TARN-ET-GARONNE
Circonscription de GASTELSARRASIN.
M. Marcel GUERRET (Groupe socialiste»)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F, L G,, p. 3»)
Citoyens,
Nous sommes à la veille d’une des plus rudes batailles républicaines, au cours de laquelle vont se jouer nos libertés démocratiques, la paix dans le monde et la libération du peuple souverain de l’oppression capitaliste.
Le capitalisme est aux abois»
Après avoir pendant longtemps utilisé la panique boursière, il organise 1* étrangle ment économique de la nation pour satisfaire sa soif de profits.
D'autre part, pour soutenir son action contre le peuple, il alimente le fascisme et subventionne, après les avoir organisées, les ligues para-militaires, troupes mercenaires au service du capital.
Ces ligues ont déjà donné la mesure de leurs intentions contre la République,
L’heure est grave. Quinze années de gouvernements d’union nationale n’ont fait que servir Je désordre capitaliste. La faillite financière et économique nous menace.
Avec ces élections, où vous allez prendre parti, nous sommes à la croisée des chemins.
Pour ma part, mon choix est fait depuis longtemps.
Je reste avec le peuple, avec mon parli, dans le rassemblement du Front populaire, prêt à appliquer le programme minimum de ce rassemblement.
Avec le peuple encore, et avec mon parti, je suis contre le capitalisme, c’est-à-dire contre ToHgarchie toute puissante des banques, de la grande industrie et des trusts. Pour mener à bout cette lutte, il ne faut pas se contenter d’un élan de coeur généreux et sentimental. La nécessité d’un programme constructif s’impose.
Pour briser le fascisme :
II faut défendre les libertés démocratiques et rétablir îa souveraineté populaire.
Je réclame ; le désarmement effectif et la dissolution des ligues du fascisme ;
— l'application des lois de défense républicaine ;
— - l'abrogation des lois scélérates )
— Je contrôle des ressources de la presse ;
— te création d’un service public national d'éducation fondé sur la laïcité, la gratuité,, la sélection.
Pour libérer le pays de la crise financière :
Poursuite des gaspillages dans les dépenses publiques. Amortissement progressif de la dette par la nationalisation des grands monopoles de fait et notamment du monopole des assurances.
Pour libérer producteurs, commerçants et paysans de Oppression fiscale :
La suppression des 150 impôts et taxes existantes sur les denrées de première nécessité eL leur remplacement par trois contributions simples, la répression de la fraude fiscale.
Pour rétablir Tordre dans la production et restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes :
La nationalisation des grands monopoles capitalistes : fabrications d'armes privées mines, grandes industries métallurgiques, chimiques (engrais), électriques, transports; pétroles ; crédit et banques.
Pour assurer des débouchés aux cultivateurs et pour remédier à l'anarchie de® marchés;:
Peut-on admettre que, sous de fallacieux prétextes, on oblige l'agriculteur à vendre son blé au tarif déficitaire de 50 francs parce qu’on annonce des excédents de récolte, et, qu’ensuite, par une campagne de presse appropriée, une fois le blé entassé dans les silos des grandes meuneries, le prix du blé soit porté à 90 et Î00 francs?
Ce n’est pas vous, paysans, qui avez empoché la différence.
Après avoir vendu votre blé au cours marchand, vous achetez le pain au cours légal* Voilà votre sort : dépouillés et volés.
Le parti socialiste n'a cessé de réclamer la fixation du cours au moment de îa récolte
et par les agriculteurs eux-mêmes. Ses propositions ont toujours été rejetées sous prétexte qu’elles n’étaient pas opportunes.
Paysans ! la, crise, elle, peut-elle attendre des remèdes opportuns?
Je réclame donc : l’institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiersr des engrais chimiques ; l'institution des coopératives de répartition.
Pour apporter un remède immédiat à la détresse des populations rurales :
La réorganisation du crédit agricole ;
Le moratoire des dettes ;
La révision de la loi sur les fermages ;
Le statut du métayage ;
L’assurance contre les risques agricoles.
Pour préserver la paix :
Pas de diplomatie secrète. Pas de course aux armements entre les nations, si néfaste a ux budgets de s p e u pl es ;
Reprise des travaux: de la conférence du désarmement ;
Politique étrangère fondée sur le développement de la Société des Nations et le caractère indivisible de la paix.
Citoyens,
Tel est mon programme. Je l’oppose à tous les partis tour à tour defaillants*
Le socialisme est, à l'heure présente, le seul espoir du monde*
Vive le socialisme !
Marcel GUERRET
Professeur à PEcole Normale.
l*r adjoint au maire de Montauban*
Membre du Conseil supérieur de Vlnalruction publique* Officier de rin s truc tien publique.
Circonscription d© MOISSAC.
M* Etienne BARON (Groupe républicain radical et radical-socialiste*)
Elu pour la 1« fois le 29 avril 1928. - Réélu les 1<* mai 1932 et 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens,
Elu en 1928, grâce à l'union de tous les républicains, réélu en 1932 au premier tour de scrutin, j'ai; pendant huit ans, scrupuleusement rempli mon mandat et fait mon devoir*
Radical-socialiste, je me suis toujours conformé aux décisions de nos congrès nationaux et j'ai observé la discipline de mon groupe.
Républicain, je n'ai jamais voulu exclure personne de la République*
Toujours présent a toutes les réunions de la Chambre ou des commissions, je ne me suis jamais occupé que de la chose publique et jamais je n'ai été mêlé, ni de près ni de loin, à des affaires quelconques.
J'ai toujours tenu avec vous tous, un contact permanent, car j’estime qu’à côté da l'intérêt général de la Nation, il y a les intérêts de la région que nous devons aussi défendre a^ec énergie.
Enfin, je puis affirmer que jamais ma porte ne fut fermée à personne. Nulle lettre n est restée sans réponse et je n'ai jamais reculé devant aucune démarche pour défendre toute cause juste*
À l'expira tibn de mon mandat, la Fédération radicale-socialiste de larn-et-Garonne, à Tunanimité, m’a confié à nouveau le drapeau*
Conscient d'avoir toujours rempli ma tâche, j'ai accepté la mission qui m'était donnée.
Citoyens,
Député sortant, je vous dois compte de mes votes.
Dans des réunions publiques et contradictoires je me suis déjà longuement expliqué. Je me contenterai donc de vous dire ici que j'ai toujours été inspiré par le souci de rester üdèle à mes promesses électorales et au programme de mon parti.
Les pleins pouvoirs :
C'est là le reproche sanglant que m'adressent ceux-là mêmes qui furent les vrais responsables» Expliquons-nous*
Eu 1932, la France avait voté à gauche. Il devait y avoir, il y avait une majorité de gauche, seulement dans la crise économique aiguë que nous traversions, traînant la lourde charge des dettes et des pensions de guerre, il fallait se résoudre à de gros sacrifices L'extrême-gauche de ce qui aurait dû être la majorité, ne songeant qu’à une prise future du pouvoir, se refusa à toute concession. Et sons une coalition des socialistes et des droites, tour à tour les Ministères Herriot, Boncour, Daladier, Sarraut tombaient. Puis, les prétendus patriotes de droite, par la calomnie et l'agitation de la rue, renversèrent les Ministères Chautemps et Daladier. Après le 6 février, l’émeute grondait, les caisses publiques étaient vides, le commerce et l'indusLrie arrêtés, l’argent fuyait à l’étranger. Alors, par la force des choses, pour éviter et la guerre civile et la banqueroute, nous avons donné au président Doumergue des pouvoirs étendus car l’expression « pleins pouvoirs » n’est qu'une expression fausse et nous n’avons jamais abdiqué la souveraineté nationale entre les mains d'un homme. En effet, à tous les instants le Parlement est libre de confirmer les décrets-lois ou de les abroger. Mais il fallait agir et agir vile, et après tout, avons-nous si mal fait puisque l’ordre a été rétabli* îa banqueroute évitée et les payements assurés.
Mais lorsque le président Doumergue voulut s’attribuer des pouvoirs personnels, le parti radical-socialiste, unanime, l’obligea à partir*
Flandin lui succéda. 11 demanda au>si des pouvoirs étendus qui lu \ auraient permis de réaliser rapidement des économies indispensables : ils lui furent refusés,
La situation financière devenait de plus en plus critique, La rue s'agitait à nouveau y Lavai fut appelé, après une tentative infructueuse de JBouisson renversé le jour même de sa. présentation devant les Chambres* Les pleins pouvoirs lui furent immédia lement accordée. Pourquoi ?
Parce que dans cette courte période 12 milliards étaient sortis des caisses de îa Banque de b rance, dont un milliard 200 millions le jour qui suivit la chute de Bouisson ; parce que les épargnants se présentaient en loule aux guichets des caisses publiques pour se faire rembourser les bons de la Défense nationale et les bons du Trésor; et parce qu enfin en une semaine les retraits des caisses d’épargne s'élevèrent à 500 millions.
Pour défendre le franc, pour sauver notre monnaie j ai accordé les pouvoirs étendus que demandait le président Laval.
J ajoute et j affirme que celte instabilité constante dans les gouvernements faisait que notre autorité dans le monde disparaissait et que nous sembîions isolés*
G est pour cela que j ai volé les décrets-lois. Je ne m'en excuse pas. Je l ai fait dans 1 intérêt de la France et de la République et si, dans des circonstances semblables, j'avais à le refaire, je le referais.
La situation financière :
Nous vous devons la vérité. La dette s'élève à 340 milliards. A cette dette s'ajoute celle des chemins de 1er qui est de 70 milliards* A cela il faut ajouter encore les arrérages des charges viagères qui s élèvent à II milliards par an* Même si l'atténuation de la crise économique permet la rentrée normale des impôts, il faudra emprunter en 1936. 17 milliards et malheureusement 1 atlitude de 1 Allemagne nous amènera encore à des emprunts militaires*
Cette course aux emprunts il fallait l'arrêter, il faut l’arrêter. J ai préféré et je préfère imposer et subir des sacrifices que de voir le franc s'effondrer et la banqueroute en fin de compte survenir* La dépréciation de la monnaie n'est pas autre chose que la banqueroute*
Pour pouvoir combattre la crise il faut, mettre fin aux dilapidations et au gaspillage. ï! nous faut un budget scrupuleusement en équilibre et une monnaie saine* Qui ne comprend en effet que sauver la monnaie c'est sauver les salaires, les traitements, les revenus ? Qui ne
comprendrait que dix unités d’une monnaie saine valenL mieux que cent unités d’une monnaie dépréciée ?
Malheureusement nous ne pouvons espérer pour le moment du moins, une diminution de l’impôt. Mais il faut changer l’aménagement des impôts pour soulager de plus en plus les malheureux ; il faut surtout, ce qui est un scandale, que la lraude fiscale ne permette pas à ceux qui n’ayant peut-être que des fortunes moyennes ont d’énormes revenus, de se soustraire à leurs obligations et a leurs devoirs,
La situation économique ;
Nous vouions des finances saines, et un budget en équilibre réel. Certes pour éviter la banqueroute, mais aussi parce que sans ces deux conditions, il n’y a pas de relèvementéconomique possible.
Mais la réciproque est aussi vraie, il faut pour résoudre la crise financière poursuivre le relèvement économique. Pour cela la majorité de demain ne devra pas reculer devant les ^ros problèmes qui se posent. Je les énumère i
La loi sur l’usure, le contrôle des banques et des sociétés faisant appel à l'épargne ; la réorganisation de notre système des chemins de fer ; l'organisation d’un système rationnel et contrôlé de l’électrification sous toutes ses formes, et enfin une organisation des assurances accessibles à tous.
Nous ne sommes pas les partisans des monopoles ; de beaucoup nous préférons les ententes contrôlées par l’Etat, mais le cas échéant devant des résistances injustifiées nous ne reculerions devant aucune mesure légale, pratique et juste.
Les fonctionnaires :
Parce que j’ai voté les décrets-lois, certains fonctionnaires mènent contre moi une eampagne aussi injuste que violente. Je dois m expliquer.
Je suis loin d’être l’ennemi des fonctionnaires. J’appartiens à un parti qui leur a donné toutes les libertés, qui leur a donné de larges moyens d’existence, seulement j’ai pensé qu’à un moment de sacrifice général, les fonctionnaires, comme tous les autres citoyens, pouvaient en prendre leur part, alors surtout qu’eux, avaient au moins la certitude du lendemain et que les prélèvements demandés n’étaient que temporaires. Et d’ailleurs ne vaut-il pas mieux pour eux être momenlanément payés un peu moins que de ne pas être payés du tout, ce qui serait arrivé si la Trésorerie n’avait pu satisfaire à ses obligations. Et alors permettez-moi une question de principe. Nous voulons laisser aux fonctionnaires toutes les libertés, mais nous ne pouvons admettre que la haute bureaucratie, ou qu’un syndicalisme d’employés de l’Etat puisse se substituer à la souveraineté nationale, ou même 1 entraver.
D’ailleurs, la majeure partie des fonctionnaires nous comprend et nous approuve.
Le capitalisme :
Ce n’est pas dans une profession de foi que l’on peut développer à fond ce point de notre programme. Il est certain que le régime capitaliste tel qu’il existe avec ses concentrations de capitaux, ses trusts, son système de crédits bancaires non contrôlés ruine, et oppresse l’agriculture, le commerce; l’industrie, le travail sous toutes ses formes. Il est certain que l’épargne modeste est pillée. Il faut agir, agir vite, agir avec énergie. Pour remédier à ce mal nous sommes prêts à toutes les alliance^ mais il ne faut pas qu il y ait Je malentendus. Nous restons les partisans convaincus de la propriété individuelle qui, selon nous, doit faire la grandeur de notre pays et donner à l’homme qui le mérite sa complété liberté*
Politique agricole :
Les récoltes excédentaires de 1932, 1933 et 1934 et aussi la situation des échanges internationaux avaient rendu tragique la situation de nos agriculteurs.
J’ai voté les lois d’assainissement du marché des blés. Elles ont été insuffisantes en période de surproduction, mais en réduisant les stocks par Importation et la dénaturation, elles ont permis aujourd’hui d obtenir la revalorisation du marché du blé. ^
Je n'ai pas voté la loi d’assainissement du marché du vin parce que je n ai pas réussi a faire adopter par la Chambre l’amendement que j’avais déposé tendant à diminuer d’un demi-degré à l’intérieur du département le dé gré minimum des vins. Nous avons obtenu la réduction d’un degré pour certains caillons dont les élus avaient demandé une enquête administrative, mais avec tous mes collègues nous avions sollicité que cette mesure lut étendue au département tout entier. Nos démarches n’ont pu aboutir; mais nous avons réussi à faire diminuer d’un demi-degré le taux minimum des vins dans tout le larn-el- Garonne. Pour marquer l’importance du résultat acquis, je me contenterai de souligner que les départements voisins et limitrophes ne jouissent pas de U même laveur.
J'ai volé enlin la prorogation des dettes agricoles.
De plus, j’ai apporté tous mes efforts à défendre les producteurs de fruits et de raisins de table qui font la fortune de toute une partie de l’arrondissement.
On ne peut de bonne foi contester que les mesures prises n’a.ent servi au relèvement qui s’affirme de jour en jour de plus en plus, du prix du blé, du bétail et du vin. Mais c est au moment actuel qu’il faut veiller à ne pas laisser les gouvernements revenir aux errements passés il ne faut pas ouvrir pour nos blés, imprudemment nos frontières. L admission temporaire est une cause de fraudes, elle doit être supprimée. Nous ne pouvons renoncer a nos droits protecteurs. Nous devons veiller jalousement sur nos traités de commerce. Les
contingentements doivent être rigoureusement contrôlés. . , , .- ,
Notre programme comprend d'ailleurs l’extension du crédit agricole, le soutien c es coopératives (les silos de Moissac ont démontré leur utilité), l'assurance contre les calamites atmosphériques, l’accession de l’ouvrier à la propriété rurale facilitée par Je crédit agrico e et l’Office national du combattant, et l’achèvement immédiat de l'électrification des ecar s de nos communes rurales. La richesse de noLre pays et son équilibre ne peuvent se concevoir sans une population agricole nombreuse, indépendante et largement aisee.
Le commerce et F industrie :
Nous ne l’ignorons pas, notre industrie et notre commerce sont écrasés d'impôts et
subissent une concurrence étrangère qui tarit nos exportations.
Un gros .dort là encor, est S f.ir» : Aménagement de. ,mp6to Ira.lfe de comme ce, organisation d'un grand conseil économique, tel que la Haute Assemble, veut de -b ■
Mais en ce qui concerne le petit commerce .1 l'artisanat, nous croyons, rement ans Morice soeialieles, qu’ils doivent être protégea. JL
socialiste, écrivait dans le journal U PoplUih du 20 décembre 1002 j « Le» P^'» «T m.rç.nl. .ont de. incapables... Ils consistent un .nacl.ro», sms .oc, al. 11» sont condamnes
à disparaître et il est heureux qu’ils disparaissent. » f i
Contrairement à ces théories, j’ai volé pour venir en aide aux petits commerçants, le
forfait facultatif eL une loi sur les magasins h prix unique. -
Je fais partie à la Chambre du Groupe parlementaire du petit commerce, axenn
comme dans le passé je soutiendrai les justes revendications des petits commerça artisans.
J’ai voté les lois de défense républicaine ;
j° Projets de loi sur les groupes de combat et milices privées ,
25 Projet de loi sur les armes prohibées ;
3° Projet de loi sur la liberté de la presse.
J'ai voulu ainsi donner des armes au Gouvernement et le président Sarraut s’en est déjà servi pour mettre un terme à des manifestations factieuses, intolérables, qui non seulement troublaient l’ordre public, mais empêchaient la reprise économique du pays.
Je croîs devoir à ce sujet rappeler la doctrine du parti démocratique qui est le mien.
Nous admettons tous les progrès, mais nous ne les admettons que dans l’ordre et la légalité et nous sommes des adversaires résolus de tous les coups d’Etat et de tous les mouvements ré vol u lionna i res .
II est presque inutile que je le dise tellement cela est évident, je suis le partisan résolu des lois laïques et sociales de Ja IIIe République,
Je n admettrai jamais qu'on y porte atteinte sinon pour les rendre plus pratiques et plus efficaces.
Il faut abattre les cloisons qui séparent les différents modes d'enseignement, II faut développer I enseignement technique et que nos écoles ne préparent pas seulement un monde trop considérable de fonctionnaires, souvent de déclassés,
il faut qu elles préparent des industriels, des artisans et des cultivateurs instruits, aptes à s’adapter à la vie moderne.
Il faut que les lois sociales deviennent plus efficaces tout en devenant plus pratiques, qu elles profilent encore plus à l’employé sans être une gêne pour l’employeur. Les assurances sociales devraient se transformer et nous devrions reprendre le programme des grands républicains de 4S,
Les anciens combattants :
Je ne renierai jamais la dette sacrée que nous avons vis-à-vis des anciens combattants. Mes votes en leur faveur sont connus de tous. Connue de tous est l’action que j'ai menée pour eux dans le département.
Le groupe radical-socialiste de la Chambre a approuvé Ja proposition Ducos tendant à la réalisation des caisses de pension réclamées par les associations d'anciens combattants.
L'humanisation des décrets-lois :
Le Parti radical-socialisLe a réclamé et obtenu 1 humanisation des décrets-lois en ce qui concerne les petits fonctionnaires et les petits retraités.
Nous avons déjà voté plusieurs projets, les uns sont déjà ratifiés par le Sénat, les autres viendront en discussion devant la Haute Assemblée à la rentrée du Parlement,
l: Politique extérieure :
J'ai toujours soutenu la politique de la Société des Nations, illustrée par le président Briand. Dans les heures graves et angoissantes que nous vivons, la sécurité collective, assistance mutuelle sont nos meilleures garanties de paix. C'est pourquoi j’ai voté sans hésitation la ratification du pacte franco- soviétique.
J’ai voté tous les crédits qui m’ont été demandés pour la défense nationale, non pour une politique de conquêtes, mais pour assurer la sécurité de notre pays. Si nos amis et allies anglais avaient consenti les mêmes sacrifices, Hitler n’aurait pas occupé la zone rhénane démilitarisée.
Je suis l’ennemi de toutes les démagogies, Partisan passionné de la paix, sachant que certaines nations de proie ne s arrêtent que devant la lorce, je ne veux pas laisser mon pays desarme. Cependant il faut surveiller plus étroitement qu’on ne l’a fait, toutes les dépenses nécessitées par l’intérêt de la défense nationale et mettre fin à des abus intolérables.
Citoyens,
Vous connaissez mes votes, vous connaissez mon programme.
Ce que j’ai fait est un sûr garant de ce que je ferai.
Fidèle à mon programme, je l’ai été; fidèle a mon programme, je resterai,
Dévoué aux intérêts collectifs ou privés je Fai été, je léserai demain, je persisterai à rester toujours en contact avec vous. Certains m'ont reproché de courir de foire en foire, de bourgade en bourgade, certes je l’aï fait, j’ai voulu connaître vos besoins collectifs et individuels pour m’efforcer ensuite à vous venir en aide.
Mais ce que je puis affirmer c’est que pendant mes huit ans de mandat j’ai assisté à toutes les séances de la Chambre, j’ai assisté à toutes les réunions des commissions dont je faisais partie, j’ai accompli des missions délicates, et je n'ai sacrifié dans les visites que je vous faisais que le temps que j’aurais pu sans reproche consacrer soit à mon repos, soit à mes plaisirs.
J’ai confiance en vous, en votre esprit d’équité. J ai aussi confiance en X amitié que vous avez bien voulu toujours me témoigner.
Et demain, élu de nouveau, de cœur avec vous je travaillerai :
Four la France pacifique et forte,
Pour la République démocratique,
Pour le peuple des travailleurs,
Pour le bel arrondissement de Moissac. t
Etienne BARON
Député sortant.
Circonscription de MONTAUBAN.
M. Albert D AILLE (Groupe républicaiû radical et radical-socialiste.)
Élu pour la F6 fois le 29 octobre 1933, — Réélu le 3 mai 1936.
Monsieur et cher Concitoyen,
Désigné à l’unammité par le Congrès tenu à Montauban le 15 mars dernier et qui groupait les élus, les militants et les sympatisants républicains radicaux et radicaux-socialistes, je me présente à vos libres suffrages pour vous demander le renouvellement de mon mandat de député,
La gravité des événements extérieurs qui ont pesé si lourdement sur la politique tout entière du pays, surtout depuis 1933, confère aux élections prochaines une importance décisive pour l’avenir de la paix, si menacée en ce moment.
La crise économique qui, depuis 1931, bouleverse les activités les plus diverses de a nation, agricoles, industrielles et commerciales, obscurcit les possibilités d avenir de notre jeunesse, inquiète tous les producteurs et tous les travailleurs, a eu, encore, pour coi quenco, de créer des embarras budgétaires dont la solution pratique s impose pourtant, si fou veut éviter qu’à la faveur de la gêne quïls déterminent, l’ordre intérieur républicain
du pays soit détruit. .
Les temps difficiles que nous traversons n’autorisent pas le découragement. Il est nécessaire, non seulement, de faire naître les espérances légitimes des jours moi eurs, ma surtout il faut agir pour que des réalisations durables puissent être obtenues.
Le régime représentatif, le seul que puisse raisonnablement désirer tout citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs, est, aujourd'hui encore, en butte aux factieux, aux fauteurs de désordre, à ceux qui pour sauver ou instaurer des privilèges veulent une dictature ou rétablir des régîmes déchus* Il est, aussi, menacé par ceux dont ïes impatiences et les revendications, souvent légitimes même, veulent marcher plus vite que le progrès et font le Ht des révolutions sanglantes*
Les étemels adversaires du suffrage universel sont descendus, de défaite en défaite, jusqu'aux appels au désordre et 5 la provocation ou la préméditation de l'émeute. D'autres, mal informés, prennent le parti de suivre ceux qu’ils craignent et, contre leur véritable intérêt, grossissent, avec les Euéconianls aigris, les effectifs des ennemis du régime démocratique. Je suis convaincu que l'avenir est toujours à la République, parce qu'il est à la liberté, à la justice et à la paix. Mais, le souci supérieur -du maintien des institutions républicaines ne doit pas faire oublier celte mérité qu'on ne conserve bien qu'en progressant et qu'il n'esfc pas suffisant de placer la République au-dessus de certaines atteintes : il faut encore la rendre féconde pour la faire aimer*
Voici les points essentiels de mon programme :
Politique intérieure :
Des circonstances exceptionnelles, qui exigeaient de promptes solutions, ont bouleversé les rapports normaux du Gouvernement et du Parlement* Le régime des décrets-lois ne saurait être une règle, même aux heures difficiles, sans aliéner les droits les plus élémentaires des citoyens à faire valoir leurs légitimes revendications. Le représentation nationale doit, avant tout, légiférer librement et sans surenchères. L'autorité gouvernementale ne peut prendre ses décisions finales avec la seule collaboration d'une bureaucratie dont la valeur, incontestable pourtant, n'exclut pas l’ignorance des légitimes besoins et des justes aspirations du pays.
C'est avec les avis compétents des représentants professionnels, d’un Gonseiï national économique vraiment constitué, que le Parlement et le Gouvernement doivent forger la législation de demain, résoudre aussi bien les problèmes immédiats que ceux des intérêts permanents de la nation.
L'autorité et Péquilé du pouvoir exécutif se trouveront ainsi fortifiés clans leur indispensable prestige*
Une réforme de' l'Etat est, en outre, nécessaire. L'instabilité des Gouvernements nuit au bon fonctionnement du régime et à la continuité de notre politique extérieure pour le maintien de la paix et des relations économiques internationales* Les chutes de ministère ne doivent plus être provoquées à l'occasion d'incidents ou de mésentente insignifiants en eux-mêmes. Elles doivent être déterminées par des circonstances précises et graves, dont le pays, devant lequel les députés seront renvoyés, devra être le juge, afin de conférer au Gouvernement du lendemain une autorité mieux affirmée.
En tout cas, la réforme de l’État doit aboutir à dissiper le trouble et le discrédit injuste qui contraignent le Gouvernement à lutter sans relâche contre les adversaires plus ou moins avoués de la doctrine démocratique. La vigilance républicaine, avec le maximum de libertés pour tous, de justice sociale et de solidarité nationale, ne saurait être à éclipses.
Un gouvernement républicain qui gouverne, un parlement qui légifère, une justice indépendante des passions politiques, voilà ce qui permettra le rétablissement delà confiance aux institutions démocratiques.
La préoccupation dominante de vos représentants est le problème budgétaire et fiscal.
Le lourd fardeau de la dette publique doit être allégé* M ne faut pas le rendre plus pesant encore par un budget en déficit. Le budget national, tout comme les budgets des
collectivites locales, doit être en équilibre réel, adapté aux ressources contributives, hélas bien amoindries par la dépression économique actuelle*
Comprimer les dépenses à l'excès est impossible, accroître les impôts, c'est intensifier les causes de la crise économique. Mais, il faut faire la chasse aux abus, simplifier, en la rendant plus équitable, Y assiette fiscale . Il faut, surtout, que les fraudeurs et déserteurs de F impôt soient impitoyablement poursuivis et punis.
Les finances de 1 Etat doivent être libérées de la tutelle souvent insupportable des grandes puissances possédantes et de la tyrannie des banques dont l'internationalisme de fait contraste avec leurs apparences trompeuses de dévouement à la chose publique : l'indépendance du Gouvernement, du Parlement et du pays lui-même ne sauraient exister sari cela.
Les règles d'une sage politique d'économies doivent fléchir devant les drbits de ceux qui ont été trop cruellement frappés par certains décrets-lois, il faut continuer sans délai, l’œuvre « d'humanisation » que la Chambre sortante a réalisée pour les petits fonctionnaires, les petits et moyens retraités, les anciens combattants et victimes de la guerre.
Une meilleure organisation administrative doit apporter à la fois des économies et un meilleur rendement des divers rouages de l'Etat.
Je n'oublie pas la nécessite de mieux répartir les charges de l'Etat, des départements et des communes. L'aide aux campagnes est nécessaire pour conjurer l'exode rural. De choquantes inégalités, que d'injustes faveur pour d'autres ont, d’ailleurs, aggravées, doivent être réparées à la hâte. L’achèvement du plan d'électrification (qui aurait nécessité une coordination d’ensemble) doit être complet et rapide. Les subventions pour constructions scolaires, travaux d'adduction d’eau, améliorations de l’hygiène publique, création ou aménagement des chemins s’imposent.
« Les hommes sont faits pour vivre les uns avec les autres : instrults-les ou supporters » cette éducation nationale, il faut l'organiser, la réaliser pour tous.
Politique économique, agricole et sociale :
L’Etat moderne ne peut plus rester indifférent aux problèmes économiques et sociaux qui dominent la vie collective et relient tous les producteurs, tous les travailleurs, les malheureux aussi, par un quasi-contrat inéluctable de solidarité et d'indépendance.
En laissant au citoyen, avec la liberté de conscience eide pensée pour tous (dans lasouveraineté de l'Etat), le droit imprescriptible au profit et à 1 épargne par le travail; en assurant le droit inviolable à la propriété individuelle, prolongement et garantie de la personnalité humaine. L'Etat doiL sans surenchères, secourir les vrais vaincus de la .vie, ceux que la maladie, la vieillesse, le chômage force rendent plus malheureux encore; il doit neutraliser Je plus possible les risques sociaux.
Le travail demande de moins en moins sa rémunération au salaire, de plus en plus a une perception directe au bénéfice de scs produits, a dit le grand républicain Waldeck- Rousseau :
Il faut que le capital travaille et que le travail possède.
La crise économique mondiale a atteint la France. La prospérité a d'autres mobiles et d’autres sources que la loi : elle ne se décrète pas. Mais, de nombreuses usines et ouvriers chôment, le commerce est dans le marasme ; l'agriculture,, enfin, dont la prospérité est indispensable à l’ écoulement des produits manufactures, soulfre d une crise de me vente qui s atténue à peine L’État a l’impérieuse obligation d'intervenir.
Avant tout, ia stabilité de la monnaie doit être assurée. La dévaluation de notre franc a déjà été faite: elle est des quat re-cinq oie mes. Pour activer les échanges au dehors et, surtout, nos exportations, le Gouvernement doit cependant rechercher des accords internationaux pour égaliser les changes, sans dévaluation du franc actuel.
L’impulsion que l'Etat doit donner à la reprise économique s'exercera par deux grands moyens : allègement des charges fiscales, mise à exécution de grands travaux d utilité col-
leetive, tant pour les grands centres, les moyennes et petites cités, que pour nos communes rurales.
Une large politique de crédits à. L'industrie,- au commerce, à l'artisanat, comme à Fagriculture, est plus nécessaire que jamais. La protection de l'épargne, la réduction des tarifa de transports des grandes compagnies exploitant des monopoles de fait, l’aide au tourisme organisé, générateur de bienfaits. La liberté de produire et de commercer, niais à l'abri de concurrences privilégiées des grands trusts, voilà autant d'œuvres que l'Etat doit assurer ou protéger.
La législation sociale chez nous a presque été forgée entièrement par la Troisième République. Cette législation du travail doit être perfectionnée. Enseignement technique, apprentissage, aménagements des lois sur les accidents, sur les assurances sociales, le chômage (qui sera atténué de suite par les grands travaux), coopération, organisation profes sionnelie, etc., autant de problèmes qui doivent requérir Faction du législateur.
L'Agriculture est la principale activité économique du pays. Faire justice au paysan, l'encourager, le favoriser même, c’est lui permettre de vivre en cette période de débâcle prolongée, c'est empêcher l'abandon de la terre ; c’est multiplier les richesses circulantes dont toute la nation sera bénéficiaire ; c’est assurer, surtout, dans notre région essentiellement rurale, sa propre prospérité, celle des artisans, de l'industrie, du commerce, de la France, pour tout dire.
Le problème capital, pour tous les cultivateurs, est celui des prix. La revalorisation des produits agricoles, par ajustement des prix de vente aux prix de tous les produits que le paysan doit acheter, doit être résolue de toute urgence.
Lë régime douanier, les tarifs de transports, les facilités du crédit agricole, la répression sévère de la spéculation et de la fraude, voila des points sur lesquels l'Etat doit agir sans retard.
L'insécurité est la tragique règle pour l'agriculteur: les productions de son sql sont grevées de l'hypothèque de la gelée, de la sécheresse, des orages, de la grêle, fléaux inévitables ; les épizooties déciment trop souvent son cheptel. Déjà, une législation perfectible accorde l'assistance aux mutuelles rurales. La loi de 1932 sur des caMmàfcés agricoles doit être complétée, l'application des nouveaux règlements sanitaires concernant la tuberculose bovine permettra d’assainir nos effectifs et nos étables*
L intervention législative dans la production et le trafic agricoles ne comporte pas de solutions uni! ormes, ni brusquées* Il y a trop de diversité dans les cultures des régions variées de la France pour espérer inconsidérément que l’État peut tout. Il pourra avec l'assentiment et Je concours dicipliné des agriculteurs eux-mêmes. Mais ses interventions ne sauraient être ni brutales, ni permanentes.
Les réglementations récentes (blé, vin, viande, lait), tout en permettant, presque toujours, d éviter l'effondrement des prix, doivent s’adapter à de nouvelles nécessités. La fixa* tion du degré minimum des vins, l'application du régime des alcools et de distillation, aussi, et dont je me suis activement occupé déjà, sont des exemples,
L impôt sur la terre cultivable, les taxes sur la circulation ou la vente des produits agricoles, sont souvent excessifs; des allègements sont de toute nécessité.
Certes d’autres problèmes angoissants pour les terriens sont à résoudre. Mes origines, ma profession, mes fonctions électives rurales ou dans les sociétés agricoles, sont le sûr garant que je ne faillirai pas plus demain qu'hier à mon devoir pour défendre, dans l’intérêt national, les juste s doléances des habitants des campagnes.
Sans doute la crise économique tient à des causes sur lesquelles l'action publique ne peut guère agir sans 1 étroiLe collaboration des intéressés eux*mêmes, mais elle est liée à la paix, tant au dehors qu'au dedans.
La Paix :
Un pays ne peut vivre, encore moins prospérer, si à l'intérieur les égoïsmes s’exaspèrent et se révoltent contre la puissance et f autorité de l’Etat. C’est le devoir pressant d’un gouvernement que de briser les groupements qui s’arment au nom de prétendus droits et de présomptueuses prétentions de certaines minorités agissantes qui, volontairement ou non, préparent la guerre civile,
La paix intérieure est plus que jamais nécessaire pour l’ordre social (la plus grande misère est dans le désordre) et pour notre sécurité nationale. Le fanatisme de certains clans et ligues dressés contre l’Etat et les institutions républicaines, de quelque côté qu’il se déchaîne, divise le pays à l'heure sombre où l’union est plus nécessaire que jamais, afin de sauvegarder la France du danger de la guerre étrangère.
L’œuvre de la paix internationale commande toute notre politique intérieure et extérieure. Elle exige des sacrifices que je voterai, pour ma part; sacrifices pour protéger et intensifier la natalité française ; sacrifices pour la sécurité nationale. Celle paix, il fauL la poursuivre inlassablement, la protéger sans que noire patrie en soutire, dans le respect des droits légitimes des autres pays dans le cadre revigoré de la Société des Nations, avec pour règle: sécurité, arbitrage, désarmement, sans oublier que le droit sans la force, hélas! est un leurre et que si s’il faut espérer l’entr’aide par tous, il faut que les Français unis et disciplinés sachent s’armer pour la défense de leurs biens et de leur liberté !
Monsieur et cher concitoyen.
D’autres problèmes retiennent et solliciteront toute la compréhension et la vigilance de vos élus du 26 avril et du 3 mai. Si vous m’accordez vos suffrages, je ne serai pas seulement un représentant qui regarde son village avec une loupe. Je ne saurais vous tromper et vous ne pourrez jamais m’appliquer le mot de Bismark: « On ne ment jamais autant qu'avant un scrutin, »
Mais, je sais que la paix est menacée ; que la crise économique est dure pour presque tous les Français ; que le paysan vend bon marché et achète cher, que les jeunes sont dans l'incertitude de leur avenir où leur activité devrait s’employer; que des misères, génératrices de colères et d’agitations malsaines, se multiplient ; qu’il y a des profiteurs de désordre prêts h l’accroître pour profiter encore ; que la République exige des hommes intègres et instruits.
Animé de Famour de mon département et de mon pays, attaché aux traditions d'une République sans sectarisme, vraiment démocratique, je prends pour conclusions ma devise politique :
La justice et la fraternité pour principe,
L’ordre pour base.
Le travail pour loi,
Le progrès pour but*
Albert DÂILLE,
Chevalier de la Légion d’ Honneur,
Député de larn-et-Garonne,
Conseiller général.
Maire de Montpezat-de-Quorcy.
Membre du Conseil national de l'Asai stance publique,
Vice-Président de la Société d1 Agriculture*