contre les expulsions ;

Pour des crédits pour la destruction des taudis et la construction de véritables habitations à bon marché aux prix cie loyer eu rapport avec la capacité de payement des locataires.

Nous voulons que des squares et des jardins d’enfants soient créés dans notre quartier, pour donner un minimum d'air à nos enfants.

Nous voulons qu’une piscine soit construite, mais non dans les combles de la nouvelle école de la rue des Trois-Bornes, comme le veut M, Piquet, mais dans un endroit aéré et sain*

La diminution des salaires, des traitements, des pensions, la persistance du chômage ont vidé les boutiques des petits commerçants des clients ouvriers, Toutes les mesures gouvernementales n'ont été qu'au bénéfice de la finance spoliatrice des grands magasins et des trusts.

La réforme fiscale Germain Martin-Doumergue s’est soldée par 355 millions de dégrèvements pour les gros commerçants, en surchargeant de 310 millions les petits commerçants, atteints par la modification du forfait, la suppression de V exonération accordée au petit commerce familial réalisant moins de 5.000 francs de bénéfices, la suppression de rabattement ii la base pour le petit commerçant marié dont la femme travaille dans la boutique.

Dans notre quartier, les saisies des petits commerçants sont nombreuses, les faillites également.

Voilà la politique des Pâté et des Piquet, qui représentent la haute finance qui détient les * grands magasins, les grandes maisons à succursales multiples, les « uniprix » ; jouissant de scandaleux privilèges, ils édifient des fortunes colossales sur la ruine du petit commerce et de l'artisanat.

Pour les victimes des magnats du commerce, le Parti communiste lutta, et continuera à lutter :

— pour la suppression de la clause résolutoire dans tous les contrats et l’institution de la propriété commerciale ;

— pour la révision des baux commerciaux et du prix des billets de fonds ;

— pour l'arrêt des poursuites contre les petits commerçants endettés;

— pour l'abrogation de la réforme fiscale de 1934 ;

— pour la réforme delà patente ;

— pour l'exonération des impôts et taxes sur les bénéfices au-dessous de 10,000 francs -et leur remplacement par un impôt unique et progressif ;

— pour des secours aux commerçants chassés de leurs boutiques.

Au cours de la dernière législature, la fraction parlementaire du parti communiste a défendu et soutenu toutes les revendications des masses laborieuses, il trouva toujours dans son action l'hostilité des députés bourgeois, parmi lesquels se place M. Pâté. Il continuera son activité conLre les décrets-lois, pour la paix contre Je fascisme. Son passé est un sur garant pour l’avenir, car il a toujours fait ce qu'il avait promis. Les Pâté et les Fiquet ont toujours promis ce qu’ils n’ont jamais tenu. Votre choix sera fait.

Sur le nom de :

Henri LOZËRàY.

Typographe syndiqué.

Candidat du Parti communiste.

les fonctionnaires, les chômeurs, les ouvriers, les petits commerçants, les petits industriels, les intellectuels se grouperont pour :

La paix, le pain, la liberté.

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