‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 17 sur 186 · AVEYRON · texte numérisé non relu

AVEYRON

Circonscription d’ESPALION.

M. Juan N1EL

(Groupe des Indépendants républicains*)

Ehi pour la lre fois le 13 juillet 1930* — Réel a les 1er mai 1932 ei 26 avril 1936.

Mes chers compatriotes,

Pour la troisième fois, je me présente devant vous.

Eu juillet 1930, lorsque* débutant dans la politique, je sollicitai vos suffrages, c1 était Ja prospérité.

En 1932, une sorise sévèee ts' était abattue sur le monde* h laquelle la France, par l'équilibre de son économie et le génie de sa race, paraissait devoir échapper.

Nous voici en 1936.

La crise sévit intensément, financière, économique, morale, internationale*

La nation est à la croisée des chemins.

À vous de choisir son destin,

N'attendez pas que je fasse une langue énumération de ces promesses électorales, d'autant plus vite oubliées qu’elles sont plus merveilleuses.

Ces méthodes, qui jettent le discrédit sur l'institution parlementaire, ne sont dignes ni de vous, ni de moi.

Je vous ai promis mon activité et ma bonne volonté. Vous me connaissez assez pour que je n’aie pas besoin de parler de probité.

Pour m'acquitteijde cet engagement, j’ai donné ma démission d’avocat. Ainsi pouvais-je consacrer tout mon temps^à l'exercice de mon mandat, et ne risquais-je pas de me trouver mêlé, même de bonne foi, à ces scandales qui ont ‘éclaboussé de trop nombreux parlementaires.

* Sfî

Politique financière :

La 14e Législature, dont les chefs s’appelaient ; Poincaré — -Laval-— Tardieu — avait laissé une situation favorable : grands travaux d'outillage, dégrèvements d’impôts, diminution

tic îa dette publique, budget à peu près équilibré, paix intérieure et extérieure, Get ensemble de candi lions inspirait confiance et permettait de regarder l’avenir avec calme* Cependant, les élections générales de 1032 furent défavorables à îa majorité qui avait assumé les responsabilités du pouvoir, et le gouvernement passa à nos adversaires*

Dès le début de la nouvelle législature, il apparuL que, la crise s’aggravant, il fallait prendre d’urgence des mesures pour réduire îe train de vie de l’Etat, et permettre aux forces vives dn pays, écrasées sous le poids des impôts, de se relever.

Comme première mesure d’économies, le Gouvernement proposa la conversion des rentes. — C'était, à mon sens, une erreur, — - L’œuvre de relèvement devait constituer un bloc* — Les sacrifices nécessaires devaient être demandés à tous à la fois, et non pas seulement aux rentiers. Intervenant à un moment où la situation économique pouvait être redressée, ils eussent ôté moins lourds et plus efficaces. Pour ce motif, j’ai voté contre la conversion* L’avenir devait, hélas 3 nous démontrer que nous avions raison*

Politique économique et agricole :

La crise financière est une conséquence de la crise économique* Equilibrer le budget avec une économie anémiée est une œuvre impossible. Le rôle urgent de l’Etat était de ranimer le courant des affaires pour améliorer les indispensables recettes budgétaires.

Pou ma part, j’ai toujours pensé, et je pense plus que jamais, que, dans notre pays, il ne saurait y avoir de prospérité générale sans prospérité agricole* Commerçants, industriels, artisans, ouvriers, qu’ils soient des villes ou des campagnes, sont solidaires de l’agriculture* Que la crise agricole prenne fin, c’est la crise générale qui sera terminée.

J’ai donc lutté dê toutes mes forces en vue de la revalorisation des produits de la terre* J’ai notamment préconisé, dès le mois de mai 1934, l’abatage des animaux malades. Cette mesure, appliquée en 1935, a donné des résultats appréciables*

Je pense aussi que l’aménagement des campagnes doit être poursuivi. En outre de mon action permanente, d'accord avec vos élus cantonaux et municipaux, en faveur des entreprises locales, notamment de vos chemins, j’ai obtenu l'installation du téléphone automatique rural*

Politique intérieure :

Républicain de toujours, l’exemple de l’étranger me fortifie dans la conviction que le principe libéral de nos institutions est le plus conforme au caractère et à L’intérêt de notre peuple*

Mais république ne veut dire ni oligarchie, ni anarchie.

Les partis, qui ne sont plus qu’une conjuration d’intérêts égoïstes, ont semé la discorde parmi les citoyens, préparé la guerre civile et affaibli l’Etat. Le pouvoir est passé entre les mains de comités irresponsables et recrutés dans le mystère ou la confusion.

Voilà les vrais ennemis de la République.

Si les pouvoirs constitutionnels, enfin rénovés, ne reprennent pas l’exercice de leurs prérogatives, ils seront emportés*

Gomme ancien combattant et comme Français, j'ai toujours recherché la paix dans la sécurité*

Au prix de lourds sacrifices, la France a donné au monde la preuve éclatante de sa volonté pacifique*

Mais la paix ne peut être fondée que sur le respect des traités*

Notre pays met son honneur à tenir sa parole*

L’Allemagne vient de nous démontrer une fois de plus qu’elle a une autre conception de l’honneur.

Cependant, à défaut du droit, il n'y a que la force.

Les peuples pacifiques, réunis dans la Société des Nations, se doivent de mettre la force au service du droit. Ils en ont le pouvoir. Dans ce but, le CovenanL doit être renforcé et précisé.

Notre pays, dans son esprit de justice, ne peut accepter que l'application de la loi internationale soit soumise b la fantaisie ou à Fintérêt d'une nation, si puissante soit-elle La loi doit être égale pour tous.

Faute d'appliquer ce principe, la Société des Nations ne serait qu'un leurre.

Mes chers Compatriotes, r L'heure est grave.

La législature s'ouvre sur de sombres perspectives. Mais jamais un Français n'a désespéré de la patrie.

Rouergats, fidèles aux antiques traditions de liberté religieuse, de justice, de probité et de patriotisme qui ont fait la force de notre race, montrez votre attachement k une politique qui sera la sauvegarde de ces principes nécessaires*

Rentiers, pensionnés, fonctionnaires, la sécurité de vos revenus et de vos traitementsest fonction de Tordre dans le pays et de 3a bonne marche des affaires.

Commerçants, industriels, artisans, ouvriers, la crise vous a durement frappés ; la sagesse d'un Etat fort et juste pourra vous aider à retrouver le chemin de la prospérité.

Et vous, agriculteurs, vous que, du plus profond de mes atavismes, je salue du nom glorieux de paysans, vous êtes l'armature séculaire de la Nation, Vous êtes le nombre. Vous êtes le labeur.

Prenez conscience de votre force et aidez-nous à faire prévaloir dans le gouvernement de l’Etat les sages principes d'ordre, d'économie, de prudence, de bon sens que la nature vous a enseignés.

Anciens combattants, mes chers Camarades, c'est aux heures de péril que votre concours est le plus nécessaire au pays ; montrez-lui la voie du salut.

Français I

fP* En présence des dangers qui nous menacent, unissons-nous.

Nos di visions sont la principale force de nos ennemis.

La France unie est Invincible.

Vive la France !

Jean NIEL

1 Républicain indépendant dTactîon économique et paysanne.

Chevalier de la Légion d’honneur, — Croix de guerre.

Ancien combattant.

Député sortant,

Circonscription de MILLAU,

|M. François MARTIN {Groupe de la Fédération républicaine de France.)

Elu pour la l‘e fois le 3 mai 1936.

Je pose ma candidature dans l'arrondissement de Millau pour défendre de toute mon âme et de toute ma force la cause commune de notre petite patrie et celle de notre France, A mes compatriotes, à mes <t frères par le sol », je puis donc dire : « Comptez sur moi, »

Je les défendrai dans leurs droits et dans leurs intérêts.

Agriculteurs,

Depuis dix ans, je n’ai cessé de défendre votre cause dans la presse régionale à laquelle je collabore,

J écrivais mon premier article au Rouergue, le 8 mai 1926, disant : « Une politique nationale doii être, au premier chef, une politique agricole ; protéger l'agriculture ; assurer au paysan la libre exploitation de son patrimoine dans le respect de la propriété individuelle par Ia< renonciation aux lois spoliatrices inventées par l'internationale et la démagogie » . , »

Dans une succession de plus de cent articles, j'ai analysé les diverses causes de la crise agricole et j’en ai dégagé les remèdes : protection de nos produits nationaux par des prohibitions douanières strictes interdisant les importations aussi longtemps que notre situation financière restaurée ne nous permettra pas de reprendre nos exportations de façon favorable ; — organisation de la profession agricole- par l'amélioration des rapports entre l’Etat et la profession sur le plan de la famille et du métier ; — revalorisation! des produits agricoles à la production en les élevant à un niveau raisonnable par rapport aux prix pratiqués à la consommation; — pour cela, réduction des charges d’Etat et suppression des profits inutiles qui, entre le départ de la terre et l’arrivée chez le consommateur, viennent enfler les prix au détriment du travail qui n’est pas rémunéré et de la matière qui ne se paye pas; '—lutte contre la pénurie de la main-d’œuvre par une politique de retour h la terre qui s’est dépeuplée au profilées villes ou, par contraste, sévit le chômage ; — développement du crédit agricole par l’ocLroi d’avances consenties largement aux producteurs par la Caisse nationale de crédit agricole.

Les facilités d'exploitation qui doivent être données aux travailleurs des champs par un effort urgent des pouvoirs publics en ce qui concerne le classement des chemins vicinaux dans la voirie départementale et la création de mm veaux chemins destinés à désenclaver les domaines ou les villages inaccessibles; — l'amélioration des conditions de vie à la campagne exige l’achève me ut des travaux d’électrification des campagnes (le prix du courant doit être ramené à une taxe raisonnable et doit tendre à s’unifier sur l'ensemble du territoire); — le problème du logement rural intéresse la famille terrienne, qui doit être protégée ; les familles nombreuses, notamment, seront, par moi, défendues avec énergie et je ne tolérerai pas quelles soient spoliées du montant des allocations auxquelles elles ont droit.

H abi t a a 1 3 de la v ille ,

L'industrie de notre cher Millau trouvera en moi uu défenseur d'autant plus ardent que je sais ce que notre ville et notre région lui doit de renom universel* C'est par une collaboration étroite entre le patronat et la classe ouvrière que doivent être réglées les diverses questions intéressant au même titre l'employeur et l'employé*

Partisan de l'organisa Lion professionnelle, je crois que c'est dans le cadre de la profession organisée sur les bases corporatives que doivent être recherchées les solutions pacifiques à tous les conflits du travail; La lutte des classes, chère à Karl Marx, ne fait que dresser les antagonismes là où, bien au contraire, doit s'affirmer la solidarité.

Four que la prospérité revienne, diverses nécessités s'imposent : dans le cadre professionnel, la qualité j la formation de bons ouvriers par un apprentissage sérieux et protégé, la conscience professionnelle et la loyauté chez l'ouvrier, l'esprit social chez le patron ; — dans le cadre politique, l'amélioration de notre situation financière qui nous permette de pratiquer largement les exportations sans lesquelles notre industrie locale, plus que toute autre, serait vouée à une mort prochaine.

Les mutilés du travail doivent faire l'objet de notre sollicitude*

Que les commerçants et les artisans me fassent confiance pour les défendre* Ils sont nécessaires à l'activité d'un grand pays comme le nôtre ei doivent être protégés contre l’usurpa tion des grandes entreprises anonymes (trusts gigantesques et inhumains) qui ravalent l'individu au rang du simple rouage d'une machine.

L'épargne doit être protégée; la petite propriété est à la base de la famille; un Etat qui les dévore se dévore lui-même.

Les fonctionnaires, qui sont les salariés de 1 Etat, ont droit aussi à un juste traitement ; en contre-partie, ils doivent être ses loyaux serviteurs. Leur statut doit être fixé ; les engagements pris envers eux doivent être tenus comme ils doivent respecter leur serment de fidélité. Ce n'est pas au détriment des petits d'entre eux cpie doivent être faits les frais d'économie dont le profit revient aux grands du régime. G'esi dans la suppression des charges inutiles de l'Etat et des prébendes qu il distribue ; *— c est dans la chasse aux monopoles et aux offices déficitaires ; — cfest dans le dépistage des abus et aussi dans la simplification de notre administration dont le projet de réforme' dort dans les cartons depuis 19*23; — en un mot, c'est dans la réforme de l'Etat, que doivent être trouvés lès moyens de réaliser les compressions budgétaires indispensables pour ramener le train de vie de l'Etat au niveau des possibilités de la nation.

Les transporteurs ne doivent pas être brimés par des décrets rendant impossible l’exploitation de leur industrie sous le prétexte que les grandes sociétés de chemin de 1er (et an premier plan cellè de F Etat) administrent mal leurs affaires.

Et je n’oublie pas le tourisme, qui doit être favorisé par une active propagande.

Anciens combattants,

Clemenceau, chef d'un gouvernement d'union nationale, a reconnu le caractère sacré et imprescriptible de vos droits. Vos retraites et vos pensions sont une dette morale de J a nation ; ne pas tenir ces engagements constituerait une faillite morale plus humiliante que là faillite matérielle. La carte du combattant doit être donnée à tous les combattants qui ont couru des risques pour leur vie* Les veuves et or* b eh ns doivent bénéficier d une réversibilité partielle.

Mes chers Concitoyens,

Bien ne servirait de parler de réforme économique7 si nous ne parlions pas de réforme morale. Ayons le culte de 1 honneur et faisons entrer quelques bouffées d'air vif de nos Gausses- et de notre Lévezou dans la maison empestée par les pofiliciens>

Encourageons nos sociétés artistiques et sportives, qui développent les saines activités du corps et de l'esprit*

Je me dresse contre les emprises de la franc- maçonnerie, qui conjugue ses efforts avec le paganisme bolchevique pour détruire le patrimoine spirituel que nous tenons de notre religion chrétienne. — Catholiques et protestants* tous également chrétiens, défendons la plus chère de nos libertés, celle de croire, celle d'espérer, celle de pratiquer une religion de paix, de charité et d’amour; — celle surtout de transmettre à nos enfants, par V école et le mode d’éducation que nous avons le droit de choisir pour eux, les traditions morales et spirituelles que nous tenons de l'Evangile; — ne laissons surtout pas toucher à la liberté de renseignement, dont la suppression aurait, un jour, pour effet de placer notre jeunesse à la merci des doctrines de Lénine.

Parce que je suis chrétien, je suis social.

J’en conclus que le droit au travail est un droit sacré pour l’individu; pour le lui assurer, la société doit lutter contre le chômage en favorisant le retour à la terre où règne la crise de main-d'œuvre prions devons aussi avoir un plan de grands travaux publics rentables, financés par l’emprunt, ce qui exige, au préalable, la restauration du crédit et S’équilibre de la trésorerie.

L^e travailleur doit trouver dans son salaire la juste rémunération de son travail et le moyen de vivre; certes, dans l'évaluation du salaire, il faut tenir compte de l'activité de l'entreprise ; il faut surtout tenir compte des besoins du travailleur et de ses charges de famille ; la notion du juste prix doit être prise en considération*

La réduction des heures de travail doit faire l'objet d’une étude dans le cadre international,

L’avenir du travailleur et de sa famille doit être assuré. Les infirmes, les veuves ou les orphelins ne doivent pas vivre de la charité de l'Etat; leurs droits doivent être inscrits dans la loi et l'organisation de l'assurance doit être faite dans le cadre de la profession; je crois que c est surtout à la mutualité qu’il convient de confier le soin d'organiser les assurances sociales.

Je suis partisan d’une réforme de l’Etat et de la Constitution. Organisation de la représentation économique par un corps indépendant du parlement politique ; — séparation effective de 1 executif, du législatif et du judiciaire; — renforcement de l'exécutif par le droit de dissolution ; — réforme du Règlement de la Chambre, réduction de l'initiative parlementaire en matière de dépenses; — réduction du nombre des députés; — vote familial et représentation proportionnelle.

Républicain national, j’aime mon pays et j'aime ses libertés. J'ajoute qu’il est une formule qm résume toute vérité politique : le régime doit servir le pays, mais le pays ne doit pas être asservi par le régime.

Aussi bien je ne confonds pas la République* qui est la mienne, avec celle des Stavisky et des Cha utemps, laquelle ne représente que la scandaleuse caricature d'un régime de liberté et d’honneur.

La République que j’honore est un régime de représentation populaire; de liberté, d’honneur, de paix et de dignité, ouverte à tous les bons Français qui ne veulent être asservis ni par les sectaires des loges maçonniques, ni par les assassins de la Tcbéka dont I odieux, coalition bront populaire délile sous les plis du drapeau rouge au chant impie de Y Inter nationale.

Mon drapeau, c'est le drapeau tricolore qui doit flotter dans le ciel de la paix et qui ne doit plus revoir les sinistres champs de bataille que déjà l’Allemagne d’Hitler, escomptant nos faiblesses et nos divisions, rêverait d’ensanglanter par de nouvelles hécatombes.

C’est pourquoi nous devons assurer notre sécurité :

.1° Dans Je cadre international par le renforcement de nos amitiés qui n’exclut pas U

fidelité au principe d'arbitrage et de solidarité internationale, qui doit se développer conformément au statut de la S, D, N, ,

2° Dans le cadre intérieur par une politique réaliste de défense nationale.

Tel est Je programme que je vous soumets.

Pour que la France vive !

Pour que vos foyers ne soient pas dévastés !

Pour que vos femmes ou vos enfants ne soient pas les veuves ou les orphelins de demain î

Vous voterez pour LUnion nationale 1

Vous voterez pour la Patrie? pour la République et pour la Paix î

François MARTIN

Avocat à la Cour de Paria.

Ancien Premier Secrétaire de la Conférence» Candidat d^ünion nationale, de Concorde républicaine et do progrès social {Défense professionnelle et paysanne)*

Circonscription de RODEZ.

M, Joseph BASTIDE (Groupe do la Fédération républicaine de France.)

Élu pour le ire fois le 26 avril 1936.

Mes chers Concitoyens,

Le Congrès républicain national, composé de représentants de toutes les communes de l'arrondissement, réunis le 22 mars derqier à Rode*, s'est incliné devant le ferme désir du docteur Bonnefous de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat.

11 m'a fait le grand honneur de me désigner pour maintenir les traditions républicaines, vieilles de plus d'un quart de siècle sans défaillance dans la circonscription de Rodez*

J'ai conscience de la tâche que j'ai assumée*

Les services rendus par le docteur Bonnefous, sa haute et sereine conception du devoir parlementaire, le respect et la reconnaissance dont il est T objet, l'atmosphère angoissante qui entoure la consultation électorale, la rendent redoutable.

Mais la confiance du Congrès, l’affectueux concours que mTa prodigué le docteur Bonnefous, l’accueil [émouvant que j’ai rencontré auprès de vous ont^fait taire mes scrupules-

Personne t au surplus, ti a le droit de se dérober à son devoir au moment où le salut du pays est en jeu.

Il ne s'agit pins aujourd'hui de choisir entre des nuances politiques beaucoup plus artificielles que réelles*

Dans l'affaissement progressif des mœurs parlementai res , les partis ont disparu pour faire place aux groupes qui n’ont d’autres raisons d'être que le service des appétits et des ambitions d’une caste ministérielle jalouse de ses privilèges, absorbée par les combinaisons de couloir et les intrigues de cabinet, impuissante à gouverner, d'ailleurs, peu désireuse d'assumer les graves responsabilités de l’exercice effectif du pouvoir*

Cependant, devant le pays, la situation est claire : les événements récents ont brutalement balayé toute équivoque.

Les forces en présence, venues enfui au contact direct, forment deux blocs nettement tranchés :

Le Front commun et le Front républicain.

Le Front commun, dominé de haut par le parti communiste, lui-même dans la main des Soviets, qui sait ce qu’il veut et qui ne reculera devant rien - — même le camouflage de ses projets réels — pour atteindre son but.

Le Front républicain, qui comprend sans exclusion tous ceux qui ne veulent ni la révolution, ni la guerre, mais l’organisation dans l'ordre, la justice et la liberté de la société française.

Une profession de foi ne peut pas contenir l’exposé minutieux de lous les détails d’on programme.

Fdle ne doit pas être la nomenclature complaisante de promesses électorales qui ne trompent personne et qui s’accordent mal avec la dignité que celui qui s’y laisse aller.

Mais le corps électoral a le droit, plus que jamais à l’heure présente, d’exiger de ceux qui sollicitent ses suffrages la déclaration franche et loyale des principes qui commandent sa conduite politique.

Le devoir impérieux immédiat de la prochaine législature sera de rechercher et d’atteindre les causes qui paralysent le régime parlementaire et menacent l’existence même de la République.

La première de ces causes est la. confusion des pouvoirs, -d’où l’ingérence abusive de TUtat d^ins tous les .domaines de l'économie nationale .et la compression progressive des libertés et des initiatives individuelles qui furent toujours les plus fécondes. Cette ingérence néfaste a également pour résultat le gaspillage des ressources du pays, qui alourdit sans cesse la charge effrayante des impôts continuellement accrus à mesure que la matière imposable s’épuise,

Lne autre cause, suite mô]üct&ble~du matérialisme, est la corruption révélée par 1 éclosion de plus en plus fréquente de scandales dont l’impuni té aggrave f inquiétante démoralisation du pays*

Le Français, qu’il soit paysan, ouvrier, employé, commerçant, industriel, fonctionnaire on mtelleÆ tarai, veut foyer stable et sain, du travail assuré .et justement rémunéré , une vie libre et paisible^ dans une société organisée tant sur le plan politique que sur le plan professionnel.

La juste rémunération du travail et la* sécurité de l'épargne qui en est le complément, imposent la stabilité de conditions économiques àTahrlides • perturbations monétaires ou , des spéculations financières.

Le- cultivateur j comprend très bien quül est dansja' Patrie l’élément le.plus stable, lt fondement essentiel de Tordre économique et social.

Mais parce que ses efforts de défense professionnelle restent encore isolés il a été jusqu’ici le plus oublié, le moins considéré dans îa famille française, en temps [de paix comme en temps de guerre. 11 faut que cessent ces inégalités de traitement dont il souffre*

I h désire. -la liberté de vivre honorablement du produit de son labeur, sans être à tout instant harcelé de déclarations ou ■ de suspicions injurieuses.

II réclame une protection efficace de ses produits.

Avec tous, i) exige la diminution des dépenses publiques. Il veut être entendu, écouté et demande la consultation effective des Chambres d'agriculture et des associations professionnelles préalablement à toutes propositions de lois concernant les intérêts agricoles.

Le commerçant et l'industriel transformés malgré eux en percepteurs des impôts lès plus graves, parce qu’ils affectent la consommation, se débattent péniblement dans le réseau d’un système fiscal exagéré, arbitraire, incohérent eL intolérablement inquisitorial.

Ils demandent que les consultations des organismes qui sont chargés de la défense de leurs intérêts, tels que les Chambres de Commerce, soient autre chose qu’une formalité dont on ne tient plus aucun compte.

L’ouvrier français, ne permet pas qu on le représente sous les aspects d’un révolutionnaire insatiable. Il sait qu’il est la première victime d’une propagande intéressée qui tend à utiliser ses angoisses légitimes à des fins politiques,

A cet ouvrier on doil procurer du travail qui lui permette non seulement d’assurer sa vie quotidienne, maïs encore d’envisager avec une sécurité absolue son avenir et celui de tous les siens.

Les anciens combattants ont sauvé le pays. Leurs droits, comme ceux de toutes les victimes de la guerre, sont sacrés.

Plus que tous les autres, ils veulent le> maintien de Tordre, car toute révolution entraînerait nécessairement une faillite rendant impossible l'exécution .des engagements pris par la Nation à leur égard.

La prospérité et le bien-être sont évidemment fonction de la paix intérieure et de la paix extérieure.

La paix extérieure est commandée par le respect des droits et des libertés de chacun (liberté individuelle, liberté de conscience, liberté de la famille, liberté delà profession, liberté de l'association).

La paix intérieure est commandée elle aussi par Je respect des droits et des libertés de h Patrie, cesLà-dire par le respect des traites, le respect de Tindépendanee nationale et ta sécurité des frontières, Elle suppose pius que jamais l’ordre intérieur.

Dans Tangoisaaute atmosphère de l’Europe actuelle, tout désordre intérieur serait le Signai d'une guerre extérieure.

Celte politique de paix et de liberté qui est la mienne, est celle que tous les Français sans distinction, désirent aujourd’hui du fond de leur cœur.

Pour sauver la France, pour réconcilier ses enfants, nous devons compter sur les forces morales de la Nation ; ce sont elles que nous devrons nous efforcer ensemble de développer demain.

Devant la grandeur d'une telle tâche, oublions nos vieilles querelles politiques, que le nuances de partis s’es loin peut, que les préférences de personnes disparaissent.

Je suis sûr, mes chers concitoyens, que c esl là voire désir.

Mes idées sont les vôtres, ie fais mon devoir, en me mettant à voire disposition pour les défendre.

Joseph BASTIDE

Avocat. BAlonïiier de TOrdre 4 Chevalier de ïa Légion d’hanneor*— Groii de Guerre*.

P rt p ri é l ai re- A gri r u 1 teur .

Candidat républicain national.

Circonscription de SAÏNT-AFFRIQUE.

M* Emmanuel TEMPLE (Groupe de la Fédération républicaine de France*)

Elu pour la Ie* fois le 26 avril 1936*

Mes chers concitoyens.

En acceptant de poser ma candidature aux élections du 26 avril, je réponds au déair de tous ceux qui, dans noire arrondissement, sont convaincus qu’une polilique d’ordre et de paix est indispensable au redressement économique et financier du pays.

Je crois, aussi, que c’est mon devoir.

Pendant quatre ans, je n’ai cessé d’être avec vous par la pensée et par l’action.

Au moment où je vais achever ma tâche, je constaté avec tristesse que mes prédictions de 1632 se sont malheureusement réalisées. Ce n’est pas l’heure des récriminations et des critiques ; c’est au contraire celle de l’action immédiate, indispensable si nous ne voulons pas sombrer dans la révolution et la guerre. -

C’est de la division des Français que sont nés leurs malheurs, et de leur union que doit sortir leur salut. Séparés et dressés les uns contre les autres par des rancunes savamment entretenues, ils doivent aujourd'hui, devant le danger révolutionnaire, se resserrer en groupe compact autour du seul drapeau français . le drapeau tricolore.

Républicain sincère, j’estime que personne n’a le monopole de la République ; que ses ennemis sont ceux qui la mènent à la dictature rouge ou ceux qui la salissent ou la déshonorent. La République doit être la chose de tous dans la justice et dans la liberté,

Anciens combattants. — Ai-je besoin de rappeler à mes camarades que je serai leur soutien, leur défenseur le plus dévoué et le plus fidèle, que je n’admets aucune diminution de leurs droits, estimant que le sacrifice consenti de 1914 à 1918 est largement suffisant. Père de famille de quatre enfants, je désire que la famille française obtienne, enfin, les avantages, et les compensations qu'eile mérite. En relation étroite avec les associations de familles nombreuses, /appuierai" leurs efforts pour faire aboutir leurs justes reiendi

cations. ,

Aveyronnais de pure et vieille race, j’ai la volonté ferme et, au coeur, le gi an esir c

servir la cause de ma terre d origine et de tous mes aïeux.

Politique intérieure, — Respectueux de toutes les croyances, je veux la liberté de conscience, d'association, d enseignement ; ma politique de paix et d'union, je la veux basée sur le respect des droits de chaque citoyen et de chaque famille.

Je suis partisan de la réforme constitutionnelle telle que Ta réclamée M. Gaston Dou morgue, Je désire aussi une refoute de notre administration pour que notre pays soit doté d’une administration meilleure qui permettra de réaliser des économies considérables tout en sauvegardant les droits acquis des fonctionnaires.

Politique extérieure, — Je connais trop les horreurs de la guerre pour que tous mes efforts de citoyen et de représentant du peuple ne tendent a raffermissement de la paix. Père de 4 garçons, j'y pense pour eux, j’y pense pour tous.

J’avais prévu, en 193^, tout en approuvant son principe et sa valeur d'avenir, les difficultés que rencontrerait la Société des Nations, et je déclarais que toutes les mesures devaient être prises pour sauvegarder l'intégrité du territoire tant que ne serait pas acquis ■chez les autres peuples, en même temps que le désarmement matériel, le désarmement des esprits et des cœurs.

Je veux, pour mon pays, le maintien de ses amitiés, le respect des engagements internationaux et une année lui permettant, selon l'heureuse expression du maréchal Lyautey, ■« de montrer sa force pour ne pas avoir à s en servir »,

Politique financière. — Adversaire de la dévaluation, qui est !a ruine des épargnants comme des retraités et des salariés, je suis partisan de la diminution des dépenses de l’Etat ; elles absorbent actuellement 65 0/0 du revenu national et celte fiscalité excessive ruine producteurs, commerçants, industriels, paysans et ouvriers.

Politique agricole et commerciale. — Je pense d'abord à l'industrie vitale de notre pays . le roquefort, Qu elle soit d un juste rendement pour chacun et que sa prospérité entraîne celle de tous*

Persuadé que la crise nationale ne peut trouver sa solution qu'en remédiant vigoureusement au marasme agricole, je travaillerai à empêcher que fagriculieur français soit traité en parent pïuvre et plus particulièrement à régler le problème d’une surproduction qui est, en grande parLie, causée par des importations scandaleuses,

J épaulerai de mon mieux l action des représentants qualifiés des agriculteurs pour obtenir ceLte revalorisation de tous les produits de la terre*

Le commerce et l'industrie peuvent compter sur mon concours le plus dévoué. Il conviendra, dans la mesure oii la situation financière le permettra, de procéder à l'allègement des lourds impôts existants.

Politique lamihale et sociale, * - Par la représentation de la profession et un Conseil national économique amendé, on doit parvenir k une saine organisation de la production et à plus de justice sociale. Cette justice sociale, je la désire pour les ouvriers et les artisans, je la désire pour tous. Il faut que l’ouvrier soit assuré d'une vie digne, saine et confortable. Convaincu que l'intérêt bien compris des employeurs et des employés réclame la collaboration du capital et du travail, je suis opposé h la lutte des classes.

Si 1 allocation de chômage est bien, le travail est mieux ; le programme actuel des grands travaux e^t insuffisant. Il devrait s’appliquer non seulement aux grandes villes, mais aussi à la campagne française. Je voudrais que nos chômeurs, et d'abord nos chômeurs locaux, soient employés à l'équipement de nos communes rurales,

Chef dune famille de 4 enfants, je favoriserai de toutes mes forces cette politique amiliale faite des lois sur 1 accession à la propriété, des allocations et sursalaires familiaux* H sans dire que je suis partisan du suffrage familial et du vote des femmes. Aménagement de là campagne française, — De toutes façons, il faut continuer le beau mouvement commencé en faveur de la campagne française parla législature 1928-1932 avec 03 rkpublicains nationaux ; routes nouvelles, adductions d'eau, électrification des écarts, etc. Æ scandale des mauvais chemins ne peut continuer. Ou se plaint de la dépopulation des campagnes, mais le dépeuplement sera fini quand îa vie sera plus facile, plus agréable le séjour, plus grand le profit.

Chers concitoyens,

Voila mon programme, vous le connaissez déji, et, dans tou les vos communes, vous Uvezjipp^uvée^appla^^ ^ ^ travailler pour notre petite patrie, c’est la meilleure

•^tw^répuuLn» qui ont le culte de la patrie oublient tes rancunes, les préjugés,

et pour défendre leurs libertés et la paix française fassent triompher mon programme d un. orv républicaine ‘et de défense' paysan ne;

Dimanche 26 avril, je compte sur vous comme vouspouvez compter sur moi toujours.

Emmanuel TEMPLE

Chevalier de la Légion (Th on fl wjvi Crois: de guerre (5 citation*). — Médaille --des évadés- . Docteur en droit. — Licencié ès lettres.

Avocat.

P ropriétai re Agricu l teur .

Candidat d’union républicaine et de défense paysanne.

Circonscription de VILLEÏ'RAHCHE DE-ROUEEGUE>

M. Paul RAMADIER .

(Groupe deTUmon eocîalîète et républicaine.) fc

Elu pour la 1" fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8: mai 1932 et 3 mai 1936:

Citoyens,

Quatre aimées de crise et de luttes se sont écoulées, pendant lesquelles j ai défendu de toute mon énergie les droits du travail, la démocratie menacée et la paix compromise.

Une bataille de quatre années :

La- victoire républicaine de 1922 n’a pu donner tous ses fruits à cause de ta violence des assauts dirigés contre la majorité par les adversaires du régime, mais aassi a cause des difficultés intérieures qui l’ont divisée. Je .vous disais, il y a quatre ans : «■ 1 wuon de tous les républicains, leur collaboration- la plus intime est ■ nécessaire. » J ai donné tout mon effort à établir cette collaboration :1e parti socialiste (S. F. I. O.) auquel j’appartenais, ni pas accepté, malgré nos instances, de partager les responsabilités du pouvoir ; les gouvernements républicains n’ont. pas été assurés de trouver la majorité nécessaire il 1 action. . ous fûmes quelques-uns, avec Pierre Renaudul, à, signaler le danger ; on ne-nous écouta pas e les gouvernements lesîplus résolus à mener le combat démocratique furent renverses en plein effort. Pour avoir voté, pour le gouvernement Daladier en- octobre 1933,. nous fûmes exclus du parti socialiste;

““ Elu par tous les républicains de cflt arrondissement et pour assurer leur accord, j. aurais trahi mon- mandat si j’avais accepté do- laisser se dresser les uns contre les autres les républicains de ce pays, à l’heure où les adversaires du régime préparaient l’assaut du 6 février. Désavoué par mon parti, j'ai offert ma démission de député au&' groupes sooia istes

l’Aveyron, qui avaient présenté ma candidature. Ils ont insisté pour que je conserve mon mandat*

J’ai poursuivi ma besogne avec toute l’ardeur dont je suis capable, convaincu d’avoir non seulement parlée mais agi pour la défense des idées et des intérêts que j'avais pris en. chargei

En contact permanent avec les organisations syndicales de la classe ouvrière, j’ai pu faire aboutir maintes réformes nécessaires. En particulier, je revendique ma part de l'effort commun dans le vote des améliorations apportées à la retraite des mineurs (retraite à 5.500 fr. ; retraite à 50 ans, dont je fus rapporteur). J’ai pu insister et faire adopter soit par mes rapports soit par mes interventions k la tribune certaines dispositions qui ont empêché les progrès du chômage partiel (contingentement des importations charbonnières, taxes à l’importation, limitation des entrées de charbons sarroia).

Membre de la Commission des finances et rapporteur du budget des pensions, je me suis penché sur les problèmes intéressant les anciens combattants et j’ai pu notamment faire voter par la Chambre unanime, la création de cette caisse de pensions qui peut seule garantir les droits privilégiés des mutilés et des anciens combattants.

La Commission delà législation civile m’a confié l’étude des questions intéressant la défense de l’épargne et j'ai fait adopter toute une législation qui établit, sur des bases solides, le contrôle de la gestion des sociétés,

La Commission de la réforme de l'Etat, m’a chargé de défendre devant le Parlement le projet Paul Boncour sur l'organisation du Conseil national- économique, qui place à côté du Gouvernement et da Parlement une grande assemblée des syndicats, apte à conseiller les pouvoirs publics sur les problèmes de la production et des échanges et de îui transmettre,, après les avoir coordonnés, les" vœux de la France laborieuse.. Un effort persévérant m’a permis de faire aboutir ce grand projet avant la fin de la législature*

Dans le domaine agricole, j'ai collaboré avec les associations syndicales de notre région pour soutenir les intérêts paysans. Je les. ai défendus de mes votes et de mon action.

Enfin, aux côtés de Paul- Boncour, dont je me flatte d être Tamisai soutenu la politique de paix et de sécurité collective, qui assure I1 indépendance et la dignité de la b rance par l'acceptation loyale d’une étroite solidarité entre les peuples.

Vous direz, dans quelques jours, si mon effort m’a valu quelques titres a votre confiance. L’union socialiste et républicaine vous soumet à nouveau ma candidature ; le parti radicale socialiste y a donné une pleine adhésion, dont je veux publiquement le remercier. Vous direz, s’il importe à une heure* décisive de mener avec tous les républicains de ce pays, le combat nécessaire pour défendre îa République contre Pagression réactionnaire et fasciste, et la paix contre les provocations hitlériennes.

Lutter contre la crise :

La défense de la République>e peut être assurée que ei l’on entreprend contre îa crise une lu lie vigoureuse, N-’est-ce pas l'angoisse provoquée par le marasme économique qui a donné à la propagande fasciste l’aliment principal ? Combattre la crise est donc la plus sûre méthode de tenir la réaction en échec.

Qu'est -ce donc que le crise? Pléthore de produits, insuffisance de îa1 consommation, baisse des prix et des salaires, voilà comment elle se traduit* Quelle folie de penser comme Font fait certains gouvernements, qu’en provoquant la baisse des prix et des salaires,, leur déflation en i&Uénuemit la crise I Le résultat ne fut que de l’aggraver.

Et cependant au cours do cette tentative, que d’injustices commises, que de promesses renversées, que de contrats déchirés 1 Qui donc pourrait croire que cette oeuvre puisse subsister, qu’il ne faille|humaniser les décrets-lois et restaurer les droits méconnus ?

Il faut . opposer à cette politique la revalorisa Lion des produits du travail, en particulier des produits agricoles. Depuis qu’un- Gouvernement, le* gouvernement républicain d Albert Sarraut. s’esta assigné ce hut/n’a-Lon pas assisté à une hausse importante, du bétail et du blé ? Les paysans ont vu renaître l'espoir* G’est la voie où il faut persévérer;

Il faut lutter contre le chômage en réalisant un programme de grands travaux et en provoquant la baisse de l'intérêt qui atteint actuellement des taux usuraires et paralyse toute reprise économique, La réorganisation du crédit et, en particulier, de la Banque de Fiance qui est au centre de l'édifice économique est une tache essentielle II ne faut pas que l'intérêt privé d’une oligarchie de Farge nL préside seul à la répartition du crédit et à la politique financière du pays : c'est la oeuvre nationale et qui doit être uniquement dominée par le souci de la prospérité générale,

La restauration de la vie économique et de la production doit être poursuivie dans Tordre, non pas sous Faction d’une spéculation désordonnée qui provoquerait de nouvelles crises. Il faut que les syndicats, librement créés sous le régime de la loi Waldeck Rousseau de 1884 j ordonnent l’économie et éliminent les tentatives parasitaires ou démoralisatrices, Jl iaut que la nation exerce entre les professions l'arbitrage nécessaire et que, pour remplir cette fonction, elle trouve le concours du Conseil national économique enfin réorganisé, au lieu d'être réduit aux méthodes administratives, fait pour d’autres objets.

Par cet effort de réorganisation, mais seulement par cet effort, la crise peut être vaincue et le travail peut trouver sa légitime rémunération.

Défendre la République :

Cette resta u ratio u de l’économie française continuerait- elle à se heurter aux attaques et aux violences des réactionnaires royalistes ou fascistes ? Ils n'ont pas hésité en pleine crise économique à lancer l'assaut du 6 février 1934 sans plus se soucier de la misère du peuple que de la sécurité de 3a France dans Le monde. Repoussés, ils ont organisé une véritable armée de coup d’Etat sous forme de ligues pliées sous une discipline militaire.

Le Gouvernement Sarraut a vigoureusement réagi, prononçant la dissolution de l'Action française. Il ne faut pas lolérer davantage cette menace constamment dirigée contre le régime et ses principes fondamentaux,

La France a fait avec Napoléon Iep et Napoléon III l'expérience de la dictature qui Ta conduite à la ruine et à la défaite.

Elle n'a pas besoin de se mettre à la remorque de Hitler et de Mussolini et de rechercher les singulières aventures auxquelles des factieux la convient, pour trouver t'équilibre et la mesure que l'ordre républicain suffît à assurer et que compromettrait au contraire l'aliénation de la liberté politique.

Notre pays sait ce qu'il doit à la République ; il sait que la souveraineté populaire et 3a iberté de penser sont les conditions du progrès social. Nous défendrons ce patrimoine chèrement acquis contre toutes les attaques*

Nous le défendrons, puisque c'est nécessaire, par des mesures de police et de contrainte. Mais nous vouions surtout le défendre en le complétant et en l'enrichissant. Il faut perfectionner les lois sociales, donner aux vieux ouvriers et aux vieux paysans une retraite décente, réaliser le programme social présenté par la G. G, T., développer les institution! agricoles, étendre l'enseignement public, assurer à chaque travailleur le pain du corps et le pain de l’esprit.

Assurer la paix :

Que deviendrait la paix, si nous laissions affaiblir l'oeuvre républicaine? La leçon de la guerre de 1914 nous a enseigné que la paix ne peut être assurée que si elle est internationalement garantie. Les principes de la sécurité collective ont été autrefois formulés par Jean Jaurès et par Léon Bourgeois. Edouard Herriot les a clairement définis à Genève en 1924; Aristide Briand et Paul-Boncour les ont mis en œuvre.

Une naiion isolée est condamnée à la guerre, soit par sa faiblesse, qui en fait une proie, soit par sa force même, qui ne peut briser les résistances que par la guerre. Seule l’union des peuples peut assurer la paix ; elle constitue une force dont aucun pays ne peut venir à bout. Si les peuples unis savent que la paix est indivisible, si l'agression contre Pun d'eux est tenue par chacun comme une agression envers lui-même, si tous acceptent du même

cœur les droits et les obligations qui consacrent cette charte de l’ordre international, le libre développement de chaque* nation pourra être assuré dans une atmosphère de sécurité

et de confiance*

Ces principes fondamentaux ont été parfois oubliés au cours de ces deux dernières années malgré la volonté du Parlement et du peuple, Hitler a saisi l'heure où des désaccords étaient survenus entre les Etats occidentaux pour prouver ses avantages et déchirer les traités. Le rétablissement rapide de l’accord compromis a permis de parer au premier danger. C'est par la consolidation du front international que la menace peut être écartée, et la sécurité rétablie.

Le rassemblement des républicains :

Telle est la tri [de Un he de la législature nouvelle. Elle est rude en présence de la dureté de la crise, du fanatisme fasciste, de P audace des fauteurs de guerre* Elle devra être accomplie sans défaillance dans une atmosphère troublée par les manœuvres factieuses.

L’instrument de cette besogne doit être Lun ion des républicains, nécessaire en tout temps pour assurer la vie de la démocratie, plus indispensable encore sous la menace. Beaucoup Bon compris, qui ne le comprenaient pas hier. Le rassemblement populaire a réuni des foules ent! ousiastes ; un programme commun d action immédiale a été dressé. Ainsi se trouvent réunies pour demain des conditions favorables qu'à aucune autre période nous n’avons rem entrées. Le danger a fait ce que la raison n’aura il peut-être pas suffi à faire.

Nous savons par des expériences douloureuses que l’élan populaire et la conscience de buis communs nettement définis et limités ne suffiront pas à atteindre les résultats nécessaires si l1 union des volontés ne se traduit par l’accepta Lion loyale des responsabilités parlementaires et gouvernementales. En tout cas, nous avons prêté le serment de défendre la liber L et de sauver la République, nous ne nous déroberons à aucun des devoirs que ce serment impose et L Union socialiste sera toujours prêle à collaborer avec les partis républicains qui accepteront les charges du pouvoir.

Peut- on concevoir le salut de la République si on ne lui donne pas tout d’abord le moyen de vivre et par conséquent un gouvernement républicain ? Je sais qu'il est plus commode de s’enfermer dans une intransigeance glorieuse et de laisser à d'autres la tâche ingrate de gouverner. Mais qu’ad viendrait-il de la République, si l’abstention des républicains la faisait passer entre les mains des adversaires du régime?

Nous accomplirons jusqu'au bout noire devoir, tout notre devoir. Nous assurerons avec tous les hommes de bonne volonté le respect de la liberté : nous sauvegarderons les institutions républicaines, la souveraineté populaire, la laïcité de l'école et de l'Elat ; nous poursuivrons l'œuvre de réforme sociale pour garantir les droits du travail ; nous prendrons en charge la paix et l’indépendance de notre pays, uniquement soucieux de mener jusqu'au bout la tâche de salut républicain que nous revendiquons l'honneur de poursuivre*

Nous traversons une heure grave où tout ce que nous aimons peut périr. Aucun sacrifice ne nous paraîtra assez grand pour que ia démocratie en sorte victorieuse et poursuive avec le prolétariat, avec les classes moyennes, avec les paysans, l’œuvre républicaine et socialiste des réformes sociales, la lutte contre la crise^ l'action pour la paix, qui fouL aimer le régime et qui le sauveront de toutes les attaques.

Vive la République l

Paul RÀMÂDIER

Avocat à fa Cour d'appel.

Maire de Decazeville,

Conseil général.

Député sortant*

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