‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 150 sur 186 · LE COMITÉ DU RAYON COMMUNISTE DU XP ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DU RAYON COMMUNISTE DU XP ARRONDISSEMENT

2S circonscription du 11 arrondis seaient de PARIS,

Mi pi.onaijOND BONTE

(Groupe ïoxnmuùïstG*)

Élu pour la lre fois le 3 mai 1936*

(Voir le programme du parti uom munis te français, p. 16.)

3^ circonscription du 1 Ie-' arrondissement de PARIS,

M * Georges COGNIOT (Groupe communiste.)

Élu pour la !'■ fois ie 3 mai 1936*

(Voir le programme du parti communiste français, p. 16.)

Bilan de misère *

Nos quartiers périclitent, s’abîment dans la misère.

Les salaires des ouvriers ont été réduits dans d'énormes proportions tandis que s'étend la plaie du chômage (sur une distance de mille mètres seulement, avenue Philippe-Auguste, trois mille ouvriers ont été chassés de la production par la disparition des firmes Esders, Muller et Ftogé, Réchauds Glial ot). Employés et fonctionnaires, membres des professions libérales et membres des cadres moyens de la production ne sont davantage épargnés ni par la compression des salaires ni par le chômage.

Subissant le contrecoup de cette misère et déjà spoliés par le fisc, les petits commerçants sont dans la gêne ; les boutiques se ferment, et sur les volets clos de ceux qui n’ont pas su appeler l'action populaire à leur aide, se lisent les signes navrants de la faillite et de la saisie* Les artisans ruinés sont laissés sans allocation de chômage. Cependant; les Uniprix, montés par le gros capital, se développent dans l'arrondissement et couvrent d'une réclame française des marchandises exportées à bas prix par Hitler grâce à la terrible surexploitation de l'ouvrier allemand.

Les locataires restent à la merci de Pap prédation personnelle d'un juge.

Anciens combattants et victimes de la guerre ont vu amputer de 13 0/0 leur créance sacrée sur le pays, eux qui avaient donné il y a vingt ans leur chair et leur santé sans discuter sur le pourcentage !

L’armée des pauvres, en casquette et eu chapeau, se recrute sans, arrêt dans toutes les couches de la population laborieuse. La crise, qui enrichit les grands capitalistes, jette dans la misère la population presque entière de nos quartiers* L'Etat défaillant devant la crise, les gouvernements de décrets-lois, responsables de la prolongation et de l’aggravation de la

crise, laissent à la charité privée la charge, quelle est impuissante à remplir, de soulager la détresse du peuple ; le droit à l’assistance sociale est réduit de façon à permettre le développement des institutions privées comme l'Armée du salut, de caractère confessionnel ou intéressé.

L’école laïque est victime de tous les abandons, livrée à tous les périls. Les enfants s’entassent dans des locaux vétustes sans air, sans lumière, sans silence; la surcharge des classes interdit la pratique d’une pédagogie moderne ; les terrains de jeu manquent absolument. La violation de la neutralité scolaire au prolit des menées de la réaction est trop souvent tolérée,

A prendre Je* chiffres des enquêtes officielles elles-mêmes, un enfant sur trois a faim dans le 1 Ie arrondissement, un enfant sur trente meurt des suites de Ja sous-alimentation. Si effroyable que soit l’état de Ja population scolaire, celui de l’adolescence n’est pas moins pénible : pour elle, ni école ni gagne-pain, ni possibilités de culture générale ni possibilités d’apprentissage.

Les fléaux sociaux ravagent nos quartiers. Tuberculose et cancer prélèvent un double tribut de mort dans les impasses sans hygiène et les rues faites de taudis.

Et non seulement le député sortant s’est constamment désintéressé de celle situation de la circonscription, mais tous ses votes Vont aggravée.

C’est dans un des quartiers les plus glorieux de Paris — dans le quartier où se trouve la maison du docteur Belliomme, le grand ami de Robespierre, et où se sont dressées les dernières barricades de la Commune sans laquelle il n y aurait pas eu de Troisième République en France — que Félile de la population parisienne, le peuple qui, de la Nation k la République, a toujours lutté pour les plus justes causer est livré, par les ennemis de Ja tradition française de progrès et d'émancipation, à la misère, au dépérissement, à la détresse la plus cruelle.

Il faut sauver le À7e arrondissement!

Son salut viendra de son union,

Ouviers et employés, artisans et boutiquiers, fonctionnaires et anciens combattants ieront triompher le programme de salut public qui est celui du parti communiste.

Rassemblement autour du parti qui n’a jamais trompé, depuis seize ans, la population du pays, et qui veut sauvegarder le pain et la vie des travailleurs !

Le parti communiste veut l’abrogation de tous les décrets-lois cle misère et de toutes les mesures patronales de réduction, le fonds national de chômage et les grands travaux d’utilité populaire (logements salubres et à bon marché, écoles, centres d’œuvres sociales, etc,), la semaine de quarante heures sans diminution de salaire, le rétablissement absolu des droits clés victimes de la guerre, la prolongation de la scolarité jusqu a 15 ans avec indemnité pour les parents nécessiteux, l’organisation de la lutte contre la misère de l'enfonce et les fléaux sociaux*

Le parti communiste veut la révision de la loi générale sur les loyers, la réforme de J a fiscalité avec l’impôt unique sur le revenu, Faménagement de toutes les charges qui pèsent sur le petit commerce ainsi que la propriété commerciale intégrale, 3e prélèvement progressé sur les grosses fortunes qui lera payer les riches et sauvera le franc, la transformation de la Banque de France en une véritable banque nationale.

Le parti communiste veut la dissolution des ligues fascistes que les deux cents familles emploient à diviser le pays contre lui- même pour pouvoir en continuer le pillage,

F amnistie intégrale pour les victimes des luttes populaires, le droit syndical pour tous* la défense de J a laïcité.

Le parti communiste veut le contrôle de la fabrication et du commerce des armes, 3a sécurité collective englobant tous les pays, le respect du pacte franco-soviétique elle désarmement général dont les propositions de FU. R* S* S, ont fourni la base.

Voter communiste, c’est voter pour la paix, la liberté, le pain.

Voter communiste, c'est voter pour le bien-être et la prospérité de la circonscription, pour la justice sociale et le progrès de la culture.

Voter communiste, c*est un devoir de fidélité envers le glorieux passé du 11e arrondissement. une nécessité du salut public dans le présent, une garantie de bonheur pour l'avenir de nos quartiers dans une France libre, forte et heureuse.

Votez Georges COGNIOT

Professeur agrégé de FUniversUé.

Candidat du parti communiste.

LH XIe RAYON DU PARTI COMMUNISTE

lr* circonscription du 12e arrondissement de PARIS.

M. A muté LE TROQUER

(Groupe aocia'isle.)

Élu pour la lre fois Je 3 mai 1036.

(Voir le programme du parti socialisée S. F. L O,, p. 3.)

2e circonscription du 12e arrondissement de PARIS.

M. Jean-Louis G ARCHER Y (Group? socialiste )

Elu pour la F* fois le 11 mai 1924. — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti socialiste S. F. U Q** p* 3.)

A lu veille du scrutin/

A f ensemble de la population laborieuse de Piçpus — Rel-Âir, j’ai tenu, à la veille du scrutin, à adresser un dernier mot personnel.

Pour rappeler d'abord que j'ai tenu à m'expliquer clairement sur ta façon dont j'ai rempli le mandat qui m’a été confié en niai 1932.

En toutes circonstances, tout au long des quatre années qui viennent de s’écouler, j'en m fait le compLe rendu fidèle et précis.

Devant neuf assemblées populaires dans les préaux d'école et une assemblée spéciale**

ment organisée au Kursaal-Cinéraa pour les artisans, petits et moyens commerçants et industriels, je suis venu exposer mon action et mon travail au cours de la législature qui prend fin et dire, sans réticence aucune, quel plan de redressement économique, quel programme d’action positive eL pratique j’entendais soutenir et défendre au cours de’ la légilhturc qui va s'ouvrir. '

Le corps électoral tout entier a eu en mains tous les éléments, toute la documentation lui permettant de se prononcer en parfaite connaissance de cause.

J attends le verdict populaire sans la moindre appréhension.

Unfin, une fois encore, qu’il me soit permis de remercier tous ceux qui nombreux militants, sympathisants et amis, m’ont témoigné leur confiance et apporté leur appui pré-' cieux, Quhis soient assurés ici de ma profonde gratitude. *

Depuis près cte quarante années, j’ai travaillé, milité et vécu au milieu des travailleurs de ce 12» arrondissement que, depuis dix-sepl années, je crois avoir dignement représenté a 1 Hôtel de Ville et à 3a Chambre.

Je leur reste attaché et profondément reconnaissant, toujours au service de leur cause.

Ensemble, plus que jamais, unis et résolus, nous nous affirmerons pour le triomphe du

Eront populaire contre toutes les forces de réaction et de fascisme, contre tous les ennemis du peuple,

Jean GA RC H EU Y

Député dti Parie,

Ancien Conseiller municipal de Pari?

et Conseiller général de la Seine.

Vous allez voter le avril...

...et le scrutin sera d’une importance capitale. U s’agit beaucoup moins d’un geste eUem^me^^03er ^ bu etm danS )urne qlle c1g clécidel’du sort du pays et de la République

Les partis socialiste et d’unité prolétarienne ont une doctrine dont ils ne se dissimulent pas la nettete sous une phraséologie opportuniste et équivoque. Ils disent ce qu’ils sont et omis vont ; cela leur donne le droit de marquer que l’organisation économique du monde est en pleine transformation et qu’aucun homme de cœur et de raison ne peut plus se

richesses CherCher *6 SaIut danS de nouvelltls méthodes de production et de répartition des

Ils veulent aussi rappeler qu’ils ont toujours défendu, sans négligence ou défaillance, les libertés publiques.

Demain comme hier, ils seront à la pointe du combat démocratique.

L enjeu de la bataille est grave .

Car il faut défendre :

Le pain.

Le droit au travail est sacré, U est à Ja base de toute l’organisation sociale. Le capitalisme, se désavouant lui-mème, se révèle maintenant incapable de répartir, entre tous les richesses qu’il crée.

Des millions d’hommes sont réduits au chômage et ne peuvent plus consommer suivaut leurs besoins.

Un® *UÜe sevÈre et rigoureuse doit être organisée contre cela et, pour parer au plus p esse, U faut mettre en chantier de grands travaux d’intérêt général, diminuer la durée de a journée e travail sans réduction de salaires, prolonger la scolarité,

a dévaluation doit être rejetée. Elle profiterait à une poignée de spéculateurs et ruiiaiTÏ eS ePar&[1ants, les producteurs, les commerçants, 3es travailleurs de tout ordre, économiqire ^ ^r0^UC^0n c*u larcleau de taxes écrasantes et ranimer ainsi l'activité

F, a défia iiorr n’a fait qu’aggraver les difficultés financières ; elle a frappé durement les travailleurs les plus modesles et réduit leur pouvoir d’achat.

Pour sortir des difficultés, il faudra briser la domination de la haute finance, qui asservit les particuliers et l’Etat;

La liberté.

Elle a été misé en péril par des factieux et c’esL par la levée spontanée et massive do tous les ennemis de h dictature qu elle a été sauvée.

Il faut la mettre à l'abri de toute tentative nouvelle.

Elle a été trop chèrement conquise pour que les descendants de ceux qui la payèrent de leur vie permettent qu’on y porte atteinte ;

La paix.

Qui est instable, précaire, menacée. Les dictatures, qui ont supprimé tout contrôle et toute critique dans des pays ou elles ont réussi à s’imposer, cherchent à ! extérieur des diversions aux difficultés qu’elles ne peuvent résoudre.

Que tous les hommes de raison se dressent.

Il faut, è tout prix, faire reculer la guerre:

Le salut ne peut être trouvé dans une surenchère sans limite et ruineuse d’armements écrasants, mais seulement dans inorganisation de la sécurité collective par le désarmement progressif général, simultané et contrôlé.

Et, comme première mesure, il faut interdire la fabrication et le commerce privés des armes.

Quand certains ne s’enrichiront plus à fabriquer des canons, on renoncera vite à s’en servir.

Que les électeurs se prononcent clairement.

Prenez vos responsabilités, nous prendrons les nôtres !

Il s’agit de renoncer à des méthodes surannées, de s’attaquer à la cause des difficultés, d’appliquer les remèdes nécessaires. Pour mettre ceux-ci en oeuvre, il faudra un Parlement possédant une majorité disciplinée, un gouvernement audacieux et vigoureux, décidé aux actes réalistes.

Si vous voulez engager une lutte efficace pour assurer à tous le droit au travail, pour a défense des libertés, républicaines, pour organiser eLassurer la paix,

Vous voterez, le 56 avril, pour

J ca x G A RC MER Y

Député sortant.

Candidat unique du. parti d'unité prolétarienne et du paru socialiste ï. O,

Pour la 12* action du P. U. P., Pour la 12e section du p;-ru socialiste,

Le secrétaire : Marcel Zmcda. Le secrétaire : R. Serre.

Pour lo comité électoral,

Le président : Louis Castkllaz, conseiller municipal.

Les v ic e-p résidents : Julien Tailla au, Louis Aubert, Maurice Deuiiirv,

Marcel 1 loueur, À. Vin al, L, Dalmox.

Les secrétaires : Marcel Zulda. IL Fiat.

Les (ré s o reirs : Marthe Z m u û a , A d o ! p b c Faure , Pierre Carti e r ,

îre circonscription du 13e arrondissement de PARIS.

M. Louis GELïS

(Group© du Parti de rUnité prolétarienne.)

Elu pour là lrfi fois le S mai 193 2. — Réélu le 3 mai 1936.

Mes chers amis.

Nous continuons d’assister aux transformations morales, sociales, politiques et scientifiques les plus extraordinaires qui s’opèrent dans la vie de tous Jos pays, de toutes les classes de la société. Transformations si profondes, si rapides, sî tumultueuses qu’on ne saurait encore en mesurer toute la portée*

C’est ce mouvement qu’il s'agit d'accompagner, de drainer et d’élargir dans le sens de révolution de la France travailleuse et indépendante vers un nouveau palier de civilisation.

Rien, absolument rien — l’ambition ou l'intérêt moins que toute autre chose ne

me pousserait à désirer rester à la Chambre si je n avais conscience de pouvoir vous y représenter utilement dans une période où la destinée du pays laborieux sera fixée pour longtemps, en très bien ou en très mal, par la capacité ou l’incapacité de ses dirigeants.

Nous sommes à une charnière de notre histoire, où la France oscille dangereusement :

— entre la guerre et la paix ;

— entre l'essor économique et social victorieux ou l' encadrement ;

— entre la rénovation de son système politique par le peuple et pour le peuple, ou l'humiliante misé « au garde à vous i> devant la dictature ;

— entre la primauté deé valeurs morales dans l’Etat et la nation, ou la loi de la jungle;

— entre la restauration de l'esprit public et de la notion du devoir civique ou la désagrégation morale accélérée du corps soda! ;

— entré la mise en marche arrière de sa destinée historique ou son accession à un état supérieur et exemplaire d'organisation ;

— entre notre mission ou notre démission dans le monde;

— entre une organisation sociale qui respecte et développe la personnalité humaine, ou rencfigement et la termitière ;

— entre une conception du travail qui laisse l'homme juge de t'utilisation de ses loisirs et de l'agencement de sa vie intime, ou une mécanisation générale qui conduise le troupeau des producteurs au travail, au restaurant, à la promenade, à la manifestation, au scrutin.

Telles sont les alternatives devant lesquelles nous nous trouvons au moment où le corps électoral choisît ses représentants.

Telles sont les données du problème politique au printemps 1936.

Elles commandent des solutions.

Vous en trouverez plus loin l’exposé.

Les décrets-lois ;

J*ai voté contre les décrets-lois, ce qui m’a valu des critiques amères. .Lai conscience cependant d’avoir bien agi.

Les décrets-lois, en effet, se sont avérés plus nuisibles qu’utiles. Sans doute, ils ont provisoirement allégé le Trésor. Maïs ils ont, par ailleurs^ restreint la capacité imposable par voie de conséquence, augmenté les difficultés budgétaires. Du reste, ces décrets-lois n’ont plus aujourd’hui que de très rares défenseurs.

Les prélèvements opérés sur les traitements des petits fonctionnaires, des petits retraités, des anciens combattants, ont été une injustice et souvent une cruauté.

Il est inadmissible qu'un fonctionnaire à 9.000 francs par an, ou qu’un retraité à 5,000 francs puisse voir encore diminuer ses ressources dont l’emploi se trouve établi sur un budget déjà insuffisant et, partant, incompressible.

Aux fonctionnaires, aux retraités, aux anciens combattants, on a promis une « humanisa lion » des décrets-lois. Promesses factices, contre lesquelles je n’ai cessé de mettre en garde les intéressés, car je ne croyais pas à leur réalisation. Les Chambres, en effet, se sont séparées sans avoir donné satisfaction à personne.

Déjà, en 1932, à la page 10 de ma brochure électorale, je prévoyais ^amputation des traitements. Prophétie fort peu agréable, mais j’ai l'habitude de dire la vérité, quelles qu’en puissent être pour moi les conséquences.

Les petits fonctionnaires, les petits retraités, les anciens combattants, comme les petits rentiers, peuvent avoir la certitude que je continuerai à faire pour eux tout ce qui sera en mon pouvoir.

Le chômage et ses misères :

La crise de chômage qui, il y a quatre ans, se manifestait déjà avec ses angoisses et ses misères, est allée s'aggravant au point de devenir une calamité nationale.

En France, cette crise est survenue peu de temps après celle des autres pays. L’équilibre entre l’offre et la demande a été partout rompu,.* Mais tandis que les premières nations frappées paraissent se relever, chez nous, au contraire, là situation devient de plus en plus aigue et, si l’on n’y prend garde, sera bientôt catastrophique.

Laisser subsister cetre misère, qui s'étale comme une plaie sur toute la surface de la France1, c’est abandonner le pays àt la ruine, au désespoir, . .

Cinq cent mille chômeurs, sur une population de quarante millions d’habitants, constituent un impôt formidable. Le chômage coûte cette année à 1 Etat ou aux, collectivités secondaires (départements et communes) plus.de deux milliards.

Si nous avions eu une politique économique plus attentive, plus soucieuse de notre vitalité, assurément le mal eût pu être conjuré, du moins en grande partie.

Cependant, ce qui m’inquiète par-dessus tout, et je l'ai indiqué à la tribune de la Chambre, c’est moins l’argent dépensé que le découragement qui s’empare de la masse des chômeurs : bras vigoureux inutilisés, intelligences inemployées, jeunes savants sortant dé nos grandes écoles cherchant vainement à se servir de ce qu’ils savent, de ce qu'ils ont appris avec tant de peine et qui: ne trouvent même pas à gagner le pain quotidien, A mon sentiment, voilà où réside le mal, la vraie gravité de la crise.

Je n’ose pas parler de ceux qui iront même pas le droit d’être des chômeurs, des vieillards à cheveux blancs qui ont travaillé toute leur vie et que Ton sacrifie avec un égoïsme féroce.

11 faut, à tout prix, redonner à l’ensemble des travailleurs l’activité qu’ils réclament, aux commerçants 3a possibilité de vivre, aux jeunes un peu plus que de l'espérance, aux bons vieux un morceau de pain, à l’Etat l’équilibre budgétaire*

Seul, le travail peut nous sauver»

Depuis dix ans et plus, ou ne parle que d'outillage national. Il n’est pas un Gouvernement, quelle que soit sa couleur, qui; à grands renforts d'éloquence, n'ait annoncé qu'il allait entreprendre d'immenses travaux.

Belles promesses dont autant en a emporté le vent.

Eh quoi. N’y a-t-il qu*à se croiser les bras? Est-ce que la création d'hôpitaux, d'agiles, de maisons de vieillards (dont nous manquons particulièrement) ne s’impose pas ? Et la suppression des passages à niveau, cause de tant d'accidents ? L.1 électrification de nos campagnes, de nos chemins de fer? L'équipement de nos canaux, de nos ports maritimes ? rétablissement dé ports aériens autour de nos grands centres .n’apparaissent-ils point comme des travaux urgents à exécuter ?

L’aviation se vulgarise avec une telle rapidité qu'a vaut peu de temps nous serons en retard sur tous les autres pays* Ne faut-il pas l'intensifier?

Quant à notre domaine colonial n'aurait -il pas, lui aussi, besoin d'être amélioré ou aménagé ?

Pour ma modeste part, dans le quartier de Maison-Blanche, et malgré les difficultés de tous ordres, j'ai démontré que, pour le bien de tous, on peut et doit utiliser le travail d’un grand nombre d’ouvriers.

Si la Chambre de demain ne s'empresse pas, avant toute autre chose, de mettre la \ question du chômage et des grands travaux au premier plan de ses préoccupations, la France se trouvera, avant quelques mois, non seulement aux prises avec une crise économique absolument désastreuse mais encore en présence d’une crise révolutionnaire dont il n’est que trop aisé de prévoir la gravité.

J’ai fait de mon mieux pour défendre les chômeurs, les petits artisans, les hôteliers. Je sais, il y «a- eu quelques abus, quelques injustices; mais, d’une façon générale, les victimes du chômage méritent de la part de tous la plus grande sympathie et des sacrifices qui ne sont que trop nécessaires.

Naguère, seuls les malades, les infirmes, les vieillards ne trouvaient pas à gagner leur vie; aujourd’hui il faut ajouter h cette liste déjà longue l'immense armée des malchanceux.

Qu’y a-t-il de plus douloureux pour un homme dans la force de l'âge, rempli de bonne volonté, en pleine possession de ses facultés physiques et intellectuelles, que de chercher, du travail et de n’en point trouver ?

Quoi de plus désespéra nL pour un jeune homme qui vient d achever brillamment ses études que de voir son avenir barré ?

Qu'y a l il de plus scandaleux qu'une jeune fille, sans ouvrage, et voulant à tout prix sauver sa dignité ? Et quoi de plus triste qu'une veuve qui n’arrive pas à nourrir ses enfants?

Quant à cette pléiade d'artistes (écrivains, peintres, sculpteurs, musiciens, acteurs, inventeurs, etc,) qui trouvent de moins en moins à utiliser leur talent, ils sont réduits à la plus triste des misères, celle de l’intelligence et du savoir inemployés.

La solidarité entre concitoyens, c'est bien. L'argent largement distribué est bien aussi. Mais donner du travail serait mieux.

Je le répète : le travail est le remède, Tunique remède qui s'impose. De grands malheurs peuvent encore être évités. Je m'efforcerai pour ma part de les prévenir.

Petits commerçants et artisans,

S'il est à côté des classes moyennes : petits rentiers ruinés par la guerre (conversion et crise), une catégorie de citoyens particulièrement laborieuse, courageuse, dont la situation est devenue quasi intolérable, c'est bien celle des petits commerçants et artisans.

En ma qualité de vice- président du Groupe parlementaire du commerce et de 1 artisanat, j'ai eu à m'occuper spécialement de leur situation, pénible et émouvante. Nu) ne connaît plus que moi leurs inquiétudes, leurs soucis des échéances difficiles, les angoisses qui régnent derrière le rideau des boutique-.

Je ne publierai pas les nombreuses lettres que j ai reçues des groupements commerciaux

à r occasion de la campagne que j "ai menée pour P organisation d'une défense sérieuse et effective de leurs intérêts.

Les commerçants de la circonscription n'ignorent pas ce que j'ai fait pour eux* aussi bien à la Chambre qu'à PHôtel-de- Ville. Ils m'ont exprimé leur sympathie. Rien ne pouvait m'être plus sensible. Tous savent que je persévérerai dans la lutte ardente que j'ai entreprise en leur faveur.

Contre les dictatures :

Nous ne voulons pas plus du régime mussolinien ou hitlérien que du régime Staline.

Ni tyrannie d'en haut* ni tyrannie d'en bas.

Si nos grands ancêtres de 1789 ont fait la Révolution* c'est pour être libres. Aussi bien* dans aucun pays du monde n'est-on aussi libre qu’en France. Depuis la Troisième République, jusqu’à l'aube de 1914, il n'est pas une seule nation dans l'univers avant connu des jours aussi tranquilles* aussi prospères, offrant une sécurité aussi grande que la nôtre. Nous pouvons dire ce que nous voulons, comme nous le voulons* travailler et nous amuser comme il nous plaît.

Notre liberté n'est limitée que par celle d'autrui.

Nous avons le droit de tout faire, sauf le mal.

On vit tellement à Taise dans notre belle France que les étrangers y accourent comme dans un jardin somptueux, non seulement pour jouir de l’incomparable beauté de Paris et de nos paysages, non seulement pour y travailler, non seulement parce qu’ils ont îa certitude de recevoir chez nous une hospitalité certaine (dont ils abusent parfois), mais encore .pour bénéficier d'une liberté qu'ils ne rencontrent nulle part ailleurs

Pour conquérir cette liberté* les soldais de la Révolution ont fait le tour de Y Europe ; soyons jaloux de cette liberté, gardons-! à précieusement comme le premier des biens après l'honneur.

Nous ne voulons pas plus, je le répète, d’un Hitler que d'un Staline. Arriéré la botte du dictateur, quel qu'il soit.

Nous voulons travailler en toute quiétude, et pas plus à la chaîne qu’au stakonovisme.

Nous sommes un peuple libre. Nous voulons rester des hommes libres.

Pas de fascisme, pas de bolchevisme, mais une République unie et forte.

Pour la paix :

Le plus terrible des fléaux ; la guerre* semble rôder autour de nos frontières, 11 faut tout faire pour l'éviter car ia guerre, toutes les guerres — même les victorieuses — sont toujours suivies de deuils, d'immenses désastres, d'atrocités et conduisent inévitablement à des cataclysmes effroyables dont aucune nation ne pourrait sortir sans être mortellement blessée.

La vie, dans ses luttes quotidiennes, n'est- elle pas assez pénible sans y ajouter le spectre d’une tuerie fratricide entre des peuples, c'est-à-dire entre des hommes qui ne se connaissent pas, qui ne se sont jamais vus* qui s'aimeraient peut- éLre?. , .

Que Ton me comprenne bien t je ne prêche aucune lâcheté, mais la politique entre les différents pays, et dont aujourd’hui tous les intérêts sont solidaires* doit créer des liens assez puissants et assez étroits pour éviter des conflits qui peuvent, si on le veut bien* se liquider autrement que parla voix brutale des canons.

La violence ne saurait créer la justice.

Lue guerre extérieure à l'heure actuelle s'aggraverait d'ailleurs de îa plus terrible des guerres ‘ la guerre civile. Qr* de toutes les haines engendrant la guerre, il n'en est point de plus odieuse, de plus féroce, que les haines de famille, je veux dire d'hommes appartenant à la même patrie.

Si tuer est un crime, tuer beaucoup n’en peut pas être la circonstance atténuante.

Si voler est une honte, envahir ne saurait être une gloire.

Plan général.

A l’intérieur :

Réforme de FEtat; défende rigoureuse de lu République contre les factieux de toutes catégories ; consultation du peuple dans les circonstances graves ; création d'un pouvoir économique; vote des incompatibilités parlementaires ; diminution du nombre des députés en donnant k chaque représentant les moyens de vivre dans la dignité et Fimiéperidance ; protection de [‘épargne,

A F extérieur :

Opposition énergique à toutes les guerres; suppression de la diplomatie secrète ; sécurité collective et limitation des armements jusqu'au désarmement complet, simultané et contrôlé de toutes les Nations.

Plan économique :

Protection de la main-d'œuvre française: adoption immédiate d'un programme de grands travaux d'utilité publique; établissement d'uu salaire minimum vital; réduction des heures de travail par la semaine de 40 heures en procédant par paliers et par industrie; protection de l'enfance par la prolongation de la scolarité; protection de la vieillesse par l'assistance aux vieux travailleurs exclus des assurances sociales; remaniement des assurances sociales*

Plan financier :

Défense résolue du franc ; allégement de la fiscalité par de larges exonérations a la base; contrôle de toutes les banques, y compris la Rauque de France, et des compagnies d’assurances ; dbparition des injustices créées par les décrets-lois; éviter 1 inflation qui menace et ruinerait tant de petites gens ; simplification du mode de perception des divers impôts et rajeunissement de notre vieux système financier, cause de tant de paperasserie et de discussions inutiles ; réduction du loyer de Fargent; organisation d un large crédit au petit commerce et à la petite industrie; répression énergique des grandes fraudes fiscales.

Electeurs,

Chacun saura maintenant ce qu’il fait eu votant pour ou contre moi.

Je crois avoir montré, au cours de ma carrière politique dans cet arrondissement, que je ne redoute aucune responsabilité et que je suis capable d affronter les pires désagréments pour marcher droit vers ce que je considère comme1 une tâche sacrée.

Si ni a -façon de voir et de faire vous agrée, donnez-moi votre suffrage.

Vous pouvez compter sur moi pour veiller à ce que la volonté qui sortira des urnes soit respectée et qu'elle ne sombre au Parlement, ni dans la pusillanimité ni dans la surenchère.

J'aurai besoin de m’appuyer sur le plus grand nombre possible d entre vous pour parler et agir avec l'autorité nécessaire.

N oublions pas que la République va jouer sa dernière carte, que le puissant lassemblément des forces de progrès et de liberté qui ne ces>e de se développer dans le pays *a envoyer à la Chambre une majorité massive et qu il faudra des hommes intègres, expérimentés et de bonne volonté, fortement soutenus par 1 opinion, mur réaliser le rogramme nouveau qu'exige de plus en plus ia volonté populaire;

La dissolution des organisations anti républicaines, la suppression du browning, de ia

mitraillette et de 3a grenade comme argument politique ne seront pas une fin;, ce ne sera

même pas un commencement.

Le véritable désarmement sera celui des haines fratricides :

— de replacer du pain sur toutes les tables;

— de ramener J a quiétude dans les centaines de milliers de foyers où elle a été remplacée parla désespérance;

— d'administrer à tous une justice sociale;

— de rouvrir devant les tragiques impatiences de la jeunesse les champs illimités de l’esprit d’entreprise ;

— de sortir, en un mot, la France travailleuse de l'ornière où elle s'enlise de l’arracher aux mains criminelles de la petite poignée de politiciens et de possédants qui se sont enrichis de ses détresses et d'en refaire, pour tous les pays du monde, sur le plan de l’organisation économique et sociale, le haut exemple qu’elle fut toujours dans l'Histoire sur le plan de l'idéal politique qui a pour base le travail, la liberté et la paix*

Louis G ÉLIS

Conseiller* - muni ripai du Député sortant»

2e circonscription du 13e arrondissement de PARIS.

AL André MARTY (Groupe communiste,)

Élu pour la 1F< fois le H mai 1924. — Réélu les 3 février 1929 et 2 G avril 1936,

(Voirie programme du parti communiste français, p. 16.)

M o in s de m is ère / P lu s de h o nhen r !

{Programme local du parti communiste pour la 2* circonscription du '13*.)

Comme aide générale aux organisations des classes laborieuses du quartier, nous revendiquons :

1. La construction d’une annexe a la Bourse du travail dans 4e centre de l’arrondissement ;

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