‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 160 sur 186 · SEINE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

SEINE-INFÉRIEURE

V* circonscription de DIEPPE*

M. Lucien GÀLIMAND

Élu pour la lfe fois le 3 mai 1936,

Citoyens,

M. Fernand Rimbert, député, a décidé de ne pas solliciter de nouveau les suffrages des électeurs républicains qui, depuis 1924, lui témoignèrent une confiance méritée*

Le Parti radical, qu'il représente, le Comité radical de Dieppe, dont il est le Président d'honneur et ^animateur, m’ont désigné, à Tunanimité, pour briguer sa succession.

Normand de naissance, attaché aux: régions dieppoise et eudoise par de nombreux liens familiaux; mêlé, depuis plusieurs années, à k vie publique; appelé, par ma profession, k collaborer à l'administration du département, je connais les besoins de la population et des collectivités de la première circonscription.

Je suis fixé à Dieppe. Je n’assume aucune charge élective. Si vous me choisissez pour représentant, je pourrai donc me consacrer exclusivement et impartialement à mon mandat de député, sans que mon action légistative puisse être limitée par le souci de favoriser une commune ou un canton au détriment des autres.

J’entends être le député de îa circonscription entière et non celui d’une ville.

Mon programme est celui du Parti radical*

À Tinté rieur :

Le soin d’élaborer les lois doit rester le privilège inaliénable du Parlement, seule émanation de la volonté populaire*

Mais, sans bouleverser la Constitution, par simple modification du Règlement de la Chambre, l'initiative en matière financière doit être restreinte et la vérification des dépenses doit être renforcée*

Le rôle essentiel de la prochaine législature doit être de stimuler T économie nationale, dont la rénovation peut, seule, assurer le redressement des finances publiques et la paix intérieure,

La liberté nécessaire du commerce et de lf industrie ne doit pas être, pour des trusts et des banquiers, le moyen de gouverner les gouvernements, d’asservir l’Etat,

Aussi convient- il de prendre envers la Banque de France, les fabriques d’armes et tous organismes remplissant un service public, de? mesures d’organisation et de contrôle*

Le système d’économie protégée, sagement appliqué à Tugriculture pour la défense des marchés du blé et de la betterave, doit être étendu à toutes les formes de Tactivité du pays, sous la direction d’un Conseil -national économique d’émanation corporative*

La protection de l’épargne exige la répression sévère de la spéculation, la responsabilité personnelle des administrateurs de sociétés, etc.

La lutte contre le chômage nécessite ;

Un vaste plan d’outillage dotant la France d écoles % d’infirmeries régionales, du réseau routier indispensable au développement du tourisme, source d’activité et de richesse pour notre région ;

L’allocaLion de subventions aux communes pour leur permettre d’employer elles-mêmes les chômeurs ;

La limitation rigoureuse de la main-d’œuvre étrangère ;

Des primes aux entreprises assurant remploi constant d’une main-d’œuvre minimum ;

Le développement du crédit à court et à long terme ;

La création d’un fonds national de chômage.

L’amélioration du sort des travailleurs réclame, en particulier, le respect de la loi sur les allocations familiales obligatoires, le remplacement des taudis par des maisons saines, grâce a une extension populaire de 3a loi Loucheur, etc,

La restauration financière 11e doit pas être poursuivie au seul détriment des modestes employés, ouvriers et victimes de la guerre.

Les anciens combattants, dont la créance privilégiée sur la nation a été respectée par les gouvernements radicaux, doivent voir leurs droits rétablis dans leur intégralité et obtenir la réalisation de la caisse des pensions.

Le petit commerce doit être protégé contre la concurrence des grandes sociétés par une modification du statut fiscal de ces dernières.

Les deux ports de la circonscription, Dieppe et Le TrépoH, doivent être aménagés pour répondre à tous besoins des marines de commerce et de pêche, La pension des inscrits maritimes, les secours alloués aux marins blessés doivent être relevés. Les marins ne peuvent plus être mis dans l’impossibilité d'exercer leurs droits civiques* Il convient de leur permettre de voter, même s’ils sont en mer le jour du scrutin.

Un large crédit maritime doit faciliter le perfectionnement de l’armement. La consommation du poisson doit être encouragée et la pêche nationale doit être protégée contre l’importation,

A l’extér eur :

Il faut assurer la Faix en rendant obligatoire l’arbitrage des différends entre pays par la Société des Nation* pourvue de moyens d’action préventive.

Mais, dans les circonstances présentes, il est nécessaire ;

De suppléer aux défaillances éventuelles par des pactes d’assistance mutuelle ;

D’organiser la défense nationale par l’affectation judicieuse des crédits militaires aux armes les plus efficaces.

Le Parti radical a inspiré toutes les grandes lois sociales, notamment celles d'assistance qu’il importe de développer;

Il a institué et défendu la laïcité, permis justement aux enfants les plus humbles d accéder à l’enseignement supérieur;

Il a amorcé la réforme économique en faisant adopter les principes du fonds national de chômage et du conseil économique ;

Il a lutté et continuera de lutter contre les ligues factieuses, éléments de guerre civile ;

Il a. sauvé la Paix en prenant, devant la menace hitlérienne, les précautions stratégiques et diplomatiques indispensables.

Voter radical c’est assurer le maintien de la liberté, la renaissance économique, la paix, c est voter pour que vive la France, vive la République !

^ Lucien GALIMAND Candidat du Parti radical et de défense républicaine.

2K circonscription de DIEPPE,

M. Jacques de LUART (Groupe de la Fédération républicaine de France.)

Élu pour k lr# fois le 8 mai 1932* — Réélu le 26 avril 1936,

Messieurs les électeurs et chers concitoyens,

Encouragé par la confiance que vous m'avez déjà manifestée, je viens vous en demander le renouvellement-

. .Certes* je n ignore rien de la lourde tâche qui incombera, dans une période aussi grave, à un parlementaire pénétré de ses responsabilités et soucieux de les assumer en toute conscience .pour, défendre les intérêts qui lui seront confiés en les intégrant dans l’ensemble des intérêts nationaux.

<vGksJt ce double point de vue .qui m'a toujours guidé. C’est encore de lui que je m'inspire^ eu r vous .déclarant que ma loyauté me défend de vous faire aujourd'hui des promesses

Ïesévéneïn en U m'empêcheraient, de tenir.

Pour quels motifs notre pays ne[peut-il sortir de. la crise .dans laquelle il se débat ?

Uniquement parce que la confiance a disparu.

' Cette confiance ne peut renaître que par Tunion de toutes les bonnes volontés nationales, luttant dans un commun effort pour le redressement du pays et la sauvegarde de ses libertés, menacées par une criminelle propagande.

Que veut la' France ?

La paix, la prospérité de son agriculture, Tordre, l’économie dans ses finances, le respect de la propriété.

Je me suis inspiré dans tous mes votes de ces trois points de vue* Je me déclare l'adversaire résolu de cette politique de démagogie aussi facile que trompeuse, laquelle aboutit aujourd'hui à des difficultés financières inextricables, qui ont engendré le malaise dont nous souffrons.

L’expérience a prouvé combien était néfaste l'intervention de T Etat dans l'économie générale. Son rôle doit ae borner à contrôler ou à arbitrer les intérêts, en présence. Hors de cas limites, son action ne peut qu'entrpîner des abus. Deux éléments essentiels de cette réalisation sont k réforme de TËtat .et la réforme administrative.

Un autre élément du retour à la confiance est le respect des contrats. C'est lui qui constitue. le fondement même de. la société. Certes les vouleversements causés par k guerre ont -Ipgitiméi.une législation exceptionnelle. Mais dans l’intérêt même de k bonne entente entre tous les citoyens, le retour au droit commun est nécessaire.

La confiance c'estje crédit, le crédit uest la reprise des affaires,

L’Etat y retrouvera la, possibilité d'équilibrer son budget, de subventionner tous les organismes d'inspiration sociale, habitations à bon marché, crédit agricole, amélioration dei conditions d’hygiène dansdes communes, organismes dont k fonctionnement avait ces dernières années subi de si profondes perturbations.

Mais à la base même de nos préoccupations se place la défense du franc, La solidité de notre monnaie est le gage de la sécurité de tous les citoyens, fussent-ils agriculteurs, commerçants, anciens combattants, fonctionnaires, ouvriers, rentiers, retraités. Je suis résolument décidé à la défendre dans l'avenir comme par le passé,

La prospérité intérieure, tant souhaitée par chacun, est conditionnée par la paix extérieure, Ancien combattant moi-même, je crois avoir le droit de dire que quand on a vécu les horreurs de la guerre on ne souhaite pas la revoir* C’est pourquoi je vous mets en garde contre certaines propagandes intéressées, qui n'ont d'autre but que de lancer notre pays dans de nouvelles hécatombes*

Si nous ne voulons pas être asservis, soyons forts !

Restons pareils à nous-mêmes I

Pensons français et nous aurons foi dans nos destinées ’!,

C’esL parce que je veux continuer à servir consciencieusement mon pays et vous- mêmes que je me représente devant vous, mes chers concitoyens*

Vive la deuxième circonscription de Dieppe 1

Vive la France ! Vive la République !

Jacques du LUART

Député Sortant, — Maire de Gropus.

Conseiller général du canton, de Bell encombre.

Président des anciens combattants du canton* Républicain libéral, — Candidat d’union nationale*

irr circonscription du HAVRE.

M* Léon MEYER

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la lri fois le 10 juin 1923, — Réélu les 11 mai 1924, 29 avril 1928, l*r mai 1932 et 3 mai 1936*

Mes chers concitoyens,

Depuis bientôt dix-sept ans vous m'avez confié la gestion des affaires municipales et f depuis treize années je vous représente au Parlement*

Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, les, deux mandats se conjuguent absolument. De nombreuses affaires :de la avilie ont été traitées danSi les Ministères pour le plus grand profit de la chose publique grâce à l'autorité que donne. Te. mandat législatif* C'est ainsi que j'ai pu obtenir des commandes de l'Etat pour de nombreuses usines de la ville et éviter l'aggravation du chômage.

J'ai de même apporté un concours : profitable aux diverses collectivités loqales : commerce, industrie et marine.

D'autre part, l'administration de la cité ^ibien connue des pouvoirs publies,; son renom dans le pays, ont créé au Parlement une ambiance très favorable à celui que vous avez

désigné pour vous représenter et lui ont valu la bienveillance de ses collègues et une certaine

influence*

Dans Tune et l’autre de ces deux fonctions j e n'ai eu qu’une seule préoccupation, servir l'intérêt général, être utile à tous, écarter tout ce qui peut diviser mes concitoyens, et assurer dans la mesure du possible le retour à la prospérité.

Je suis de ceux qui souhaitent ardemment que pour le bien commun, pour vaincre la crise, pour la grandeur de notre pays, les divisions s’apaisent, que les troubles que nous avons connus les années passées ne se renou%rollen,t pas. Si la tranquillité n'etaît pas assurée^ les commerçants, les employés comme les ouvriers eux-mêmes en souffriraient et le chômage déjà si grand ne pourrait que s’amplifier.

J’ai la conviction que, si au contraire le pays retrouve son calme et sa confiance en lui-même, les affaires qui ont une tendance à reprendre ne tarderont pas, dans un nouvel élan, à réduire le chômage et à assurer, sinon la prospérité, tout au moins le bien-être*

Je ne demande pas aux divers partis d'abandonner leur idéal pas plus que je ne suis disposé à abandonner le mien; mais si les passions politiques peuvent nous diviser à certains ■moments, dans la période que nous traversons, la sécurité du pays, le bien public, le souci du redressement économique, doivent grouper toutes les bonnes volontés.

Je poursuivrai cette politique, la seule capable à l'heure présente de servir utilement Je pays.

Politique extérieure :

Les dissensions profondes qui existent actuellement parmi les nations européennes ne sont pas sans nous causer d'inquiétudes.

J'ai toujours, pour ma part, volé tous les crédits militaires, sachant que l’adversaire s'armait d’une manière constante.

Je n’ai pas voté l'évacuation de la Rhénanie, estimant déjà à cetie époque que toute marque de faiblesse donnée à Y adversaire était en même temps une marque d'encouragement.

J'ai pensé, et les événements m'ont donné raison, que l'évacuation de la Rhénanie n'atiénucraie pas le danger; mais faciliterait toute menace de guerre.

J'ai voté les crédits nécessaires pour la construction des fortifications indispensables pour assurer à notre pays une réelle défense,

Sur le plan national, je suis intransigeant et je le place au-dessus de toute autre préoccupation.

Je souhaite l'entente réelle entre tous les peuples, quels qu'ils soient et quel que soit leur régime politique*

Je veux la paix sincère et honnête avec les mêmes garanties pour tous, dans la dignité pour la France, et sans que son rôle de grande puissance puisse être discuté ou amoindri*

Politique financière :

La diminution du rendement des impôts, le manque de sincérité dans 1 établissement des budgets, ont creusé chaque année un déficit impressionnant qu'il a fallu constamment combler à faide d’emprunts qui, eux-mêmes, par le service des intérêts, augmentaient encore tes charges publiques.

Il est indispensable de réaliser de très importantes économies et d’établir, non plus les dépenses d'après les besoins, mais seulement d’après les recettes réelles.

Le contribuable a un lourd fardeau; celui-ci ne peut être accru. Il est donc indispensable que ce soient les recettes qui déterminent le chiffre des dépenses*

Agir autrement serait continuer les emprunts, entraver la vie économique et amener

ffo!cIrenl k faiI1Üe ^ 1EtBt Par lâ déVaîUaÜOn du franc ie -pousse de toutes Lies

J’ai voté contre les décrets-lois ;j> suis résolument hostile. Ils sont injustes et frappent aveuglement, a tel point qu il n’est question depuis plusieurs mois que de les humaniser Ce mot témoigne assez du manque d’étude qui a présidé à leur confection.

J'en demande l’abrogation : leur mise en pratique a été une déception au point de vue de la trésorerie et les corrections apportées confirment mon opinion

ie :^“r,re' co™ ■* *-** **«-

J’estime, d'.utr. part, q« le. député, „e doivént pas avoir l'iniü.tiv. de. dépenses à moins qu ils n apportent des recettes correspondantes. K ’

Je suis contre tous pleins pouvoirs accordés à un Gouvernement quelqu’il soit, estimant que 1 élu mandaté par ses concitoyens ne doit fuir aucune responsabilité.

Pour la République :

Adversaire de tout, dictature d’où quelle vienne, le, républicain, sincères nul pom.

£— •" s oppo,6r * to°“ l“lativ' ‘jmi po" tui * i»*- ■«->« - 4™

L"' “•■“J1” ,0Ur”i‘ P" ■"ontr.nt qu’aucune amélioration n. peut

être attendue du pouvoir personnel. * UL

Nous devons avoir à cœur de conserver toutes nos libertés, d’afficher nos opinions sans avoir a craindre de représailles. nions,

Fervent démocrate, attaché à la paix sociale, je m’associerai à tous efforts qui tendront à sauvegarder 110s institutions républicaines et laïques, 4

Citoyens,

'V oici, dans un bref raccourci, les idées générales qui m’ont toujours inspiré

Je puis assurer à ceux qui me feront l’honneur de m’accorder leurs suffrages que ces idees resteront constamment les miennes. B H

Fer,me( e.LféSOlU P°Ur t0Ut CB qui toüche rinlérêt SénÉraI et le République, tolérant comme doit 1 etre un sincere républicain ami de toutes les libertés, je poursuivrai sans défaillance cette ligne de conduite qui m’a valu vos sympathies.

Vive Le Havre !

Vive la République démocratique !

Léos MEYER Maire du Havre*

Ancien Ministre. — Député sortant.

2e circonscription, du HAVRE.

M. Albert DUBOSC

(Groupe de la Gauche démocratique et radicale indépendante.) Élu pour la 1" fois le 26 avril 1936.

Mes chers Concitoyens,

Sollicité de me présenter aux prochaines élections législatives, je ne me suis pas cru, cM " X droit de refueer ..ne caodid.tu.-e ,«i «pp.reiee.it comme poov.nt pîaV largement cette coocili.tion et cette coooord. ei néc«...ees ,a b, en du p.ys et

'‘viue'm. conmta», voue ..v„ „u, j. ne eui, pa. «n homme de parti, mai, un homme

A* action uniauemeni soucieux de se rendre utile. ■

J’ai toujours compris dans cet esprit les mandats qui m’ont ete confies, à Ia ” cipalité de Sainte-Adresse, à lu Chambre de commerce, au port autonome, au Comeil

génClndustriel vivant en contact direct et constant avec tous mes collaborateurs, même les plus modestes, j’ai acquis auprès d’eux mon expérience sornale. H n est pas de meilleure

^Républicain convaincu, démocrate sincère, je crois qu'une nation capable Ravoir pu supporter les sacrifices de la grande guerre n’a pas besoin de s'asseoir pour se dmmpbner.

Il surfit qu’elle suive l’exemple de cohésion librement consentie que lu, donnèrent les

anciens combattants, dont les droits demeurent sacrest

11 suffit qu’elle écarte ce qui nous divise pour rechercher ce qui nous uni .

La paix entre les Français, voilà notre première tâche. .

l. Wm «• «*• >■«“!“ d* r «i”':11'5 ei dr

en affaiblissant notre position dans le monde, excitent contre nous es p 1

“"'ünc ' politique résolument française garantira notre dignité dans les travaux de la collaboration internationale. Le spectacle de notre unité fera le reste.

11 est temps de substituer aux excitations de la hame 1 appel a la con , lutte des classes, la collaboration féconde de tous les éléments de la production.

Le redressement national est à ce prix. Je suis résolu à y consacrer tous mes efforto.

Les institutions parlementaires sont la garantie des libertés repu, icames qu •

sont chères. L’expérience d’autres pays démontre quelles ne sont pas incompa , .

la stabilité gouvernementale qui nous manque et qui s impose. Lue relorme

lotion et surtout une refonte du régime électoral doivent assurer aux ri**»» une représentation plus juste et plus efficace. Il est indispensable de mettre fia a l,|gri représentation parlementaire des régions françaises qu, est particulièrement prejudmiabl

aux intérêts du Havre et de sou agglomération de

11 est non moins indispensable que les absents : marins, chemino s, icp t. commerce, etc.., puissent faire entendre leurs voix dans les consultations éleclora .

Ce sont d’ailleurs les mœurs plus encore que les institutions qu il convient • »

A la Chambre, moins de discussions et plus de travail ; moins de camaraderie e [

de collaboration d’énergies. ix‘j„««rvir

Dans le service de l’Etat, moins de souci de plaire et plus de volonté de

Un statut de la fonction doit la libérer de la politique en déterminant la limite des droits et Fétendue des devoirs

Continuité dans I action gouvernementale, ordre dans les services publics rétabliront une atmosphère de confiance indispensable à la reprise des affaires et mettront fin au chômage qui atteint si douloureusement dans leur existence et leur dignité nos employés* nos ouvriers et nos marins.

Commerçants, industriels, agriculteurs, travailleurs de lotîtes catégories,

Quel que soit votre rôle dans la vie du pays, nos intérêts ne s'opposent qu'en apparence. En fait, ils sont solidaires.

De toutes parts, l’Eta tisme nous submerge. Des entreprises d'accaparement tendent à détruire les classes moyennes, sauvegarde sociale du pays. Je considère que le salut est dans la profession libérée et organisée.

Le Parlement devra entreprendre l'élaboration d’un nouveau tarif douanier qui mette mi terme à Tahus des contingentements, Contribue à la mise en valeur de noire magnifique empire colonial et réserve une pleine protection h nos agriculteurs, dont je connais les lourdes préoccupations et qui doivent tirer de leur dur labeur une équitable rémunération.

Le poids sans cesse accru des impôts, l'inégalité de leur répartition accablent notre commerce et notre industrie, font la vie chère, réduisent la-^^sommation et finalement détruisent tout équilibre de nos budgets. Cette fiscalité excessive se dévore elle-même. 11 faut y mettre fin.

Une énergique volonté d'économies, dans un souci impérieux de justice, doit être la règle de nos finances publiques.

Ainsi notre franc sera protégé contre toutes les spéculations qui le menacent et compromettent le sort des pensionnés, des salariés et des épargnants.

Je demande donc à tous de comprendre qu’un candidat soucieux de ses responsabilités a le devoir rigoureux de s’abstenir systématiquement, en période électorale, de tou le promesse qu’il ne serait pas assuré de pouvoir tenir,

G est par une collaboration étroite avec les organismes qualifiés de la vie économique : Chambre de commerce, Chambre d’agriculture, Chambre des métiers, Syndicats patronaux et ouvriers que je compte, en ce qui me concerne, conduire sur ce terrain professionnel mon action parlementaire

Aies chers Concitoyens,

Je prends depuis trop longtemps une part active à toutes les œuvres de notre région pour que les exigences de l'armement social ne retiennent pas toute mon attention.

Formé par renseignement public, auquel je suis resté toujours fidèlement attaché, je veux pour tous, en cette matière, le respect absolu de la liberté. Je veux aussi qu'aucun enfant ne puisse être, par le dénuement de ses parents, empêché d'accéder aux études de Tordre le plus élevé.

Comme 3e métier doit être la base de Faction économique, la famille doit être la base de la politique sociale.

Je défendrai de toutes mes forces scs droits imprescriptibles en réclamant pour elle la juste compensation des sacrifices librement consentis et des responsabilités courageusement acceptées.

La vie familiale ne se développera d’ailleurs que dans le cadre d’un logement sain et agréable. La crise* qu'ont aggravée nos dissensions intérieures, a enrayé Tessor de la loi Loucheur. Je m'emploierai à la faire revivre et à en développer les effets.

J apporterai toute ma sollicitude au développement de l'éducation physique et des sports afin de préparer, pour notre pays, une jeunesse saine et vigoureuse.

Autour de la grande Cité, s'est constituée une importante banlieue qui prend chaque

jour une extension nouvelle ; les charges y sont aussi lourdes que les ressources y sont précaires. Comme l'a fait depuis douze ans M. René Coty, je m'efforcerai d’obtenir quïl soit tenu compte de sa situation très particulière au point de vue financier comme au point de vue administratif* Je le ferai avec d’autant plus d’énergie que j’ai Fait moi-même la première expérience de ma vie publique dans une mairie de banlieue et que j'ai pu mesurer les difficultés, toujours croissantes, d'une telle gestion*

Maintenir entre le Port autonome, la Chambre de commerce, le Havre, la banlieue et les communes rurales une liaison étroite, une constante unité de vues eL d'action, telle est la ligne de conduite qui s'impose aux représentants d’une circonscription où se trouvent rassemblés les aspects les plus variés de la vie nationale et qui constitue un ensemble homogène dont toutes les parties sont solidaires

Je ne me laisserai pas détourner par les servitudes électorales » de la tâche essentielle qui incombe à un parlementaire vraiment conscient de ses devoirs

On a fait appel à ma bonne volonté et à mon expérience* Je mets b une et l'autre à votre disposition pour bien servir, avec vous, la Cité et la République Je demande à votre confiance de me permettre, par l’ampleur de vos suffrages, de les employer avec plus de force et plus d'autorité.

Vive la deuxième circonscription du Havre 1

Vive la République ! ,

Vive la France 3

Albert DüRüSG Conseiller général*

Président de la Commission des finances. Industriel*

Administrateur du Port autonome.

Officier de la Légion d’honneur*

Candidat de concorde républicaine.

3e circonscription du HAVRE,

M Georges BUREAU

(Groupe de l’Aidance des républicains de gauche et des radicaux indépendants,}

Elu pour la lrB fois le 8 mai J 010, — Réélu les 26 avril 1914, 10 novembre 1919, 11 mai 1924, 22 avril 1928, 1er mai 1032 et l\ mai 1930*

Mes chers concitoyens,

L1 affectueuse confiance que depuis longtemps vous n'avez cessé de me témoigner me permet de solliciter à nouveau vos suffrages à l'heure très grave où nous sommes*

Il s’agit, aujourd'hui, de triompher du rassemblement des forces destructives qui nous mèneraient tout droit a la révolution et à l'invasion étrangère*

Des querelles confessionnelles divisaient autrefois les Français ; elles ont heureusement disparu. La tolérance dans le domaine politique pourrait s’établir pareillement si la violence du poing tendu ne troublait profondément le pays.

Contre les extrémistes qui rêvent d’asservir les citoyens à Ja tyrannie, défendez la dignité et les bienfaits du régime. Vous dont les ancêtres ont créé la démocratie, vous dont les aînés ont combattu pour la sauvegarder, clés- vous prêts à livrer le pouvoir à ceux qui menacent nos plus nobles traditions et notre fraternité? Que vos bulletins de vote protègent la- République! Sinon vous exposerez la France a une guerre civile. L'ennemi du dehors guette cet événement pour nous dicter sa loi.

J'ai constamment soutenu les Ministères de concentra Lion qui assuraient le calme à l’intérieur et conservaient nos amitiés h l'extérieur. C'est pourquoi j'ai voté pour le Ministère Laval .

La paix extérieure :

Aux quinze cent mille Français tombés au champ d’honneur, aux millions d'anciens combattants dont aujourd’hui l'on a la mesquinerie de contester les droits, la promesse solennelle a été faite que tout serait mis en œuvre par nos gouvernements pour éviter une nouvelle guerre. Nous voulons que cet engagement sacré soi t respecté. La France victorieuse et pacifique n'a pas à mettre ses enfants au service d’une cause qui n’est pas la sienne. Nous laissons le soin aux Allemands de se délivrer de rhitlérisme, s'ils en sont las un jour; aux Italiens d'adopter tel état social qui leur plaît; aux Russes de garder leurs Soviets s’ils tiennent à les conserver. Calmes et forts, nous ne voulons, nous, que la sécurité de nos frontières et la paix, afin que nous n’ayons pas à dresser d'autres monuments à côté de ceux qui consacrent l’héroïsme des morts de 19 14-1918. La gloire s’assombrit de grands deuils. Nous voulons que la jeunesse française soit à J' abri des misères que nous avons connues.

Des finances saines :

J’entends réoéter : a 11 faut que ça change. »

En vérité, cela n’a, dans un certain sens, que trop changé.

Cest « pour que ça change » que des électeurs, moins avisés que vous, ont élu eo 1933 la Chambre que vous avez vue à l’œuvre.

Le réâulat, vous le connaissez.

Six Ministères en vingt mois !

Les memes hommes que groupe aujourd’hui le « Front populaire » n’ont exercé le pouvoir que pour nous mener et nous laisser au bord de l’abîme. Encore un effort et ils nous y précipiteront. La dette publique, en 1932, s'esl accrue de 17 milliards 609 millions ; en 1933, de 9 milliards (47 millions; en 1934, de 20 milliards 277 millions. L’Etat carLelhste, incapable, déclarait-il, de servir dorénavant un intérêt de 5 0/0 et de 6 0/0, a fait appel au patriotisme financier de tous et a converti les renies. Un mois après, il empruntai! de nouveau à plus de 6 0/0 !

Voulez-vous voir se poursuivre de pareilles méthode», qui nous mènent droit à la dévaluation? Après le franc à quatre sous, le franc à un sou?

Paysans, ouvriers, industriels, gens de mer, commerçants, fonctionnaires, pensionnés, petits épargnants, il faut que Ton cesse enfin de vous ruiner systématiquement. Assez de démagogie, de gabegie, d’illusions quant à l'équilibre purement fictif des budgets ; assez d’emprunts qui nous font débiteurs de l’étranger et qui compromettent notre indépendance ; assez de fraudes, de scandales financiers. Le Front populaire continuerait de dilapider le produit des impôts que les braves gens ont tant de peine à payer; il continuerait a. emprunter de toutes parts jusqu’à la banqueroute, que les social isles et les communistes souhaitent parce qu'elle provoquerait un soulèvement des masses. La réconciliation nationale peut, seule, assurer à J a nation des finances sûres et saines.

La reprise des affaires :

Beaucoup sera fait déjà lorsque, après avoir pourchassé les défaitistes du franc et l'évasion des capitaux, une prudente gestion aura rétabli les finances de l’Etat. Alors la confiance permettra la reprise des affaires.

Ouvriers paralysés par le chômage, industriels réduits à fermer vos usines et à licencier votre personnel, commerçants sur qui pèse si lourdement la crise, agriculteurs frustrés par i 'effondrement des prix et privés de la juste compensation de vos efforLs, armateurs et marins préoccupés de l’avenir, vous savez que je me suis employé toujours et sans relâche à soutenir vos intérêts. Comptez sur moi demain, comme hier*

Mon programme se résume ainsi ;

Réforme de F Etat dans le sens de l 'autorité et do la stabilité gouvernementale.

Union contre les partis de désordre qui, en semant la haine, ruinent F économie du pays.

Humanisation des décrets-lois.

Retour a l’ordre et à la tranquillité, pour assurer le travail et le bien-être*

Répression de la spéculation et lutte contre les grands Lrusls.

Adoption du programme de nos grandes associations agricoles, d’après les vœux des groupements professionnels*

Je continuerai à m’élever contre Fad mission temporaire comme je Fai fait à la tribune au cours de la législature qui vient de finir.

Extension du réseau d’éîectrifieationi

Adduction d’eau potable dans les communes qui en sont privées*

Construction d’habitations à bon marché dans les campagnes et allocations familiales aux ouvriers agricoles.

Protection du petit commerce contre les groupements économiques effectuant des opérations commerciales et contre les magasins à prix uniques qui écoulent par trop souvent, d’ailleurs, des marchandises provenant de l'etranger*

Défense énergique de notre industrie textile régionale, d'une part, contre la concurrence étrangère, au moyen de droits de douane dans la métropole el dans nos colonies; d’autre part contre ïa concurrence d’usines nationales privilégiées par leur situation et par leur outillage, au moyen d'ententes industrielles réalisées, légalement, dans des conditions équitables et sous le contrôle du Gouvernement,

Maintien de Fai de aux entreprises maritimes de la grande pêche et primes individuelles à tout homme d'équipage* Aide à toutes les entreprises maritimes de pêche pour le renouvellement de la flottille de chalutiers, par catégorie de navires, leurs plans devant être soumis à ïa marine nationale afin de lui permettre de prévoir des aménagements spéciaux en vue de leur utilisation militaire.

Grands travaux urbains et ruraux pour parer au chômage. Fonds national de chômage*

Généralisation des primes à la natalité ; relèvement des taux de l'encouragement et de l'assistance aux familles nombreuses et nécessiteuses, aux vieillards, aux infirmes et aux mutilés du travail.

Suffrage familial.

Augmentation du nombre des bourses d'enseignement.

Mutualisation des assurances sociales*

Encouragement aux sociétés sportives*

Respect des droits intengibles des anciens combattants.

Lutte contre l'immoralité.

En résumé :

Une patrie forte, prête à se défendre, ce qui est le moyen le plus sûr d éviter de la voir attaquée ;

L’ordre absolu dans le pays;

L’honnêteté publique elle progrès social dans le sens le plus généreux et le plus humain.

Confiant dans vos suffrages, je vous assure , mes chers concitoyens, de mon plus fidèle attachement.

Georges BUREAU

Croix de guerre. — Chev&VEer de la Légion d’honneur. Député sortant.

Conseiller général.

Circonscription de NEUFGHATEL,

M. André GENTA

(Groupe agraire indépendant.)

Elu pour !a 3re fois le 26 avril 1936,

Messieurs les électeurs et chers concitoyens,

Enfant du pays je viens solliciter vos suffrages.

Toute mon existence s’esL écoulée parmi vous, j'ai connu et partagé vos labeurs et je n’ai d’autre ambition que de servir. C’est à tous sans distinction que je fais appel pour travailler au bien général

Ce n’est en effet que par l’accord de toutes les bonnes volontés que nous pourrons vaincre les graves difficultés qui assaillent notre pays tant à l'intérieur qu’à l'extérieur. Je suis fermement convaincu que les grands — et parfois les tragiques — problèmes de l’heure ne seront pas résolus dans les stériles et décevantes querelles de partis, mais dans un commun effort d’union, d’ordre et de travail.

Fermement attaché aux principes républicains, respectueux des libertés individuelles, et, comme tel, également adversaire de la révolution et de la dictature, je n en désire pas moins des réformes, susceptibles de simplifier les rouages d une administration trop souvent l raeassière et compliquée. Surtout, je déplore une instabilité gouvernementale, qui empêche toute œuvre durable et augmente encore les difficultés, au milieu desquelles le pays se débat depuis si longtemps.

Le Conseil national économique, représentation des intérêts du pays, devra être appelé à collaborer avec le. Parlement, et apporter aux contribuables les allégements fiscaux indispensables*

Les lois sociales doivent être complétées et améliorées. J estime, par exemple, qu il e^f nécessaire de simplifier et de refondre la loi des assurances sociales dans le cadic de la mutualité, et que l aide aux familles nombreuses, aux vieillards, aux déshérités de la vie, doit êire rendu plus efficace.

Le chômage est la question la plus angoissante de 1 heure présente. Rien de plus tragique que la détresse physique et morale des ouvriers et employés, qui ne peuvent plus trouver le pain de leur famille dans le travail, La caisse cle chômage n apportera qu un remède passager à une pareille situation. Elle ne résout pas le problème. Ce qu il laut, c est

creer du travail , et, dans ce but, venir en aide, par de larges subventions aux communes, pour leur permettre d'entreprendre des travaux utiles à la collectivité, et donner du travail à nos ouvriers. Sur îes fonds affectés à l’outillage national, une part doit revenir à la région pour réaliser entre autres : Pacfducïion d’eau,; l'achèvement de f’éîeeLrification ; l’entrelien des chemins vicinaux et ruraux ; la réfection ou rélargissement des routes.

Le développement du machinisme dans certaines industries a été générateur de chômage et pose un problème de protection de la main-d’œuvra qui devra être résolu.

■le suis partisan de faire aux décrets-lois, issus d une procédure d’exception, des retouches indispensables, entre autres, d’élever la base d'exonération pour les petits traite* ments et les petites retraites, de ne pas porter atteinte aux petits revenus de nos vieillards.

Je n’ admettrai pas cfue soit remise en cause la retraite du combattant. Des injustices ont été commises ;i ce sujet qui doivent être réparées.

Je suis 1 adversaire résolu de toute dévaluation, nouvelle qui achèverait injustement la ruine des petits retraites eL des petits rentiers.

La retonte d une fiscalité trop lourde, compliquée et inquisitoriale qui frappe le commerce et 1 industrie s impose. La taxe unique à la production devra remplacer F impôt sur îe chiffre d affaires si profondément injuste.

11 ne peut pas y avoir de reprise de i activité nationale si la crise agricole, la plus grave que nous ayons connue, persiste, cEir tous les intérêts agricoles, commerciaux et industriels sont intimement liés.

Le premier devoir de votre élu sera de travailler à ramener des prix normaux pour les produits du. sol et permettre à I agriculteur et à 1 ouvrier de nos campagnes de vivre de leur travail.

Protection douanière efficace, ne laissant aucune prise à la fraude et à la spéculation. Contingents supprimés ou réduits. Suppression de l’admission temporaire. Suppression de toute taxation, de toute réglementation des prix legale ou ndminisirative* et de toute entrave à la vente des produits du sol, prorogation des dispositions fixant le régime de 1 essence exonérée pour usage dans un moteur fixe. Maintenir à nos campagnes des moyens de transport indispensables et révision des tarifs.

N est essentiel que, pour les lots agricoles et pour les accords commerciaux, la rprofes-* sion soit consultée par 1 organe des groupements agricoles et des chambres d’agriculture.

Mes chers concitoyens,

Le maintien de la paix est le plus ardent désir de tous les Français, C’est le premier et le plus impérieux des devoirs qui doit s’imposer à votre élu.

Seule 1 union sincère et loyale dans la concorde et l’ordre peut, avec une défense nationale puissante, nous l’assurer.

Confiant dans les destinées de notre patrie, je vous y convie de tout mon cœur.

Vive la France!

Vive la République !

Vive ^arrondissement de Neufchâtel !

André GENTY

Conseiller d arvon d i sseroe n t .

Maire de Pîerrecourt.

Cultivateur.

Ancien combattant (carte n* 3.817).

Candidat républicain indépendant,

lr* circonscription de ROUEN,

M, Georges MÉTAYER [ Groupe républicain radical ei radical-socialiste,}

Elu pour la lra fois le 8 mai 193d. — Réélu le 3 mai 1936,

Mes chers Concitoyens,

Le maintien de la paix et la sécurité de nos foyers, la reprise des affaires, la résorption du chômage et le redressement financier, 3a tranquillité intérieure dans le respect de nos institutions républicaines et démocratiques, tels sont, me semble-t-il, les buis auxquels tend l1 immense majorité des Français*

Rétablissement économique et financier :

Une amélioration financière et budgétaire est essentiellement liée à une reprise économique et à une détente de la situation internationale.

C’est cf une série de mesures d'ordre extérieur et intérieur que pourra venir la fui de la crise.

Avec l’extérieur il nous faut obtenir une plus grande liberté des échanges, par conséquent, l'intensification de notre politique d'accords commerciaux fondée sur la réciprocité et des garanties de recouvrement données à nos exportateurs. Où pourrait-on V affirmer avec plus de force qu’à Rouen, premier port de France? En outre, nous devons développer une organisation énergique et méthodique de tout ce qui pourra faire renaître le tourisme qui } avant la crise, laissait annuellement en France, 1:2 milliards d'argent étranger.

A l’intérieur, nous devons :

Donner plus de stabilité, protéger plus efficacement l’épargne contre les spéculateurs de la finance internationale afin de faire renaître la confiance et de ramener à la circulation les milliards aef uellemenf. sans emploi.

Décharger les commerçants de leur rôle de collecteurs d’impôts : à cette fin, substituer la taxe unique à celle du chiflre d" affaire s; introduire plus d’égalité fiscale et simplifier ces impositions multiples et superposées où le contribuable ne peut se reconnaître.

Rendre plus large et inoms onéreux le crédit; organiser, comme il existe pour la culture, un système d'avances à long terme aux commerçants, aux hôteliers, aux artisans ; pour ceux-ci, taire aboutir le programme de la Confédération générale de 1 artisanal français, notamment, en ce qui concerne l'apposition d'une marque nationale sur les objets fabriqués et mis en vente par nos artisans.

Mieux protéger la main-d’œuvre française contre la concurrence des étrangers en France ; édicter des mesures plus énergiques contre les ventes au déballage, les mono prix, les camions-bazars eL autres formes abusives de concurrence.

Pour lutter contre le chômage, intensifier les travaux publics, y encourager les collectivités locales., développer l'appren tissage 5 l’enseignement technique et professionnel, car les travailleurs spécialisés sont moins atteints que les autres.

Je suis hostile a une nouvelle dévalorisation du franc. Quant à la stabilisation des monnaies, elle dépend des Américains et des Anglais plus que de nous.

Politique extérieure. — Les garanties de la paix :

Les deux garanti os essentielles de la paix sont la puissance de notre défense nationale et une sage politique d’accords internationaux.

Depuis la guerre, et particulièrement depuis 1924, nos gouvernants ont eu pour directives : 1° dans le cadre de la Société des Nations, des alliances et des accords régionaux d'assistance mutuelle en cas d’agression non provoquée; 2° un grand effort de rapprochement avec l'Allemagne,

Nous devons persister d'autant plus fermement dans la première de ces directives que le rapprochement franco-allemand, bien que toujours souhaitable, est rendu plus difficile par l'intensif réarmement du Reich, par la dénonciation unilatérale du traité de Locarno et la remîlitarisalion de ia rive gauche du Rhin, parles prétentions constamment accrues du pangermanisme hitlérien.

Il ne suffit pas que notre diplomatie ait juridiquement raison ; il lui faut être suffisamment souple et réaliste pour ne laisser échapper aucune possibilité constructive; elle doit contribuer à cimenter davantage cette puissante union des nations pacifiques qui découragera toute agression en Europe.

Nos pactes d’assistance mutuelle ne sont p is des alliances fermées, Ils restent ouverts à toute nation qui veut y adhérer, à l’Allemagne comme aux autres. La France a largement contribué à créer un vaste réseau de sécurité collective. Sa cause se confond avec celle de la paix. Pacifiques, vigilants et forLs, nous ne devons pas nous départir de la confiance et du sang-froid indispensables à notre développement et dignes de notre situation dans le monde.

Politique intérieure :

La Chambre a voté le 22 janvier 1935 une importante réforme de son Règlement; il en résulte plus de rapidité, plus de méthode ; c'est ainsi que ie budget de 1930 a pu être voté en dix-huit jours sans que les , crédits proposés par le Gouvernement aient été pour ainsi dire dépassés,

11 reste à éviter l'instabilité ministérielle. Les Ministres anglais, voire même le Président des Etats-Unis, sont souvent mis en minorité; ils s'inclinent et restent à leur poste. Je pense que les Ministres français ne devraient démissionner qu’en cas de désaccord si grave avec le Parlement qu ils se trouvent dans li ni possibilité d'exercer le pouvoir ; ils devraient alors avoir lu faculté dfen appeler au pays [sur voie de referendum sur lu question faisant l'objet du coullit ; le referendum est u^uel chez nos voisins de la République helvétique, la plus ancienne de l'Europe, et ils s'eu trouvent bien.

Conseil national économique, — Réforme administrative :

Le Conseil national économique, créé, en J 924 par le Ministère HerrioL, vient d'être élargi en ce que des délégués y seront envoyés par 1 agriculture et pur les « organisations les plus représentatives de l'économie nationale », Eu même temps, son rôle grandit car une collaboration constante existera entre lui cL les grandes Commissions des deux Chambres, Les heureux effets descelle méthode vont se faire rapidement sentir.

Quant à la réforme administrative, elle sc trouve préparée par un travail considérable et des plus intéressants des « chefs de service » ; il en résulterait, d'une part, de grandes simplifications, d’autre part, des économies que les au bu rs du projet évaluent à plus de trois milliards; ce devra être l’œuvre de la prochaine législature.

Les décrets-lois* — La situation des anciens combattants :

Le Gouvernement a singulièrement abusé de son pouvoir de légiférer. Sur 509 décretslois en trois mois et demi, dont 31 7 en une nuit, tout n'est pas critiquable mais que de dispositions injustes et même inhumaines, ■que d inégalités choquantes : nous avons commencé, et il faudra continuer à abroger le pire; certains de ces décrets-lois onL marqué la répudiation par 1 Etat de ses engagements solennels, d’autres, ont modifié profondément, sans décision de justice, des contrats privés, ce qui constitue un redoutable précédent. Dans l'ensemble, ils ont entraîné chez les commerçants une diminution du chiffre d’aflaires correspondant à la réduction du pouvoir d achat des assujettis ; il ne pouvait en être autrement

puisqu ils opéraient le relèvement des prix chez les producteurs* en même temps qu’ils réduisaient, chez les acheteurs, jusqu’au minimum de vie.

Les anciens combattants n’ont pas été épargnés, meme les inutilités, les veuves les ascendants ont été atteints. Nous avons réagi et nous continuerons à lutter conlre ces injustices ; déjà nous avons pu faire aboutir le statut du grand mutilé, nous avons obtenu la prorogation des délais d’instance de pension ou de candidature aux emplois réservés ainsi que des mesures pour un meilleur fonctionnement des retraites eLïe redressement de la France mutualiste ; enfin, nous venons de voter la création d’une caisse des pensions de guerre, et la réduction de l'impôt sur ces pensions; dès la rentrée du Parlement, il faudra améliorer et achever cette œuvre.

Nous devrons donner aux familles nombreuses un statut digne de la place à laquelle elles ont droit dans la nation.

Défense du régime :

Suivant la forte expression du Président Lebrun, ce n’est pas de l’agitation des factions que peut sortir l’ordre républicain. Toute violence est haïssable, il ne doit y avoir dans un une force armée, la force publique. Aussi les lois sur les ligues et milices privées permettent-elles d’atteindre ceux qui, non contents de la lutte légitime et traditionnelle des partis, voudraient, par un coup de force, réduire leurs adversaires et s’emparer du pouvoir.

Nous ne sommes pas, et c’est à notre honneur, mûrs pour la dictature, Nous voulons travailler dans l’ordre, le calme et le respect de la légalité républicaine, en dehors de toute entreprise de violence qui nous conduirait, fatalement, à la guerre civile, puis à la guerre étrangère.

Pour conclure, je fais mienne cette déclaration du Parti radical, en novembre 1934 : (soyons prêts à nous unir à tous les hommes de progrès qui acceptent la fraternité de Faction et facilitent ce rassemblement républicain, plus que jamais nécessaire au destin de la démocratie).

Mes chers Concitoyens,

C’est dans la réalisation de ces idées que je trouve l’espoir de sortir de la crise, de^ rendre du travail à ceux qui cherchent un emploi, notamment à toute cette cette jeunesse qui se tient involontairement et impatiemment les bras croisés; c’est par là que nous retrouverons des ressources suffisantes pour rendre aux petits rentiers, aux anciens combattants, pensionnés et retraités, ainsi qu’aux travailleurs de tous ordres et aux familles nombreuses ce qui leur est dû.

Pour ma part, il ny a pas une catégorie de la population : commerçants et artisans, industriels, usagers et travailleurs du port, fonctionnaires, retraités et ouvriers qui puisse dire que je. n’ai pas défendu de toutes mes forces ses justes revendications.

Depuis un grand nombre d’années, vous m’avez constamment renouvelé les mandats que vous m’aviez confiés; je m’en suis acquitté avec toul le dévouement et toute l’activité dont j’ai été capable; aussi, je suis sûr de pouvoir compter sur vous comme vous pouvez toujours compter sur moi.

2e circonscription de ROUEN.

M. Octave CRUT EL (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Élu pour la rs fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.

Citoyens,

Au terme du mandat que vous m’aviez confié, je viens vous en demander le renouvellement.

Vous avez suivi le drame de la dernière législature.

Vous avez été les témoins du G février.

Vous en avez compris le sens profond.

Cette émeute sanglante ne fut qu’un assaut contre le régime et la souveraineté du peuple.

La République faillit sombrer.

Les Gouvernements d’union nationale de M* Doumergue et de M. Laval prirent le pouvoir,

EL pendant deux ans exercèrent sur le pays une véritable dictature.

Malgré leurs « pleins pouvoirs », ils n'ont su ni restaurer les finances, ni atténuer la crise .

Leurs e décrets-lois », imposés par la Banque de France et M. de Wendel, ont frappé durement les petits : les petits fonctionnaires, les petits épargnants, les petits propriétaires, les familles nombreuses, les anciens combattants, les vieillards, les indigents.

Et, par une fatale répercussion, le monde du travail tout entier : les ouvriers, les

petits commerçants, les cultivateurs,

A l’extérieur, M. Laval a isolé la France. Et nos fascistes ont appelé Hitler à leuis secours.

Pour des buts électoraux, ils ont mis la France en danger et la Paix en péril.

Citoyens,

Nous ne voulons plus de cette politique.

Le fascisme, c’est la misère et la guerre.

Voyez F Allemagne. Voyez T Italie,

Nous voulons la paix, La paix avec tous les peuples dans une Europe réconciliée, guidée par une Société des Nations puissante et respectée.

Nous voulons la paix à l'intérieur.

Dissiper l'atmosphère de haine et de guerre civile qui sévit depuis deux ans.

Maintenir les libertés républicaines sans lesquelles il n'y a ni ordre, ni sécurité, ni commerce, ni affaires, ni travail.

C'est pourquoi nous voulons affranchir l'Etat et e commerce de la tutelle de la Banque de France et des trusts, affranchir la République de a menace des ligues.

Républicains

Contre moi, parce que je vous suis resté tidèle, se dressent toutes les forces réaction^

naires*

On vaudrait, coûte que coûte, abattre un député qui, malgré les menaces de mort et es injures, ar respecté ses engagements et défendu la République,

Tous les moyens sont bons, L1' argent mène le jeu. La trahison attend son heure.

Vous ne laisserez pas faire cela.

On fait contre moi le rassemblement des fascistes.

Vous ferez, sur mon nom, le rassemblement des hommes libres.

Dès le premier tour, la masse de vos suffrages viendra m'apporter le prestige nécessaire pour lutter avec vous et pour vous, contre la misère, pour la paix et ia liberté.

Vive la République S

Dr CRUTEL

Député de la circonscription*

Go us eü 1er d ’ftfrond i s a e m e ni.

Chevalier de la Légion dMifmneur,

Ancien combattant. — CroiJt de guerre.

Candidat du Parti républicain radical et radical-socia liste.

3e circonscription de ROUEN.

M. René LEBRET (Groupe de r Union socialiste et républicaine.)

Élu pour la I** fois le 29 avril 1928. . — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens,

Mes chers amis,

Pour la troisième fois, aux élections législatives, je viens faire appel à vos suffrages.

Vous me connaissez. Je suis votre élu — municipal, cantonal et législatif — depuis dixsept années* Je n'ai pas cessé de défendre, dans toutes les assemblées, les intérêts ouvriers, commerciaux* industriels et agricoles de notre belle région*

Je vous demande, à nouveau, de me juger aux actes» Je suis persuadé que mon compte rendu de mandat et mon programme retiendront toute, votre attention.

Croyez, mes chers concitoyens et amis, à mes sentiments cordiaux et dévoués.

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