‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 161 sur 186 · R. LEBRET · texte numérisé non relu

R. LEBRET

Mon programme.**

il faut organiser la Nation en organisant TELat, l’économie et la paix.

Nous voulons organiser l'Etat, c'est-à-dire :

Un Gouvernement qui gouverne, après avoir opéré l'assainissement indispensable et mis fin aux scandales, en étroit accord avec une opinion [publique ^constamment tenue au cou-

ranl et soustraire aux campagnes éhontées (Tune presse vénale, un Gouvernement qui, ayant remis les hommes et les choses à leur place, appuie son autorité sur la morale et le souci constant du bien public, et assure avec une énergie farouche la défense des institutions démocratiques et du régime républicain*

Un Parlement qui légifère rapidement et qui contrôle effectivement, dans une atmosphère épurée, par le jeu normal d'une majorité qui assure la stabilité du Gouvernement, et d’une opposition dont la critique soit libre, avec ie souci de la continuité dans l’action et de F efficacité dans les résultats*

Une Administration modernisée qui administre aux moindres frais, avec le rendement maximum, sans complaisances ni gaspillages, sans cumuls intolérables ni doubles emplois dispendieux, les fonctionnaires étant associés dans leurs organisations corporatives à la gestion et à la responsabilité, la fonetion^ublique étant à la fois normalement rétribuée et moralement valorisée*

Une justice impartiale, rapide et bon marché, accomplissant avec vigilance sa fonction répressive, et mise comme un service public à la portée des justiciables*

Une fiscalité simplifiée, des impôts justes et faciles à établir, dégagés autant que possible des incidences économiques, permettant un budget équilibré et, avec une monnaie saine et une trésorerie solide, l'absolue indépendance de l’Etat* -

Nous voulons organiser l'économie, c'est-à-dire :

Un programme massif de grands travaux, étalés sur plusieurs années, permettant de résorber le chômage et de ranimer l’économie*

Une protection efficace de l’épargne, et l'organisation générale du crédit, sous le contrôle des épargnants, des producteurs et des collectivités publiques. Un taux légal de l’intérêt permettant une première baisse du coût de la vie et un accroissement sensible du pouvoir d'achat, comme une reprise certaine des affaires*

Une défense efficace de la classe ouvrière, par l'institution de la semaine de quarante heures et le remploi des chômeurs, par le salaire minimum, par la participation progressive il la gestion des syndicats libres dans la corporation organisée.

Le développement du crédit artisanal et commercial, une politique de collaboration filtre le commerce do détail et les coopératives de consommation, permettant la rationalisation des achats et des ventes, dans l'intérêt commun des vendeurs et des consommateurs, et l’élimination des formes abusives d’exploitation nées du système des « uni -prix ».

L'organisation du marché agricole, soustrait à la spéculation par des offices régulièrement financés, assurant la fourniture des engrais et la vente des produits du sol à des prix stables, en liaison avec les syndicats et les coopératives de producteurs, comme avec les groupements de consommateurs.

Une coordination rationnelle entre le marché colonial et le marché métropolitain,

La modification du système actuel des contingentements, incohérent eL générateur de scandales, leur suppression progressive par la révision des tarifs douaniers, l’ouverture de négociations immédiates avec les autres pays, une fois le marché intérieur mis en ordre, en vue d’accords unilatéraux coordonnés par une compensation internationale.

Un Conseil national économique exprimant valablement les besoins des producteurs et des consommateurs.

La syndicalisation des entreprises dans chaque branche de production, sous le contrôle du Conseil national économique et l’arbitrage de l’Etat, permettant une prévision exacte des besoins, un calcul sérieux des prix de revient et des prix de vente, un assainissement rapide du marché, une consolidation du crédit et une mise en ordre générale de l’économie nationale.

Nous voulons organiser la paix, c’est-à-dire :

Une organisation des techniques de protection collective, sous forme uniquement défensive, en dehors de toutes les conceptions périmées du militarisme traditionnel, en dormant le pas au matériel sur les effectifs, en pratiquant, pour l'aviation, une politique intelligente et peu coûteuse de prototypes, et en maintenant le service à court terme.

Une liaison entre les problèmes du désarmement et la réorganisation économique de l'Europe.

Une politique d'entente avec l'Angleterre et l’Italie pour la garantie de l'indépendance autrichienne.

Un examen, dans le cadre de la S, IX des questions pendantes entre la France et l'Allemagne,

La réorganisation d’ensemble que nous proposons, et qui est immédiatement possible, conditionne tout l’avenir politique, économique et social de la Nation, comme elle peut seule assurer son existence*

C'est une révolution (sans effusion de sang) qui commence, une révolution à la fois necessaire et possible, qui doit tout de suite arracher notre pays aux angoisses et aux misères de la crise, et le soustraire aux périls du fascisme et de la guerre.

À cette révolution bienfaisante, qui rapprochera les Français au lieu de les diviser, je vous appelle mes chers concitoyens et amis à collaborer.

J’ai pleinement confiance dans votre décision, et je vous assure, tous, de mon entier et affectueux dévouement.

Ce que nous voulons de toute urgence pour le peuple des usines, des champs, de l’atelier, des bureaux, pour les classes moyennes, pour la Nation française :

Salaire minimum vital ;

Appel des jeunes au travail ;

Retraites suffisantes aux vieux travailleurs ;

Protection des mutilés du travail, égalité des droits ;

Retour des mères au foyer (avec allocations compensatrices) ;

Protection des familles nombreuses ;

Suppression des taudis ;

Travaux d’utilité publique, à la ville et a la campagne, pour réduire au minimum le chômage ;}

Meilleure nourriture pour nos soldais. Voyage gratuit aux permissionnaires ;

Réglementation de la profession de banquier ;

Réglementation du bilan des banques et des sociétés anonymes ;

Interdiction aux fonctionnaires retraités ou en disponibilité d’appartenir aux conseils d’administration des sociétés anonymes ;

Pour soustraire le crédit et l’epargne à la domination de l'oligarchie économique, faire de la Banque de France, aujourd’hui banque privée, la Banque de la France;

Réforme des contingentements, des droits de douane ;

Ententes professionnelles. Contrats de travail* Congés annuels payes-,

Répression du gaspillage dans les administrations civiles et militaires ;

Réforme démocratique du système des impôts comportant une détente fiscale en vue de la reprise économique ;

Taxe unique à la production (suppression de la taxe sur le chiffre d affaires) ;

Suppression de la fraude ;

Contrôle de sortie des capitaux et répression de leur évasion ;

Amnistie générale pour les condamnés politiques ;

Liberté d'action pour tous les partis, mais dissolution des ligues poussant k la guerre civile.

Assainissement de la vie publique :

Interdiction aux députés d’appartenir à des conseils ^administration de sociétés financières ; jetons de présence; vote personnel; indemnité assurant l'indépendance de l'élureprésentation proportionnelle ; vote familial; voie des femmes.

Organisation du tourisme et de la publicité pour les produits français.

Respect de toutes les croyances :

Garantir à tous, élèves et maîtres, la pleine liberté de conscience, notamment par h respect de la neutralité scolaire, de la laïcité et des droits civiques du corps enseignant.

Libertés syndicales.

Revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte contre la spéculation et la vie chère, de manière à réduire d'écart entre les prix de gros et les prix de détail.

Pour supprimer la dîme prélevée par la spéculation sur les producteurs et les consommateurs, création d'un office national interprofessionnel des céréales.

Soutien aux coopératives agricoles, livraison des engrais au prix de revient par les offices nationaux de Lazote et des potasses, contrôle et ratification de la vente des superphosphates et autres engrais, développement du crédit agricole, réduction des baux à ferme.

Suspension des saisies et aménagement des dettes,

En attendant, t’aboli Lion complète et. aussi rapide que possible de toutes les injustices que les décrets-lois comportent, suppression immédiate des mesures frappant les catégories les plus touchées dans leurs conditions d’existence par ces décrets.

René LEBRET

Ancien ouvrier typographe, Directeur d’imprimerie, Journaliste* Muive d’Elbeuf, Conseiller général de la Seine-Inférieure.

Député Boitant.

Mce P résident de la Commission du commerce et de l'industrie.

Vice- Président de la Commission du travail.

Membre do Conseil supérieur de la natalité.

Président générai de la Ligue dos Bleus de Normandie.

4e circonscription de ROUEN.

M. André MARIE

Elu pour la lra fois le 29 avriI1928. — Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai (936.

Mes chers concitoyens,

J ui J honneiu de solliciter, de votre amicale et persévérante confiance, le renouvellemon! du mandat législatif dont vous m’avez investi en 1928 et que vous m'avez, en 1932, confirmé a une majorité considérablement accrue.

Je me représente devant vous, animé de la certitude profonde devoir toujours défendu, avec conscience, avec activité, les grands intérêts collectifs de la 4* circonscription, et d’avoir, de mon mieux, soutenu les justes intércLs individuels, ayant sans cesse apporté mon concours à tous, sans distinction de personnes, sans sectarisme.

Les quatre comités démocratiques de la 4e circonscription et la Fédération départementale radicale et radicale-socialiste ont bien voulu, à l'unanimité de leurs membres, me réitérer F ex pression de leur confiance et me donner de nouveau leur investiture. Gomme en 1928, comme en 1932, je cherche à réaliser sur mon nom l’allia ripé cordiale et active des républicains sincères — c’est d’eux, et d’eux seuls, que je sollicite les suffrages. Entre un fascisme autoritaire — que certains veulent importer en France — et une dictature prolétarienne, lourde de dangers et de menaces, je veux maintenir, dans cette circonscription, P un ton permanente, homogène des républicains authentiques, groupés sur un programme démocratique, dont le triple but, poursuivi par tous les cœurs généreux, sera d’assurer la sécurité d’un salaire suffisamment rémunérateur aux humbles et aux travailleurs, le maintien des libertés si chères aux Français, et la consolidation, dans le respect des eonven lions internationales, d'une paix stable, si ardemment souhaitée et si difficilement assurée.

Pendant les huit années passées de mes mandais législatifs, j’ai vécu au milieu de vous tous. JJai accueilli tous ceux qui venaient faire appel à moi, et j’ai, chaque jour davantage, connu vos aspirations et vos besoins. - — J’ai pu ainsi, de mon mieux, remédier partiellement aux conséquences d'une crise sans précédent qui frappait cruellement à 3a fois les vallées industrielles et les plateaux ruraux.

Rappellerai-je mes initiatives, mes efforts en faveur des ouvriers frappés parle chômage ?

La crise industrielle est, surtout ici, une crise du textile : sachant que l’ouvrier recherche, plus que les secours de chômage, la sécurité d’un travail normal, j’ai fait en sorte, grâce h mon mandat parlementaire, d’assurer â notre industrie textile, si éprouvée par la sous-consommation du pays, des débouchés vers nos colonies africaines. Mais la concurrence internationale a limité, à cet égard, l’ effet des mesures obtenues en faveur de la production française. Peu à peu le chômage s’est intensifié et j'ai personnellement veillé, dès son apparition, à la reconstitution immédiate des caisses municipales et à la mise en route d’un certain nombre de travaux susceptibles d'occuper les ouvriers contraints à un repos forcé* En appuyant de toutes mes forces la reprise de l'activité des constructions navales dans not^e région, j’ai essayé de parer, au moins partiellement, a la misère des ouvriers de la métallurgie, en cherchant à leur donner, vers le canton de Duclair, un nouveau débouché*

J’ai obtenu la mise en route de travaux de réfection de voies, départementales et nationales, de berges de la Seine et d’adductions d’eau qui ont occupé une main-d’œuvre assez nombreuse.

Soulignerai-je devant vous, mes chers concitoyens, qui avez chaque jour devant les yeux les preuves effectives de ces efforts réalisateurs, combien notre circonscription peut s enorgueillir de ces écoles nouvelles ou agrandies, de ces hospices, de ces foyers communaux, de ces bains-douches, de ces écoles ménagères, de ces bureaux de poste, qui se sont

édifiés dans notre circonscription, pour l'amélioration certaine des conditions quotidiennes de la vie et pour foccupation momentanée de nombreux ouvriers qui, sans ces travaux3 eussent été contraints à un chômage plus intense encore !

Qui donc, de bonne foi, pourrait nier le travail fécond accompli ici même dans les huit années qui viennent de s'écouler?. . .

Mais la crise durant, le chômage persistant, il faut remédier aux anomalies de factuel fonctionnement des caisses. Si, enfin, la création du fonds national de chômage, que j'avais personnellement réclamée depuis 1934, vient d'apporter un allègement aux charges des communes ouvrières, littéralement écrasées par l’inéluctable nécessité de secourir f ouvrier qui veut du travail mais qui n’en trouve point, il faut encore envisager f allocation de secours plus efficaces aux jeunes ouvriers de 13 à 16 ans.

Si vous me maintenez votre confiance, je poursuivrai f œuvre que j’ai entreprise. Je dresserai, avec la collaboration agissante des municipalités, la liste des travaux d’urbanisme et d utilité publique immédiatement réalisables, et je veillerai à ce que certaines industries — comme celle des constructions navales, au Trait — obtiennent, dans une juste proportion, leur part des commandes d’Etat, indispensables à fheiire présente pour assurer la vie normale des chantiers.

Enfin j’apporterai mon appui sans réserve à tous les vieux travailleurs, à tous les ouvriers, brusquement chassés de fusine, soit en raison de leur âge, soit, hélas! parfois, en raison de leur indépendance politique !.. , II n’est point possible d’abandonner k la misère, au désespoir, tant de braves gens qui n'ont point démérité!

Bans Je même esprit, avec le même dévouement, je défendrai la juste cause des mutilés et des invalides du travail, qui sollicitent la révision de la loi de 1898, réclament, dans un but de reclassement social, leur admission à certains emplois réservés et demandent une refonte totale de la loi du 14 juillet 1905 sur l’assistance aux vieillards, infirmes et incurables, loi qui n’accorde présentement à ceuxdà mêmes qui en sont les bénéficiaires qu'un secours insuffisant.

Les familles nombreuses savent que je ne suis resté sourd à aucune de leurs revendications et, notamment, à toutes les suggestions qui m’ont été soumises par leurs groupements locaux ou cantonaux. C’est ainsi que, en liaison avec mes collègues du Groupe parlementaire de défense de la famille, je suis intervenu — avec un succès partiel — pour obtenirle retrait du décret du 4 avril 1934, qui supprimait fencouragement national aux chefs de familles touchant le sursalaire, — Demain, comme hier, je- maintiendrai mon entier dévouement au service des familles nombreuses, au premier chef victimes de la vie chère. C’est pour elles, c’est pour tous les foyers modestes, comme d’ailleurs pour les récoltants, eux aussi cruellement éprouvés, que je suis intervenu, il y a deux ans, pour la suspension du nouveau droit rétabli sur les pommes à cidre — droit que j’avais pu faire supprimer dans mes premières années de mandat et dont le rétablissement décidé en 1934, aurait frappé, en un moment particulièrement inopportun, la consommation de la boisson familiale par excellence.

Je continuerai de rechercher 7 dans une meilleure répartition des charges fiscales,

1 allègement des modestes budgets. L’expérience de déflation tentée par les décrets-lois nombreux et hâtifs, n’a pas apporté les résultats que ses auteurs annonçaient et escomptaient. Et elle a imposé aux serviteurs et aux anciens serviteurs de TEtat d’injustes sacrifices qui n’ont même pas leur contre partie heureuse dans un rétablissement sérieux de l’équilibre budgétaire.

La crise agricole s'est abattue sur nos plateaux* Elle a appelé, nécessairement, un examen attentif, inquiet et bienfaisant du législateur.

La prospérité du commerce, d’où naissent les commandes à l'industrie, est la conséquence directe et intime de la prospérité agricole»

Il serait puéril et dangereux de méconnaître une situation alarmante ; d’une part, le consommateur appauvri — et le producteur luhmême d’ailleurs, qui est consommateur — payent le pain trop cher, beaucoup trop cher pour les ressources réduites dont Os disposent. Le cultivateur constate, chaque jour, qu’il ne bénéficie pas, à la vente, de cet excès du prix5 et c'est là qi] il faut rechercher la cause profonde d'un mécontentement général.

Lorsque de récentes mesures législatives, dites « d'économie » ont été votées, la promesse avait été faite d'une offensive hardie contre la vie chère. Les ressources ont été diminuées. . . mais où sont les résultats véritablement palpables de Tofftensive annoncée?

Une loi réclamée alors par l'immense majorité du monde agricole, a fixé, en juillet 1933, un prix minimum du blé. — Sans elle, à quel prix eut été vendu, à la sortie de la ferme, le quintal de blé français, quand le cours mondial évoluait autour de 25 francs ? Reconnaissons que cette loi, bonne dans ses intentions, et dont F efficacité, pour n’avoir éLé que partielle, a du moins été salutaire, n’a pas donné tous les résultats espérés.

Néanmoins est- if permis d’affirmer qu'elle a apporLé un coup de frein indispensable à la chute verticale du piix du blé.

Le Parlement a voulu, avec raison, alléger les charges du cultivateur, et j’ai eu la satisfation de proposer — et de voir aboutir dans ses principales dispositions — - un texte apportant, en 1933, au cultivateur débiteur, aux termes de son bail signé dans Père de « prospérité », d'un fermage excessif, la possibilité légale d’en obtenir la révision et le rajustement à la valeur locative réelle de la période de crise.

Me faut-il rappeler ici que je crois avoir, sur l’importante question de la pasteurisation * défendu les intérêts des petits laitiers — notamment au sein du Conseil général de la Seine- Inférieure — et que, tant h la Commission de législation civile qu’à la séance de la Chambre, j'ai soutenu le texte, devenu loi du 28 février 1935, apportant, pour un an, aux paysans dans la gêne, menacés de saisies et de ventes forcées, la faculté de solliciter, devant le juge des référés, le délai de grâce indispensable pour le règlement de leurs dettes agricoles.

C'est aussi pour îe monde des campagnes que j’ai, en tout temps, favorisé Tex tension de l'électricité — en recherchant la possibilité d'en faire baisser le prix - la distribution de beau, le développement des services publics d’autos-cars, cà la création desquels je nie suis personnellement intéressé. C’est pour le monde des campagnes, enfin, que, énergiquement, résolument, je me suis opposé à l’expérience de coord inatioa du rail et de la route, telle qu'elle était proposée à b Assemblée départementale — expérience qui eût privé les villages et les bourgs de leurs habituels moyens de communication. — Je suis nettement hosLile au décret-loi qui, en supprimant la concurrence dans les entreprises de transports publics de voyageurs at de marchandises, risque de faire déserter encore davantage nos campagnes et d’imposer, k l'usager, au voyageur, des tarifs prohibitifs»

Commerçants et artisans,

Je sais combien le chômage, la concurrence des grands organismes, la facilité accrue des communications avec la grande ville ont. provoqué, chez vous, de gêne et, pour certains d’entre vous, de ruines. Je me suis, pour vous aider, tenu en constant rapport avec les groupements commerciaux de ma circonscription.

Je crois n’avoir jamais négligé leurs conseils, ne leur avoir jamais refusé une démarche : interventions pour l'allégement des charges fiscales, recherche de l’égalité de tous devant l’impôt, limitation des zones d’interdiction pour le commerce des boissons, démarches au réseau de l’Etat pour l’améliora Lion, au profit de la banlieue, des horaires des trains, maintien intégral des organismes, qui peuvent attirer, dans nos communes, une clientèle — malheureusement trop rare. — En toutes ces matières, j’ai agi au mieux de vos intérêts.

Mes votes en justifient : j'ai voté les textes instaurant et étendant la propriété commei claie, la loi du n juillet 1933 accordant aux acquereurs de fonds de commerce, victimes de la crise, des délais pour le payement de leurs billets; la loi du 29 juin 1935 autorisant l’action en réduction du prix, et permettant d’obtenir la réduction, et même la suppression des intérêts; la loi, toute récente, qui, pour protéger le petit commerce contre un système d encerclement économique pratiqué par la finance commercialisée sous la forme des 'magasins à prix unique, a réglementé ces magasins et empêché leur multiplication.

Anciens combattants,

On connaît mieux votre sacrifice, on conçoit mieux la valeur de vos droits quand on a partagé vos souffrances et vos' dangers. J’ai été des vôtres dans la grande tourmente. J'ai constamment défendu vos justes revendications depuis ma démobilisation au sein do groupements où je me ilalte de n’avoir jamais voulu connaître que des camarades — loin des querelles et des inévitables divergences politiques... C’est dans ce meme esprit, après avoir été votre compagnon de tranchées, votre ami fidèle et dévoué, et que je poursuivrai activement, sur la demande unanime de vos associations, le rétablissement intégral de vos droits, tels qu ils avaient été péniblement fixés et reconnus par l'Etat.

C’est pour éviter le retour d’un conflit, qui serait à coup sûr plus cruel, plus sanglant encore que la guerre vécue par nous, que j’ai toujours soutenu de mes votes et pratiqué, comme délégué delà France à la XIVe Assemblée générale des nations à Genève, une politique extérieure tendant a renforcer le prestige et l’action de la Société des Nations et, dans sou cadre, à développer la sécurité du pays à la fois par la conclusion d’une convention de désarmement simultané et contrôlé, et par le renforcement d’amitiés anciennes auxquelles on tenta, souvent avec succès, d’ajouter des amitiés nouvelles,

« Mieux vaut être isolés, mais forts ! > proclament certains, qui volontiers oublient que la France ne compte que 40 millions d’habitants et que la crise financière interdit le vote de crédits illimités pour un surarmement ! Je pense, au contraire, que notre pays, anxieux d’un éventuel isolement, doit, pour sa propre et sa meilleure sauvegarde, poursuivre et rechercher la solidarité internationale dans le cadre de la Société des Nations, cadre qui abrite les politiques pacifiques de la Grande-Bretagne, de l’U. R. S. S., de la Petite-Entente de PEntente balkanique !...

Voilà ce que j’ai fait, voilà ce que je pense !...

C’est à vous tous, mes chers concitoyens, que j’adresse donc un confianL appel !...

A vous, les jeunes, aujourd’hui instruits dans les locaux plus accueillants d’une école publique, dont les maîtres accomplissent chaque jour avec un admirable dévouement une haute et capitale fonction d’éducateurs.

A vous, les jeunes, issus d’humbles familles à qui la République vient d’accorder la gratuité de l’enseignement secondaire,

A vous, les jeunes, sportifs qui souhaites des locaux et des stades où vous pourrez fortifier vos corps ; adultes qui voulez, dans des cours professionnels généralisés, poursuivre voire instruction et perfectionner vos capacités,

A vous, fonctionnaires dévoués, qu’il serait injuste, je le répète, de dénoncer à je rte

sais quelle hostilité collective et qui, avec conscience, servez de tout cœur les intérêts généraux du pays,

A vous, commerçants, artisans, cultivateurs, ouvriers frappés douloureusement par la crise,

À vous, les vieux, chasses de 1 atelier et qui redoutez 1 inéluctable nécessité de passer vos derniers jours à P hospice.

À vous tous, en un mot, que je crois avoir défendus de mon mieux, je donne, en toute sincérité, un cordial rendez-vous pour le scrutin du 26 avril !

Vive la France ! Vive la République !

Vive la 4e circonscription de Rouen 1

André MARIE

Avocat à la Cour d'appel.

Ancien combattant* — Croix de guerre.

Conseiller générai de la Seine -Inférieure,

Ancien Sous-Secrétaire d'Etat*

Député sortant.

Circonscription d YVETOT.

M. Geoffroy de M O'N T A L EM BE RT (N'appartient à aucun groupe.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens,

Devant la gravité des circonstances, il faut parler clair*

La législature s'achève dans Fangoisse*

Des conflits d’intérêts, de perpétuelles improvisations ont compromis l’équilibre de nos finances, menacent notre franc, aggravent la crise économique*

Nos discordes, après nous avoir conduits aux portes de la guerre civile, affaiblissent la position de la France dans le monde*

Notre victoire a été compromise ;

La génération du feu sacrifiée ;

La paix, si chèrement conquise, ébranlée.

L’heure est venue de se reprendre, de se grouper, d'agir.

Un changement profond est nécessaire dans nos méthodes.

Des réformes hardies s'imposent dans nos mœurs politiques*

Telle devra être la tâche essentielle de la Chambre que vous êtes appelés h élire le 26 avril prochain.

La grande majorité des élus cantonaux d’Union nationale républicaine de notre arrondissement m'ont fait l'honneur de penser que je pouvais apporter à cette tâche la collaboration utile de ma bonne volonté*

Devant la décision irrévocable de M* Louis Quesnel de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat, je u'ai pas cru devoir me dérober à leur appel,

C est fort de leur confiance que je me présente à vos libres suffrages*

Mes convictions vous son! connues :

Attaché par les plus vieilles traditions familiales à notre terre normande, ne séparant pas la République de la Patrie, je pense que notre démocratie a fait dans la guerre une expérience assez décisive de ses libertés pour pouvoir se discipliner elle-même dans la paix. Une économie mal dirigée n'a fait qu'entraver la profession, U ms tant est venu de l'organiser en la libérant,

A elle de créer ses méthodes S

A l'Etat de jouer uniquement le rôle d'arbitre entre Je s intérêts qui, s’opposant parfois dans l'apparence, se complètent toujours dans la réalité !

Cela est particulièrement vrai pour noire agriculture, base essentielle de toute la vie économique du pays, et dont la prospérité commande celle de toutes les autres activités* Mieux que quiconque., je mesure ses souffrances et connais ses droits.

C’est dire que je fais mien, totalement et sans réserve, le programme minimum élaboré par les syndicats agricoles.

Cela est vrai pour notre commerce et notre industrie, surchargés d'impôts, accablés de vexations et menacés par le lïot montant des entreprises d’accaparement qui, si l'on n’y mettait bon ordre, détruiraient bientôt nos classes moyennes, armature sociale du pays.

Cela est vrai pour nos marins et nos pêcheurs, si durement atteints par la crise, dont on doit assurer la protection, améliorer le sort, et à qui il faut enfin donner les moyens de faire entendre leur voix dans toutes les consultations électorales.

Cela est vrai, et plus douloureusement encore, pour nos ouvriers et employés qui doivent trouver dans le juste salaire d'un travail régulier, dans l'apaisement d’un logis agréable, les moyens d’élever leur famille dans l'in dépendance et dans la dignité,

A chacun, et à Lous,. ma sollicitude est acquise.

Mais aucun remède ne sera efficace, aucune mesure opérante, tant que subsisteront dans la nation le désordre matériel et le désordre moral.

Un Gouvernement stable dans un État fort, des professions organisées dans une nation unie, voila les réformes fondamentales et urgentes !

Seules, elles permettront de donner à tous la paix du jour dans la certitude du lendemain*

Seules, elles permettront à la France d'échapper aux dictatures, quelles qu’elles soient, et, en nous sauvant de la guerre civile, de nous protéger contre le péril extérieur aujourd’hui si menaçant.

Une telle œuvre, par les résultats qu’elle nous apporte et les horizons qu’elle nous ouvre, mérite bien la collaboration loyaLe dans la concorde de toutes les énérgies et de toutes les bonnes volontés.

C'est ainsi que je comprends rUnion républicaine.

C’est ainsi que j’entends la pratiquer.

C’est ainsi que je vous demande de l'affirmer, Je 26 avril prochain, par T unanimité de vos suffrages.

Vive la France ! '

Vive la République 1

Vive l'arrondissement d’Yvetot !’

G, de MONTALEMBERT Agn icu I teu r-é le v eur ,

ÀncijQ& combattant. — Cmk de guerre,

Maire d’Ermenou ville,

Candidat d’UnioiL nationale républicaine.

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